29 janvier
Mais on peut succomber pour les torrents d’images
Déferlant d’un écran dans toute la maison.
Devrais-je y résister, limiter les dommages,
Et choisir en ermite une seule oraison ?
30 janvier
L’ermite Nicolas, en ses visions de Flüe,
Priait et méditait sans discontinuer.
Dans cet état d’éveil, la sainteté afflue,
Rien ne peut l’endiguer ni la diminuer.
31 janvier
Quand faut-il endiguer ou laisser libre cours
Au flot énergisant qui sans fin nous traverse ?
Orage ou clapotis s’impose son discours,
Et parfois il nous fait tomber à la renverse !
1er février Tomber est tout un art, surtout de bas en haut !
Se laisser aspirer par un raz de marée,
Se sentir soulevé comme une trombe d’eau
Et devenir colonne au firmament ancrée.
Je suis malade
Il m’a interdit la porte de sa chambre,
Une caresse sur sa joue
Mes doigts sur son coeur
Des baisers aux deltas de ses veines
Il a revêtu un roncier
Pour m’écarter de l’île noire
De sa peau.
Il est resté prisonnier d’un sortilège
Qui prend ma vie, mon souffle.
Que mes cheveux se recouvrent de cendre,
Je l’adorais.
Très chères et chers amis du jardin des Arts, de la Poésie et de la Musique.
Le monde de la culture est en hibernation, toutes nos espérances sont en suspension, jamais une blessure aussi violente ne nous fut portée,
en premier lieu par un virus aussi insidieux que douteux, mais également par une vague menaçante d’un obscurantisme archaïsant développant sa haine viscérale contre nos Libertés.
Cependant il n’est nullement question de renoncer, ni de baisser les bras et c’est pourquoi d’une manière des plus symboliques la Société des Poètes français a installé une exposition éphémère en son siège.
Certes elle ne sera pas vraiment visible, sinon au travers de notre vitrine.
Néanmoins elle existe !
N’oubliez pas que ce sont l’art, la poésie, la musique qui nous permettent de sauver ce qu’il nous reste encore d’humanité et de préserver les semences de l’Amour.
J’ouvre une nouvelle rubrique, ce jour, celle des recensions de recueils de poésie mais aussi des romans. J’espère que vous aimerez et que vous nourrirez la rubrique ! Jean Dornac
Nous commençons avec une recension qui parle d’un roman de Claude Luezior que vous connaissez bien et que, je l’espère, vous appréciez comme moi ! Cette recension est due à Jeanne Champel Grenier que je remercie !
« MONASTERES »
de Claude LUEZIOR
roman, Éditions Buchet/Chastel, Paris
Claude LUEZIOR écrivain-poète mais aussi médecin neurologue ayant œuvré dans les hôpitaux en Suisse et à l'étranger, et après un voyage marquant sur le Mont Athos où sont implantés une vingtaine de monastères orthodoxes, a naturellement fait un rapprochement entre le retrait du monde choisi par les moines et le degré d'isolement que l'on inflige à certaines catégories de population : nos anciens surtout, mais aussi ceux qui sont atteints de troubles les éloignant de ''la normalité''.
Rassurons-nous, point de dénonciation verbale outrancière, ni de diatribe syndicale. Mais plutôt une mise en abîme de situations et de décisions déshumanisées aussi néfastes que ridicules. L'auteur, avec la finesse d'esprit que nous lui connaissons, se fait l'écho de Beaumarchais qui nous déclare : « Dépêchons-nous de rire de tout, de peur de n'être obligé d'en pleurer ! »
Beaucoup de similitudes en effet entre ces deux mondes, pour un œil averti :
'' L'hôpital est ce monastère blanc qui n'avoue ni sa prière ni sa crasse '', quand bien même ce monde se révélerait '' propre comme un scalpel '' ; le personnel aussi nous rappelle les ordres religieux qui d'ailleurs géraient les hospices d'autrefois :'' Il y a les grands prêtres en aube blanche, avec leurs prescriptions magiques et leurs diagnostics incantatoires... les infirmières vestales... le râle et le sourire... Et souvent la prière et l'espoir. ''
Voici donc le décor bien campé. Place à l'intrigue ! Cléard, vieillard à la forte personnalité, mais atteint de la maladie de Parkinson, est menacé d'enfermement en asile de gériatrie par sa fille déshumanisée par une vie difficile à l'étranger et qui convoite l'héritage. Une fugue rocambolesque, la découverte d'un couple secret, le vol d'une icône de valeur, une rencontre avec soi-même au cœur d'un vrai monastère...où l'on peut lire : '' Et puis, après tant de sainteté, il faut bien que le corps exulte... ''
Les chapitres se suivent comme autant de courts métrages sur un ton imagé, original, intelligent et humain. Claude LUEZIOR, avec la finesse et l'humour qui le caractérisent, va s'employer à nous développer cette histoire qui s'appuie sur cette solitude, compagne de la vieillesse dont on se débarrasse en notre monde, où seuls comptent le rendement et l'argent. Une histoire de respect en perdition, pleine de rebondissements qui fidélisent le lecteur et dont la télévision ferait bien de s'inspirer.
MONASTERES : une saga au rythme endiablé qui nous rappelle ''Vol au-dessus d'un nid de coucou'' et par moments, les truculentes ''Trois messes basses'' d'Alphonse Daudet.
Des cerveaux à zéro
Qui sont téléguidés
Par des illuminés
Veulent éteindre nos vies ?
C'est du mauvais Devos !
On a franchi les bornes :
Décapiter les gens
Pour un dessin de trop ?
Mais quel dieu indigent
Nourrit un tel terreau !
Certains hommes ratés
Veulent créer un dieu
Qui soit à leur image
Histoire de s'aimer
Aujourd'hui plus qu'hier
Et toujours davantage
Voilà que ce Landru
Créé de toutes pièces
Justifie les ravages
de ces cerveaux perdus !
France, terre d'asile,
Laisse entrer tous les peuples
Mais non pas les débiles
Qui s'entraînent en civil
À la tuerie des villes !
Abrite les errants
Mais forme les esprits
Depuis qu'ils sont petits :
Fraternité, partage
Depuis le plus jeune âge !
Que les cerveaux fumeux
Ces bombes ambulantes
Ne puissent se nourrir
Ni se croire ''élus''
Pour des vierges en attente
Et ne confondent plus
Vivre ensemble et mourir
Diapositive prise en 1970. Elle a beaucoup souffert de mes divers déménagements et elle a tout de même 50 ans !!!
Il y a celui qui aime la Lumière
Et celui qui aime les ténèbres...
Le premier aime la vie
L’autre adore la mort !
Le premier respecte
Les choix de chacun
Même s’ils sont différents
De ceux qui lui tiennent à cœur
L’autre maudit
Tous ceux qui ne s’alignent pas
Sur sa foi, ses croyances et ses errements
Il vit d’obsession et de meurtres !
Celui qui aime
Est un être discret
Celui qui hait
Ne sait que hurler !
Celui qui aime
Sert Dieu
Même si très souvent
Il n’est pas croyant…
Celui qui hait
Sert les légions de l’enfer
Et lui, il sait au service de quoi il est !
Même s’il prétend servir Dieu
Comment peut-on
Tuer au nom de Dieu ?
Comment peut-on prétendre le servir
En détruisant des vies, ces œuvres de Dieu ?
J’ai connu des musulmans
Dans la ville martyr de Mossoul
C’étaient de vrais croyants
Respectueux et sachant aimer !
Des exemples vivants !
Ils étaient tout le contraire
Des monstres qui, ici, tuent !
Ceux de Mossoul m’ont inspiré
Le respect de leur foi !
Alors que les hordes fanatiques
Sorties tout droit
Des flammes de l’Enfer
Ne m’inspirent que dégoût !
Ils montrent par leurs crimes
Que leur foi est pitoyable
Fausse et mensongère !
Que leurs noms soient effacés !
Ils ne sont que les enfants du Mal !
Note explicative :
Je dois dire, à propos de ce poème, ma tristesse de voir combien des âmes peuvent s’égarer. J’ai vécu, alors que je n’avais que 19 ans, durant 9 mois à Mossoul, ville martyrisée il y a peu d’années par l’état islamique. J’étais apprenti monteur pour une entreprise de Mulhouse, la SACM, et nous équipions une usine textile dans la banlieue de la grande ville irakienne.
Les ouvriers irakiens avec qui je travaillais m’ont permis de voir la beauté de leur foi, leur générosité, leur ouverture d’esprit et leur qualité d’accueil. Je n’ai jamais oublié et je n’oublierai jamais ! Ceux-là étaient des serviteurs de leur Dieu alors que les membres de l’état islamique sont les « adorateurs de la mort » car c’est elle qu’ils aiment et non pas la vie ! Comme l’a dit un évêque après le troisième attentat de Nice : « En tuant au nom de Dieu, ils commettent le véritable blasphème ! » et ça, c’est bien la signature de leur folie.
J’ai la conviction que les musulmans vivant en France, la plus grande partie d’entre eux, sont des gens parfaitement civilisés et fiers d’appartenir à la Nation ! Mon poème, bien entendu, ne les vise en aucun cas, il ne vise que les fourbes qui, sous prétextes religieux, s’adonnent à leur vice favori, l’assassinat des innocents, l’assassinat de toutes celles et ceux qui n’ont aucun moyen de se défendre, ce qui est la marque de la lâcheté ! Leur bannière, c’est la mort, jamais la vie !…
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...