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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 06:43
Photo : Denis Portay - La Pointe du Groin, octobre 2021 ©


 

 

Seule face à l’immensité,
Mon regard se noie
Dans la mouvance fantasque
Au-delà des écueils,
Vagues à la brillance volage
Effeuillée au gré des nuées.
Un phare lointain élève sa blancheur
Dans l’espoir de percer les secrets
Des fleurs célestes s’offrant
Aux traînes nomades.
Le chant du vent
Entre ciel et mer
M’invite à sa table nourricière,
Palette épicée d’embruns
Et parfums d’algues.
Seule face à l’infini,
Je convie mes frères désenchantés
À la rêverie de l’âme.

 

©Nicole Portay          
 
 

 

 

 

 

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21 octobre 2021 4 21 /10 /octobre /2021 06:42
Soleil couchant - ©œuvre d’Eliane Hurtado


 

 


Tombé du ciel,
C’est un long voile diaphane
Qui recouvre la terre
Et remplit l’instant de silence.

 

La blancheur de l’aube
Sublime la noire mantille des ténèbres
En jouant avec les cristaux de neige.
Miroitement fugace
Moment éphémère
Aux vibrations cristallines
Que  rai de soleil soudain
Balaie amoureusement
Créant d’indicibles couleurs.

 
©Eliane Hurtado                      
 
 

 

 

 

 

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 06:51

 

 

 

Viens vivre avec moi
Je t'apprendrai le bonheur
Viens n'hésite pas
Oublie toutes tes frayeurs

 

Mets toi à l'aise installe toi bien
Laisse-moi tracer notre chemin
Tu n'auras rien à faire
Tu n'auras qu'à me suivre
Ne t'encombre pas de trop d'affaires
Tu ne manqueras de rien pour survivre

 

Viens vivre avec moi
Je fais de toi ma chose
Ne résiste pas
Tu ne souffriras qu'a petites doses
Installe-toi comme si tu étais chez toi
Mais n'oublie pas ceci est ton unique toit

 

Vivons ensemble mais séparés
Ne pense surtout pas à t'en aller
Souvent je te ferai souffrir
Mais tu garderas le sourire

 

Je n'ai aucune limite
J'en rajouterai toujours un peu plus
Malgré les doutes qui s'incrustent
Je trouverai les meilleures ruses

 

Si tu prends de la force
Je changerai la donne
Je ferai en sorte qu'on s'enfonce
Que tu penses que tu m'abandonnes

 

Viens installons nous
J'ai un marteau et des clous
Rien ne nous séparera
 Même pas ton cœur qui se noie  

 

©Djida Cherfi
 31/07/2020.
 
 

 

 


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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 06:41
Le Grec - Sculpture d’Etienne Fatras©


 

 

Est-ce la courte vie d'autrefois,
Une vie rude, vite fauchée
Par la maladie, par la violence...
Est-ce la mort dans la souffrance...
Comment ne pas se sentir apaisé,
Par l'autre vie, promise par la foi.

 

Quand personne ne maîtrise les éléments,
Quand chacun peut disparaître à tout moment
Victime de la fantaisie du destin
Qui frappe puissant et misérable
Les innocents comme les coupables,
Alors on s'en remet au divin.

 

Une éternité heureuse,
Voilà la recette miraculeuse
Pour apaiser tous les tourments
Pour faire peur aux méchants,
Car seule une vie exemplaire
Permet d'éviter l'enfer.

 

Cette vie post-mortem est de toutes les religions,
On y retrouve les morts d'avant,
On y attend les morts d'après.
Par la réincarnation ou la résurrection
Nous retournerons vers les vivants.
C'est un aller-retour, partez en paix.

 

L’amour ou le hasard nous a tiré du néant,
Personne n'en a de mauvais souvenirs.
Pourquoi alors une éternité hypothétique....
Ne serait-il pas plus simple et plus logique
D’accepter sans peur d'y revenir,
Comme tous les êtres du monde vivant...

 

 ©Etienne Fatras    

Sculpture et poésie          
 
 
 
 

 

 

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 07:11

 

 

Si c’est de l’endroit  où je suis qu’il s’agit,
alors là, c’est le monde à l’envers !
Ecoutez, je suis bien placé pour le savoir :
au lieu de vous obstiner à me poser cette question
que d’autres que moi pourraient considérer comme déplacée,
regardez d’abord droit devant vous.
Et maintenant dites-moi :
là, vous me voyez ?
évidemment que je suis ici,
même si j’admets volontiers avoir la tête ailleurs,
mais il n’y a rien d’anormal à cela
puisque mon ailleurs, aussi, est ici
et que je peux d’ailleurs même vous confirmer
qu’après m’avoir minutieusement observé de haut en bas,
vous me scrutez à présent aussi bien par devant
que par derrière,
ayant choisi pour finir,
en tout bien tout honneur,
d’achever votre intéressante activité
sous couverture.

 

©Michel Duprez
 
 
 
 

 

 


 
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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 08:26

 

Isabelle Poncet-Rimaud, Dialogues avec le jour, éditions unicité, 2021

 

Le quotidien bouleversé par la pandémie ne manque pas de surgir de façons différentes dans l’écriture des poètes et des prosateurs. Le ressenti de ce temps,qui a renversé les habitudes de tous, est le noyau du recueil Dialogues avec le jour d’Isabelle Poncet-Rimaud.


Face à l’agression d’un événement qui oblige au confinement, la profonde sensibilité de la poète cherche refuge dans la poésie. Un dialogue avec soi-même, jour à jour, lui permet d’observer plus attentivement la réalité et de s’observer soi-même à travers ses sentiments et ses états d’âme. Mais elle se garde de faire de son écriture une chronique de ce temps, comme le font certains poètes et romanciers qui adoptent la forme du journal intime. Isabelle Poncet-Rimaud ne cède pas la place de la vraie poésie au minimalisme, au prosaïque du réel trop accrochant, elle se tient à la hauteur de la grande poésie qu’elle a toujours écrite.


Les poèmes s’enchaînent sans titres, il n’y en a que de très rares à en avoir un titre pour marquer un événement, comme le premier, Confinement, pour nommer une situation hors du commun, vécue non seulement par la poète, mais par le monde entier. C’est le début d’un temps fracassé, lourd, paralysant, celui de l’exil imposé.


Elle surprend l’atmosphère pesante de l’espace qui se rétrécit et se ferme sur l’homme, la sensation d’être prisonnier, l’incompréhension d’une force obscure qui s’infiltre dans la vie des gens, les tenant immobilisés contre leur volonté, l’inquiétude et la peur face à la mort, autant d’images qui renvoient à l’absurde existentiel de Camus. On se rend compte de l’authenticité du vécu pendant l’isolement, chacun se retrouve dans les vers d’Isabelle Poncet-Rimaud.


La première image est celle de la ville immobilisée, où le rythme de la vie s’arrête brusquement. Un silence écrasant règne partout, pareil au linceul, présage de la mort, il pèse comme un fardeau sur l’âme :
« La ville
en arrêt,
comme un chien de chasse
renifle la proie cachée.
Tout se tait. »


La ville est paralysée, suspendue entre la vie et la mort, l’homme solitaire, isolé, désorienté, en attente : fin ou renouveau.


Seul l’oiseau traverse le silence de la ville immobile, symbole du vol, de la liberté, alors que la poète, « sentinelle au balcon », guette l’heure de vie ou de mort, nuit et jour, entre l’angoisse et l’espérance:
« Attente traversée de l’humeur vagabonde
des oiseaux-sémaphores
qui relie l’homme mis à terre
au langage oublié du ciel.»


Rendu à la solitude insupportable, à la claustration, à la peur, le dialogue avec soi devient source de résistance psychique, de même que le printemps qui fait renaître les arbres, alors que les mots s’efforcent de livrer des sentiments confus, faire sentir la fragilité de l’être dont les heures semblent comptées.


De fenêtre en fenêtre, le long des rues désertes, les regards de survie, de reconnaissance d’une humanité vouée à l’incertitude du demain, l’appel à la vie, l’amour, le souvenir, le regret sans consolation pour ceux emportés par ce temps « fou », malheureux.


Comment faire face à la solitude, à l’isolement, à la peur de mourir sinon en les affrontant, rêver, espérer, retrouver le rythme naturel de la vie paralysée par la peur ? La fête de Pâques  devient « signe d’Espérance » :
« Faire de l’exil
une terre de retour,
de l’immobile une transhumance,
de la distance
un accueil,
de la perte
une partition
pour les notes de la vie. »


La métaphore ne manque pas de créer les images de la vie sur l’horizontale et sur la verticale, surtout celle de l’oiseau que retient le regard captif. Il ranime l’envie de s’échapper du confinement, de se réjouir de la vie ; ou  l’image de l’arbre, lien entre la terre et le ciel, riche de sens :
« Chien de garde tapi
en creux d’âme,
le manque attend
prêt à bondir
sur l’ombre fugace
d’un souvenir de liberté. »

Dialogues avec le jour d’Isabelle Poncet-Rimaud ne reste pas dans la pesanteur de l’isolement et, de la peur, mais retrouve l’espérance, exhorte à la vie, « à la ferveur d’exister  »

 

Sonia Elvireanu

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16 octobre 2021 6 16 /10 /octobre /2021 06:43
Sous l’horizon des mers - Tableau d’Eliane Hurtado©


 


Du clair à l’obscur
Aux ombres enluminées,
C’est l’ébauche renaissante
D’un grand violoncelle vermillon
Aux reflets carminés.
En orée de foret
C’est le reflet miroir
Sur le bleu turquoise
Du talisman de l’aube.
C’est l’évanescence envoutante
D’une jeune femme troublante
A peine vêtue d’écume de mer,
Tutoyant amoureusement Schubert.


©Michel Bénard.          
 
 
 

 

 

 

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15 octobre 2021 5 15 /10 /octobre /2021 06:43


 
 

 

Qu'un rêve
Vous n'étiez qu'un rêve
Secret, que je portais, enfoui en moi
Je l'effleurais, à peine, du bout de l'âme
Le touchais, délicatement, de la pointe du cœur
Mais jamais n'osais le regarder


Et pourtant, il a bien fallu qu'un jour
Vous apparaissiez dans la Lumière
De mes Temps Sombres
Vous avez suivi le Chemin
Tracé par le Grand Topographe
Décodé les Signes, les Symboles
Et êtes arrivé jusqu'à moi, guidé par Éole


Mon Prince des Ombres et Lumières
Vous m'apportez sur ce Plateau d'Or
Les rites secrets des Amours Anciennes
Vous offrez sur cet Autel Sacré
Vos joyaux les plus fins
Votre âme, votre corps
Vos yeux d'émeraude dans leur velours-écrin


Vous m'apportez la Beauté
Aussi les mots des Poètes
Ceux qui se sont tus
Qui ont emporté les Secrets les plus sombres
Les cris des âmes blessées
Les sanglots des délaissés
Les Écritures retrouvées
Vous n'étiez qu'un rêve


Vous voilà réalité
Mon Prince des Ombres et Lumières
Don de l'Univers
Je vous ai rêvé
Je vous ai créé


Vous n'étiez qu'un rêve...

Ode©  

       
Poème extrait de mon recueil primé en France à la Société des Poètes Français : «Le Fleuve donne Naissance aux Enfants des Étoiles »

ISBN : 2-84529-118-8

 

Source : https://www.facebook.com/ode.beaudry/posts/609685122718628
 
 

 

 

 

 

 

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14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 06:37


 

Ce n’est qu’un cri du coeur que je lance comme une bouteille dans l’univers…

 


La mort est une erreur de la vie !
Du haut de mon insignifiance
je n’hésite pas à le proclamer :
à quoi bon naître
si c’est pour disparaître ?

 

Elle aurait pu être belle
cette étrange chose
mais ô combien
elle coûte cher
en tristesses, souffrances et larmes !

 

Tu veux lui faire confiance
mais elle se rit de toi !
elle n’en fait qu’à sa tête
pour facilement te faire ta fête
autour des deuils qu’elle sème…

 

Alors, oui, je suis iconoclaste
un malotru qui insulte
l’ordre établi et les lois
des dieux de l’Olympe
confirmés par les rois !

 

II en est qui font la fête
par bombes et crimes interposés
toujours avec grande lâcheté
espérant se faire tuer pour
trouver soixante-dix vierges !

 

Je leur souhaite bonne chance
qui sait, vu leurs crimes
ce seront peut-être
soixante-dix sorcières
en charmantes vipères !

 

Si un dieu existe
je doute qu’il apprécie
que d’insignifiants humains
détruisent les oeuvres qu’il a voulues
et plus odieux encore, en Son Nom !…

 

Oui, la mort est une erreur de la vie
une faute dans la programmation d’origine
une bêtise lors de la frappe sur le clavier céleste
qui nous fait passer par les fourches caudines
des maladies finales pour mieux nous effacer !

 

allez-donc m’expliquer
pourquoi l’école
pourquoi les années de travail
pourquoi la culture et les efforts
puisque tout doit être exterminé ?

 

pourquoi l’amour
pourquoi les enfants
pourquoi la terre
et tous les animaux
puisque tout doit disparaître…

 

pourquoi tant de souffrances
de joies, d’inventivités
d’amour ou de guerres
puisque rien n’a plus de sens
dans le gouffre du néant…

 

©Jean Dornac
Lannion, le 12 octobre 2021

 
 
         
 

 

 

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 06:34
Photo Hélène Bourgès©


 

 


Un hameau du Val d’Aoste,
Dans la douceur de fin d’été.
Blotti contre la vieille église,
Un cimetière de poche, oublié,
Brillait comme un sou neuf
Au soleil un peu voilé.
Des tombes anciennes, serrées,
Sur chaque croix, un portrait émaillé
Et un nom presque effacé.
Il n’y avait personne.
Au bord d’une tombe, je me suis assis,
J’ai écrit les mots qui venaient,
Des mots de mort, des mots de vie,
Des mots tristes, des mots gais.
Un souffle, soudain, m’a effleuré,
Je me suis retourné,
Il n’y avait personne.
Sur la croix, j’ai lu Angela – 1923-1936.
Quand j’ai repris mon cahier
Les mots ne venaient plus
Sur la page blanche, une larme coulait.
Dans la douceur de fin d’été
Dans mon cœur dansait un ange.
 
 ©  Bernard Delpech
 
 
 
 
 
 
 
 

 
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