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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 06:46
Visage – Ode
Oeuvre en tire : « Visage inconnu » gravure monotype de Ode©
 
 
 
 
 
Votre visage inconnu a visité mon ciel
Rencontre des saisons, des nuages
D'Est et d'Ouest, les vents éternels
Un jour de janvier ou d'octobre, pas très sage

Votre visage inconnu a visité mes eaux
Rencontre des montagnes, des plaines
Des rivières, du grand fleuve et du clair ruisseau
Un jour de calme où n'avait place la haine

Votre visage inconnu a visité mes rêves
Rencontre d'une nuit, à l'automne de mes printemps
Au rendez-vous des amours condamnées, brèves
Celles qui laissent cicatrices et souvenirs du temps
 
Votre visage inconnu a visité ma vie
Rencontre du bonheur, de l'émerveillement
Des joies immenses, des grands appétits
Celle des oiseaux fous trop gourmands

Et pourtant

Nous sommes perchés sur le même roseau
Du même chasseur, les cibles
Autour de nous le même vide
Captifs du moindre coup de vent
Et du même coup de fusil
 
Tremblants de ne plus être
Une fois tiré le coup
Tremblants de n'avoir été jusqu'au bout
Au bout de nous
 
Est-ce la chair énamourée
Qui rend coupable l'oiseau
Coupable d'avoir trahi l'espoir
Et y laisser son sceau
 
Votre visage inconnu a visité mon âme
Rencontre de l'éternité, aux odeurs d'une symphonie inachevée

Ode©
26 octobre 2002

Source : http://zodode.5.50megs.com/CS/visage.htm


Création Ode©





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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 06:31
Brûlants frimas – Jean Dornac
©Valentin Podpomogov
 
 
 
 
Il pleut sur la ville
Il pleut sur nos cœurs
L’amour s’est en allé
Voir si nous sommes ailleurs…
 
Pourquoi est-il si volage
Lui qui est l’essence de tout ?
Au final, il ressemble à la vie
Il donne et reprend tout !...
 
Lorsque tu m’as déclaré ta flamme
Je n’osais pas même y croire
Mais quand tu t’es jetée dans mes bras
C’est la vie qui créait l’art !
 
Je me souviens de ce jour
Le ciel était bleu-canicule
Tu étais en robe légère
Et je voyais presque tout !
 
Plus brillants qu’une étoile
Tes yeux jetaient des éclairs
Non pas d’une surprenante colère
Mais lumineux de bonheur
 
En moi éclatait une tempête
Dont le vent était ma joie
La pluie était mon émotion
Le tonnerre venait de mon cœur !
 
Mais est venu le funeste jour
Où tu as plongé tes yeux ailleurs
En corps plus jeune
En cœur plus tendre
 
Un cœur et un corps
Que tu pouvais façonner à ta guise
Une âme que tu pouvais
Enfin, jeter avec toi en enfer !…
 
Tu as brûlé notre amour
Par besoin de destruction
Tu as réussi au-delà de tes espérances
Toi comme moi, nous n’avons plus rien
Puisque l’amour nous a fuis
Et fait de nous des maudits…
 
Il ne reste plus rien
Que les vagues brumes du souvenir
Pour habiller nos âmes
Et leur éviter les brûlures
Des frimas de solitude
 
©Jean Dornac
Lyon, le 18 juin 2017
 
 
 
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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 06:06
Quand tu sens le besoin… - Robert Bonnefoy
photo J.Dornac©
 
 
 
 
QUAND tu sens le besoin de marquer une pause,
DIEU ouvre grand sa main pour que l’on s’y repose,
TE souffle quelques vers et T’invite à la prose…
DIT-Il que tu vaux moins qu’un pétale de rose ?
 
©Robert Bonnefoy
 
 
(Acrostiche d’après la bible)
 
 
 
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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 06:42
DANSE - Claude Luezior
Photo de Claude Luezior©
 
 
 
intensément je voudrais
apprivoiser ses arènes
où rugissent les fauves
 
et ses fibres andalouses
dont le corps s'abreuve
à d'intimes ferveurs
 
travestir le destin
lentement nourri
de rêves exaltés
 
disperser les béances
humer jusqu'à l'oubli
le vivier du partage
 
et l'incandescence du rouge
où convulse en bel orgueil
l'audace d'une éternité
 
avec des gestes d'archange
la violence de la foi
et l'élégance d'une fiancée
 
intensément tarir
nos blessures
goutte à goutte
 
©Claude Luezior
 
 
texte et photo de Claude Luezior
 
 
 
 
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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 06:42
Ô papa ! – Kacem Issad
©L’auteur et son défunt père
 
 
 
Ô papa ! Si tu savais
Mes jours sont sans fin
Ni couleurs ni parfums
Ô papa ! Si tu savais
Je voulais être martyr
Tuer l’absurde et partir
Ô papa ! Si tu savais
Mes années se consument
Sans soupir et j’assume
Ô papa ! Si tu savais
Dans ma nostalgie
Je me repose et je gis
Ô papa ! Si tu savais
Mes fleurs se fanent
Et mon destin flâne.
Ô papa ! Si tu savais,
Si tu savais.
 
©Kacem Issad

 
 
 
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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 06:33
Une perle dans une décharge – Michèle Freud
 
 
 
C’est une gigantesque friche, recouverte de déchets de toutes sortes, qui forment d’énormes monticules, des ravins, des gorges, leu de travail insalubre de centaines d’enfants d’Asie, qui cherchent dans ce chaos surréaliste, cauchemardesque, nauséabond, de quoi survivre. Ils fouillent, exposés aux polluants, aux produits toxiques, aux fumées asphyxiantes de petits feux qui brûlent en permanence, essayant de récupérer des plastiques, du fer, des métaux précieux, du verre, des papiers, des cartons et même des quignons de pain dur.
 
Gosses les plus pauvres parmi les pauvres, crasseux, en haillons, ne mangeant pas à leur faim, n’allant pas à l’école, ils vivent comme des rats dans les entrailles d’une décharge…
 
Un jour, une petite fille, en fouillant dans cet océan de détritus, trouva, ô miracle, un livre ! Un livre, certes abîmé, sali mais un livre, avec des pages remplies de belles lettres et d’images de toutes les couleurs. Depuis son plus jeune âge, elle rêvait d’aller à l’école pour apprendre à lire. Un rêve malingre qui vivotait car elle le pensait irréalisable. Mais ce rêve, même timide, était comme un soleil. Sans perdre de temps, elle s’assoit sur un vieux bidon pour le feuilleter, sa joie est trop forte, elle ne peut pas attendre. Il y a des oiseaux et des ruisseaux qui chantent en elle, son corps se réchauffe. En tournant, en touchant les pages de ce livre, elle se sent vivante. Toutes ces images et ces dessins sont pour elle une île avec ses palmiers, ses cocotiers, ses oiseaux exotiques, la mer toute bleue et ses voiliers blancs. Elle a quitté la décharge, elle rêve, peut-être d’un pays où les enfants peuvent vivre simplement leur vie d’enfant…
 
C’est sans doute le rêve de tous ces enfants qui vivent dans les camps de réfugiés, dans les villes en guerre, de tous ces enfants qui sont bafoués, méprisés, abandonnés, handicapés, mal aimés.
 
Un rêve, c’est une force, un trésor, une richesse et en brisant un rêve, nous mutilons une âme…
 
©Michèle Freud
 
 
 
 
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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 06:52
Il ne faut pas éveiller le poète – Denise Bernhardt
Jacek Yerka
 
 
 
Il ne faut pas éveiller le poète
Sous ses paupières dorment
Des aubes incertaines.
Laissez-le divaguer…
Les nacelles de rêves
Croisent à distance
Des blessures du jour.
Je glisserai mon souffle
Sur ses lèvres
Et mes doigts sur ses tempes
Il croira caresser
Le ventre des colombes
Et sentir dans sa paume
Leurs cœurs
Tout palpitants d’effroi.
N’éveillez pas mon poète qui dort,
Ses rêves de fleurs et de pluie
Sont des mirages d’amour
Mêlés aux miens.
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 06:28
La foi sans nom – Luce Péclard
 
 
 
 
Où posons-nous le pied,
Sinon sur un terrain mouvant
Qui disparaît à chaque pas ?
 
Le chemin dérobé,
Nous restons en état d’éveil
A notre poste de vigie.
 
Miracle, cette vie
Qui nous maintient toujours debout,
Portant l’étendard de l’esprit .
 
La foi qui nous anime,
Pourquoi porterait-elle un nom ?
Il suffit qu’elle soit ardente !
 
©Luce Péclard
29.5.2017
 
 
 
 
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 06:30
Pour unique baiser – Yves Romel Toussaint
 
 
 
 
 
Je t'écris avec des mots
Pleins de sang
Pour que battent des vies
En coup d'Etat poétique.
 
Je t'embrasse par mètre carré
Sur des baisers ensevelis
Des femmes qui se fardent
Au gré du vertige.
 
Dans mon poème ailé
Je garde pour nous
Le poids du temps
Pour unique baiser.
 
©Yves Romel Toussaint
Tiré du livre " Des amours qui traînent" en cours d' édition
 
 
 
 
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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 05:23
VIOL – Nicole Hardouin
Détail d’une toile de Gil Pottier « La Proie »
 
 
 
 
 
Silencieusement, bagages d'écume dans ses replis, la mer se retire. Lui il est arrivé aussi en silence, sans rendez-vous, il s'est faufilé dans un invisible gué. Par surprise, il l'a prise sans la séduire. La dame à la peau de jasmin fut violée, avec pour orgasme : la peur. Depuis, il se tapit au plus profond de ses fibres blasonnées de cendres et de cicatrices.
 
Viol glacial.
 
Le pollen gris du vivre n'a plus de terreau, il la harcèle, elle recule, il la grignote, la plonge dans des sentes opaques. De l'autre côté du miroir des mains se tendent, loin si loin. Le vent tisse ses octaves, aucune note ne peut être retenue, impossibles accords.
 
Le soleil est derrière elle. Elle avance à reculons pour retrouver la lumière. Alors, il la retourne, elle ne voit que des ombres mouvantes, des lacs noirs et des gouffres sans fond. Attachée, comme un scaphandrier, par un mince filin, fil d'Ariane, elle descend le long des parois par paliers successifs croyant le perdre, puis épuisée, elle essaie de remonter.
 
Elle a compté, il lui faut trois semaines pour refaire surface, délivrance ? Non, il ricane, agrippé à sa poitrine qu'il dévaste.
 
Pendant deux ans ils se sont affrontés. Ses mains n'étaient pas celles d'un amant aux doigts d'étamines, ses étreintes mordaient dans sa chair, entailles, ébauche d'enfermement, les lignes brisées retardaient l'aurore.
Noeuds de rupture cherchant, en vain un point d'ancrage. La dame ploie sa nuque de suie parmi des tournesols noirs.
Dans un fatras de fils coupés, des diagonales soufrées balafrent des murmures de barques. Aux rivages de l'intemporel, la dame à la peau de jasmin caresse un souvenir à l'écorce complice.
 
Elle y a gravé le nom de son violeur : cancer.
 
©Nicole Hardouin.
 
 
 
 
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