3 février 2013
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09:30
© Magritte
Il s’en fallut de peu que nous fussions amis,
Le charme en fût rompu et j’en ai de l’ennui.
Le feu follet de la tendresse, nous a quelque jour éclairé,
Mais la diable de forteresse de nos inhibitions cachées,
Nous interdît d’en faire état, quitte un jour à le regretter.
Nous en fûmes tous les deux las, avant que d’en avoir usé.
Quand je disais, demain, vous répondiez présent !
Mais je pensais humain, et vous rêviez moment.
Vous n’étiez pas un nain, je vous voyais géant.
Vous me pensiez soumis et je me rêvais grand.
Quand je disais culture vous répondiez argent.
Quand j’osais aventure vous résonniez sergent !
Le Djebel revenait à vos lèvres pensives,
La mémoire y avait un vieux goût d’eau croupie,
De loukoums trop sucrés et de dattes farcies.
D’enfants en djellaba et de femmes lascives,
De sable entre les dents enflammant les gencives,
Et de cris du muezzin aux psalmodies plaintives.
Votre œil était lointain et votre esprit ailleurs.
Et puis vous reveniez comme on revient de rien.
Cherchant le mot d’avant, lointain depuis des heures.
Mais sa trace effacée se perdait en chemin,
Dans les méandres gris de votre souvenir,
D’où ne revenait rien que vous n’oseriez dire.
Ensemble, que n’aurions-nous fait ?
Que de rêves inachevés.
Qui s’en furent tous emmêlés,
Dans des lendemains dégrisés.
L’attente a fait s’user notre belle impatience,
Et nous sommes tous deux repartis en silence.
Alain Springer© 1999
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Alain Springer
2 février 2013
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08:45
http://chris.unblog.fr/2008/10/30/la-muse/
Muse la muse
Quel est ton nom ?
Pour qui ces pensées qui brillent sur ton front
Es-tu danseuse, musicienne
Tragique, lyrique ou comédienne
Erato, Euterpe, Clio, Terpsichore
Uranie, Thalie qui encore ?...
Muse la muse
Allez dis-nous
Polymnie, Calliope, Melpomène...
Des neuf muses qui se démènent
Pour nous souffler l’inspiration
Filles de Zeus compagnes d’Apollon
Qui es-tu, quel est ton nom ?
Muse la muse
Si ça t’amuse
Tu peux garder l’incognito
Et continuer de pincer tes cordes
Sur des notes que le temps emporte
Aux quatre vents de l’horizon
Muse la muse
Si tu le veux
Au-delà du Parnasse et de l’Hélicon
Muse ma muse je tairai ton nom
Au moins
Le temps d’une chanson
Mais...
Reviens vite à la maison.
© Annie Mullenbach
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Annie Mullenbach
1 février 2013
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08:06
http://jocelynemontcharmont.wordpress.com/2011/10/19/jambes-magnifiques-2/
C’est le bal des femmes ménopausées,
De celles qui doivent désormais s’effacer,
Femmes énervées,
Femmes tant sollicitées,
Parfois même délaissées.
C’est le bal des femmes qui tournent une page,
De celles qui veulent s’exprimer mais,
Qui veut les écouter ?
Impossible de tricher, le temps les a rattrapées.
Elles s’éventent au gré de ces garces de suées,
Et esquivent le miroir faisant refléter sans pitié,
L’image de ces traîtres de petits riens d’adiposité
Qui, autour de leur ventre, viennent s’accrocher.
Le moral tout mou, elles ne se trouvent plus chou du tout,
Elles suivent tant bien que mal ce corps tout pagaillou,
Femmes du « j’ai mal partout »,
Elles se disent surtout qu’elles ne valent plus un clou.
Oh ! et puis …
Au diable la rime et la mélancolie du temps qui passe !
Mesdames, plantez là votre nostalgie,
Vous êtes toute de féminité désormais.
Allumez les lumières, électrisez la piste de danse,
Tournez, valsez, chantez, swinguez,
Trémoussez-vous au son de mille musiques
Le temps du lilas et des roses ne reviendra pas de sitôt ?
Grand bien lui fasse !
© Dominique Dupuy
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Dominique Dupuy
31 janvier 2013
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08:22
Infographie © Thierry Deschamps
Une dose de lassitude,
Quelques gouttes de tristesse,
Un soupçon d'inquiétude
Et un reste d'ivresse.
Une salve de couleurs,
Une pluie de souvenirs,
Une bouffée de senteurs
Et une flaque de désirs.
Des idées qui éclatent en fragments épars
Qu'il me faut rattraper avant qu'elles ne s'échappent,
Car elles sont si fugaces du moins pour la plupart
Que si je les laisse faire elles passent vite à la trappe.
Un nuage de révolte,
Un zest d'utopie,
Un doigt d'idées vieillottes
Et des bribes de vie.
Une larme d'amour,
Quelques débris d'espoir,
Une pointe d'humour,
Des vestiges d'idées noires.
Des images qui explosent en fleurs d'arc en ciel
Qu'il me faut retenir avant qu'elles ne s'égarent,
Car leur vie éphémère est trop artificielle,
Elles ont fâcheuse tendance à fuir mon regard
Je lance alors ma ligne,
Vais à la pêche aux mots,
Sur le papier s'alignent
La vie, ses joies, ses maux.
Je chasse alors la rime
Et à grand coups de traits,
C'est mon cœur qui s'exprime
De la raison soustrait.
En une mosaïque mes visions prennent forme,
Dessinant un tableau dicté par mes pulsions,
Éludant la raison et échappant aux normes,
Sur la feuille de papier j'accède à la Passion.
©Thierry Deschamps
Source : http://www.le-spleen-de-zarathoustra.fr/index.htm
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Thierry Deschamps
30 janvier 2013
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08:38
http://www.americas-fr.com/tourisme/actualite/tremblement-de-terre-en-haiti-4165.html
C’était la fin du monde
La terre avait soif de sang
Elle but tout son saoul
Plus de deux cent mille calices
Puis referma le tabernacle.
C’était la débâcle annoncée,
La fin des églises
Des prêtres et des prêcheurs,
La fin des croyants
Et celle des incroyants
La fin de ceux qui ne savaient pas.
L’homme redevient
Celui des commencements.
Il referma la porte sur le vide
Et se coucha
Avec la nuit pour ciel de lit
Et pour lit
Quelques pieds de terre
Battue, court battue.
Jusqu’au jour son regard resta pris
Dans les rets des étoiles
Au matin le monde tremblait encore
D’une indicible fièvre.
Il y a de cela trente jours.
© Denise Bernhardt
Poème extrait du recueil « Tremblements de cœur » écrit à deux plumes par Denise
Bernhardt et Yves Romel Toussaint. Éditeur : Le Vert-Galant. Ce recueil est né à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010.
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Denise Bernhardt
29 janvier 2013
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08:32
http://www.mchampetier.com/Gravure-Jean-Michel-Folon-15487.html
O Solitude immense et incommensurable,
Plus vaste que la mer au quadruple horizon
Et, sous la conscience enclose en sa prison,
Plus riche en inconnu qu’aucun lieu comparable !
O pays sans accès, eden inespérable
Qui nous laisse interdits au seuil de la maison
Et plus déconcertés que fous en déraison,
Eperdus de désir devant l’inconnaissable !
Comment atteindre un jour ce fief inabordé.
Gardé par la falaise où l’homme est encordé ?
Ne peut-on lâcher prise, apesanteur sublime,
Du zénith au nadir, bas et haut renversés ?
Habiter tout l’espace exempt de son abîme
Et se fondre au creuset des sens bouleversés ?
© Luce Péclard
11.4.2006
La quatrième dimension est
« le temps, dans la théorie de la relativité ».
Extrait de « La Sentinelle dit », sonnets
Ed. du Madrier, Déc. 2006
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Luce Péclard
28 janvier 2013
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http://archives.gip-epra.fr/dossier/retraite-les-immigres-vieillissent-aussi
Gueule cassée au regard perdu
Brûlée de tabac, de lassitude
De café et de marc illusoire…..
Les travaux rêches, douze mois par an
Ont usé ta peau
Les privations aussi….. voleuses de
Sourires insouciants.
Ce petit enfant, astre rose et tardif
Dans tes bras forts
Que tu tiens d’une main puissante et rugueuse
En une étreinte sûre, presque délicate
Sonore de tes baisers, fait de toi
Au bout de toutes ces années
Un père véridique, fidèle à ton rêve.
Il te réconcilie une nouvelle fois avec le jour qui vient
Et les fastes de ta destinée.
© Djalila Dechache
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Djalila Dechache
27 janvier 2013
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09:21
http://elle-carnetsdevie.blogspot.com/
L’arbre est un paysage
dont les branches se dressent
comme une grande voile
sur la chevelure infinie
des nuages et du vent…
Parfois le ciel se couche
sur le sein d’une colline
et le chemin solitaire
s’approche timidement
sans jamais tendre la main
vers ce visage invisible
où la lumière nait de l’abîme…
L’homme ressemble à cet arbre
dont le rêve se dresse
comme un paysage
sur la chevelure infinie
des nuages et du vent…
© Victor Varjac
Antibes, janvier 1996
Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de
Plume
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Victor Varjac
26 janvier 2013
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10:24
NGC 4319 - http://perso.wanadoo.fr/lempel/red_shift_NGC_4319.htm
De nouvelles étoiles,
Des étoiles sans nom,
Numéro sur la toile,
Elles n'ont pas de prénom !
Perdue dans l'univers, bien loin de notre terre,
Elle était, elle n'est plus, juste le temps de paraître.
Les hommes l'ont trouvée, mais ne la connaissent guère,
Avant son extinction, ils peuvent disparaître.
De nouvelles étoiles,
Parmi tant de millions,
Le rêve hisse la voile
Vers d'autres horizons.
On l'avait dit puissant et maître de la terre,
Le monde du petit a pu le rendre fier,
Mais l'homme s'est aperçu qu'il ne connaissait guère
Qu'une infime partie des mondes de l'univers.
De nouvelles étoiles,
A des années-lumière.
La distance est un voile,
Aujourd'hui c'est hier.
Cela me fait penser à Jacques de Compostelle,
A tous les pèlerins qui font le tour du monde,
Puis s'en reviennent chez eux, tout auprès de leur belle,
Ayant cherché bien loin ce qu'ils ont à la ronde.
Mon Amour, mon Étoile...
Je te vois de mes yeux,
Près de moi et sans voile,
Tu restes Mystérieux !
Pierfetz ©
Février 2004
Source : http://arciel88.fr/bibpoesiespierrot/IV-8Galaxie.htm
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Pierfetz
25 janvier 2013
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11:34
http://gigistudio.over-blog.com/article-4172675.html
Elle danse en pointillés, étoile en feu devenue braise attisée par le souffle.
Elle jongle avec les rêves, avec les vies,
Les souvenirs qu'elle s'invente
et songe à répertorier une fois assise
À la table des matières.
Elle entre en nous par le chas d'une aiguille
Et repart souvent presque aussitôt
Entre deux espacements creusés dans cette chaux vive
supposée être notre chair.
Elle dort au cœur d'un mot
Qui languit d'amour pour sa langue,
Mais un rien la réveille
Et l'enivre de mille et une saveurs d'été
Avant de l'exposer en plein soleil.
Elle est tout ce que l'on veut qu'elle soit
Quand elle choisit le temps pour seul juge et maître.
© Michel DUPREZ
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Michel Duprez