S’il vous donne parfois l’impression de l’avoir perdue,
une autre au timbre légèrement différent
reprend presque aussitôt son souffle
là où l’avait laissé la précédente
jusqu’à ce qu’une autre encore
accepte d’assurer la relève.
Aurait-il pour autant hérité d’une chorale intérieure ?
A vrai dire, il n’en sait rien,
mais ce dont il a acquis la certitude,
c’est que, si celle-ci existait vraiment,
il devrait constamment la réinventer.
Quand je songe à ces rêves
demeurés sans consistance,
ces apparences trompeuses
qui avaient gagné ma confiance,
il me suffit de tirer un trait
pour en finir avec ce chapitre
et tout réinventer
au petit bonheur la chance,
allant de poème en poème
ajouter de plus en plus d'amour
dans le cœur de ce futur
souvent qualifié d'incertain,
libéré de tout mensonge
et qui vous fait rêver,
telle une voix venue d'ailleurs
ou. mieux encore,
de l'intérieur de vous-mème,
apprendre au monde entier
que l'espoir et la volonté
animant chacun d'entre nous
jusqu'à la fin des temps,
garderont l'usage de la parole
Malgré qu’on ne relève à première vue
aucune indication précise
au sujet de ma présence à vos côtés ;
sachez que je suis bien là,
devant vous,
prêt à témoigner en tant que poème en personne.
Eh oui, en tant que poème en chair et en os,
encouragé par cette envie irrésistible
d’échapper à l’analyse
et d’éviter les lieux communs
tout en respectant ma logique un peu rebelle,
à jamais en liberté surveillée.
Je suis bien là,
devant vous,
avec, avant tout, pour mission,
le devoir d’obliger le silence
à desserrer les dents
jusqu’à ce qu’après l’avoir aidé à vider son sac,
on parvienne ensemble une bonne fois pour toutes
à lui délier la langue.
Ce que je relate pourrait peut-être à certains
paraître en général un peu trop relatif...
Mais peu importe :
à partir du moment où mon petit doigt me dit
que, si depuis le début, ça vous parle,
c’est que nous étions faits pour nous entendre.
Ce n'est rien de plus qu'un mot,
un mot jailli d'on ne sait d'où.
Rien de plus qu'un mot
qui s'accouple au cours de rencontres
tellement inattendues.
Son fil conducteur a décidé
de demeurer invisible.
Un maitre incognito
lui impose de s’arrêter
à un instant précis.
Il n'a pas le choix
et ne l'a d'ailleurs jamais eu.
Ce mot à l'apparence a priori anodine
et pourtant porteur d'un don insoupçonnable
en engendre un autre,
ensuite encore un autre,
et ainsi de suite,
allumant un nouveau foyer
mille fois plus éblouissant que les précédents
dans l'âtre de mon âme
Ce n'est rien de plus qu'un mot, j'en conviens.
Non pas le dernier,
qui donnerait à son auteur la conviction
d'avoir gagné la partie,
mais plutot le premier,
le premier mot
d'une longue lignée.
Voilà ta gueule, la mort ! Tu n’es que laideur, nous ne t’aimons pas, retourne d’où tu viens ! (J. Dornac)
La vie, on doit la prendre comme elle vient. On peut aussi la refaire et être persuadé que tant qu’elle est présente, il y a de l’espoir. La mort, elle, au contraire,
vous ne l’entendrez en aucun cas vous souhaiter « Bonne année » ou « Bonne santé ». Avec elle, on ne peut rien prévoir.
C’est une redoutable calculatrice.
Étant donné qu’elle a toujours élaboré ses plans
en procédant par élimination,
on ne devrait jamais l’écrire autrement qu’en abrégé. L’idéal serait de lui attribuer
tellement de mauvais points qu’elle aurait droit à une correction bien méritée
et en prendrait du coup pour son grade.
Sachant qu’il est impossible d’en finir avec elle,
Le temps s'écoule.
Saecula et saecula
(traduisez : des siècles et des siècles).
Le temps s'écoule,
autant celui des secrets
que des cerises ou des lilas.
Le temps s'écoule,
il ne fait jamais marche-arrière,
l'instant d'avant l'indiffère.
lui, ce passant toujours pressé
traversant un espace immatériel.
On croit pouvoir le tuer,
mais c'est impossible, il continue à avancer.
Sa seule nuit remonte à plusieurs millions d'années.
Son côté le plus clair peut aussi se retrouver quelquefois
dans un endroit mal éclairé
où la lumière est volontairement tamisée.
Il a pourtant choisi d'être là pour chaque chose.
On fait également allusion à son sujet que c'est de l'argent
ou que certains, des scientifiques, des artistes,
parmi lesquels des romanciers, des poètes, des peintres,
et j'en passe,
seraient en avance sur lui.
Dans ce cas-là, il faut bien l'avouer :
le temps, c'est cool !
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...