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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 06:24
Affiche du Mrap illustrée par Charb

 

 

 

 

Et si j’étais né noir au fin fond de l’Afrique,

Qu'aurais-je comme atouts dans ce pays celtique ?

Mes amis les plus chers seraient-ils encor là ?

Supporteraient-ils tous ma couleur chocolat ?

 

Ou serais-je rangé au mépris des scrupules,

Avec les étrangers, classé dans les crapules ?

Aurais-je d’autres droits que celui de subir,

Que celui de me taire, ou celui de partir ?

 

Devrais-je constater qu'aujourd'hui, l’apparence

Fait toujours, pour beaucoup, la triste différence ?

Aurais-je encor l’espoir d'un jour franchir le cap

De tous les délicats parcours à handicap ?

 

La vie est trop souvent un poker, où les cartes,

Qui ne sont pas d'atout, souffrent qu’on les écarte,

Préférons nous servir, et qu’on s’en félicite,

De toutes les couleurs, pour une réussite.

 

©Gérard Cazé

 

 

 

 

 

 

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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 06:27


 

 

 


Il est là.
Il me regarde
l'oiseau de lune
dans la lumière mauve des lilas.

Des fétus de lumière
s'envolaient
tels des éclairs de feu
vers le ciel d'orage.

Sur un sol desséché,
une rose d'eau vive
resplendissait telle une enluminure
sur un buisson épineux.

Le train de la rigolade
a traversé
le nez en l'air
les plaines de la morosité.

Le ciel a enfilé sa polaire
tandis que le soleil,
les joues blêmes,
se couvre d'un nuage.

Un camembert se la coule douce
sur le tronc 
d'un pommier en fleurs.

La nuit transparente et tiède
étend ses ailes de libellule
sur des buissons en prière.

Les forêts et les champs
se sont assoupis.
Le silence craque.


Les guitares du ciel
résonnent dans le parfum
d'une goutte de résine.

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 06:33

 

 

 

Ma douce toi qui me manque tant

Tu es là à chaque instant,

Tu fais partie de mes gestes,

Comme une habitude qui reste,

Tu ne me quittes jamais,

Il reste de toi comme un parfum discret,

Quoi que je fasse on te reconnait,

En dépit des masques et des carapaces,

Dans mes yeux on devine ton secret,

Ton départ abrupt m'a fait réaliser,

Que l'aventure était trop courte,

Et que tu me soulageais,

Ma douce tu étais le régulateur de ma fragilité,

Mon coté sensible mais le plus sensé,

Bien que tu m'aie tout donné,

J'ai par moment pensé que tu me dominais,

Il m'a fallu longtemps pour saisir l'idée,

Que tu es une perle une rareté,

Il m'a fallu longtemps pour accepter,

Que comme le destrier qui m'inspire 

Il faut savoir te dompter

Moi qui cherche à atténuer le poids de mes pensées

J'ai refusé de m'appuyer sur ta légèreté

Je t'ai prise pour un jardin beaucoup trop exposé,

Alors que tu m'aidais à le survoler,

J'aurais du m'accrocher a tes plumes colorées,

Et prendre mon envol comme tu me l'enseignais.  

 

©Djida Cherfi

 07/06/2020

 

 

 

 

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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 06:19

 

 

 

 

 

Devant les giboulées d’airain

les chemins s’enfuient

escortés de chiens.

 

Dans le brèche de ton regard

les herbes se couchent

les grands pavois grimpent vers la cime

dans des envolées de harpes moussues

l’eau aux lèvres salées jaillit de tes paupières

saveur d’origan.

lucioles au visage de cite

n’éteins pas la bougie.

 

©Nicole Hardouin

 

 

 

 

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 06:29

 

 

 
Serait-ce une ineptie d’aimer les bonnes choses !
Ici, dans ce bas monde , on parle gourmandise,
En sachant que la joie reste une apothéose
Lorsqu’on ouvre un sachet de quelques friandises.
 
ça commence par la vue, puis l’odeur intervient,
Serait-ce une ineptie d’aimer les bonnes choses !
Ce gâteau plein de crème est-il californien ?
Il coule de partout, le sucre est en surdose.
 
Il est pyramidal, les tons se juxtaposent
Et s’harmonisent bien, suggérant la saveur.
Serait-ce une ineptie d’aimer les bonnes choses !
Qui nous font saliver avant d’être mangeur.
 
Le chocolat coulant sur les fraises rouge et or
Laisse de belles traces, comme la métamorphose
Sur ces fruits de saison vus en technicolor.
Serait-ce une ineptie d’aimer les bonnes choses !
 
©Eliane Hurtado


 
 
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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 06:29
« La création » sculpture d’Etienne Fatras ©


 

 


Curieuse pulsion que celle de la création,
Elle ne vient pas du calcul ou de la réflexion,
Elle ne vient pas de la quiétude ou du repos,
C'est comme une mise en danger, un saut dans l'eau.

S’il n'y a pas l'ardente nécessité d'en sortir,
De se dire entre abandon et échec,
Le premier je ne veux pas vivre avec,
Le second est le pire.

Alors dans la plus totale confusion,
Je ne peux qu'aller chercher dans mon inconscient,
Dans des ressources dont je reste ignorant,
Cette étincelle que l'on nomme intuition.

Mais à ce stade, ce n'est que la fécondation,
Pour passer de la conception à la réalisation,
Ce qu'il faudra de temps et d'opiniâtreté,
Je ne le sais jamais d'avance.
Je sais qu'il me faudra mobiliser énergie et expérience
Pour goûter aux joies de la paternité.
 

©Etienne Fatras
 
 
 
 
 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 06:57

 

 

Me heurtant aux portes des délices du jardin, j’entends :

 

                                         «  Eurydice ! Eurydice ! »

 

Le terrasse des Feuillants demeure abandonnée, seul y résonne le chant d’un merle ; son écho revient, tout frémissant à l’appel du printemps.

 

De mon livre ouvert, un mot couleur bleu pervenche ouvre le chemin de l’imaginaire :

 

Dans la fièvre ottomane apparaît l’Orient brodé de fils d’or et d’argent sur ses vaporeuses sépales,

 

L’aloe vera envoie sa tirade de verts sur une terrasse de Riyad,

 

Baignée de lumière, la rose de Chiraz s’évanouit de tendresse sur une rime de Saadi,

 

Eclose près de la rivière des parfums à Hué, une fleur de frangipanier change brume et nuage en aérienne extase,

 

Une cantura à Lima vient défier la faille de Nazca,

 

Un billet doux s’est glissé sous les larges pétales d’un hibiscus à Hanga Roa,

 

La délicatesse d’un bougainvillée chante la poésie de Pablo Neruda sur une colline de Valparaiso,

 

Sous la blanche touffe de jasmin, le chemin de Capri grimpe vers l’azur,

 

Une fleur d’olivier frissonne, emportée au vent des moulins de Santorin,

 

Au pied du mont Ida, le rouge puissant d’un grenadier éclaire le village d’Anoya,

 

Sur la soie de l’iris, l’ange gardien de mystérieux amours veille à Bagatelle.

 

A l’appel d’un désir, prêt pour l’idylle, Orphée retrouve Eurydice.

 

Qu’il fait bon sur la ligne courbe de la danse du printemps.

  

©Roland Souchon

www.rolandsouchon.com  

  vendredi 26 mars 2020

 

                                                                                  

Sources : https://www.rolandsouchon.com/jardindorphee?utm_campaign=a2091faf-636a-4980-af9c-3e8add892bf5&utm_source=so&utm_medium=mail&cid=1c88a910-7c00-4680-9f71-2ff44740a191

 

 

 

 

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 07:19
Collage, œuvre de Michel Bénard©


 

 

 

Vivre ! Il faut vivre.
Et je te vis,
En profonde sublimation
Telle une offrande,
Un lien de compagnonnage,
Un serment de confrérie,
Etrange complémentarité,
D’ une flamme jumelée
A l’aura irradiante,
Dont la seule singularité
Et la rare préciosité,
Ne font que conforter l’authenticité
D’un sceau symboliquement scellé.
Et je te vis,
Comme un ralliement  autour
D’un grand chêne séculaire
En terre féconde de poésie.
Vivre ! Il faut vivre.
Et je te vis,
Comme la promesse merveilleuse
D’un rêve à peine éveillé.

©Michel Bénard.
 
 
 
 

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 06:25
Photo : « Voyage à Kamouraska » août 2005 de Ode©

 

 

 

 

 

 

Solstice d’été 21 juin 2005

 

Un grand vent du sud s’est levé sur Port-Joli.  L’été arrive avec son cortège de vents chauds et rafraîchissants à la fois, comme douce brise.

 

Ce matin, levée tôt comme à mon habitude, je suis sortie respirer cet air sain, cet air qui sent bon les essences des arbres et les parfums des fleurs.  Le soleil au rendez-vous de l’été me fait signe d’aller marcher dans le silence du vent de Port-Joli.

 

J’ai marché jusqu’au port.  Le vent a arraché mon petit chapeau de toile. Après l’avoir attrapé, il m’aura fallu le tenir pour ne plus qu’il s’envole. Je me suis assise sur un banc du quai et j’ai laissé mon fleuve m’envahir jusqu’à l’âme.  Douces retrouvailles.  Perdue dans mes pensées, tu m’accompagnais, tu voyais tout ce que mes yeux intérieurs ressentaient.

 

Port-Joli t’accueille mon Frère

Comme mes bras t’accueilleront

Je suis ta Sœur Âme

Au rendez-vous des amours et des passions,

 

Fleurira alors

La Fleur de Lys du Pays

Sur les vagues du temps

En hors-temps… toi et moi

 

 

Peu de touristes en ce moment sont arrivés.  Que moi, que toi, les amants du Fleuve et des Vents.  Girouette des girouettes, Rose des Roses des vents…

 

Ils arriveront le vingt-quatre juin, les touristes… C’est le long congé de la Fête Nationale des Québécois.  Ancienne Fête celtique où on brûle encore un grand feu de joie, le Feu de la St-Jean. Où il y aura un immense feu d’artifices et pas qu’ici  à Port-Joli mais dans tout le Québec qui sera en feu et en liesse.  Nous serons envahis de Québécois fiers et heureux de se fêter.  Trois jours de congé, quatre même pour certains, cela marque le début de l’été.  La Grande Fête païenne du Solstice.

 

Ce que j’aime ce pays, ce que je t’aime quand je sens tes odeurs se rendre à moi de partout, partout en mon âme, partout en mon corps !

 

Ce que j’aime ce coin de pays où je t’y cache en moi, où je te prends et t’envole au-dessus des vents du large pour que tu vois tout, que tu sentes tout, pour que tu m’aimes...  Tu es mon pays intérieur.  Tu es ma part cachée de mon Québec.  Tu es mes origines et je t’aime.

 

Dis, tu l’entends ce vent dans les arbres ?  Tu le vois ce Fleuve tant aimé ?  Tu mesures l’immensité de ce pays, sa beauté, ses odeurs ?  Elles sont pour toi, à toi, tu en fais partie puisque que suis habitée par toi.

 

25 juin

 

Tes bras me porteront-ils

Ton âme me soutiendra-t-elle

Ton corps au mien se soudera-t-il

Amants des temps immémoriaux

Sommes-nous ?

 

Depuis toujours je te connais

Depuis toujours je t’aime

Je t’ai reconnu dans tant de vies

Et encore dans celle-ci

Ma quête

 

~*~

 

27 juin

 

La vie coule doucement

Sur les vagues du Saint-Laurent

Loin de la rumeur

Loin de la clameur

Loin, si loin au pays du Fleuve-Mère

Là où la Vie prend sa Source

 

Là où les herbes ne sont point amères

 

Là où je pense à vous

Loin, si loin du temps et sa course

 

Pays magique où vous venez me voir en rêve

Où comme dans les Fêtes païennes

Nos corps, nos âmes se rejoignent

 

~*~

 

29 juin

 

Réflexion

 

Que ce soit rencontrer l’amitié, l’amour

Que ce soit rencontrer le visage du mensonge

Le visage du mal être et de la descente aux enfers

Rien ne fait différence

On fait toujours face à un humain

Il y a ceux que l’on garde

Que l’on chérit, que l’on protège

 

Il y a ceux qui passent

Il y a ceux qui blessent

Qui s’isolent pour mieux souffrir

Se consolant en se disant que ce sont les autres qui on tort

Ils se blessent en croyant blesser

L’autodestruction fait aussi partie de l’humain

Le grand nombre y échappe

Collectivement cependant, ne sommes-nous pas autodestructeurs ?

 

~*~

 

Autre réflexion

 

Pourquoi aucune déchirure par la brisure ?

Parce que je sais ne pouvoir sauver le monde malgré lui ?

Parce qu’un sentiment est apparu : la pitié

Oh ! pas l’indifférence ou l’oubli mais la pitié

Le dernier sentiment que je puisse avoir pour un humain…

Froide, je reste froide et j’observe la folie à l’état pur

Leçon de vie

 

Il faut d’abord s’aimer pour aimer les autres

On ne donne que ce que l’on a

Autre leçon de vie

 

Il ne faut pas s’abandonner trop tôt à une relation

Qu’elle soit amicale ou amoureuse

Le risque est de se faire vampiriser

Et se faire jeter à la première contrariété.

 

Mais il faut tout de même vivre, et vivre c'est risquer...

 

~*~

 

© Ode

 

(A suivre)

 

Sources : http://zodode.5.50megs.com/Mots_Bleus/carnet_05.htm 

 

 

Création Ode©



 

 

 

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 06:26

 

A mon frère que je ne peux pas oublier, aux amis trop tôt partis, et aux nombreuses victimes du covid 19, ici et ailleurs sur notre planète…

 

 

 

 

 

Mon frère, mon ami,

Où as-tu été avalé

Dans quel ventre affamé

As-tu été jeté ?

 

A qui sont les dents

Qui toujours nous dévorent

Quel que soit le temps

Et à jamais sans remord ?

 

Depuis tout petit

Je croyais en la beauté de la vie

Mais depuis que la mort t’a frappé

Je ne sais plus ce qu’est la beauté…

 

On nous a dit que Dieu

Dans sa bonté aux cieux

Veillait sur nous à toute heure…

Juste pour notre franc bonheur ?

 

Il me suffisait de regarder les fleurs

Renaître en splendeur après chaque hiver

Pour croire à l’éternité et sa douce chaleur

Où l’espérance porterait un bel habit vert…

 

 

Comment croire encore en l’amour infini

Lorsque ceux qu’on aime sont emportés au bout de la nuit ?

Quel avenir sinon la certitude de toujours plus de souffrances ?

Je me demande où trouver une bonne vengeance…

 

Il y a tant de questions qui dansent dans mon esprit

C’est un bal endiablé d’où ne sort nulle réponse

J’ai comme l’impression que je m’enfonce

Dans un vaste trou noir, un cannibale sans génie…

 

 

 

Qui m’apportera la paix, cette sœur de la sérénité ?

Qui saura, au bout des enterrements, me consoler ?

Qui saura me prouver que la vie a un sens

Pour qu’enfin, j’abandonne mes tristes défenses…

 

©Jean Dornac

Lannion, le 1er juin 2020

 

 

 

 

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