29 juin 2012
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http://ksiazek.photoshelter.com/image/I0000vX1aCrcWE9A
Pour une putain qui cherche des bras,
Pour une saleté affamée qui tend la main et mendie un bout de pain dérisoire,
Pour un gosse au visage creux, morve au nez,
Pour le salaud qui se découvre une conscience au détour de ses méfaits.
Pour toutes ces années perdues,
Vraiment « avec le temps on n’aime plus ».
Pour ce port enfoui dans la brume, perdu au milieu des mers,
Pour ce fort autrefois invincible devenu aujourd’hui ruine lamentable,
Pour ce vaisseau autrefois guerrier, victorieux et maintenant galère misérable,
Pour cette île luxuriante mais rien d’autre qu’un enfer de marigots, palétuviers et serpents d’eau.
Pour toutes ces années perdues,
Vraiment « avec le temps on aime plus ».
Pour cette foi que l’on veut transcendante,
Déclassée au rang de circonstance atténuante, témoin de ce qui n’est plus,
Pour ces blasphèmes crachés, vitupérés par ce mal rampant,
Crapaud vicieux, trompeur, gluant de flatteries minables,
J’ai nommé le capitalisme, argent élevé au rang de roi,
Noblesse de pacotille, repaire de corsaires défigurés par l’envie du pouvoir et de richesses,
Flatteur minable des vanités à faire miroiter des lendemains chantants.
Serpent ne sifflant rien d’autre qu’un monde miroir aux alouettes.
Tu me dégoûtes à faire tomber les fragiles, les ignorants et les naïfs.
Orgueilleusement indétrônable,
Infiltré dans les moindres recoins des âmes même les plus aguerries à reconnaitre le Malin.
Tout se monnaye et s’engouffre dans une société de comptables implacables et falots.
Vaisseau fantôme qui salit les hommes à son passage,
Tu ne laisses dans ton sillage que temps corrompu.
Tout s’achète, tout se vend,
Le vice ? Quand la norme est aux plaisirs rapides et violents,
Le beau ? Quand la splendeur des femmes est à la blancheur squelettique.
Mais l’espoir, l’espoir …
Celui qui brille légèrement dans les yeux de la putain la plus aguerrie,
Celui qui détrône le tyran emporté par une foule juste et brave,
Quand il surgit du fond de l’âme du plus cynique, oui, celui qui ose penser que,
Peut-être, un geste de partage est encore possible quelque part.
Et le temps qui me fait signe, brise mes ardeurs, refroidit mes espérances,
Ne m’emporte plus que dans une foi de découragée,
Heureux temps où je la portais haut devant.
C’est elle désormais qui me soutient,
Me reste à déposer entre tes mains …
Vraiment, avec le temps on n’aime plus.
Avec quelque chose de Léo Ferré
© Dominique Dupuy
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Dominique Dupuy
28 juin 2012
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© Thierry Deschamps
L'esprit engourdi par le chant des sirènes,
L'âme enserrée, prisonnière de leurs chaînes,
L'intellect englué dans les calembredaines,
L'aveuglement te mène !
Les yeux perdus dans un vide qui se traîne,
Les oreilles closes aux cris d'un monde en peine,
La bouche soudée aux ricanements de hyène,
Et ce rien qui te gène !
Pourtant,
Au delà de la haine traverser le miroir
Et à travers le tain se regarder en face
Reconnaître l'illusion, cueillir l'état de grâce
Retrouver une foi qui t'autorise à croire.
Cheveux roux, les yeux bleus et une peau d'ébène,
Élancé, grassouillet, une belle stature,
Ou bien des yeux bridés, sous une blonde chevelure ?
Que vois-tu donc ?
Une poitrine bien triste, une paire de fesses amène,
Barbe, moustache, peau mate et taches de rousseur,
Corps jeune, alerte ou rides pleines de douceur ?
Qui es-tu donc ?
Le teint clair, le crâne chauve et des lèvres lippues
Une bouche édentée, des oreilles décollées
De grands pieds et un dos tout tordu ?
Que trouves-tu donc ?
Tout simplement ?
Un Homme, unique comme des millions d'autres
Fait d'espoir et d'amour, de chimères et de doutes
Un Homme, qui de ses frères pourra se faire l'apôtre,
Qui de l'Humanité deviendra clé de voûte.
~~*~~
© Thierry Deschamps
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Thierry Deschamps
27 juin 2012
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© Mer agitée à Etretat - Claude Monet
Des rivages d’Europe
A ceux de ton île rêvée
Une vague ne cesse
De mourir de renaître
Et de mourir encore,
Nous berçant dans l’écume
De sa respiration.
Elle connaît l’instant
D’un cillement d’étoile
Où le jour s’efface
Rendant grâce à la nuit,
Qui sanctifie la genèse
De nos balbutiements.
Quand nos gestes conjuguent
La clarté et les ombres,
Et que nos cœurs se fondent
Dans la lueur sélène
Des origines.
© Denise Bernhardt
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Denise Bernhardt
26 juin 2012
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Atlas
Depuis des siècles, l’homme
A eu trop à porter.
Jusqu’à son ciel s’effrite
En débris de rayons.
Et même le vers du poète
Qui s’appuyait sur douze pieds
Devient bancal et boiteux…
Comme la chaise géante,
Antipersonnelle et vide
Sur la Place des Nations,
Où nul pays ne peut s’asseoir
Sans s’effondrer de l’intérieur.
© Luce Péclard
13.4.2010
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Luce Péclard
25 juin 2012
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06:32
http://www.1001stages.com/stage-parler-le-corse-a-nice-9781.html
La mer bouge fort ce matin sous la coque de fer
les cailloux s’enfoncent dans la mousse,
un clocher envole le temps d’Ile Rousse,
un rocher brut dresse vers le bleu sa bannière.
Maigres herbes rampantes et doigts de sorcières,
le sol est dur sous les sabots d’une mule usée,
des figues obscènes éclatent leur ventre violet,
elle est rude et sauvage et antique, cette terre.
Les vagabonds d’Août traînent leur ennui,
reniflent le brocciu et le saucisson d’âne,
les Corses au bistrot maudissent ces pilleurs d’âme,
la canicule enrobe tout et tue toute envie.
Bermudas rebondis et seins nus s’agitent,
les bandes quittent leurs grottes, léchant d’énormes glaces,
les minettes à portable envahissent les terrasses,
les vieux immobiles lorgnent ces autres rites.
Dans la montagne, les vaches errantes grignotent,
les cascades sèchent sur les pierres rassemblées par les dieux,
quelques lézards osent bouger la statique de ces lieux,
le ciel est si sec tant le soleil rabote.
Corse d’abord, on doit reconnaître ton âme,
peuple ancien accroché à tes pentes,
dans les églises s’élève ta voix si dense
ton choeur tragique précise la nature de tes drames
© Claire Prendkis
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Claire Prendkis
24 juin 2012
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07:00
© L’adoration du veau – Francis Picabia
Le monde a perdu son visage
en suivant le « veau d'or »
sur la belle autoroute
qui poursuit les mirages :
Richesse ... Pouvoir ... Impunité ...
métamorphosant le quidam
en un robot de chair ...
La campagne disparaît
au profit des mégapoles ...
Villes carnivores où ne poussent
que le business et le béton ...
L'espace est devenu
fonctionnel et rentable
il appartient entièrement
aux sorciers du numérique ...
On admire sur les écrans
la nature née d'un logiciel
le GSM remplace la présence
des parents ... des amis ...
Les routes et les mers
ne sont plus des voyages ...
Internet a rétréci
nations et continents ...
L'espace est enfermé
dans la magie d'un « clic »
et le monde se déverse
suivant l'ordre donné
par la fenêtre d'un portable
comme le bon génie
surgissant de la lampe !
Nous sommes à présent
des êtres qui roulent et parlent
écrivant la rencontre
et la poésie du chemin
en millions de pixels
sur une surface plane
tandis que les médias s'occupent
d'éduquer un à un
les maillons de la chaîne
achevant en douceur
le dressage du troupeau !....
© Victor VARJAC
Extrait de "La Rouille des Jours"
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Victor Varjac
23 juin 2012
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07:18
Livre-Violon-Musique de Joaquin Morales Palomino
Fin de semaine, comme d'habitude,
Il était venu ce soir-là.
Bon professeur, dur à l'étude,
Diapason réglé comme un "La".
Claire était follement amoureuse
De son maître, premier violon.
Elle écrivit sa vie heureuse :
"Journal intime de Cendrillon".
En prenant le bras de la belle,
Pour donner bonne position,
Il vit les pages de la "Nouvelle",
Abandonna la partition.
La lecture les a rendu ivres,
L'amour est sulfureux poison,
Mais sans passion on ne peut vivre,
Le cœur en cache la raison.
Au matin, Claire s'est endormie.
Après une danse de chaconne,
Ombre d'amour évanouie,
Méphistophélès en personne !
Plus tard, à la fin de sa vie,
Après les joies, malgré les larmes,
Claire vibre encore de cette envie
Qui la fit tomber sous le charme !
© Pierfetz 2004
http://arciel88.fr/bibpoesiespierrot/II-13Impromptuamoureux.htm
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Pierfetz
22 juin 2012
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06:43

La nuit tombe,
Sa cage a un barreau brisé.
Le foudre tombe,
Les amants ont succombé.
La neige tombe,
La peau du ciel compte ses grains.
Le rideau tombe,
Sa robe n’est même pas froissée.
Le couperet tombe,
La terre entière a perdu la tête.
Mais chut…
Mieux vaut laisser tomber
Et rester muet comme une tombe.
© Michel DUPREZ
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Michel Duprez
21 juin 2012
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06:46
http://niombrenilumiere.forumgratuit.org/t911-il-etait-une-fois-sur-la-route
Tu partis à l’appel d’un exil pèlerin…
Aujourd’hui revenu, retrouve féodale
L’ombre d’antiques jours égarée au dédale
De tes jeux oubliés et leur complice écrin.
Peut être ressens-tu le douloureux chagrin,
D’avoir si loin porté ta fuite et son scandale ;
Pénible est le bourdon, te blesse la sandale,
Arrachés l’un et l’autre au pays mandarin.
Ramassant les débris d’une illusoire trêve,
Laisse aller tes regrets comme vague à la grève…
Annonce-toi ! Mais crains, avant de battre l’huis :
De découvrir hélas, au-delà de la porte,
Entre un séjour obscur et sans plus d’eaux au puits,
Un lit défait et froid, près d’une lampe morte.
© Claude Gauthier
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Claude Gauthier
20 juin 2012
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Le poète est un enfant de l’esprit qui navigue sur les eaux transparentes de l’étonnement et de l’éblouissement au jardin des
candeurs, il se fait quêteur des sens, il possède le regard de la clairvoyance qui pénètre les essences subtiles, il vibre aux appels de l’intangible et de l’ineffable, mais il sait également
devenir l’homme de l’avertissement qui révèle l’unité fondamentale de la création depuis le chaos originel, il formule par résonnance métaphorique et symbolise ses visions prémonitoires, en
décryptant les signes.
Il se métamorphose aussi en semeur de mots tout en rêvant à la symbolique récolte d’une possible beauté intemporelle sertie d’un
éventuel amour universel.
© Michel Bénard.

© Liliane Caumont
Sculpture réalisée par Liliane Caumont pour « Le Poète » de Michel Bénard
Le site de Liliane Caumont : http://www.caumont.com/
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Michel Bénard