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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 06:33


Éditions les Poètes français, 151 p., Paris, 2021
ISBN : 978-2-84529-313-7

 

Imaginez l'atelier de Botticelli à la Renaissance, avant Savonarole, Jean Calvin et l'ère victorienne : célébration de l'éternel féminin qui faisait penser aux temps antiques, à la villa des Mystères de Pompéi, à un Orient fantasmatique... Imaginez, bien plus tard, l'amour courtois dans toute sa noblesse et, de manière plus contemporaine, relisez les poèmes d'Apollinaire, d'Aragon, d'Eluard. Imaginez un artiste non figuratif mais qui peint les mots de la tendresse sur papier de Chine. Peut-être rencontrerez-vous Michel Bénard, écrivain bien connu au-delà de Reims et de Paris, lauréat de l'Académie française, funambule des arts, lui-même tout à la fois peintre et poète, dont la plume de soie nous révèle ici ses foisonnements célébrant l'amour...


Ce recueil, une véritable somme, porte en tête un titre énigmatique et luxuriant : Les caresses du ciel. La relation est mutuelle, assumée, avec une dimension venue d'un ailleurs. La première de couverture ? Un tableau d'Alain Bonnefoit, suivi, dans les entrailles du livre, par une dizaine de toiles d'autres artistes, le tout, en quadrichromie. Une préface, signée par Jean-Pierre Paulhac, souligne l'élévation du corps et de l'âme dans les poèmes  qui vont suivre, sans paillardise ni voyeurisme, mais qui tendent à un couronnement affectif.


Venons-en aux textes. Au-delà de la volupté, trois axes me semblent s'imposer : l'amour lui-même, le rayonnement pictural de la poésie et sa portée dans l'au-delà.


L'attachement (dans le sens d'Agapé) préside aux propos :
Un soleil de nacre
Réchauffe les secrets de lecture
Des poèmes intimes
D'une énigmatique
Fileuse d'amour
Masquée par un contre-jour


Mais Raphaël est passé par là, avec la carnation de ses femmes aux courbes sublimes, le regard de ses madones, la douceur potelée de ses cupidons. Une dimension esthétique est omniprésente chez Michel Bénard qui est avant tout visuel :


Au cœur d'un rêve je fixe
La flamme d'une étoile,
Qui laisse soudain naître
Le sourire de votre visage.
Me voici alors plongé dans l'extase
Ineffable d'un instant émerveillé


Sans cesse, l'écriture tend vers un Plus Beau, vers un Plus Haut , avec une perspective quasi-mystique :


Princière, te voici debout
Telle une icône divine
Transmettant à l'homme
Le mystère de la création


Ainsi, tous les feux porteurs / des couleurs de l'amour se fertilisent mutuellement grâce à ces trois dimensions qui nous enchantent de manière pérenne.


Sans doute Michel Bénard est-il un magicien ou plutôt un humaniste de la Renaissance, tout à la fois sensuel et subtil, en son atelier du verbe et de la couleur.

 

Claude Luezior

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 06:33
Waldmar Lorentzon, Astral Attraktion 1934 (cubisme-surréalisme) - Photo Viveca Bosson


 

 

Ce ne sont pas ses mots
ce sont les miens
ces mots qui reviennent

 

Depuis les temps immémoriaux

 

Malgré cette trop longue absence
ils me caressent encore
ils m'enveloppent comme jadis
de cette tendresse, de cette chaleur

 

elle n'a plus la même enveloppe
mais elle est encore mienne
l'extérieur n'est qu'illusion
ce n'est que le paysage de la vie
le cœur lui, est le même
le fil conducteur de ses incarnations

 

ces mots que je connais
car ils sont les nôtres
ils sont l'eau, l'air et le feu
Relire ses mots c'est revenir aux sources
C'est le lien avec l'Univers
Ses mots initiatiques sont l'essence de la vie

 

Ode©  


«Le temps est sans importance Madame…»
« C'est nous qui l'avons inventé, Monsieur »

 

 

 

 


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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 06:23


 

 

en ce temps là
tu étais ma voisine
je n’avais de yeux que pour toi
toi la femme presque accomplie
et moi l’homme en devenir
quelques poils au menton l’affirmant

 

l’avenir semblait nous appartenir
et pour nous, l’éternité
était encore notre réalité
ne pouvant imaginer
dans notre ingénue naïveté
que la mort serait notre avenir…

 

tu devais devenir ma femme
c’était écrit dans notre ciel
mais un jour ton regard
vers un autre s’est tourné
tu m’as oublié, rejeté, écrasé
pour toi, je n’étais plus rien

 

d’un seul coup
l’éternité s’est effondrée
ne voulant plus rien dire
l’amour que nous partagions
était bien mort
avec la signature de ton visage sans remord

 

pourquoi tant de méchanceté ?
que t’avais-je fait
qu’attendais-tu de moi
sans jamais me l’avoir avoué ?
je n’était pas devin
j’étais juste ton amoureux…

 

ta cruauté quotidienne
a enterré mes belles années
sans discours ni sermon
tu m’as jeté comme un déchet
tu ne m’as plus offert que ton mépris
alors que je t’aimais encore

 

et je m’en vais
sur ma route solitaire
vers un avenir qui n’a plus de sens
puisque tu ne le partageras plus
illusions ne rime pas avec vérité
l’une fait rêver là où l’autre fait mourir…

 

©Jean Dornac

Lannion, le 19 mai 2021  

 

 

 

 

     
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19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 06:37

Jean, la lecture de vos poèmes m’en a inspiré un, en remerciement, pour vous.
Amicalement


Poète mon ami, ton chant désespéré
Tout au long de ta rue, et de tes chemins creux
Appelle la femme, qui un jour t’a manqué
Oiseau insouciant, parti sous d’autres cieux.

 

Tu n’as pas oublié, miné par le chagrin
Ta colère se tourne vers ce monde insensé
Que tu ne comprends plus, lassé de son dédain
Pour les êtres blessés,
Pauvres, désemparés.

 

La révolte t’étreint, tes mots sont des brûlots
Tu appelles au sursaut des hommes oublieux
De la vie d’avant, quand tout était plus beau
Joie et insouciance, loin des calculs haineux.

 

Par leur véhémence et leur sincérité
Reflets de ta tristesse et de ton désespoir
Tes paroles interpellent, disent ta vérité
À la fin dispersées par la brise du soir.

 

Un matin joyeux dissipe ta détresse
C’est dans les mots d’amour, émouvant messager
Que tu trouves la paix, que plus rien ne te blesse
Animé par l’espoir d’aimer et d’être aimé.

 

©Bernard Delpech 
 
 

 

 


 
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18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 06:30


 

 

 

Rien n'est moins aisé que d'écrire
Prendre le parti de la Beauté
qui frise parfois la démence
et respirer, pleurer, vivre à sa mesure
Il faut le lâcher- prise adolescent
la foi et la magie du chaman
une confiance ( qu'on fiance)
au Big bang créatif des pensées
obéir à la vive morsure du Vrai
et à la fièvre imaginative
pour mettre à jour la nuit
qui vous traverse
et vous enfante
avec ses fulgurances
Il faut un souffle vital d'enfer
pour assumer le coup de foudre
capable de sacrer ce qui ne doit périr
Il faut savoir écouter sa primitive mer
bercée d'hippocampes et de léviathan
cette eau qui éclabousse, souffle sur les brûlures
remue à la fois les épaves et les nacres
cette eau abreuvée de ciel et qui y retourne
tandis que brillent dans les replis du sombre
les attentives moires du mystère

 

Rien n'est moins aisé que d'écrire
décrypter l'indicible et livrer sa lumière
battue de troubles, plombée de galères
Il faut une vie...peut-être deux...

© Jeanne CHAMPEL GRENIER                  
 
20-4-2021

 
 

 

 


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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 06:26


 

 

Un corps dont l’imagination
Parvient à se représenter
Des morceaux imbriqués
Dans une forme étrange
Sans reconstituer
Le plan
L’image !

 

Prélude à quel enfantement
Que ce ventre mâture
Enflé de quelle proche géniture ?
La création pose problème.
Que peut-il y avoir avant ?
Et qu’en restera-il après ?

 

Toute oeuvre en train de naître
Est déjà sur son déclin.
Le foetus perd des neurones
Et le sait-il quelque part ?
Un organisme a-t-il idée
de sa désorganisation prochaine ?


©Louis Delorme  

Extrait du recueil « Alternances » aux éditions Thierry Sajat  
         

 

 

 

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16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 06:42

Editions France Libris, 2021

 

Ici, toute la terre se repose de sa fécondité et tout son bonheur est tendu entre deux gazelles et deux nuits distantes à peine d'un pli dans la lumière et le défi tranquille de l'horizon imprenable.

Lorand Gaspar, in Sol Absolu

 

C'est certainement pourquoi dans ce recueil, nid de lumière, l'auteur traverse les branches, les nuées, pour inscrire la plénitude de la nature dans ses phrases alors que le soleil comme volaille rousse se couche doucement.

 

Jeanne Champel Grenier sait très bien accorder son dire, son ressenti, à son environnement ; elle en restitue les pulsions, les odeurs, les cris, les battements d'ailes de l'oiseau qui ne se demande pas pourquoi les astres alignés par les hommes s'allument sous la lune ...et qui dort, la tête au creux de ses rêves, alors que sa cervelle d'oiseau lui en dit long sur la bêtise des hommes qui chassent et tuent pour une noix de chair, toute une nichée de musique : Bel hymne à la nature.

 

Séparant la brume du vent, l'auteur se faufile dans l'invisible gué, pour y décrypter son environnement, les couleurs dans le foisonnement des plantes qu'elle connaît parfaitement, les rosiers beaux comme une nuit étoilée, les glycines accompagnées d'une haie de violettes, de lilas bleu et d'iris de Florence ; ces rosiers qui se tendent vers la lumière, la tête embrouillée d'abeilles, tel un couvent de novices en prières.

Ne pas oublier que Jeanne Champel est aussi aquarelliste d'où la précise délicatesse de ses descriptions : ce bleu aux milliards de tons que l'on dit ''dégradés'', ce bleu aux camaïeux qui se déclinent à l'infini, ce bleu est en vie, il parle à l'âme.

 

Sans nostalgie, avec une grande douceur, elle retrouve ses souvenirs ; comment ne pas être ému à l'évocation de la maison de son enfance : je revois les couleurs sur les plafonds surpris par l'heure endimanchée, la bouille réjouie des faïences fleuries rangées sur la crédence ; je revois mon enfance et ma tante Louise qui aimait les surprises aux heures du silence.

L'auteur traverse le miroir, l'ombre prend feu, la silhouette d'une main se tend : c'est une île, son île dans laquelle elle s'enlierre, une île où murmure toujours la silhouette de la mère de l'auteur : ton souvenir c'est toujours une écriture de printemps, je garde encore de toi la douceur des lumières qui passent sur les fleurs...je ne t'ai pas perdue, tu es juste devant moi, à quelques pas, je t'aperçois en train d'écarter les ronces sur mon chemin...Superbe ! C'est une présence absence où tout continue de s'engendrer dans la transparence des mots.

L'auteur aime les mots, les roule, jongle avec, balles lancées qu'elle rattrape toujours avec humour et lorsqu'il s'agit de décrire un enfant ''neuf'', elle en invente en jubilant : elle se jupe à fleur du matin et s'aurore les joues de menu fretin, ses cheveux se tobbogandent le soleil et tous les papillons s'antennent de poudrin de chou ; le chat miaule mi-raisin, le rouge-gorge se carrousselle...

L'auteur ne fait pas pourtant l'économie de réflexions métaphysiques: la vie est secrète, elle n'est pas à nous, elle se prête et nous échappe car trajectoires

filantes nous sommes...

 

Planète solaire est un flacon de lumière, une île d'heures opalines qui réjouissent l'âme et l'esprit.

Murmures de l'écho de l'auteur, son rire devient l'ombre de celui du lecteur / malgré les mauvais coups, les coups bas ; oui, la vie, on l'aime encore, on continue à chercher un reflet positif dans son regard.

Regard tourné vers la source, Jeanne Champel Grenier écoute le feu du levant ; elle y puise l'amour, le soleil et ses étincelles ; elle les transmet, en ces temps troublés ; qu'elle en soit remerciée !

La poétesse est une rêveuse d'encre, pétales au souffle de sa plume, étamines pour la nuit de ses lecteurs à qui elle conte les fables de l'espoir, de la vie, du souvenir ; et comme l'écrivait K. Giibran, se souvenir c'est en quelque sorte se rencontrer.

Bien évidemment nous ne saurions omettre de signaler que toutes les illustrations sont de l'auteur, et la mise en page impeccable de Anne Gary Reck

 

©Nicole Hardouin

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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 06:36
Photo AFP - PHILIPPE LOPEZ

 

Les traductions en occitan limousin et en italien sont de Béatrice Gaudy

 

Paris du glacial couvre-feu
Dans les rues désertées
entre deux patrouilles de police
des hommes des femmes
et même des enfants
    sans abri
    errent
    mangent
se recroquevillent sous une couverture
regardent changer l’année
mais pas leur vie


        * * * *     

Sant-Silvèstre à Paris

Paris dau glaciau coubro-fio
Fin la charrièra desertada
entre doua patrouilla de pouliço
daû omei de la fenna
e memo daû eifant
    sen abri
    erren
    minjen
se recrouquihen sous ‘no cuberto
regarden chagna l’annado
    ma pa lour vido

 

        * * * *     


San Silvestro a Parigi

Parigi dal glaciale coprifuoco *
Per la strade disertate
tra due pattuglie di polizia
degli uomini delle donne
e perfino dei bambini
    senzatetto
    errano
    mangiano
si rannicchiano soto una coperta
guardano cambiare l’anno
    ma non la loro vita
 

*alle 20

 


©Béatrice GAUDY
 
 
 
 
 

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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 06:33
Photo Jdornac©


 


 
La lumière s’abreuve au creux des rochers, elle s’initie à la dureté,
nous portons la crue rebelle de nos illusions.
Vide au cœur, solitude en bandoulière, fuir l’indifférence, réenchanter la solitude et partager quelques gouttes de rosée.

 

L’hiver range ses tréteaux, les jachères refleurissent, les couleurs percent la brume
passe un vol d’hirondelles.

 

Dans les vibrations du matin, un axe d’or se profile
les héliantes décoiffent la mousse.

 

Sur les manèges, l’amour sourit de nouveau
bec ouvert un oiseau s’envole au-devant du fruit
la lumière fait la roue sur mon corps
lisse les obliques


                                     renaissance.

 

L’amour se suspend à un lit d’impatiences et le ciel a des songes d’alcôves.
Andante, nos yeux se renvoient des flammes
crescendo
corps en accords
remets tes empreintes dans les miennes.
                                 Secret au goût d’airelles.

 

                                                                                                    
©Nicole Hardouin.

In Fontaines Carnivores, éditions L.G.R, Paris

 

 

 

 

 

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 06:37
Création Ode - Québec © 2004


 


Je ne vends pas du vent,
Je ne donne que du rêve.
Accepte ce présent,
Ta vie sera moins brève.

 

Psyché, je suis plus que ton frère.
Enchante moi en toutes saisons.
Ton ami aime en toi la mère,
Et l'amant devient Cupidon.


Je t'emmènerai tout là-haut
Sur un nuage de lumière,
J'y peindrai ton corps en rehaut,
En amazone, ma Cavalière!


Nous boirons le filtre d'amour,
Transfigurés comme des soleils.
En ton temple, mes nuits seront jour,
Notre fusion sera vermeil.


Sur ce tableau je tracerai
Une longue traînée d'étoiles,
Et mille oiseaux j'ajouterai
Pour chanter VIE sur notre toile.


Je ne vends pas du vent,
Je ne donne que du rêve...
Réalité se vend,
Mais souvent on en crève !


Du rêve à la réalité,
La descente est souvent amère...
Si l'Amour nous a transportés,
Le paradis nous suit sur terre.


Lorsque mes rêves volent au vent,
Bien attachés à leurs fils d'ange,
Les nuages cachent moins souvent
Le soleil, et notre vie change.


Je ne vends pas du vent,
Funambule, troubadour,
Fou rêveur bien souvent,
Je transporte l'Amour !

 

Pierfetz©

2009

 

Source : http://arciel88.fr/bibpoesiespierrot/I-5fildange.htm

 

 


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