À doigts d’oblate
solfier les soupirs
ensauvager les accords
à pas mesurés tracer des îles pour bure déchiquetée
à pas de chanoinesse défaire le chapelet des tensions
avec des grains de tendresse
à mains de moniales sculpter un visage
dans les repentances de la fumée
à courbes d’abbesse allumer la calligraphie d’un cierge
boire les gouttes cireuses
ambroisie
à gestes de païenne donner la clé de la partition
fermer le temps
ouvrir l’espace
pour toi.
Est-il bien utile d’exhumer tel ou tel cas de rivalité entre artistes dès lors qu’il en existe depuis la plus haute antiquité ? Cibler, comme ici, deux épisodes précis relevant, en outre, d’une même époque et d’un contexte culturel identique pourrait à la rigueur paraître indélicat dans la mesure où ces deux dimensions – la seconde principalement – pourraient se voir et surtout se croire spécifiquement visées. Notons dès à présent que les escarmouches évoquées plus loin ne donnèrent pas lieu à d’interminables échanges d’aménités mais se sont soldées par des essais tangibles d’apaisement : les acteurs de ces deux conflits se sont révélés beaux joueurs, en définitive ! Notons surtout que les principaux intéressés ont fini par faire de leur confrontation l’objet d’épanchements littéraires et qu’il ne saurait être question d’aucune violation de faits confidentiels, de ce fait.
La vraie question ne devient-elle pas de savoir si, pour les auteurs concernés, leurs querelles ont pu se révéler bénéfiques – ou l’inverse - pour leur œuvre ou leur évolution ; de savoir ensuite si, au niveau des lecteurs cette fois, ces jalousies conservent le moindre intérêt à long terme : pour l’édification « morale », pour l’intérêt historique ou artistique, par exemple.
° ° °
En 1975 paraît chez Plon le livre « Le Cheval d’orgueil » d’un auteur jusque là assez peu inconnu : Pierre Jakez Helias. Cet ouvrage de quelque 550 pages, sous-titré Mémoires d’un Breton du pays bigouden, est tout entier consacré à l’évocation d’un monde rural presque révolu ; il va connaître en quelques mois un succès rare et inattendu, même aux yeux de l’auteur et de son instigateur, Jean Malaurie, ce visionnaire qui éditera les plus prestigieux ethnologues : Claude Levi-Strauss, René Dumont, Margaret Mead, Victor Segalen … (*)
ce n’est qu’à la tombée de la nuit qu’on s’enlève le masque
et on s’approche l’un de l’autre, en secret.
je t’attends au bord de ce trou noir
afin qu’on se marie dans un amalgame de rêves.
je ne me souviens plus
si je les ai rêvés
ou je les ai seulement désirés.
des constellations inconnues engendrent
à chaque accouplement de pensées,
le sang fait preuve de notre existence qui n’est pas au hasard
les rapprochements et les embrassements sont permis
dans cet univers candide,
la nuit fait briller nos étoiles dans cette boule parallèle
qui comprends les cœurs entiers
non mutilés par des masques ou des craintes.
Tout est bien rangé
Sur les étagères de ta vie,
Où tu veux que rien ne bouge.
Ni la montre qui grignote le temps
Ni les draps repliés
Dans leurs rêves de lavande
Ni le pain qui attend
Sur la nappe rouge.
Pourtant tu as dû m’oublier,
Près du verre où le soleil miroite,
Endormie dans la paume de ta main,
Où dans le coeur d’une fleur…
Peut-être le front appuyé
Sur la vitre où chuchote la pluie.
Dans ton espace familier
M’as-tu fais une place ?
… Tu me tiens serrée contre ton coeur,
Et voici que tu fermes ta veste,
Que tu ouvres la porte,
Et m’emportes avec toi
Dans la houle des jours.
Bonjour ! J’ai le plaisir de relayer l’appel de Nicole Portay, responsable du concours de poésie jeunesse au sein de la Société des Poètes Français ! Faites suivre autant que vous le pouvez !!
AMIES, AMIS DE LA POÉSIE,
Voici l’édition 2021-2022 de notre concours dont la dernière session fut encore une fois une belle réussite ! (Qualité, valeurs humanistes, émotion furent au rendez-vous). Je compte sur vous pour nous aider à pérenniser nos joutes poétiques.
N’hésitez pas à en parler autour de vous !
Poétiquement vôtre, Nicole Portay, Responsable SPF du Concours International de Poésie Jeunesse Francophone
26 février
L’usure quotidienne au ras de l’existence
N’arrivera jamais à me prendre au filet !
Toujours rebondissant, j’étrécis la distance
Qui sépare mon chant de son prochain couplet.
27 février
Couplet d’une chanson unie à son refrain,
De l’univers surgie, y repartant sans cesse.
La ronde tourne en boucle avec le même entrain,
Eternel mouvement, symbole de jeunesse.
28 février
Le mouvement sans trêve est mon gage de vie,
Continuel échange entre esprit, âme et corps.
De ce choix dévolu, jamais je ne dévie,
Jusque dans le sommeil il me trouve en accord.
29 février
Le sommeil m’est permis juste tous les quatre ans,
Seulement dans le creux de l’an dit bissextile !
Hors du calendrier, il rentre dans le rang,
Un besoin pour d’aucuns, pour moi heure inutile.
"Qu'attendre, le temps travaille pour nous, ma chère ! Sur notre chemin, avec nos mains tendues, une mésange, une tourterelle, une lune ; elles disent la durée inconsidérée de notre union, parfois du froid mais toujours des retours à nos corps défendant et à l'amour revenant, le partage du printemps, de ce qui sauve mais de quoi ? Avec la lune pleine qui éclaire nos corps enlacés, et la mésange et la tourterelle qui prédisent le temps à partager ; Amour à tenir sauvegardé, Amour du peu de nous deux, de tout le trop de nous deux… le nôtre nous-mêmes ?"
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...