Il pleut sur les murs de la cité,
Sur les immeubles sans toitures,
Le toit des voitures
Et dans le regard oblong
Des paraboles
Qui poussent sur les balcons.
Il pleut sur les platanes
Que n’arrivent pas à grandir
Et sur les ballons oubliés
Des enfants.
Dans tout ce gris, les graffs
Lancent au ciel délavé
Leurs cris, leurs paraphes.
Et la ville endormie
Décline ce Dimanche de pluie
Glissant triste, sur les vitres
Et dans le coeur des gens.
1er mars
L’heure est un univers, un tout, un infini,
Elle déploie en nous l’éventail des secondes.
Soixante fois soixante assemblent dans leur nid
Trois mille six cents heures de repenser le monde.
2 mars
Heurs et malheurs ne font qu’une paire boiteuse.
Les dieux le savaient bien, puisant, indifférents
Dans la jarre des maux, gestion calamiteuse
Pour les humains livrés à ces oublis flagrants.
3 mars
L’oubli se manifeste aux esprits encombrés.
Dès lors rien ne va plus sur le damier des cases.
Tous les jeux sont faussés et déséquilibrés,
La cause et ses effets courent sur d’autres bases.
" Elle nous est possible
La parole, comme un figuier
Quand le printemps arrive.
Dire : Nue au début et qui
S'habille, fleurs et fruits
À l'unisson des autres
Quand la saison s'installe."
Amours, balades, folies et fantaisies, enfance éparpillée au gré de notre histoire, les souvenirs s’égarent en chemins de mémoire. Effeuillés en poèmes comme autant de témoins, d’instants d’éternité, ils habitent nos rêves, y peignent des visages.
Sidérés par les scènes de rue, les explosions, baignés des impressions dont nos regards d’enfants ne saisissent le sens, moins encore la portée, nous parcourons la vie sans y être jamais, de face, confrontés.
Apprendre et enseigner les choses des savoirs, se convaincre au matin du choix de nos destins. Soigner et prendre soin, tromper ou se tromper, réussir parfois à saisir un sourire, celui que j’aimerais écrire en souvenir.
Éducation, psychanalyse, poésie… Sans terre ni racines, mon errance s’est nourrie d’histoires en faux-semblant, de sensations brûlantes sur fond d’images effrayantes, en d’autres temps mystérieuses, séduisantes, intimes et secrètes à la fois. Charme discret des émotions, la musique des rimes m’a conduit aux croisées des chemins de rencontre, des hymnes endeuillés, des passions éternelles offertes à l’évidence sans promesses en retour.
Serge Lascar
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Pays tout à la fois sombre et pâle qui tarde à renaître, pays d’arrière-pluie au printemps hésitant. Des monceaux de feuilles, tels des essaims, comblent les sentiers et coagulent en nids : guêpiers où le temps s’enlise.
L’hiver toujours loge au ras des terres.
Pourtant, aux rives des feuillages, les fanions clairs des cimes s’échevellent : résilles aquarellées.
Mais déjà, repris par la brume, l’horizon se glace.
Pourtant, aux talus des nuages, une tache solaire grandit ; ombre juvénile, comme un souvenir de chaleur.
Mais déjà, repris par la brume, l’horizon s’efface.
Pays de mauvais temps où la glaise scelle le pas d’un poids séculaire, pays de marne au chant de silence.
Mais déjà, reprises par la vie, les boues verdissent nourries de brume.
Béatrice Pailler /Recueil SACRE
Éditions Racine & Icare 2019
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Carine Roucan : 10 rue Jean Lemarcis 76610 Le Havre
Prix public 13€
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J’ai beaucoup voyagé sur la planète, et sans cesse arrivaient d’autres astéroïdes de glace, pareils au mien. Tant et si bien qu’apparurent des lacs, des mers, des océans. Avec l’aide de mes amies gouttes, nous avons modifié le paysage, creusant des rivières de plus en plus larges, des mers et des océans de plus en plus vastes. Et la terre se froissait et faisait surgir de splendides montagnes, et nous y dessinions des vallées. Ils nomment ce phénomène érosion. Ce n’est qu’un mot, j’aime mieux dessiner que parler.
En rejoignant l’océan, je me laisse flotter tranquillement, prenant un peu de repos, en attendant que le soleil réchauffe mon corps et me transforme en gaz. C’est ainsi que je peux me rendre invisible et légère comme l’air. Ils appellent ça l’évaporation. Ce n’est qu’un mot, ce qui me plait avant tout, c’est disparaître et changer de corps. Ainsi va ma vie, entre ciel et terre : m’envoler, rêver, chuter, dessiner, m’envoler, rêver, chuter, dessiner... C’est ma destinée.
Dans les nuages où je me réfugie, on voit parfois passer des éclairs fracassants. Quel bruit! Certains disent que c’est ainsi que s’est produit le miracle, d’autres prétendent que ce fut plutôt grâce aux volcans qui font bouillir le fond des mers. Qu’est-ce que j’en sais ?! Néanmoins, un beau jour, flottant dans l’océan, je tombe nez à nez avec une chose étonnante et minuscule, plus petite que moi, c’est vous dire. Ils les appellent bactéries, nous, on ne les appelle pas, on les regarde et on s’émerveille. Elles passent leur temps à s’agiter et à se diviser en deux, pour donner naissance à des petites sœurs jumelles qui s’agitent et se divisent à leur tour. Elles se sont tant et tellement divisées que bien vite, il fut impossible de les compter. Non contentes de se reproduire, elles se mirent à se transformer. Certaines apprenaient à nager, d’autres à se dévorer entre elles, d’autres s’unissaient pour construire une forme plus complexe... Quelle bizarrerie !
Le temps passait et passait encore, et à chaque promenade sous la surface des océans, je découvrais des créatures de plus en plus étranges : des vers, des coquillages et enfin des poissons ! C’est un poisson qui m’a bue pour la première fois. Ça me fit un drôle d’effet. Entrer dans la bouche d’un animal, vous pensez... Mais je n’ai pas souffert, bien au contraire, c’était merveilleux. Car j’ai senti comment c’était d’être un poisson : J’ai su tout ce que savait ce poisson, j’ai senti tout ce qu’il sentait, j’ai pensé tout ce qu’il pensait ! Mais ça, comment le décrire à ceux qui ont oublié « le secret »...
Authentique aventure de l’esprit : la poésie
m’habite et me quitte : comme ma chienne,
elle s’enfuit, hume quelque herbe folle et
revient à pattes de mamours, tout museau
gorgé de senteurs, se câliner de moi…
Pacifistes, écologistes
Manifestants de tous poils
Vomisseurs de slogans
Au verbiage pollué
A l’intolérance exacerbée
A la bonne conscience retrouvée
Pour une heure de manif accordée
JE VOUS ACCUSE
Vous n’êtes pas la conscience universelle
Vous n’êtes que la voix des manipulés
Soyez la montée individuelle
La vague déferlante de la volonté
Du non égoïsme, de la reconnaissance
A la différence
Du respect de l’Autre
Arrêtez vos déluges de mots
Enlevez vos masques grotesques
Montrez votre vrai visage
Le Vôtre
Ne soyez pas faibles aux puissants
Et intransigeants aux faibles
Ne soyez pas indifférents
Réapprenez comme vous le dit
Fonvielle Alquier, l’Irrespect
Ne vivez pas votre vie par délégation
Assumez-vous, agissez
Soyez un, soyez cent, soyez millions
Mais soyez responsables !
J’ai le bonheur, grâce à Michel Bénard, d’accueillir dans les pages de Couleurs Poésies, après Jeannine Dion-Guérin, un couple d’artiste, lui, Barnabé Laye grand poète, et elle, Francelaine DebelleFontaine grand sculpteur ! Ces arrivées sont un profond bonheur pour moi… Bienvenue à tous ! JeanD
Le visage des larmes change au gré des saisons
En habit couleur chagrin ou en souffrance passion
Larmes de colère ou larme de dépit dans l’attente
D’un geste ou d’un mot délivrant du ressentiment
Les larmes sont des paysages bleus des poèmes
Des silences cachés au creux des mains enlacées
Des merveilles fugitives sur les sentiers du cœur
Filles des extases soudaines et des émerveillements
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...