6 août 2011
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http://www.blogdemagog.com
Le ciel est clair
J’ai jeté tous mes livres
Colette, Giono, Gide, Kessel, Yourcenar
Hervé Bazin, Vipère au Poing
Marcel Pagnol, La Trilogie
Tant d’autres
Il fait beau
J’ai perdu le seul
Où je lisais à livre ouvert
Ces moments de plaisir
D’oubli délicieux, de voyages
Au cœur de la vie d’un autre
Ces heures de partage
Au fil des jours
Le ciel est clair
Il ne reviendra plus
La mer étale ses feuillets d’argent
Dans l’infini des mondes
Aujourd’hui on manifeste dans la Capitale
Et dans tout le pays
Ils ont fourbi leurs casques
Leurs boucliers de plexiglas
Enfants ne traînez pas dans les rues
« Il faut tenter de vivre »
© Denise Bernhardt
Extrait du recueil « L’amour du Monde », Poèmes à deux plumes, éditions « Le Vert
Galant »
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Denise Bernhardt
5 août 2011
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06:32
http://a-la-louche.typepad.fr/a_la_louche/2007/09/assiette-anglai.html
Les nouveaux morts sont peut-être riches,
Ils ne font jamais de vieux os.
Ils traversent la vie à si grande vitesse
Que leur mémoire se fend bien avant l’impact,
Quand le regard faussement vif
Qu’ils laissaient traîner sur les choses
Se retourne contre eux et les aveugle,
Tout avides qu’ils furent
De sacrés boniments.
Les nouveaux morts qui avaient tout
Sans jamais profiter de rien
Parfois nous quittent
Au volant d’une assiette anglaise,
Étouffés
Par un noyau, une arête ou que sais-je,
Alors qu’ils voulaient simplement calmer leur faim.
© Michel Duprez
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Michel Duprez
4 août 2011
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06:49
http://www.flickr.com/photos/laverite/page2
Il y a
des regards
très regardants
qui regardent beaucoup,
perçants.
Certains vous ôtent le visage
restent les stigmates.
D'autres - très puissants -
peuvent vous extirper
un bout de l'âme :
il faudra plusieurs jours pour vous reconstituer.
© Djalila Dechache
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Djalila Dechache
3 août 2011
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07:01
© Marc Dalle
En angle de stalle désertée,
Sous des soies de toile d’araignée
Tissée de déchirures en fils lumineux,
Tout n’est que longues complaintes,
Infinies et sacramentelles psalmodies
Sur le bois d’un calvaire patiné.
Dans de vagues rumeurs amplifiées
Aux murs des fresques décrépies,
Un écho de mémoire nous revient.
Pérégrinons jusqu’aux portes célestes,
Pour y voir les anges
Lisser leurs plumes
Et calligraphier en lettres d’argent
Sur la grande icône à la sphère brisée,
Les signes de création des galaxies disparues.
© Michel Bénard.
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Michel Bénard
2 août 2011
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07:14
Dans mon jardin secret
Je t'ai vu mille fois
À la peine des jours
Ton front penché, soucieux
Je n'ai pu voir tes yeux
J'ai vu aussi le chrysanthème
Au chagrin du vent qui court
Aux nostalgiques champs des regrets
Je t'ai vu aussi tenant ton calame
Parlant des saisons qui s'entassent
Inventant de fluides présences
Et des promesses qui ne seront jamais tenues
Je t'ai vu assis sur le mont du Fleuve
Géant et seul
Sur les rives de l'Euphrate
Le silence s'est mis à te parler
Tes yeux, amour
Sont-ils des diamants ?
Et ton regard, amour
Est-il l'étoile qui attend la nuit ?
Ton sourire met-il de la lumière
Sur tes lèvres asséchées ?
De ton jardin secret
Entends-tu ma déchirure crier ton nom ?
© Ode
Extrait du recueil « Le Fleuve donne naissance aux Enfants des Etoiles » aux éditions
Les Poètes Français – Paris
Prix Alain Lefeuvre 2010
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Ode
1 août 2011
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07:04
Hiroshima - http://www.moscowtopnews.com/?area=postView&id=1401
Une année se meurt, ce soir
Comme le lion, elle rugit encore
Une autre est prête à prendre le pouvoir
Et s’imposer sans vergogne
Bonne ou mauvaise
La décision ne lui appartient pas
Quelle trace laissera la moribonde ?
Quelles brûlures nous réserve la suivante ?
Tant que les hommes délireront
Et, d’égo, se massacreront
Les années peuvent mourir
Rien n’est à retenir
Ni les fanfaronnades des dirigeants
Ni la gloriole des puissants
Ni les illusions ténébreuses
De la force et de la violence
Ni les dieux que nous invoquons
Rien n’est semblable à une année brutale
Qu’une nouvelle année dédiée à Mars
Toujours rien qu’un filet de bonheur
Vite englouti dans les coulées de larmes
Au goût d’amertume et de mort
Rien de neuf sur la planète, tant que l’homme
Rejettera l’Unique et sublime Amour !
Rien de neuf tant que démocratie
Rimera avec prison, propagande
Ou élus de l’argent !
Rien de neuf tant que le mensonge
Régnera en maître dans le cercle opaque
Des fous du pouvoir !
Rien de neuf, tant que des enfants
Seront esclaves de la production !
Rien de neuf tant que des hommes
Violeront des femmes, corps et âme !
Rien de neuf tant que les peuples
Se laisseront conduire par la peur
L’appât des biens, l’échine toujours courbée !
Si l’homme ne change pas
Nous ne connaîtrons
Que des particules de bonheur
Et des illusions de grandeur
Et tourne la roue des folies…
© Jean Dornac
Paris, le 31 décembre 2009
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Jean Dornac
31 juillet 2011
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© Danièle Brossard
A Philippe Jaccottet
Brûle je t’en supplie
le murmure
qui roule sur tes lèvres…
Le silence
tel un monde flottant
survit
au règne de la voix…
Que de mots
qui tournent
comme un insecte affolé
par le grand feu du jour
n’entravent jamais
la marche de nos corps…
Demeurons
au-delà des frontières
où les vagues de sang
s’accouplent à l’éternel
loin des pensées friables…
Les serments de ce monde
n’incarnent qu’une espérance
offerte à l’abîme
des souvenirs
car l’heure insouciante
recouvre peu à peu
de pierres calcinées
nos mémoires diaphanes…
© Victor Varjac
Antibes, le 6 décembre 2000
Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions
MELIS
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Victor Varjac
30 juillet 2011
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© Claude Monet
Tes yeux sont tombés
Dans le ciel
Et les étoiles n’osent plus s’allumer.
Peut-être pourraient-ils sucrer
La mer qui valse sur l’eau
De mes poèmes
Si elle les regardait.
Je n’appartiens plus à la terre
Quant tu parles de mes folies
Et nous germerons
Gouttes après gouttes
Sur quelques rives qui caressent
Nos racines enivrantes
Et nos paupières crevées d’amour.
© Yves Romel Toussaint
Extrait du recueil « La face double du rêve » aux éditions Le
Vert-Galant
Ecrit par Denise Bernhardt & Yves Romel Toussaint
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Yves Romel Toussaint
29 juillet 2011
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© Magritte – La victoire
Que deviennent au fil des ans
Ceux que nous laissâmes aller,
Fidèles que nous sommes
Au chapelet des nœuds desserrés,
Aux boucles délacées.
Aux bracelets décerclés
Et aux portes déverrouillées ?
Ils poursuivent leur vie ailleurs
Sous d’improbables alliances,
Toujours astreints à débloquer
L’huis de leur propre prison !
© Luce Péclard
18.12.08
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Luce Péclard
28 juillet 2011
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05:11
© John-William Waterhouse
Ecoute
Il va venir celui que tu attends
Le cavalier lointain de tes jeunes années
Celui qui s’en venait sitôt la nuit tombée
Chevaucher les étoiles
Parmi les champs de lune
Il va venir
Tu l’attends
Ecoute
Il va venir celui que tu espères
De l’autre bout du monde sur son grand cheval blanc
Il galope vers toi dans les lueurs du couchant
Semant ses quatre fers
Au gré des quatre vents
Il va venir
Tu l’attends
Ecoute
Il va venir celui que tu appelles
Son nom a ricoché sur tous les océans
L’écho par tous les monts
L’a répété cent fois
Et cent fois l’a porté jusqu’au firmament
Il va venir
Tu l’attends
Ecoute
Il va venir celui pour qui tu pries
Chaque jour chaque soir quand s’éveille la nuit
N’entends-tu pas sonner sur les chemins du temps
Le cor et l’olifant
Ne les entends-tu pas
Il va venir
Tu l’entends
Enfin
Il est venu celui dont tu rêvais
Ses cheveux étaient blancs et son cheval boitait
Tu lui as dit le vieux
Et il t’a dit la vieille
Les rêves sont cruels quand ils durent trop longtemps
© Annie Mullenbach-Nigay
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Annie Mullenbach