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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 07:28
Photo chmich – L’anneau de la mémoire

 

 

 

 

 

 

là se distendent

les précipices

 

en ces lieux de mémoire

l'on a serti

un anneau titanesque

de béton et de larmes

 

porte-à-faux

sur nos vertiges

ces noms infinis

désormais reliés

en alphabet unique

pour amis et ennemis

 

implacable destin

d'une famille

 

filigrane d'alliance

face à une camarde

 

si boulimique

qu'elle ronge encore

notre entendement

 

gloire et absurdité

 

guerre d'arrogances

intimement pétries

dans des boues aveugles

 

Guerre civile

entre peuples frères

tellement immonde

qu'on l'appelle Grande

 

chairs tranchées

cortège de suppliciés

 

©Claude Luezior

 

 in : Jusqu'à la cendre, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018

https://editions-lgr.fr/claude-luezior/  

 

 

 

 

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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 07:40
Carré musulman du cimetière de Douaumont

 

                                     

Ô jeunesse si utile aux puissants

Tu es l’idéale chair à canon !

 

 

Il y a cent ans…

 

 

Alors que sur les champs de batailles

Le silence avait enfin remplacé la mitraille

Seule l’odeur des jeunes morts

Entre les trous d’obus, régnait encore…

 

Silence sur les champs d’horreur

Pénible bruit de trop d’honneurs

Offerts aux politiciens et chefs militaires

Drapeaux en tête, costumes sortis des vestiaires !

 

Ceux-là n’avaient pas combattu dans les tranchées

Mais ils savaient si bien se vêtir des fausses vertus

D’un nationalisme vite criminel au fil des années

En revêtant le drapeau, toute honte bue…

 

A pieds ou sur leurs chevaux

Ils paradaient devant la foule

Qui agitait ses drapeaux

Figurant une grande houle

 

Tous oubliaient le sinistre cortège

Des millions de morts

Abandonnés à leur horrible sort !

Comment ne pas ressentir le sacrilège ?

 

Il ne manquait à l’absurdité

Que les profiteurs de guerre

Fabricants d’armes et banquiers

Ces pourvoyeurs des cimetières

 

Ces marchands et idéologues de toutes nations,

Tous ces fanatiques du pouvoir et du fric maudit

Ne voyaient en la jeunesse que le parfait profile

D’inutiles vies au service des sacrifices imbéciles !

 

Qu’il est tragique et honteux

De faire croire qu’il y a un honneur

A mourir sur un terrain boueux

Tué par un jeune venu d’ailleurs…

 

C’est en vérité, un frère humain

A qui l’on n’a rien à reprocher

Sinon d’avoir dans ses mains

L’arme qui doit vous tuer…

 

Le véritable et seul barbare

C’est l’orgueil allié à la soif d’argent

Des exploiteurs de guerre, pas rares

Véritables cancrelats en cols blancs !

 

L’honneur revient aux seuls soldats

Ces jeunes à qui l’on a volé la vie

Leur faisant croire qu’ils servaient la patrie

Au début, beaucoup croyaient en cela…

 

 

N’oublions jamais, qu’il n’y a pas d’honneur

Dans la guerre, seulement de l’horreur !

Il n’y a pas de vainqueurs

Il n’y a que la terreur

Il n’y a pas de gloire

Rien que des mots illusoires…

 

Et, toujours, des océans de souffrance…

 

©Jean Dornac

Lyon, le 11 novembre 2018  

 

 

 

 

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11 novembre 2018 7 11 /11 /novembre /2018 07:42
Dans son œuvre, Otto Dix (Peintre allemand - 1891-1969), contrairement à bon nombre de ses confrères, ne fera jamais de concession par rapport à la représentation dure et crue de tout ce qu'il juge comme lié à la sauvagerie destructrice.

 

 

 

                                                 « Chez nous, le 11 novembre est fête nationale » 

                                                                                                             Barde GLENMOR

 

 

 

Plus de la moitié d’un siècle a passé

Et, aujourd’hui, une fois de plus,

La soixante septième,

Sonnez clairons, donnez trompettes,

Battez tambours,

Dans cette France monumentale,

On commémore, on discourre,

On agrafe, rapidement,

Sur leurs maigres poitrines,

Hommage aux derniers survivants

Oubliés sans doute,

Pour bonne conscience se donner,

Les décorations ultimes,

Méritées,

Témoignage de l’holocauste

Et du cataclysme immenses,

De cette vomissure monstrueuse

Et boueuse, mangeuse d’hommes,

Aux lois organisées banalisant la mort.

 

Dans cette France monumentale,

Engranitée, emmarbrée

Des victimes innombrables,

Des combattants de l’ombre,

Dont n’acceptant pas la fatalité

Des déferlements guerriers

Et embrasements meurtriers,

J’aurais aimé qu’ils aient été,

Avant,

Les Résistants de la Lumière.

Résistants de la Lumière

Aux politiciens démagogues,

Aux promesses toujours trahies,

A la lâcheté souveraine,

Préoccupés de récupérer à leur unique profit

Les errements et les faiblesses,

Pour créer plus encor la division

Et asseoir, ainsi, leur éphémère puissance,

Sur la dérision.

 

Résistants de la Lumière

En cette France monumentale

Au populaire à l’oubli trop facile,

A l’attentisme militant,

A l’acceptation veule et coupable,

De ses responsabilités déchargées.

Cette France monumentale

Dont point n’ont besoin ceux qui luttent,

Ceux dont le regard et le cœur restent lucides

Et que l’on rejette durant les précaires répits.

 

 

Résistants de la Lumière

A ceux qui ne parlent que de Patrie

En ayant leurs yeux, leurs espoirs

En voyage, hors des frontières,

Collaborateurs vigilants, inconscients

Avant d’être vaillants combattants,

A ceux qui disent parler de paix

Quand ils ne causent que violences,

Qu’ils soient

Résistants de la Lumière

Pour l’amour et le respect des hommes.



Résistants de la Lumière

Pour la paix

Faiseuse de nobles patriarches

Et non d’anciens combattants.

 

Alès 11 novembre 1984

 

©Gérard GAUTIER     

 http://www.blanccestexprime.fr/?m=20161103    





 

 

 

 

 

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 07:23

 

 

 

 

Il est onze heures...

A l'ordre gueulé,

Dans les frimas de Novembre,

Arme au poing

Peur au ventre,

Comme un diable de sa boite

Il jaillit de sa tranchée, le Poilu...

A l'assaut, à l'assaut !

 

Dans le bruit des Enfers,

Du feu, du fer,

Pauvre Âme sacrifiée,

Il n'entend pas les clairons sonner

Ni les cloches de France carillonner

"C'est fini, c'est fini... Armistice, armistice !

Sur le no man’s land

A perdre haleine il court, le Poilu,

Ivre d'aimer, ivre de vivre...

 

Noyé dans la brouillasse de l'automne,

Fauché, haché, par les feux de l'Aigle bicéphale

A genoux il tombe, haletant,

Les mains vides sur son ventre,

Comme une fleur ouverte,

Étripé, le Poilu.

Dans sa bouche il sent

L'âcre douceur du sang

De sa vie qui déjà, s'éteint...

 

C'est fini, c'est fini...

Pour lui, la nuit sera éternelle

Pauvre bougre qui ne verra jamais

La bonne terre de France

Par lui et des Milliers, libérée...

 

Le temps a passé

Le sang a séché

Les cicatrices se sont refermées.

Ils seront beaux les champs de blés

Sous le soleil d'été,

Coquelicots et Bleuets mêlés,

Nourris de la vie des hommes

Ici tombés, oubliés...

Souviens-toi,

Il était onze heures

Déjà le pays dansait

Les flonflons résonnaient

La guerre était finie,

Eux, ici, là, mouraient encore !

 

Par Jack Doherty ©

  





 

 

 

 

 

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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 07:29

 

 

 
 
Par-dessus les couleurs, les langues, les lettres, les chiffres, par-dessus tout ce qui fait la vie d’un Homme,
 
il existe une disposition du cœur et de l’âme...
 
Il n’est pas faible d’accepter que chacun puisse penser différemment, bien au contraire...
 
C’est là une humble richesse, et elle s’appelle La Tolérance...  
 
©Lydia Montigny

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand – Paris

 
 
 
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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 08:08
 
 
 
 
Il est terrible le regard
Devant lequel se referment
Les portes de la nuit.
Ils sont terribles les mots
Qui meurent sur les lèvres
Avec l’ultime espoir.
Car dans notre République
Dont ils ont plein la bouche
On traite mieux les chiens
Qu’un homme qui a fui
La guerre et l’étau de la peur.
On lui donne chez nous,
Une miche de pain
Lancée à la volée,
Un fromage tombé
Sur la terre souillée
Des cartons de poubelle
Un terrier de ciment,
Un lit d’indifférence
Pour engloutir la honte.  
 
©Denise Bernhardt


 
Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.
 





 
 
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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 07:26
 
 
 
 
Capricieux et instable,
Tels sont les moyens virtuels
De la bulle internet.
 
Je suis emprisonnée
Dans cette nébuleuse informe,
Une geôle sans murs
Où tout peut arriver,
Où l’on frôle sans cesse
La catastrophe générale.
 
Vite, que je m’évade
Vers mon éternité ouverte,
L’univers d’une fois,
Exalté par une alouette
En chute libre au ciel sans fond !  
 
© Luce Péclard


 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 07:30
 
 
 
 
Sur le versant de ton corps
ton profil rougeoie comme
la brûlure de Vulcain
 
je suis une coulée de lave.
 
Sur le fil de mes nuits
Ta voix s’étire comme un feu de brousse
 
je suis une savane.
 
Sur le miroir opaque
ton rire déchire comme un coup de griffe
 
je suis une cicatrice
 
la nuit saigne en gouttes silencieuses
l’aube ne viendra pas ou trop tard.
 
©Nicole Hardouin.
 
in Une Chevelure de Pluie pour Horizon
éditions L.G.R. Paris.
 
 
 
 
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4 novembre 2018 7 04 /11 /novembre /2018 07:36

 

 
 
 
Bras tendu
Poing de pierre
Souffle
Siffle
En rebonds de poussière.
Au dos de l’enfant
Le feu roulant
Crible ses pas
Ébruite la terre.
Chapelet rompu
Dans la paume
L’averse lapidaire.
 
Cri cloué
 
Au Corps.
 
©Béatrice Pailler
 
Revue en ligne Le Capital des Mots
 
 
 
 
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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 08:01
Jonathan Wolstenholme – Pour voir certaines de ses autres créations, cliquer sur la photo
 
 
 
 
Les mots sont les passeurs de l’âme
Nous les cherchons parfois
Nous les trouvons souvent
Mais ils ne se laissent pas faire
Les mots,
Ils ont leur mot à dire
Les mots,
Tendres, amicaux, passionnés, enthousiastes,
Mais aussi
Mauvais, hargneux, guerriers, vulgaires.
Ils nous en font voir de toutes les couleurs.
Nous les croyons amis, ils se dérobent
Drapés dans un manteau d’hermine,
Nous les ignorons, ils viennent minauder,
Envahir notre esprit avec armes à la main,
Ils ne nous lâchent plus
Ils chantent même parfois
Troublant nos moments de détente.
Mais parmi tous ces mots il y en a certains
Qui ont ma préférence
Comme « partage »
« Amitié »
« Amour »
Ceux-là ne me quittent jamais.
 
©Eliane Hurtado
  




 
 
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