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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 07:42
Aux femmes bafouées qui voudraient crier – Djida Cherfi
 
 
 
Passionnée de volupté,
Gourmandises chocolatées.
Délicieuse à souhait,
Mielleuse et amoureuse.
Charmée attirée,
Portée, entrainée par…
Le sucré chocolaté !
Dépendante, intoxiquée,
Puis le cœur arraché.
Violentée, malmenée,
Doucereuse brutalement poivrée.
Révoltée enragée,
Un seul cri suffirait
Pour qu’elle soit libérée.
Elève la voix fabuleuse
Furieuse mais délicieuse.
Sucrée chocolatée
Redeviens ce que tu étais !
 
©Djida Cherfi
11/03/2015

 
 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 07:39
A la barre d’un vaisseau fantôme – Michel Bénard
 
 
 
 
A la barre d’un vaisseau fantôme
Traverser les ombres diaphanes
De paysages invisibles,
Franchir les portes de l’intemporel,
Et voir soudain apparaître
Un port de lumière
Où le mirage devient réalité.
Il s’exhume de l’oubli,
Les codes de l’origine,
Les chants de l’éternel,
Gravés dans les abysses
Des grottes aux traces pariétales
Veillant sur la mémoire du monde
Comme des figures de proues
Belles, telles des reines orientales
Aux chevelures de jais.
 
©Michel Bénard.
 


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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 07:42
Le Rituel – Ode
Oeuvre en titre de J W Watherhouse
 
 
 
 
Pourquoi arrive le petit matin
Pourquoi se lever au petit matin
Je vis, mon amour meurt
De la vérité est-ce l’heure ?

Pourquoi ne trouvai-je pas grâce à ses yeux ?
Ne suis-je donc pas belle ?
Je ne peux m'envoler, pourquoi n'ai-je des ailes ?
Pourquoi ?


~*~

Je suis de la première nichée
Ève ma sœur pourquoi m’avoir ainsi trompée
Pourquoi ?


~*~

Tout me dit que je suis femme
Amante et aimante, une flamme
Mais je n’ai pas croqué la pomme
Je suis amoureuse que d’un homme
Invincible
Invisible
Amoureuse

Et je vous regarde
C’est mon matin,
Mon matin des rituels
Mon matin des ritournelles


De mes encens qui brûlent
Comme de mes entrailles qui hurlent
Je viens, je deviens
Celle qui est, demain

Les voix vous me dites
Que je suis aujourd’hui maudite
Dans cette Pentecôte de mai
Les Esprits me rendent-ils la monnaie

Du prix que je paie
Des souffrances que j’ai, que j’ai
Sentira-t-il le fumet
Ah ! la douleur que j’ai, que j’ai


~*~

Que ces essences partent vers lui
Que les odeurs troublent ses nuits
Pendant que mon jour s’éveille
Et que mes mystères veillent

Je le veux amoureux, malheureux
Comme je le suis
Ah ! mes dieux
Rendez-le moi soumis


Je suis la prêtresse
De ces lieux
Je suis la maîtresse
Et je le veux

Il est là
Devant moi
Tel un géant
Dans la fumée, tel un ruban


Et je souffle
Elles poussent
Mes ailes
En sortent des hirondelles

Elles feront mon printemps
Mon mois de mai
Mon amant
Est entourloupé

Enfin !
Le rituel est terminé !


Ode
14 décembre 2003
 
 
 
 
 
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 07:50
Le quai du désir – Jean Dornac
 
 
 
 
Sur le quai du désir
Depuis toujours je t’attendais
Passaient les filles
Comme passent les trains
Dans les ténèbres d’un triste soir…
 
Ces amourettes, vapeurs et fumées
Se dissipaient au gré des vents
Bon ou mauvais, c’était selon
Nos humeurs de passants pressés
Ou d’amants déboussolés…
 
J’aurais préféré t’attendre
Sur une claire jetée
Où ton sublime navire
Serait venu accoster
A la lumière d’un feu de joie
 
Mais non, nos vies suivent des rails
Pas moyen d’y échapper
Tout au plus être ailleurs expédié
Par un tour malin d’aiguillage
Pour t’amener sur le quai d’une autre gare…
 
Tout eut été différent
Si tu avais pu voler de tes propres ailes
Parcourir le ciel, portée par le Zéphyr
De là-haut, tu aurais vu mon amour
Pour ton cœur et pour ton corps…
 
Mais, prise dans la foule du quai des désirs
Dans cette escale d’un autre rêve
Tu es passée à côté de l’amour
Ne me voyant même pas
Moi qui toujours t’ai espérée…
 
Et toi, le train de la vie
Tu es reparti sans moi
Vers d’autres gares et ports
M’abandonnant sur ce quai
De la « Mortelle Solitude »…
 
©Jean Dornac
27 février 2017
 
 


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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 07:42
Je veux remercier, ici, mon ami Francesco Casuscelli qui m'a proposé de traduire en italien, langue que j'affectionne particulièrement, mon poème intitulé " J'aurais tant voulu " du 15 juillet 2009. Qu'il en soit infiniment remercié !
J'AURAIS TANT VOULU

J'aurais tant voulu que le monde soit beau.
La voracité des uns
Et l'indifférence des autres
Ne l'ont pas permis.

Mon âme d'enfant
Ne supporte pas l'horreur
D'un fusil braqué
Sur un gosse et sa famille.
Leurs regards effrayés
Crient l'inhumanité
Et transpercent mon cœur.

J'aurais tant voulu que nous vivions d'amour.
Mais les esprits fossiles
Et la peur des autres
Ne l'ont pas voulu.

Cœur affligé,
Yeux embués,
Je ne vois que haine,
Jalousie et mépris.
Je n'entends qu'envie,
Violence et tueries.

J'aurais tant voulu un monde généreux.
Mais les spectres haineux
Et la foule des marchands
Ont fait de nous des ventres avides.

Pour les servir,
Aveugles et fous,
Je n'aperçois que soldats et policiers
Aux uniformes chamarrés
A l'âme ensanglantée
Pires que tabliers de bouchers.

J'aurais tant voulu un monde fraternel.
Mais les racistes
Et les orgueilleux
Font de nos cœurs des champs de bataille.

Âmes empoisonnées
Cœur desséchés
Esprits figés
Ils détruisent leurs frères
Au nom d'idéologies
Rebuts de la pensée.

J'aurais tant voulu un monde de libertés.
Mais les pouvoirs abusifs,
Et les prêcheurs,
Nous ont emprisonnés.

Les pouvoirs, de toujours,
Enchaînent les corps,
Les plongent dans la nuit.
Les fanatiques des dieux
Placent des fers
Sur nos âmes désolées.

J'aurais tant voulu, j'aurais tant voulu,
Que les promesses de la vie
Ne deviennent pas mensonges
Au service des serpents et des hyènes.

J'aurais tant voulu que le soleil
Brille pour tous,
Que l'eau réconforte chacun,
Que nul ne meure de faim,
De froid et de misère.

J'aurais tant voulu que la vie respire
Comme il l'aurait fallu
Et non pas comme certains
L'ont faite à leur image…


© Jean DORNAC 15 juillet 2009
Avrei voluto tanto
 
Avrei voluto tanto che il mondo fosse buono
ma la voracità degli uni
e l’indifferenza degli altri
non l’hanno permesso
 
La mia anima fanciulla
non sopporta l’orrore
d’un fucile puntato
su un bambino e sulla sua famiglia
i loro sguardi affranti
gridano l’inumanità
e trafiggono il mio cuore
 
Avrei voluto tanto che vivessimo d’amore
ma lo spirito conservatore
e la paura degli altri
non l’hanno voluto.
 
Non vedo che odio,
gelosie e disprezzo.
Non sento che invidia
violenza e uccisioni.
E tanti cuori afflitti,
con occhi gonfi di pianto.
 
Avrei voluto tanto un mondo generoso
ma i fantasmi dell’odio
e la folla dei mercanti
ci hanno trasformati in ventri avidi
 
Per servirli,
accecati e impazziti,
vedo solo soldati e poliziotti
dalle uniformi lucide e decorate
con l’anima insanguinata
peggio del grembiule dei macellai
 
Avrei voluto tanto un mondo fraterno
ma i razzisti
e gli egoisti
fanno dei nostri cuori un campo di battaglia
 
Anime avvelenate
cuori sterili
menti congelate
obbedienti all’ideologia
con un pensiero ripugnate
distruggono i loro fratelli
 
Avrei voluto tanto un mondo di liberta
ma i governi abusivi
e i predicatori
ci hanno imprigionato
 
I potenti di sempre
legano i corpi
e li affondano nella notte.
Fanatismi religiosi
che applicano catene
sulle nostre anime disperate
 
Avrei voluto tanto, ma proprio tanto
che le promesse della vita
non divenissero menzogne
al servizio di serpenti e di iene
 
Avrei voluto tanto che il sole
brillasse per tutti,
che l’acqua desse conforto a tutti,
che nessuno morisse di fame,
di freddo e di miseria.
 
Avrei voluto tanto che la vita respirasse
come avrebbe dovuto
e non come l’hanno modellata alcuni
secondo la loro volontà...
 
 
Francesco Casuscelli 24 Febbraio 2017
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 07:39
POST COITUM… - Claire Prendkis
 
 
 
 
Il ondule lentement et caresse ma carcasse,
il s’est perdu au fond de moi,
il râle, il s’oublie, il ne veut que sa loi.
L’ennemi est dressé, son sexe est dans la place.
 
Il s’abat sur moi et c’est un étranger.
La nuit, il est lourd, je ne veux le toucher.
L’ai-je déjà eu, jamais aimé ?
Il dort sur moi, à jamais détachée.
 
©Claire Prendkis

 
 


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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 07:45
Orgasme – Yves Romel Toussaint
 
 
 
 
 
Nos amours sont dites
Par des voyelles folles
Du vent
J’aime à perpétuité
La chaleur de ton ombre
Tes seins dévoilent
Le langage de mes mains
 
Ta nudité diluvienne
Dans la fulgurance de mon orgasme
 
C’est cette femme qu’il me faut
Pour charrier le vide
Dans le gouffre du désir
 
© Yves Romel Toussaint



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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 07:41
Les Sources de la Nuit – Robert Desnos
 
 
 
 
 
Les sources de la nuit sont baignées de lumière.
C’est un fleuve où constamment
boivent des chevaux et des juments de pierre
en hennissant.
 
Tant de siècles de dur labeur
aboutiront-ils enfin à la fatigue qui amollit les pierres ?
Tant de larmes, tant de sueur,
justifieront-ils le sommeil sur la digue ?
 
Sur la digue où vient se briser
le fleuve qui va vers la nuit,
où le rêve abolit la pensée.
C’est une étoile qui nous suit.
 
À rebrousse-poil, à rebrousse-chemin,
Étoile, suivez-nous, docile,
et venez manger dans notre main,
Maîtresse enfin de son destin
et de quatre éléments hostiles.
 
Robert Desnos
 
 


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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 07:40
La lumière bleue – Michèle Freud
 
 
 
 
 
Le soleil disparaissait derrière la montagne. C’est n’était pas encore l’obscurité mais la nuit ne tarderait pas à se poser sur le hameau couché sur un piton rocheux.
 
Marie avait passé l’après-midi dans le flamboiement des couleurs d’automne. Sur le chemin du retour, elle hésita soudain à rentrer chez elle : une intuition fulgurante venait de la traverser. Elle pressentait qu’il allait se produire quelque chose d’exceptionnel, du jamais vu. Et elle attendit, toute excitée, au pied d’un vieux chêne. Brusquement, le ciel s’anima comme si, derrière la voûte céleste, un magicien allumait des lampes gigantesques. Et fait extraordinaire, de ces projecteurs géants, se mirent à jaillir des faisceaux de lumière bleue. Oui, la lumière était bleue, d’un ravissant bleu myosotis. Marie n’en revenait pas mais elle ne perdit pas de temps à se poser des questions sur ce phénomène incroyable, elle l’accueillait, avidement, de tout son être. Le cœur palpitant d’émotions, elle regarda ces draperies lumineuses qui se mouvaient avec légèreté. Elle était belle, la Marie, toute barbouillée de joie, d’émerveillement, de gratitude. Et malgré son grand âge, elle se mit à danser dans cette floraison d’aurores boréales, dans cette atmosphère immatérielle, cette ambiance de rêve et de douceur. Elle était Alice au pays des Merveilles. Elle se sentait euphorique comme si elle avait bu une coupe de Champagne, un vin vendangé par les anges dans les vignes célestes. Un vin vleu ! Lui revinrent alors en mémoire quelques vers d’un poème de Robert Desnos : « Une fourmi de dix huit mètres avec un chapeau sur la tête, ça n’existe pas, ça n’existe pas. Et pourquoi pas ? »
 
Malicieusement, avec ses propres mots, Marie à murmuré : « Un vin bleu qui tombe du ciel, avec un délicieux goût de miel, ça n’existe pas, ça n’existe pas. Mais ça peut exister, n’est-ce pas ? »
 
Et puis, ragaillardie, le dos bien droit, les jambes souples, elle prit le chemin de sa maison tandis que la lumière bleue disparaissait pour faire place à la nuit…
 
©Michèle Freud
 
 


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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 07:43
Le rendez-vous – Denise Bernhardt
 
 
 
 
 
Depuis toujours tu m’attends
Investi de patience
Tout au bout de ce quai
Où va se réfugier mon désir.
Parmi les gens indifférents,
Tu es là sans inquiétude
Car tu sais que mon corps
Se souvient
Et te reconnaît entre mille.
Alors doucement tu devines
Dans le bruissement de la foule
Mon cœur comme un grain de mil
Suspendu
Aux battements de ton cœur.
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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