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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 03:20
Jolie source, photo ©Jean Dornac


 


Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
humblement
écrire comme on respire...
Il faut un art infini
pour se démettre des artifices
pour se défaire de tous les liens
de cause à effet
pour paraître balbutier
de toute éternité
l'évidence nouvelle
et qui le restera
une naissance qui étonne
et que l'on sait perpétuelle
telle l'eau qui murmure
sans faire de vague
juste un éclat de nacre
entre deux courants
l'eau qui chuchote son chemin
abreuvé de ciel et qui y retourne
tandis que brillent çà et là
les carpes d'or du silence...

Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
il faut une vie
peut-être deux...

© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 
 
 

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 06:59
Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

A propos de MILOUD KEDDAR,
 
né à Mascara en 1950, est un poète français, peintre théoricien de l'art.
 
Poète-penseur apprécié par son style épuré très personnel animé d'un message profond. Ses poèmes, proses ou chroniques sont édités par Parole &Poésie, Ed. du Panthéon, Le Petit Rameur, La Porte, Écrits du Nord, Flammes Vives... et proposés dans plusieurs revues de poésie :
TRAVERSÉES, VERSO, ROSE DES TEMPS, CABARET, DÉCHARGE, FRICHES, COMME EN POÉSIE et COULEURS POÉSIE 2
 
Actuellement, Miloud KEDDAR se bat contre la maladie ...et continue à écrire. Ses mots nous vont droit au cœur, et l'esprit s'en trouve anobli.
 
Jeanne Champel Grenier
 
* * *
 
 
Ton aile blessée – Milloud Keddar
 
Ton aile blessée, tu détournes le visage du ciel, ton corps alors à la terre demande de panser la blessure. Parfois une aile qui tombe peut ouvrir à une vérité oubliée.
 
(L’aile blessée, tu accèdes au réveil, la phrase du ciel aura été un détour, ton corps en sommeil !)
 
Une lampe allumée en plein jour est cette aile dans le vague du ciel, et si la lumière du jour vaut plus, nous rêvons toujours de la lumière d’un jour de désir.
 
(Je veux d’une lampe, je veux une aile au réveil, je veux une aile les pieds sur terre !)
 
©MILOUD KEDDAR

 

Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 06:26
Photo : TZOLTEC
 
 
 
Chimères, chimères, les sens délirent, les doigts butent sur les marelles de peau. Ni ciel, ni terre.
Les spectres traînent leurs crécelles dans des miettes de brames et de ripailles.
La folie s’esclaffe derrière son masque.
Brume sur la brisure des aubes aux couleurs de couchant.
 
Un jour de plus, un jour de moins sur la griffe crépusculaire.
Chimères, chimères, fuite sur le pavement des jours.
Mirage, mirage dans le sang des nuits, dans les rumeurs possessives des racines, sur des sentes à enluminer
 
Faire l’amour comme les éclairs dans l’orage, comme les feuilles sous le vent, comme deux esquifs en perdition sous le regard de Méduse, comme des fantômes dans le lit d’un torrent, comme des feux de brousse, comme l’encens qui étouffe le jasmin, comme les cernes bleus autour d’une imploration.
Mirages, mirages, les rêves, échos s’enfuient, les énigmes s’enroulent dans l’insolence du venin, dans des traces sans passé.
À s’en rendre fou à s’en rendre sage, ouvrir l’espace du vivre pour une petite mort.
Nuit de lave, drap de suie.
 
©Nicole Hardouin
 In Lilith, l’amour d’une maudite
Éditions L.G.R. Paris  2020
 
 
 
 
 
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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 06:36
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Vladimir Kush, peintre surréaliste russe que j'aime particulièrement !

 

 
 
Les mots construisent des ponts
Des ponts longs, des ponts ronds,
Des ponts de mots heureux,
 Lumineux, amoureux,
Pour qu’ici rejoigne là-bas,
Pour que tu ne m’oublies pas,
Pour que le temps passe par là
Discrètement, à petits pas...
Les mots construisent des ponts,
Partitions de violons,
Des ponts joyeux en fleurs
Enrubannés de bonheur,
Des ponts de lettres douces
Tendres comme la mousse,
Des mots écrits par l’impossible
Et la force d’une âme sensible...
 
©Lydia Montigny
  
Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris
 
 
 
 
 
 
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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 06:41
Fille avec une gerbe de maïs de William Henry Hunt

 

 
 
 
26 janvier
La glane, ô souvenirs, nous y allions jadis
Dans les champs d’ors verdis où nous piquait le chaume.
Quelques épis à terre et des volubilis
Nous trouvaient anoblis des marques du royaume.
 
27 janvier
Le royaume est présent là où nous respirons,
Main de justice à dextre et le sceptre à sénestre.
Une tige dressée et de blancs liserons
Sont insignes naïfs de mon règne terrestre.
 
28 janvier
Etre au monde ici-bas est une grâce insigne.
Je la goûte au centuple en chaque événement.
Tel un film déroulé, ma mémoire consigne
Les images, les sons, riches d’enseignement.
 
A suivre…   
 
© Luce Péclard
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier
 
 
 


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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 06:25
Photo reçue de Nicole Portay

 

 

 
C’est une roselière hospitalière
Sur la moraine millénaire
Où les nids flottants
Des oiseaux venus du nord
Tissent leurs fils mystérieux,
Où la flore sereine déroule son poème
À l’écoute d’une rousserole
Mirant son babil
Dans le scintillement des eaux glaciaires.
Ici une branche affale ses feuilles
Affleurant le miroir diaphane de la rivière   
Venue se donner au grand lac.
À ses pieds
La tige gracile d’un pois de senteur
Aime à pointer son accent rose 
Parmi les herbes folles.
Là, un rejet arbore sa morte ramée,
Modeste prière vers l’écume
Lissant de toute éternité le bois flotté
De ses caresses perlantes.
Là-haut le cri perçant du héron
Survolant le grand marais
Annonce son départ rituel
Vers la nuit de la forêt.
 
C’est une roselière naturelle
Préservée par la main de l’homme.
En son cœur sacré,
Protecteur et réparateur,
L’on se surprend
À croire à nouveau en l’humanité.
 
©Nicole Portay
 
Nicole Portay - Poétesse
Déléguée BDR de la Société des Poètes Français
Responsable Nationale du concours de poésie jeunesse SPF
site: www.societedespoetesfrancais.eu         
blog: www.societedespoetesfrancais.net          
 
 
 
 
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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 06:30
Renoir : La rêveuse
 
               « C’est en croyant aux roses
                   qu’on les fait éclore »
                   Anatole France
 
 
 
 
Quand tu reviendras
A l’orée de mon cœur
Nous serons toujours face à face
Debout, à la même césure
Du temps et de l’espace,
Où je dirai les mots
Qui ont le pouvoir
De délier le cours du destin
Qui nous attend à l’aube
D’une conjonction d’étoiles.
 
©Denise Bernhardt
 
Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.
 
 
 
 
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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 06:22
 
 
 
 
 
Gouttes au zinc de ma nuit,
S’honore le temps : ses mots.
Devant l’huis fermé, l’horloge fait écho.
Derrière la porte, la mesure des mots.
 
Dans l’absence dévêtue
L’invité franchit le seuil.
 
©Béatrice Pailler 
 
Revue Décharge le site
 
 
 
 
 
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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 06:26
Image : qqcitations.com

 

 

 

Que tu sois
 
Boutiquier bourgeois
D’une grande avenue
 
Ou
 
Belle horizontale
D’un bouge sordide
 
Reste
Ce que tu es Je resterai
Ce que je suis
 
Chacun son rôle
Un rôle pour chacun
 
© David Chomier
  
 Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris
 
 
 
 
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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 06:31
Éditions l’Harmattan, Paris, octobre 2019

                     Les portes du dire s’entrouvrent sur  une évocation discrète, pudique de la vie : Parmi des herbes, des bleuets et des pavots / les caresses de l’été dans la plaine brûlante, hymne panthéiste à la nature : des nénuphars fleurissent dans mes cheveux. Au-delà du silence pulse une présence lointaine, évanescente mais tellement présente, qui se tient au bord des falaises vertigineuses de l’absence : il nous reste la rupture, l’immobilité, la douleur / il nous reste le silence.

Appuyée sur une digue de feu, la Poétesse, Orante d’une liturgie, laisse ses pas s’éloigner : nous sommes les cicatrices. Les mots en fusion, sang du vent, cantiques d’éclairs, tressent des fruits de haute mer, ils s’enroulent, épines et pétales : les paroles  cherchent leur chemin jusqu’à nous.

Mots équinoxes, secrets, mordants, traces, les ombres au goût de sel se mêlent, s’entrecroisent dans les levers d’aube silencieux et les frimas de la nuit alors que le sang flagelle encore le corps : je flâne sans cesse égarée / sur le chemin d’hier.

Les élans silencieux de Sonia Elvireanu , il faut les humer, caresser leurs encolures. Ils tissent l’absence : Je t’ai cherché, tu n’étais nulle part. La mélancolie va l’amble avec son cortège de houles et de retraits, de regrets et de tempêtes : je suis une ronce dans la plaine. Interstices dans le silence : le lever et le coucher du soleil / se brisent dans mes mains vides.

Les mots–larmes, derrière les paupières, partent sur les rives de la solitude,  présence du dire, force du manque, il faut toujours se baisser pour passer les écluses qui se déversent dans les estuaires nocturnes : cette nuit, je cherche un abri.

Malgré la grisaille du silence, de l’absence, ce recueil est un verre de lumière à boire à petites gorgées, ce sont des images sur la peau des plantes, des ébauches de roulis et d’écume qui viennent mourir sur  l’aube, ce sont des vagues intérieures. Torrentueuses, elles ont le parfum de l’aimé si lointain et pourtant si proche : et par-dessus le monde / Ton sourire.

La Poétesse, grande véneuse, lâche ses chiens, la vie est aux abois. Le grand cerf ne meurt qu’une fois dans la forêt des souvenirs  : saignement du vivant.

Oratorio de fugues pour des lèvres en bréviaire qui psalmodient de secrètes oraisons : une croix allumée dans la main.

Les phrases passent entre les ronces pour ne retenir que le pollen déposé par l’abeille qui a butiné. Le désir est toujours là, pudique, il tenaille les mots pour se perdre dans le souffle du ciel, la vie se nourrit d’interrogations, d’attende.

L’auteur, à l’image de Jean Orizet, est pèlerin de l’indicible, témoin de l’ineffable.

Avec ardeur les pulpes sont fécondées, les sucs du regret se transmuent. Germent  les élans, subtile et discrète prière, nuages vers l’au-delà,  vers la Transcendance. En effet, ce recueil pourrait-être un livre d’heures que l’on tient avec recueillement, c’est une prière intime celle que l’on murmure dans les fentes et les cicatrices du cɶur, dans les pulsations d’aubes noires. Ce sont parfois des psaumes que retiennent les nuages, avant de se mêler à la musique des sphères dont l’auteur conserve les accords au plus profond de son âme : Dieu donne de la sérénité / à ma pensée / pour que sa limpidité / ne tombe / nulle part en chemin.

Sonia Elvireanu nous livre discrètement sa respiration. En la partageant, le lecteur chevauche l’océan, mange les étoiles, les vagues, les fleurs, se brûle aux éclats d’un soleil noir, s’éclaire aux ténèbres, retient le début et la fin du cri de l’oiselle.

Dans le précaire équilibre du crépuscule, entre sève, braises et songes les ombres sanguinaires descendent l’escalier des impatiences, offrandes pour les âmes perdues.

C’est l’heure où la lumière est à deux pas de l’Invisible. Comme Bonnefoy, l’auteur charge ses rêves dans la barque. Pour quel voyage ?

 C’est un feu de brousse, une flamme vêtue de bure, une braise dans la cendre, la brûlure du soir sur la sinuosité des souvenirs. Les ombres ne repartent jamais seules et Sonia Elvireanu le sait. Lorsque le manque érode l’écho gémissant, l’auteur le ramène au gîte dans une brûlante et discrète andante qui enserre l’espace balayé par le lin de tous les vents.

Mais que sont les souvenirs devenus ? Ils caressent et mordent : rencontrent-ils  leurs corps ? 

Dualité du manque, à travers les branches d’olivier : la seule voie vers toi : l’amour.

Superbe recueil, à lire comme un livre d’heures, prière à réciter pour que nous soyons vivants tels le pain et les poissons / offerts par Jésus aux Siens, alors, demain, peut-être / mon heure fleurira / au bord de la vie assoiffée de toi.

L’auteur, paumes offertes à l’Invisible, recueille un souffle de ciel, un souffle d’amour.

 

Nicole Hardouin                           

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