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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 08:26

 

otto-scholderer-violoniste-fenetre.jpg

© Violoniste à la fenêtre - Otto SCHOLDERER



La mèche fixée à l’archet,
Dans quelle steppe ondoyait-elle,
Etendard d’un cheval sauvage,
Au rythme des sabots-tambours ?
Quel vent d’abord la caressa ?
Quel aquilon la souleva
Dans les plaines de Mongolie ?

Ô divine mèche en folie,
Flamme emmenée au grand galop
Par le violoniste inspiré,
Tu glisses désormais, sublime,
Au carrefour des vibrations
Sur le creuset des quatre cordes,
Rose-des-Sons en fusion !

© Luce Péclard
9.12.09


Pour mon fils violoniste



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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 08:27

 

cafe.jpg



Le « nez de Cléopâtre eût-il été plus court,
La face de la terre en eut été changée » :
Cette sentence-là de Blaise partagée,
Reconduit celle-ci… de moindre basse-cour !

L’aliment fait l’Histoire et les lieux qu’il parcourt
En sont marqués, surtout leurs gens. Fussent dragée,
Pourpre ou velours, thé, cacao, leur apogée
N’a-t-elle pas un temps vaincu plus d’une Cour ?

Il en est un, royal, dont la fatale absence,
Ayant privé les grands de sa mystique essence,
Combien de leurs dessert l’eussent fort bien greffé.

En de lointains séjours par défaut de qahwas,
La torréfaction du genre autodafé,
Se choisissait des Jeanne en guise de divas.

© Claude Gauthier


* * *


CAFE


Lequel, capable sut parmi tous les breuvages,
En France où sont les vins manière d’érudits,
Installer telle arène où se côtoient maudits,
Bourgeois, sainte-nitouch’, défroqués et sauvages ?

Le Caf’Conc’ à lui seul, mêla les arrivages
Divers et variés, de tous les interdits,
Et la Chambre et la Cour, avec ou sans crédits,
Sans qu’en pâtît l’arôme offert à leurs clivages.

Il n’est de parfums ni, de liqueurs, de ragoûts,
De feuilles à fumer, de stances, de bas-goûts,
Qui l’emportassent non, en projets elliptiques :

Sur les bravades de cent mondes assoiffés
Et dont les serviteurs, gommeux, épileptiques*,
Leur servaient nos contrats de mille et un cafés.

© Claude Gauthier

* engeances comédiennes y donnant spectacle


* * *


CAFE


Ah, breuvage étonnant que l’on ne saurait taire ;
Sans altérer l’esprit il transcende le cœur,
Distillant un nectar mi- grave, mi-moqueur…
« Il manquait à Virgile et qu’adorait Voltaire *» !

Le souci qu’on en a, pour le moins feudataire,
En appelle aux parfums d’un Orient vainqueur
Qui nous mène a quia, à ce point sa liqueur
Fille de drus soleils, nous tient, un rien sectaire.

Sa force fait lien, il s’invite à l’envi ;
Chacun, clauses aidant, s’en délecte ravi,
Insigne calumet de pauses inspirantes.

Au signal reconduit, l’argument fieffé
Nous sert, rite magique aux senteurs pénétrantes,
L’énigme d’une ébène… ô, rassurant café !

© Claude Gauthier

* tiré des Trois Règnes, de Jacques Delille


Extraits du Recueil « 40 Sonnets » de Claude Gauthier

40 sonnets 068

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 07:42

 

31.jpg

http://www.gaudidesigner.com/fr/palacio-guell-vitraux-grand-salon_31.html



Murmure en transhumance,
Divine confidence,
Le vitrail réinvente
La palette du ciel,
Le dialogue d’une caresse
Dans une réserve de lumière.
C’est le trait d’union
Entre la transparence céleste
Et le sang de la terre.
C’est le fragment de paix
Pour l’éclat d’une beauté
En dissidence,
Sur le sourire d’une vierge noire.

© Michel Bénard.



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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 07:51

 

reve_desir_ima.jpg

Œuvre en titre : « Rêver la nuit » infographie de Ode©



Tant de lunes ont éclairées mes nuits
Tant de lunes sont venues attiser
Les braises de mon ventre blanc
Mon ventre chaud à faire fondre
Toutes les neiges de mes ans

Je t'appelle dans le rayon qui filtre
Mon corps te réclame
À ta source même
La flamme bleue de tes yeux
Allume l'éternité et fait refleurir
Nos incertaines étreintes

J'appelle les plaisirs de l'amour
Pour la seule joie d'aimer
S'allonge la nuit sur le rouge
De mon ventre de feu
Mon cœur ne chôme pas

Je suis l'amoureuse de l'amour
Et je brûle sous les braises ravivées
Réveillée par le rêve que je fais de toi
Entends-tu monter en toi le désir
Entends-tu monter la musique de mon âme

Et j'arrive à la hauteur de ta flamme
Continuer le rêve
Achever le poème de chair et de sang
Jusqu'aux berges
De son interminable blancheur

Ode©
Joliette, ce 4 mars 2010


« Dans l'Univers Imaginaire de Ode »
Poésie et Arts Visuels
http://zodode.5.50megs.com/



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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 07:42

 

Revolution_de_1830.jpg

© Combat devant l'hôtel de ville – 28 juillet 1830 Jean-Victor Schnetz



J’ai aimé mon pays
Ce havre pour tant d’âmes
Bannies de tout bonheur
J’ai aimé cette contrée
Capable de concevoir
La Liberté, l’Egalité et la Fraternité

Les rêves de mon enfance
Mes espérances, ma fierté
Ma foi en son destin
Toi, l’insatiable Président
Tu les jettes dans la mare visqueuse
Des tristes foires aux intérêts

Je ne reconnais plus ma nation
Je n’aime pas ce que tu fondes
Avec l’indécente complicité
Des charlatans qui t’ont fait roi
Pâle souverain sans couronne ni cœur
Marionnette au service des marchands !

J’ai honte que tu fasses de cette Terre d’Accueil
Le lit des privilégiés, la demeure des fanatismes
J’ai honte que tu puisses jeter les pauvres et petits
Aux mains des juges, après celles de tes policiers
Comment peux-tu renier si grossièrement
Les droits légués par nos illustres aînés ?

Qu’elle est funeste, ton œuvre
Où donc est ton âme, Président ?
Pour te croire tout puissant
Faut-il que tu enfermes
Des femmes et des enfants
Dans d’infectes prisons ?

Faut-il donc que tu jettes
Tant de jeunes exclus du travail
Aux vents mauvais de l’hiver
Sans autre abri que la rue
Sans autre espérance
Que de périr au plus vite ?

Pour être grand et digne
Selon les injonctions de ton orgueil
Faut-il toujours sonner l’hallali
Contre un sang venu d’ailleurs
Que toi et les tiens prétendez impur ?
Faut-il chasser jusqu’à leurs enfants ?

Faut-il que nous subissions le drapeau
Planté au droit de nos écoles ?
Pourquoi pas une guillotine
Rappelant que les résistants
Devront perdre leur tête
Pour prix de trop d’humanisme ?

Nos enfants devront-ils crier à tue-tête
Le chant barbare, ignorant l’amour
Cet alibi de vos haines de puissants ?
Et tu voudrais brûler sous le feu de tes juges
Les élèves trop vivants
Qui te déplaisent dès leurs treize ans…

Mon pays, sous ton impulsion
Devient un comptoir d’estaminet
Pours racistes écervelés
Et tu fais d’un monde de culture
Un désert sans beauté
Livré au triste cercle des boursiers

Tu vends notre verbe
Ce trésor des grands esprits
Aux êtres incultes et avides
Uniquement préoccupés
De parler un idiome sans âme
Juste utile pour la cause des camelots

Tu vis de peur et sans confiance
Nous tous, coupables ou innocents
Tu veux nous mettre en fiches
Et transformer tes argousins
En voyeurs de nos vies intimes
Et en obsédés du chiffre à t’offrir

Feras-tu taire le poète
Qui te brave par ses mots ?
Jetteras-tu dans tes geôles
Les âmes trop pures
Qui, bras ouverts
Osent encore aimer l’humain sans frontière ?

Espères-tu arrêter le vent ?
Il s’insinue partout
En dépit de tes lois
De musellement et de peur
Arrête-le ici
Il renaîtra là-bas !

La Liberté te renversera
L’Egalité t’a déjà condamné
La Fraternité s’imposera
Chassant les puissants
Dans les ténèbres
D’un monde sordide…

Tes mots trop mielleux
Démentis par tes actes ténébreux
Hurlent le viol de la vérité !

Que sont les poètes devenus
En douce France ?...

© Jean Dornac
Paris, le 15 février 2010



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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 08:43

 

zwktr7pz.jpg

http://louveseule.l.o.pic.centerblog.net/zwktr7pz.jpg



Je suis pure
et tu voudrais me pervertir
je suis toutes les idées
et tu voudrais m’imposer les tiennes
je suis comme la neige
et tu voudrais me noircir…

Tu devrais savoir
que rien n’est achevé
tout recommence toujours
tu ne feras jamais de moi
ni un début
ni une fin
tout au plus un point
dans une ligne perdue
dont plus personne ne sait rien…

© Victor Varjac


extrait du recueil : Fleurs sauvages
aux éditions Maison Rhodanienne de Poésie (1979)

son site : http://www.victorvarjac.com/



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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 08:03

 

la-valse.jpg

© La valse - Camille Claudel



Dans cette ville où tout se meurt
Ma mélopée veut envoûter un baiser d’arc-en–ciel
Epousant la croisée des chemins neufs
Maîtresse de mes désirs et de mes scarifications
Je danse la valse du vent
Fébrile et consentante déjà
Je t’attends dans la frénésie de l’hyménée réinventée
Là où nous jouons si souvent
à nous faire croire que le bonheur se conjugue au présent
de tous les temps
Colmatant les bleus faits à l’empreinte de nos âmes,
Nous pouvons rêver de vivre au-delà de nos souffles
Pour nous chanter un petit mot d’amour,
Mon amour

© Marie Alice Theard



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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:04

 

le-rif.jpg

http://chiloedream21.canalblog.com/archives/2010/08/23/19684942.html



                                                                           A toi je pense (dédié à mon frère Amedyaz)


Mon dieu, j’ai froid
Sans moi, tu es tout
Sans toi je ne suis rien
Ici, perdu tel un fou
Suis-je encore un terrien ?

Avec ou sans manteau
Sans moi, tu rêves
Sans toi je cauchemarde
Fatigué, tôt je me lève
Ma vie, telle une mansarde.

Revoir pour un mois
A toi je pense
Colombe pleine de vie
Sans bruit, en silence
Ces vers je te les dédie.

O ! Fier comme l’eau
A toi je pense
Angélique pour nom
Aiguille de la balance
Pour prénom.

Cette porte sous ce toit
A toi je pense
Eternelle douceur
Donne-moi une chance
Pour défier la peur.

A toi je pense
Compagne de toujours
Aujourd’hui je panse
L’espoir sans alentour.

A toi je pense
Sans toi qui suis-je ?
Relancer, je relance
Le droit de la tige.

A toi, je pense
Oh ! Toutes mes prières
Fière tu avances
Du rouge au vert.

A toi je pense
Veine de mon cœur
Sans arrogance
Tu signes le bonheur.

A toi je pense
R comme sage
I comme image
F comme fourrages.

© Mouloudi Mustapha
Alger le 30/01/2012



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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 07:47

 

 daumier.jpg

© Honoré Daumier



Sous le nez frémissant d’une chenille rousse,
Corsetée à l’envi de studieux motifs,
Entre le ciel azur, un champ tapi de mousse,
Surgit un machaon ! Flottant parmi les ifs,
Ô l’étrange pouvoir, l’étonnante voltige
De ce papillon-roy ; lequel et sans vertige,
Danse aussi haut qu’il veut.
Le flamboyant insecte
Va puis vient, sans relâche inspecte,
Laissant dans son sillage une traîne de feu.
La chenille esbaudie
Se délecte au spectacle, à ce point qu’une envie,
La taraude déjà d’une étrange langueur.
L’insecte fier plastronne :

- Ma mie, en quoi cette joyeuse humeur
Vous quitte si soudain, puis qu’un chagrin chiffonne ?
Soupirs. - De voler avec vous il me plairait assez.
Gagner tous les soleils au-delà des fossés,
Et quitter sans mépris leurs lieux, d’un élan preste,
Après que le destin ait révisé ma geste…
- Une métamorphose en somme, un neuf essor…
- Ah l’heureux sort !
- Il y faudra son temps, un courage pugnace,
Une sorte d’exil loin des terrains de jeux,
Mais au bout du chemin tombant la carapace,
Comme les miens, serez ! – Ô le temps merveilleux… !
- Surtout, point de délire avide
Avant d’avoir connu le stade chrysalide…
- C’est quoi… - C’est en termes savants,
Faire que du charbon s’active en diamants.
– Serais-je du charbon… ? – Non sotte, c’est pour dire
Qu’en franchissant ce cap, tout vous sera sourire,
Vous boirez dans les fleurs, des ailes vous viendront.
Mais cela seulement après tels temps d’étude,
Entre efforts consentis, sévère solitude…
En somme avant la rose, le chardon !

Qu’on ait l’humeur à quelques rêves,
N’est-ce pas légitime et sain ? Mais pour le sot,
Chez qui l’oisiveté ne connaît pas de trêves,
Ses désirs d’avenir ne seront vain, qu’un mot.

© Claude Gauthier



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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 08:03

 

Carcassonne-forteresse-intemporelle.jpg

http://lobabel.blogspace.fr/2661381/Carcassonne-forteresse-intemporelle



Sur un sillage ondoyant
De volutes enluminées,
Je traverse les ombres
D’un paysage invisible,
Ouvre les portes forgées
D’une intemporelle cité,
Où soudain m’apparaît
L’étrange lueur de brume,
Mirage indéfini exhumant l’oubli.
Ici sont rassemblés
Les codes d’une origine recommencée,
Les chants d’une odyssée perpétuée.

© Michel Bénard.



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