Un pigeon n’est pas seulement un oiseau
qui roucoule sur le toit des maisons
ou sur le bord d’un mur,
c’est aussi un gracieux messager
qui voyage entre deux volières
pour délivrer un courrier souvent essentiel
ou devenir lauréat d’un championnat
tout en essayant d’éviter les miroirs aux alouettes
parfois dressés sur son parcours.
Il n’a guère le loisir de bayer aux corneilles.
Pareil pour l’hirondelle
qui, en jouant son rôle habituel,
dépasse largement son statut
en annonçant le printemps.
Sans parler de la légendaire cigogne
à qui l’on attribuerait la livraison
de bébés à domicile.
Le monde entier est peut-être entouré de vautours,
par contre un nombre important d’autres volatiles
a toujours été présent à nos côtés
et fait le nécessaire
pour le rendre plus chouette !
Enveloppé de brumes vaporeuses
Dans le silence du soir,
Mon rêve souvent vous imagine
Virevoltant en ma seule présence,
J’entends alors le rythme de votre corps,
Le battement cadencé de votre cœur,
Le jeu intemporel de votre beauté charnelle
Qui m’émeut jusqu’au frisson de la larme.
Vous m’offrez, vous m’ouvrez
Des sphères nouvelles, un espace infini.
Dans un éblouissement je vous entrevois,
Et je le sais un jour viendra,
Où belle et nue, vous et moi
Mêlerons le miel de nos sèves,
Ce sera comme une embellie,
Une aurore boréale au milieu de la nuit.
Ce temps arrivera tel un miracle
Aux sources frémissantes des passions.
Dans son ciel tout bleu
Un Nuage flotte
Tout ouaté
Il passe
Lentement
Au-dessus du fleuve
Il fait beau en cette matinée
Le soleil est au rendez-vous
Aucun orage annoncé
Et le Nuage passe
Lentement
Soudain, il se sent poussé
Sort de sa léthargie
Lentement
Poussé, poussé de plus en plus
Il change même de forme
S’étire, s’allonge
Et maugrée
« Qui donc ose me déranger
En cette si belle journée ?
Je flottais, je glissais, je dormais
Qui ose donc ainsi me perturber ?»
Silence
Qu’un doux sifflement
Le Vent
« Je te taquine mon ami
La journée sera belle
Je ne suis pas annoncé
Je m’invite donc
J’aime être avec toi
À tes côtés
Et de la belle journée
profiter.»
Étonné, le Nuage reprend sa forme
Se redresse, ramasse ses ouates éparpillées
« Alors tant pis pour toi
Le Vent !
J’ai un vœu et de le réaliser
Sera ton tourment…»
Le Vent interloqué
S’approche doucement du Nuage
Pour ne pas le heurter
« De quel tourment parles-tu ?
Ce vœu est-il si terrible
Que je doive en payer le tribut
Cela pour m’être près de toi invité
À profiter de cette belle journée ? »
Le Nuage faisant le fier
Avec autorité
Nargue le Vent
Et lui dit :
« Tu n’es qu’un tout petit Vent
Et mon vœu est immense
Tu ne pourras le réaliser. »
Le Vent s’approche
Du Nuage
Sur la pointe des pieds
« Demande, demande et je t’accorderai
tout ce que tu souhaites
Ton vœu j’exaucerai. »
« Je veux que tu me fasses voyager
Loin, loin dans de lointaines contrées
Mais sans pour autant
Me bistourner
Je veux voir d’autres cieux
Je veux voir ces pays d’émerveilles
Et revenir à mon fleuve
Où je flotte
Depuis tant d’années. »
Le Vent se demandait comment il pourrait
Réaliser ce vœu et respecter les conditions
du Nuage
Soudain il lui vint une idée :
« Je vais souffler sous toi
te supporterai
Nous irons visiter
des lieux à ce jour inexplorés. »
Et le Vent soutenant le Nuage
Partirent explorer de lointaines contrées.
Le Nuage ébahi, médusé, enchanté
En pleura de joie
Tellement
Qu’il en disparut
Le Vent, bouleversé
Devint violente
Tempête
et
Se perdit dans les profondeurs océanes…
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Il ne faut jamais limiter ses rêves,
l’important étant de connaître ses limites.
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regarde l’oiseau
tout là-haut
il s’approche du soleil
bien plus que toi
trop lourd pour voler
si démuni sans ailes
apprend de sa sagesse
lui qui n’ira pas à l’impossible
mais fête la vie
en glissant sur l’air
se laissant porter
par le zéphyr des mers
glisse sur les jours
comme l’oiseau
glisse entre les nuages
et qu’importent les orages
va toujours plus loin
et peut-être même plus haut
oublie les barrières
de ta naissance
de ta culture
ouvre-toi à l’éternité
et qu’importe
si elle n’existe pas
tu auras vécu
un instant de liberté !
crois-tu que l’oiseau
grandes ailes déployées
se pose des questions ?
Non il va ou le vent le porte
il écoute le chant de la mer
et la voix des sirènes
parfois, mon ami
oublie simplement
qui tu es
d’où tu viens
où tu crois aller
juste pour vivre libre !
Dessin de Jeanne Champel Grenier : Dame à l’hermine d’après Léonard da Vinci
De Delpht et d’ailleurs
Au temps où Hérédia situe ses Conquérants
En ces siècles mouvants découvreurs d'infinis...
Tout cernés par les eaux, il est de vieux pays
Où naquirent des peintres qu'on appelle Vermeer
Da Vinci, El Greco... tous Amoureux du beau
Il règne sur leurs murs une cartographie
Représentant les voies du commerce par mer
Car ces pays curieux furent vite vainqueurs
Des routes de la soie, des îles étrangères...
Les peintres nous invitent à ce partage intime
De grâce et de silence traversés de lumière
Qui éclairent le bois sous des vernis infimes
Vermeer a préparé et pilé ses pigments :
Terre de sienne et or, turquoise ou indigo
Pour peaufiner sans fin l'univers hollandais
Avec ce ''sfumato'' caressant l'air ambiant
Qui apporte aux portraits une note sacrée
Ah ! cette ombre qui vient velouter les tableaux !
Ainsi nous voyageons dans les siècles passés
Rien ne nous est caché du commerce des mondes
Au milieu des bateaux approchant ''Cipango''
Partis chercher du thé, du poivre, des aiguières
Se glisse le vaisseau de femmes brunes, blondes
Il passe sous nos yeux comme ardente prière
Nourrie de ces chefs d'oeuvre qui allument le rêve
Madones d'El Greco, Da Vinci- La Joconde ;
Une Dame à l'hermine, de Vermeer- La laitière…
Aucun de ces visages ne sacre le passé
Chacun nous suit des yeux, réanime l'instant
Femmes, elles existent sans la marque des siècles
Sans aucune violence et sans vulgarité
Hommes, lorsque l'instinct de possession vous mine
Lisez en leur regard la paix qui les anime :
Féminité tranquille, la beauté pour message
Ces femmes sont passeurs de toute éternité
En leur vaisseau l'Amour traversera les âges
De ses yeux effarés l’église me regarde
Comme une poule qui protège ses poussins :
Quelques toits accroupis penchés vers le bassin
D’autres qui se replient vers une rue bavarde,
Celui du boulanger lâche de sa bouffarde
Un rêve de fumée qui s’exerce au dessin ;
Dans les fond d’une niche une statue de saint
Dont le bois délavé semble vêtu de hardes !
Le village s’ennuie, il s’ennuie à mourir ;
Il n’a plus que des vieux chargés de repentir
Qui ne comprennent pas pourquoi la place est vide !
Pourquoi tous leurs enfants les ont abandonnés ?
Ils ont le sentiment d’être déjà damnés,
Eux, dont le désespoir creuse un peu plus les rides.
Les traductions en occitan limousin et en italien sont de Béatrice Gaudy
Je suis née de l’été
un jour de neige pourtant
en février
Mais mon souffle vital se puise
dans la lumière incandescente
des torrides étés de chez nous
les orteils dans les rus
et les yeux dans le soleil
* * * * * * * *
Sai nascudo de l’eitié
un jour de nèvio pertant
en febrie
Ma mon soufle vitau se pouso
din lo lus incandescento
dau tourridei eitié de cha nous
loû artei din loû ri
e loû uei din lou soulei
* * * * * * * *
Sono nata dall’estate
un giorno di neve pure
in febbraio
Ma il mio soffio vitale si attinge
nella luce incandescente
delle torride estate del nostro paesello
le dita dei piedi nei ruscelli
e gai occhi nul sole
Pourquoi les roses ont des épines ?
Mais les cactus, dans leur désert,
En ont bien plus que leurs copines,
Dans les sables, loin des prés verts.
Pourquoi les roses, si fragiles
Avant de prendre ma plume
je m’allonge
sur l’aile d’un mirage
à cheval
sur ses plus hautes branches
qui se balancent
au bras d’une promesse…
J’ouvre la cage imaginaire
et les mots s’échappent
ivres d’espace…
Oiseaux multicolores
feux follets insolites
tourbillons éphémères
caprices féeriques…
… comme ils sont beaux
à la lisière de l’éveil !…
Je suis seul à les voir
sur la lande changeante…
en cercles incroyables
ils s’approchent… s’éloignent
se rapprochent encore
avant de s’évanouir
dans l’alcôve du rêve…
et une seconde plus tard
la farandole recommence…
Tourbillons errants
à la recherche
d’un bien vagabond
toujours en devenir…
Les morts tournent
sauvages et fiers
comme les passions
à l’ombre de mon souffle…
Image inquiète
où flambe l’espérance…
Heures de sable
qui sucent mes songes
comme une gourmandise !…
… et donnent peu à peu
naissance à cette voix
au timbre d’encre…
Un à un
ils métamorphosent
la transparence de ma feuille
en un royaume où l’aube
accueille la sève
affranchie des pièges
qui finissent tous
dans la gueule du Temps !…
Les mots entrent
dans mon coeur
mon sang se cabre
la vie me dépasse
l’impossible vient d’éclore !…
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...