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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 07:36

Le geste était sincère et la réponse aussi.
Retenu puis lâché
Fugace, esquissé
Vers ta nuque porté
Tout entier à l’envie.
L’envie de te toucher
Seulement effleurer le lissé de ta peau
Recueillir l’impression d’un frisson dans ton dos.
Oser.
Oser délier mes doigts, prolongement du désir.
En retour m’éblouir de l’éclat d’un regard
De la fleur malicieuse offerte en un sourire
En réponse assentie à mon invitation.
Dédire que l’amour est le fruit du hasard
Souffrir qu’en amour il n’y ait point de raison.
Le geste était sincère et la réponse aussi
Instant d’éternité confisqué à l’ennui.
Quel merveilleux rivage que celui où en grève
S’effacent les murailles, se décrètent les trêves.

©Serge Lascar
Extrait du recueil Post-Scriptum - Edilivre 2021
       
 
 
 

 

 

 

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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 07:45


 


Fin de saison début d’une autre, mais toujours l’appentis loge son bois. Les bûches disent le temps.
Elles parlent de la terre, de la hache et de la main qui la tient, de l’arbre et de la lumière qui l’habite. Les bûches disent l’hiver et le feu qui l’éloigne.
Lumière à dire, l’appentis de la page loge ses mots.


Il pleut. Il neige. La vitre crépite. Dehors et dedans s’entremêlent. Des fleurs de reflets embrassent la fenêtre. La brume des haleines mange la vitre.
L’heure n’a plus d’âge. Sa leçon apprise, elle joue aux sables du temps. Lointaine image du feu, la lampe grésille. Lumière boutant le froid, ici veillent les mots.

©Béatrice Pailler  
Extraits d’EAU-FORTE
Revue en ligne le Capital des Mots

http://www.le-capital-des-mots.fr/2018/11/le-capital-des-mots-beatrice-pailler.html
     
 
 

 

 

 

 

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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 06:49

 

 

 


J’ai beaucoup voyagé sur la planète, et sans cesse arrivaient d’autres astéroïdes de glace, pareils au mien. Tant et si bien qu’apparurent des lacs, des mers, des océans. Avec l’aide de mes amies gouttes, nous avons modifié le paysage, creusant des rivières de plus en plus larges, des mers et des océans de plus en plus vastes. Et la terre se froissait et faisaient surgir de splendides montagnes, et nous y dessinions des vallées. Ils nomment ce phénomène érosion. Ce n’est qu’un mot, j’aime mieux dessiner que parler.


En rejoignant l’océan, je me laisse flotter tranquillement, prenant un peu de repos, en attendant que le soleil réchauffe mon corps et me transforme en gaz. C’est ainsi que je peux me rendre invisible et légère comme l’air. Ils appellent ça l’évaporation. Ce n’est qu’un mot, ce qui me plait avant tout, c’est disparaître et changer de corps. Ainsi va ma vie, entre ciel et terre : m’envoler, rêver, chuter, dessiner, m’envoler, rêver, chuter, dessiner... C’est ma destinée.


Dans les nuages où je me réfugie, on voit parfois passer des éclairs fracassants. Quel bruit! Certains disent que c’est ainsi que s’est produit le miracle, d’autres prétendent que ce fut plutôt grâce aux volcans qui font bouillir le fond des mers. Qu’est-ce que j’en sais ?! Néanmoins, un beau jour, flottant dans l’océan, je tombe nez à nez avec une chose étonnante et minuscule, plus petite que moi, c’est vous dire. Ils les appellent bactéries, nous, on ne les appelle pas, on les regarde et on s’émerveille. Elles passent leur temps à s’agiter et à se diviser en deux, pour donner naissance à des petites sœurs jumelles qui s’agitent et se divisent à leur tour. Elles se sont tant et tellement divisées que bien vite, il fut impossible de les compter. Non contentes de se reproduire, elles se mirent à se transformer. Certaines apprenaient à nager, d’autres à se dévorer entre elles, d’autres s’unissaient pour construire une forme plus complexe... Quelle bizarrerie !


Le temps passait et passait encore, et à chaque promenade sous la surface des océans, je découvrais des créatures de plus en plus étranges : des vers, des coquillages et enfin des poissons ! C’est un poisson qui m’a bue pour la première fois. Ça me fit un drôle d’effet. Entrer dans la bouche d’un animal, vous pensez... Mais je n’ai pas souffert, bien au contraire, c’était merveilleux. Car j’ai senti comment c’était d’être un poisson : J’ai su tout ce que savait ce poisson, j’ai senti tout ce qu’il sentait, j’ai pensé tout ce qu’il pensait ! Mais ça, comment le décrire à ceux qui ont oublié « le secret »...


© Leafar Izen  

 

Le site de Leafar Izen et son site de vente par correspondance http://www.leafar-izen.com http://www.leslibraires.fr/
       
 

 

 

 

 

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29 octobre 2021 5 29 /10 /octobre /2021 06:35

 

Salon d'automne - Michel Bénard
Salon d'automne - Michel Bénard
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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 06:23


 


         Au cadastre de la pluie, un escargot toutes
antennes déployées, consciencieusement étale ses
transparences.
         Les salades semblent alignées pour l’inspec-
tion.
         Parade ou défilé de mode ?
         Seule la première semble l’élue, sur ces terres
vierges du potager.
         Frileuse caresse : là, l’escargot et son désir
pour une feuille.
         Juste pour elle, un baiser vernissé.
         Pour elle seule : une toute petite morsure
d’amour.

©Claude Luezior
in : Jusqu'à la cendre, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018 https://editions-lgr.fr/claude-luezior/                    
 
 

 

 

 

 

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27 octobre 2021 3 27 /10 /octobre /2021 06:31

 

Sous le souffle des tempêtes,
J’ai tenté souvent de gagner,
Impétueuse, à l’abordage,
Gonflée d’orgueil,
Les nus rivages
Mais, impuissance ultime,
Dans un dernier effort,
Blanche d’écume,
Je me suis échouée.
Ce soir, sous un ciel apaisé,
Eclairé par les derniers feux du jour,
Conquérante,
Force sereine,
Insinuée, lovée,
Inexorable caresse
J’ai avancé mes flots,
Dans les moindres interstices
Poussée tranquille,
En une vaste coulée serpentine,
Créant des îles,
Dessinant d’inconnus paysages
Vers les dunes qui,
A chaque montée de mes eaux,
En vain, attendaient mon étreinte.
J’ai recouvert les varechs séchés
Depuis des lunes,
Emporté les mortes branches
Et les détestables témoignages
Epars, abandonnés,
De la vie des hommes,
J’ai repoussé, loin, dans l’intimité
De la terre féconde
Les ruisseaux venant à moi, trop faibles
Et en joyeuses noces, riches limons mêlés,
En une nappe lisse, d’argent,
Sous la face ronde de la nuit
Nous avons consommé, complices,
Un instant de vie. Grande marée.

 

 ©Gérard GAUTIER
 L’Echarpe Poème 1994

     

 

 

 

 

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26 octobre 2021 2 26 /10 /octobre /2021 06:29
Déesse-mère ©Sculpture bronze de Francelaine DebelleFontaine, sculpteur et épouse de Barnabé Laye.


 

 


Les mères donnent aux frêles nourrissons

Comme on offre un sein fervent

La coupe d’argent pleine de l’eau nouvelle

Eau de vie purifiant le cœur et l’âme enfantine

Eau féconde irradiant les sentiers du corps

Eau du Nil

En cette saison de fleuve haut

Belle eau

 

©Barnabé Laye  (Par temps de doute et d’immobile silence)

 
 
 
 

 

 

 

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25 octobre 2021 1 25 /10 /octobre /2021 06:29
photo Dornac©


 

C’est un bal lourd et noir,
qui tourne dans le soir ;
qui semble sans espoir,
égaré, sans mémoire.

 

Un bal déconcertant,
si lent, si oppressant,
qui tourne en criant.

 

Cris rauques et stridents,
lugubres, angoissants,
qui cisaillent le temps.

 

Un rituel étrange ?
De funèbres échanges ?
Ombres tristes d’archanges ?

 

C’est le bal des corbeaux ;
tels de noirs oripeaux,
ils tournent tout là-haut
comme funeste fléau.

 

Comme la danse sauvage
De présages sans âges.

 

©Ellen Fernex
       
 
 
 

 

 

 

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 06:46


 

 


Combien de coups
de bosses de beignes
de deuils et d’abandons

 

Combien d’obsessions,
de discrètes déconvenues,
de faux et vains regrets

 

avant d’oser se regarder
nu d’âme et de corps,

 

solliciter du quotidien
l’élégance de la dérision.

 

« Comme toi ma Nuit
 je crains mon propre mystère

 

Vers lui j’avance visage couvert
l’apprivoisant de mes deux mains

 

Les mots sont mes réverbères
L’allumeur c’est l’émerveillement ».

 

        II

 

La poésie n’est pas rêve
ni fruit de l’imaginaire
pas même une vue de l’esprit

 

Elle est surplus de chair
le toucher d’un regard lumineux
émerveillement ou indignation

 

Lamelle après lamelle
de peau en peau l’on cherche
comme on épluche un oignon

 

à en atteindre le germe

 

©Jeannine DION-GUERIN


 
 
 
 

 

 

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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 06:40

          Sur les sables ondoyants respire l’estran

Les yeux aigues-marines, une Muse redessine la vague et s’habille d’écume de jade.
 
 Emeraude, la mer reste sauvage, libre ; son cœur bat sur la jeunesse du monde.
 
°    °   °
 
                                        
 
L’antique cité d’Aleth s’éveille.
Il flotte dans l’air un je-ne-sais-quoi de grâce, de joie de vivre à deux pas de la Tour Solidor.
L’aube grandit, ouvre la ligne d’horizon, et apparaît, sertie d’émeraude *, la cité corsaire :
                                 Vaisseau de pierre aux voiles légendaires
                                      Tu rêves de gréer vers la haute mer
                                            Ton clocher est l’amer
                                                   Gardien des libertés vers des lointains imaginaires
 
Loin des obligations du monde, avec pour seul bagage le rêve et l’émotion, le regard plonge dans les abysses bleutés :
                                     République d’armateurs aux parfums des cinq continents
                                              Saint-Malo tu es aujourd’hui perle d’émeraude
                                                        Sertie du flot qui berce nos rêves
 
A la faveur des alizés  arrive une Muse.
Si la mythologie grecque a eu Borée, Zéphyr, Notos et Euros, l’alizé, vent de lumière et de clarté, a une force onirique venue d’un ailleurs , un souffle de liberté.
Avec l’alizé fusent les couleurs : bleu tendre ou profond, turquoise, rose et vert émeraude.
Le ciel et la mer s’unissent pour un moment de lumières :
                                        Terre d’émeraude
                                              Aux embruns couleur de nacre
                                                      A l’ombre des brises-lames
                                                              Glisse le parfum du grand large
 
Dans l’imaginaire éolien, la Muse revient.
Au chant de la vague, tu te métamorphoses en Vénus de Giorgione, nymphe du Titien, Madone du Parmesan, Olympia de Manet, Baigneuse d’Ingres.
Aux marées d’équinoxe, tu deviens irréelle, Ménade pompéienne.
Au jusant, tu sèmes des petits cailloux blancs, et te voilà en Impératrice Théodora de Ravenne.
Quand souffle le vent de galerne, ta robe s’habille d’élégance telle une cariatide de l’Erechthéion au Parthénon d’Athènes.
Lorsque la vague frisée d’écume arrive du fort de la Conchée, tu accompagnes les Oréades chères à Bouguereau.
Si, roulé depuis l’île de Cézembre, un galet échoue sur la plage de Saint-Malo, tu te révèles légendaire Vénus de Lespugne.
 
Des quatre points cardinaux arrive un vent d’aventure, un vent de limite du monde :
 
     Ô Muse, tu es mélodie sur une palette émeraude
     Ô Muse, tu nous invites à prendre le temps, à écouter la musique du vent, à suivre la course des nuages
     Ô Muse, pour toi j’ai cueilli le liseron des sables au cœur d’étamines jaunes
     Ô Muse-émeraude, ta harpe éolienne m’a laissé un poudroiement de parfum sucré d’îles lointaines.
 
                                                                                                                                                          
Le vert émeraude : cette couleur devient presque d’une importance égale aux couleurs primaires que sont le bleu, le rouge et le jaune. C’est un vert légèrement bleuté qui, combiné avec les jaune, cobalt et outremer, fait merveille. Avec lui, les nuances sont infinies pour obtenir une grande luminosité.
Quant à la Côte d’Emeraude, elle part de la Pointe du Grouin à Cancale vers Saint-Malo, Dinard, Saint-Lunaire, Saint-Briac-sur-mer, Saint-Jacut-de-la-mer, Saint-Cast- Le Guildo, le Cap Fréhel et enfin  Sables-d’Or-les Pins. Puis elle donne la main à Erquy qui marque le début de la Côte de Penthièvre.

 


©Roland Souchon - Morpho  

septembre 2021

www.rolandsouchon.com          
 
 

 

 

 

 

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