20 avril 2012
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06:47
© Thierry Deschamps
Ton premier cri,
Comme je l'ai attendu, ton premier cri,
Oh, comme il m'a ému, ton premier cri,
La vie a retenti !
Ta première dent,
J'avais hâte de voir, ta première dent,
Petite perle d'ivoire, ta première dent,
Aussi belle qu'un diamant !
Tes premiers mots,
Je voulais les entendre, tes premiers mots,
Je pouvais les comprendre, tes premiers mots,
Papa, maman, bobo !
Tes premiers pas,
Ils m'ont rendu si fier, tes premiers pas,
Tombe sur le derrière, tes premiers pas
Et voilà patatras !
Et maintenant,
Mon bébé est bien grand, et maintenant,
Ton avenir t'attend, et maintenant,
Je t'aime toujours autant !
~~*~~
© Thierry Deschamps
Son site : www.le-spleen-de-zarathoustra.fr/index.htm
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Thierry Deschamps
19 avril 2012
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06:56

Tu m’écris les mots
Que l’on dit à vingt ans
Avec les parfums violines
Des premières amours.
Tu m’offres les prémices de l’aube
Baignées d’embruns salés
Et de clameurs.
Je n’ai que mes années
Lourdes de pleurs
Et d’amours indécises,
Que les roses froissées
De mes jardins
Pour nous couler
Dans le poème de la mer
Tout ruisselant d’étoiles.
© Denise Bernhardt
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Denise Bernhardt
18 avril 2012
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07:35
C.W.Merritt
Naufragée, échouée
Sur les plages de chair et d’os,
Après la lutte avec les flots
Râpeux de sable ourlé d’écume.
Polie et repolie,
A force de rouler
Sur les meules d’eau claire
Aux reflets de couteaux.
Affilée, aiguisée,
Prête à couper, tailler, trancher
Dans les discours et les disputes,
Au vif des mots changés de sens.
Entêtée, obstinée
A déchiffrer les intersignes
Venus d’ailleurs et de partout
Pour transpercer le quotidien.
© Luce Péclard
22.3.2010
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Luce Péclard
17 avril 2012
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07:05
© René Magritte
J’ai poussé la porte du jardin
Tu n’étais pas là
J’ai poussé la porte à fendre l’âme
à fondre en larmes
Tu n’étais plus là
Disparue ton ombre sur la mienne
Et la terre, noire
L’été dernier elle était soleil de juillet.
J’ai foulé aux pieds l’herbe du jardin
Tu n’étais pas là
J’ai marché nu-pieds à fleur d’âme
à fleur de larmes
Tu n’étais plus là
Disparue l’ombre de tes pas
Et la terre, froide
L’été dernier elle était chaleur de midi.
Je t’ai cherché au fond du jardin
Tu n’étais pas là
Je t’ai cherché à perdre l’âme
à perdre larmes
Tu n’étais plus là
Disparue l’ombre de ton ombre
Et la terre, lourde
L’été dernier elle était ciel de lit.
J’ai cueilli une fleur au fond du jardin
Tu n’étais pas là
J’ai cueilli une fleur, une fleur de cœur une fleur de peine
L’été prochain elle refleurira
Mais tu ne seras plus là
Jamais
© Annie Mullenbach-Nigay
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Annie Mullenbach
16 avril 2012
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06:44
© Photo J. Dornac
La Seine fait son gros dos liquide
comme un chat en attente,
gris.
Les arbres dressent leurs ramures désertées
dans l’automne rampant,
noir.
Mon cœur bat en ondes de choc longues
jusqu'à la surface de mon corps enfiévré,
rouge.
Ma propre création m’est étrangère, enfuie
et telle l’eau changeante,
les feuilles absentes,
les ondes battantes,
elle amorce lentement sa dérive,
m’isolant, lamentable, sur ses rives.
© Claire PRENDKIS
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Claire Prendkis
15 avril 2012
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07:53
© Paul Klee
Tu m'apparais si frêle
tenant à peine sur tes mots
mirage hésitant
entre le sentier du monde
et le voyage du ciel...
Je sens alors frémir
l'encre de ton corps...
Tu es si pâle
sous le regard soyeux
de ma lampe immobile...
Sur les pentes inconnues
d'une nuit qui s'évade
tel un précieux coquillage
tu confies à ma plume
l'étrange beauté
qui cueille la souffrance
et porte doucement
les griffes du mystère
jusqu'aux lèvres du coeur...
Déjà sur le papier
tu balbuties
pour ne pas mourir
et ton visage qui sèche
entre dans mes veines
comme l'écho
de mon âme perdue...
Enfant qui bouge
dans mon incertitude
comme un autre moi-même
je dois toucher ta chair
pour te reconnaître
et jouir de ta voix...
O mon dernier poème
mon ultime douleur
ne te retourne pas !...
© Victor Varjac
Antibes, le13 Septembre 2001.
Extrait de la Rouille des Jours
Editions Mélis 2010.
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Victor Varjac
14 avril 2012
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07:16
© Auguste Renoir
Roulé sur son coussin, près de la cheminée
Il profite du temps. Sans même ronronner.
Ce doux bruit, que sa maîtresse apprécie tant
Lui, il le fait pour elle, intentionnellement.
Elle, elle croit qu’il l’aime. C’est rassurant…
Avoir cet animal qui vous flatte et ronronne
Lorsque vous caressez, de votre main qui donne
Tant de preuves d’amour, à cet indifférent.
Il se frotte à vos jambes, en miaulant
Et mange sa pâtée, si délicatement
Puis il prend une pose. Se lèche lentement
Tous les gestes qu’il fait sont souples et charmants.
Il est si doux, si calme, on ne dirait jamais
Que ce même animal fut quelques temps avant
Un fauve sanguinaire, un assassin prudent
Ne laissant à sa proie la chance d’échapper.
Il attend sa victime Il le sait, elle est là.
Son oreille attentive entend les petits pas
Il a bondi d’un coup et seul un petit cri
A percé un instant le calme de la nuit.
Se léchant les babines il est là, à nouveau
Imperturbable et calme il baille et il s’étire
Il règne souverain, sur son petit empire
Il ne fait rien pour ça. Il sait qu’il est très beau.
Et il s’endort serein, dédaignant sa pâtée
Intriguant sa maîtresse par ce refus soudain
Qui se dit qu’il faudra y penser dès demain
Emmener son matou pour le faire ausculter.
Peut-être avez-vous eu, chez vous un chat, un jour
Sans doute avez-vous cru qu’il prouvait son amour
Tandis qu’il se frottait, contre vous, ronronnant
Il vous marquait de son odeur. Tout simplement
Vous pensiez avec lui vivre la vie en rose
Mais en réalité vous n’étiez que sa chose...
Alain Springer©
15-10-2008
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Alain Springer
13 avril 2012
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07:18
© E.Boudin
(Dédié à Athanase Vantchev de Thracy)
Fut-il mauvais le passé,
Le présent laisse à désirer
Vieux et vieille, angoissés
Éreinter, par le fond aspirés.
Grand coup sur la tête
Il retourne vers l’histoire
Sur une date il s’arrête
La vie devient entonnoir.
Grand coup sur la tête
Elle regarde ses épaules
Si âgée, ni molle ni bête
La douleur l’a rendu folle.
Grand coup sur la tête
Adultes, l’aujourd’hui
Qui s’effrite s’émiette
A chaque arme son étui.
Le soupir n’est pas un son
Que de fentes aux pieds
Que de sillons au front
Les rêves, tenaillés, pliés.
La larme n’est pas de l’eau
Que de douleurs au ventre
Que de mots pour les maux
Le vampire aime le centre.
Dans le froid, ils habitent
Les pas, ils ne les font plus
Regardez, brisés ils évitent
Les rats les ont déjà mordus
Ils sont deux entre deux
Moins de jus, plus de force
Prisonnier sur ces lieux
Sous l’injustice tout s’écorce.
© Mouloudi Mustapha
Alger le 04/04/2012
Nous savons bien que de nos jours la démocratie permet et encourage de rêver dans toutes les positions que nous voulons sauf
dans les endroits auxquels nous n’avons ni le droit ni les possibilités d’atteindre. Elle nous permet de rêver sous un toit même en zinc, en carton ou même à découvert sous les étoiles ou sous la
pleine lune. Ce droit nous permet de rêver même 24 heures sur 24… Vaincu par le souci de vampiriser l’humain, elle permet aussi (lorsqu’elle ne l’impose pas) de dormir 24 heures sur 24 ou de
rester cloîtrer entre quatre parois toute la durée soleil pour ne sortir que la nuit… Elle permet tout ce qu’elle ne permet pas pour elle et ses sbires. Si elle permet bien de choses, elle n’a
jamais toléré « le réveil »… D’ailleurs qui a dit que la démocratie n’était pas la dictature de la majorité ?
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Mouloudi Mustapha
12 avril 2012
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08:13
© John William Waterhouse
Les drapés de sa robe ondulante sont riches
De vermeils tissés d’ors,
Elle passe sans bruit, comme sans bruit les biches,
Regagnant leurs décors.
Autour d’elle, un parfum cède la clé de songes
S’y porteront ses pas,
De la lumière avance où l’ombre et ses mensonges,
Abdiquent leurs appâts.
Elle a cherché longtemps entre encens, bains d’arômes,
Réponses à son heur,
Mais toujours par ennui, cette moiteur des paumes
Qu’oblige la langueur.
Sur la terrasse enfin, de l’aurore l’écharpe
Sépare les amants,
C’est choisi, le silence où vont mourir la harpe,
Les flûtes, les tympans.
La nuit fut leur ultime, et déjà solitaire
Sans que ne tremble un cil,
Elle abandonne enfin sa marque héréditaire
En maîtresse du Nil.
La reine d’Egypte a de superbe manière,
Ecartant tous avis,
Consciente au-delà, renié l’altière
Couronne et ses parvis.
Depuis qu’un sage fou, fervent anachorète,
Pèlerin vers Memphis,
Lui dit le verbe juste où l’âme se décrète…
Il convertit Thaïs.
© Claude Gauthier
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Claude Gauthier
11 avril 2012
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07:12
© Michel Bénard
Lorsque les songes s’effacent
Dans les premières lueurs d’aube,
Que la beauté prend naissance
Au frémissement d’un éclat de lumière,
Il nous faut prendre alors la route
Pour renouveler les nuances de l’âme,
Oublier les grisailles coutumières
D’une civilisation au seuil du néant.
L’ouverture d’un premier chemin se profile,
Le voyage vers l’inconnu du destin
D’une péniche dans les brumes,
Frète des fragments d’éternité,
Des zones d’ombres,
Des balles de sèves et de pollens.
Il nous faut poursuivre alors la route,
Oser un pas vers le bleu de l’éternité,
Deux, vers les promesses de l’ailleurs,
Ecouter la partition du silence
Et de la symphonie du monde.
Ils te diront les mystères du cœur
Et l’espérance de l’homme
Dont le corps est un temple vivant.
© Michel Bénard.
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Michel Bénard