Si vous êtes dure de la feuille, adoucissez-la et vous entendrez le frémissement d'un papillon dans une haie de chèvre-feuilles.
Mais point n'est besoin d'avoir l'oreille fine pour admirer la petite feuille rouge palpitante de vie, accrochée à un rameau de chêne,
une petite feuille rouge toute en nuances de jaune, d'orange et de vermillon. Un amour de feuille, une beauté qui met du rose aux joues et donne de la fraîcheur à l’horizon.
J'aime lui tenir compagnie, pourtant je sais qu'elle n'est pas seule.
Elle a les caresses du soleil, les câlins du vent et les bavardages des oiseaux.
Avant que tu ne te dessèches, petite feuille, je te glisserai entre les pages d'un livre. Tu ne me quitteras plus. J'en rutile déjà de plaisir.
Comment ne pas éprouver l'intense besoin de retenir cette plénitude et d'en pénétrer l'essence passagère ?
J'ai le désir fou de prendre la vie dans mes bras et de l'embrasser sur ses joues d'arbres et de fleurs. Malgré tout la vie est bonne à vivre. Savourons-la jusqu'à la dernière miette...
Une certaine Marie et son homme, un certain Joseph, il y a 2000 ans furent chassés de partout alors qu’elle attendait son petit… Chance, ils ont trouvé une étable accueillante… En 2000 ans, qu’est-ce qui a changé ?… (Jean Dornac)
Sur un matelas deux places
sous l’abri de l'arrêt de bus
« République » à Paris
une maman indéfiniment
entre ses jambes berce son bébé
en même temps que son inquiétude de la vie
Blottie contre son flanc
sa petite fille apeurée
regarde passer gens et voitures
comme autant de possibles menaces
L'arrivée de l’aîné
un garçonnet de sept - huit ans
qui d’un pas alerte
apporte un menu sac de course
éclaire les visages
de l'ébauche d'un sourire
Un instant
le monde leur paraît moins adverse
l'enfant n’a pas été tué
par le trafic automobile
il a trouvé
l’aliment ou le médicament
en quête duquel il a été envoyé
Sur son matelas deux places
sous l’abri de l'arrêt de bus
« République » à Paris
une maman indéfiniment
entre ses jambes berce son bébé
en même temps que son inquiétude de la vie
Et devant tant d’inacceptable dénuement
en ce début de 21ème siècle
je cherche la République
de France
Comme un conte pour la veille de Noël… Merci cher Claude ! (J.Dornac)
Je n'ai pas bien compris cette histoire de sapin soudainement transplanté dans un coin du salon. Et de bébé dans une mangeoire assiégée par une noria de cadeaux. Coexistence d'une crèche toute simple et d'une opulence tape à l'œil où se disputent boules, guirlandes et autres artifices.
Fête de lumières, certes, mais quand j'essaie de m'approprier discrètement l'une de ces boîtes enrubannées et de la cacher avec mes provisions sous la table, je me fais gronder ! Doucement, il est vrai, car il y a dans la maisonnée une sorte de trêve où la tension électrique entre humains, chiens et loups, canins et félins semble avoir baissé d'un cran. Comme si ce nouveau-né de la Dame au voile bleu était une mise à terre venue du ciel. J'ai bien tenté de le porter délicatement dans mes crocs mais je me suis fait remettre à l'ordre par un bœuf et un âne, couple atypique de vigiles qui se disent assermentés.
Bref, une histoire assez étrange avec des moutons que je ne suis parvenu à rassembler, un charpentier au chômage, des anges apprentis aérostiers et, au loin, des rois couverts d'or, d'encens et de myrrhe : peut-être des demandeurs de niche fiscale à ce petit peuple de santons. Qui sait ? On ne se méfie jamais assez…
Toujours est-il que, le soir venu, juste avant une messe au beau milieu de la nuit (sans doute une de ces idées venue de Palestine !), éclate une effervescence sans pareil. Tout le monde s'embrasse, déchire les emballages jusque-là si précieux, se papouille, se congratule avec frénésie. Pour ma part, j'ai droit à un long fuseau transparent dans lequel trône en majesté une double friandise.
Cette naissance au solstice d'hiver a du bon car j'avoue justement avoir une petite faim... d'éternité.
Il te fallait déployer tes ailes
Dans le froid de la nuit,
Va maintenant,
Va vers l'autre
Puisqu'il se débat comme toi,
Va vers l'autre, vers lui,
Vers l'aurore de vous deux,
Va comme l'oiseau va, sillon,
Sillon dans la lumière, il suffit...
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...