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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:24
ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

 

 

 

 

 

 

Au long des rues

le silence est un repos

mais ce repos est froid

comme le vent

qui souffle en cette fin de mois

et profond

comme la mort

Marcher courir

pour la distancer !

 

 

* * *

 

 

PARIS COUNFINA

 

 

 

Au loung de la charrièra

lou silence ei un repaus

ma queu repaus ei frei

coumo lou vènt

que bufo en quelo fi de mei

e proufound

coumo lo mort

Marcha coure

per lo distancia !

 

 

* * *

 

 

PARIGI CONFINATA

 

 

Per le strade

il silenzio è un riposo

ma questo riposo è freddo

como il vento

che soffia  in questa fine di mese

e profondo

quale la morte

Camminare correre

per distanziarla !

 

©Béatrice GAUDY

 

Les traductions sont l’œuvre de Béatrice Gaudy  

 

 

 

 

 

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 06:50
proses poétiques de Nicole Hardouin, préface d'Alain Duault, couverture par Colette Klein, éditions Librairie-Galerie Racine, Paris, 2020, 82 p., ISBN : 978-2-243-04536-9



 
 
S'approprier une légende aux racines des civilisations, triturer le mythe comme le faisaient nos classiques, se mettre dans la peau du personnage à la première personne, voici tout un programme que Nicole Hardouin n'hésite pas à risquer avec sa plume de feu.
 
Lilith prend déjà source dans le récit sumérien de Gilgamesh au IIIe millénaire av. J.-C., réapparaît, nous disent les savants (ceux qui savent...), à l'époque assyrienne et babylonienne puis dans la Bible hébraïque, dans la littérature kabbalistique et dans la mythologie grecque. Récurrences fortes, jungiennes peut-être, voire existentielles. Comme si l'humanité ne pouvait s'affranchir de ses démons, comme si toute galaxie ne pouvait scintiller sans la tentation de son trou noir.
 
Première "épouse" d'Adam dont elle n'est pas issue puisqu'elle provient de la même glaise, tour à tour démone, vouivre, succube, "portion diabolique de l'humanité", rebelle à l'autorité du mâle, principe nocturne inspirant les mouvements féministes post-68, Lilith renaît de ses cendres, siècle après siècle, avec une constance étonnante. Osons nous engager dans cette évocation lyrique d'une étonnante modernité.
 
La tentation serait de réduire ce texte à sa seule dimension érotique. Car il s'agit bien d'un combat entre Eros et Thanatos auquel l'humanité embryonnaire est confrontée. On y parle du chaos originel, de métamorphose (terme qui est d'ailleurs l'un des sous-titres de ce livre) d'une respiration primitive, de ténèbres matricielles, de mal se confrontant à tout désir, à toute vie primitive : lointaine et présente, arbre et bûcher, entre le gué du réel et du virtuel, dans la nuit du silence, je vis. On m'appelle Lilith.
 
Il s'agit ainsi d'une Genèse revisitée, d'une liturgie des instants premiers, d'une gestation dans la relation à autrui, d'une transaction entre le néant et la lumière, d'une extravagance entre la structure et le chaos des sentiments, d'une incandescence entre l'attachement et l'avortement spontané de relations humaines. Ainsi, contrairement à ceux qui n'y verraient essentiellement qu'une compétition entre Eve et Lilith, qu'un amour déçu et vengeur de cette dernière, je pense que l'on est avant tout en présence d'une bataille existentielle aux avant-postes de la création. Mais Adam se souviendra-t-il toujours de Lilith ? Visages nés d'une histoire qui porte encore l'aiguillon d'antiques marées, visages qui s'originent en se créant dans le souffle-soufre du temps avant qu'ils ne s'effacent et m'effacent.
 
Certes, Hardouin n'y va pas avec le dos de la cuillère mais son calame convoque toujours une encre hautement symbolique : faire l'amour comme les éclairs dans l'orage, comme les feuilles sous le vent, comme deux esquifs en perdition sous le regard de Méduse, comme des fantômes dans le lit d'un torrent (...) À s'en rendre fou, à s'en rendre sage, ouvrir l'espace du vivre pour une petite mort. Nuit de lave, drap de suie. Dans cet avant-temps, dans ces antiques marées, en ces heures où se cherchent des complémentarités homme-femme, erre une manière d'Amazone qui choisit, repousse, commande, détruit et façonne, qui est jalouse de la trop sage Ève et de ses engeances. Lilith, mortifère, séduit le mâle, l'autre, comme un objet et le nie dans sa procréation.
 
Il faut donc s'accrocher devant les sillons volcaniques de Nicole Hardouin : pas un paragraphe qui ne harcèle le lecteur, pas une plage pour faire divaguer son regard mais des ressacs en permanence. Et cette tension artistique qui vous pousse à la page suivante, cette alchimie du verbe qui vous prend à la gorge, ces jaillissements d'une maîtrise extrême... Qui aime la platitude ou le langage oral (et veule chez certains de nos contemporains) peut en contester le lyrisme tout en admettant que nulle ligne ne cède ici à la facilité. Nous sommes en présence d'une prose tout à la fois "néo-baroque" par l'abondance de ses images, de ses incidences et de ses délires mais aussi, quelque part "romaine", à savoir lapidaire : j'en veux pour preuve ces mots isolés qui concluent une invocation, ces mots cruels "En vain ", "Illusion" fermant le dialogue, l'espoir, le rêve, et qui claquent sur la rétine. Réapparaissent les pensées de l'endroit, celles qui tentent, les pensées-calice qui offrent, les pensées-réverbères, celles qui font mal. (...) L'Éden, mais après ?
 
Cette cosmologie comprend une préface de haute tenue signée par Alain Duault, écrivain et critique musical bien connu et par un tableau de Colette Klein, poète et artiste-peintre, œuvre qui m'évoque précisément la Genèse du temps et de l'espace.

Lilith, l'amour d'une maudite (est-ce de l'amour, est-elle vraiment maudite ?) : un recueil majeur de Nicole Hardouin, gravé dans les chairs à partir d'un thème mésopotamien mais d'une urgence très contemporaine. Avec, comme le dit la quatrième de couverture,  une plume de feu et un langage de plomb en fusion.

©Claude Luezior

 

 

 

 

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Lilith, l'amour d'une maudite, de Nicole Hardouin - Recension de Claude Luezior
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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 06:30
Photo prise à Kasol en Inde en 2017 par Aman Shrivastava.

 

 

 

 

 

Un ami c'est la porte ouverte

Qui reconnaît ton pas

C'est la possibilité d'un ailleurs

Où tu te sens chez toi

 

Une poignée de mains franche

La chaleur retenue

D'une voix en alerte

Au diapason de ta voix

Des mots pesés qui viennent

Alléger ton chemin fourbu

 

Un ami, c'est un abri

Il y a toujours

De la lumière à sa fenêtre

Toujours un coin de table

Où le pain a bonne mine

Et le vin bon caractère

Un lieu où le silence sonne

Aussi clair que la parole

Avec parfois un mot pour rire

De la pudeur au fond des yeux

 

Un ami, c'est la certitude qui renaît

À la promesse d'un feu de bois

Et du temps qui ne compte pas

Un ami, c'est celui

Qu'on aurait voulu être

Tant il est différent de soi

 

Un ami, c'est quelqu'un qui a besoin

Pour accroître la profondeur de sa vie

De croiser les eaux de la tienne

Et c'est pareil pour toi

Mais tu n'en diras rien

Pour ne pas troubler le fil de l'eau

Des sentiments profonds

À fleur de source, à fleur de peau

 

Un ami, c'est toute la vie un ami

Et même lorsqu'il est parti

De l'autre côté du partage

Il reste assis sur un coin de plage

À l'écoute des vagues de ton cœur

Traçant son nom sur le sable

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

Poème ayant reçu l'APOLLON D'OR à Poésie Vivante .VAISON LA ROMAINE . Mai 2015

 

 

 

 

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 06:25
Orage, Garajau, Madère – photo Don Amaro

 

 

 

 

Le ciel a disparu

abandonnant la lumière

au galop des nuages

écume de l’espace

qui vole et se cabre

telle une charge effrayante

aux promesses d’infini…

La tempête accroche…

… bouscule… siffle…

… frappe… secoue…

… tire… tourne…

… hurle… broie…

… folles étreintes

où les belles défaillent

mais cachent leurs mystères

dans le secret

de leur chair

trop faible

pour résister…

L’ombre et sa plainte confuse

prolongent… amplifient

la colère de Satan…

L’invisible lutte

se métamorphose

en un ballet terrible

où la démence

semble attirer la Vie…

Le jour recroquevillé

dans sa carapace

baisse les yeux…

secondes extrêmes

où toute résistance

incarne un défi…

Soudain l’Enfer

d’un geste éblouissant

arrache le corsage

de la ténèbre

trop sage

et d’une voix ignoble

égorge le silence

blotti sous le trait bleu

qui forme l’horizon…

La fièvre et le rire

s’emparent

du Maître satisfait

de son entrée en scène…

Alors le diable

de son dard de feu

viole et brise

cette nuit d’Automne

et roule son orgasme

jusque dans les gouttières

et la pluie devient noire

et la forêt suffoque

et vomit son angoisse

jusqu’au petit matin

où l’orage épuisé

bascule

de l’autre côté

de la terre

emportant ses démons

et ses crimes

au fond de sa tanière !...

 

© Victor Varjac

Antibes, 6 novembre 2011

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 06:25

 

 

 

Chaque Homme pense et croit

En ses pas sur le chemin

Sans connaître sa fin,

L’espoir dans le cœur

La prière dans les mains

Les yeux pour lire la vie

Les pieds pour devenir racines.

Chaque Homme ignore demain

Couleur chagrin ou bien soleil,

Innocent enfant qui s’émerveille,

Minuscule univers, il oublie

Que l’Amour est son origine...  

 

©Lydia Montigny

  

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris

 

 

 

 

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:25

 

 

 

 

8 janvier

 

Mais les bruits sont partout. Les étendards sonores

Enserrent la planète en tissant des réseaux.

On ne distingue plus les célestes mandores

Qui ravissaient la terre et son heure en fuseaux.

 

9 janvier

 

La terre se revêt d’une invisible chape

A force de courber sous les modernités.

A ces lois sans pitié, bienheureux qui échappe

En prenant des chemins rarement empruntés.

 

10 janvier

 

Chemins de haute haleine, où me conduisez-vous ?

Au profond des thalwegs, de vallons en collines.

Est-ce avec l’horizon que j’ai seul rendez-vous,

Par-delà les plateaux piquetés de dolines,

 

11 janvier

 

Plateaux au bord du ciel à l’aire littorale,

Continents sous la mer, qu’elle soit d’air ou d’eau,

Crête, nuage, écume en plaine vespérale,

Je vais de l’un à l’autre au gré de mon radeau.

 

A suivre…   

 

© Luce Péclard
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier
 

 



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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 06:29
Photo J.Dornac©

 

 

 

Des lambeaux de brume s’enroulaient

Effilochés en volute vers l’aube

Encore saupoudrée d’étoiles.

Lasse de fouler des fruits aigres

Sur ma terre gorgée de sanguine

Je me suis ancrée aux pierres de la colline

Et j’ai trempé ma plume dans l’eau du ciel,

Enlacée à mon arbre tutélaire

Au matin de la feuillaison.

J’ai écrit l’enfance

Colonne de l’humain,

Rendant à mon sol

La sève des mots en marche.

J’ai reconnu au soleil montant

Les ailes d’un triangle d’or

À l’envol des oies sauvages.

Rêveuse, je pressens la fertile frondaison.

À la lumière d’une goutte de miel,

De jeunes branches bruissent

De nuances vertes à l’infini.

 

©Nicole Portay

 

Nicole Portay - Poétesse

Déléguée BDR de la Société des Poètes Français

Responsable Nationale du concours de poésie jeunesse SPF

site: www.societedespoetesfrancais.eu       

blog: www.societedespoetesfrancais.net        

 

 

 

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 04:19

 

 

 

Le pissenlit fleurit, têtu. Griffes au bitume, ses feuilles font jardin, fissurent la ville que ses racines fécondent.

Soleil vêtu d’oubli, au front de pierre, sa lumière est offrande. Il ne craint ni la main ni la dent, son vœu : être. Il sait que mourir c’est vivre encore.

Évangile sous nos pas, sa graine exaucée.

 

©Béatrice Pailler  

 

Extraits d’HERBIER

Revue Traversées n°92

Été 2019  

 

 

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 06:32

 

 

 

 

 

En cet instant où nous serons

Présents l’un à l’autre,

Debouts, silencieux

Dans le temps immobile,

Je tendrai mes mains

Pour caresser ton visage,

En retenant ton âme

Tout au fond de mes yeux.

Alors comme un arbre nouveau

Tu frémiras de la sève de vie,

Quand nous échangerons

Parmi les hampes enivrantes

Des acacias en fleurs,

Des grappes de baisers.

 

©Denise Bernhardt

 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.

 

 

 

 

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 06:27

 

 

Dès le matin la musique est un bruit

Et le rossignol n’est plus aussi chantant

 

Les jupes des femmes ont des mauvais plis

Et les maîtresses se déshabillent aisément

 

Jusqu’au soir les vautours manigancent

Et les plus faibles dansent

 

Les éléments se déchaînent jour et nuit

Et Dieu n’est pas un bon confident

 

Les laideurs hélas sont désormais à craindre

Et l’écriture est une façon de feindre

 

Oh lucidité... tu ne me quitteras plus  

 

© David Chomier

  

 Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris

 

 

 

 

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