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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 08:08
EN AVANT TOUTE ! – Luce Péclard
 
 
 
 
                                            A Gil, pour 72 ans de théâtre
 
Ce matin, dès ma prime entrée
En conscience mémorable,
Je rentre en scène, pour la fois
Vingt-six mille deux cent huitantième.
Un tour de force, en vérité !
J’agis toujours en chef d’orchestre,
Le temps n’a pas usé mon geste,
Et je commande à la régie.
Il faut régler les éclairages,
Inventer de nouveaux décors.
Cet espace est mon jeu de vie
Où trouver mon champ d’énergie.
J’y puise à ma source profonde,
Le contact avec mon public.
 
Il n’y a plus ni vous ni moi,
Mais une entité fusionnée,
Un « tout nôtre » émergé de l’ombre
Pour briller aux feux de la rampe.  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier

 


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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 07:37
Tu es près de moi - Nancy Turnier-Férère
Le réveil, 1876 - Eva Gonzalès
 
 
I
 
Tu es près de moi
tout près de moi
cependant
ta présence paraît lointaine
 
À voix basse tu me dis
je t’aime
as-tu peur de le dire
as-tu peur d’aimer
 
Aisément vers ton amour
mon cœur s’emporte
Est-ce un amour féal
un amour embrasé
nonchalant ou frivole
 
Pourtant je goûte une brève
sensation de bien-être
que je déguste
que je soigne précieusement
au fond de mon cœur
 
Partout où je porte mon regard
je te vois je t’invite
approche-toi
Qui sait toutefois
si tu tends l’oreille
 
Miraculeusement
mon cœur de nouveau
a le goût de t’aimer
le goût de te savourer
dis-moi que tu m’aimes
 
II
 
Quand tu es près de moi
je me jette à ton cou
je me demande si parfois
tu veux m’aimer
si tu penses à m’aimer
si simplement tu peux m’aimer
si vraiment tu m’aimes
 
Puis au-delà des doutes
et d’abondantes larmes
j’attends avidement
un dernier baiser
un dernier regard tendre
lentement je m’emporte
dans le calme de la tombée
de la nuit pour m’enivrer
vers un demi-sommeil
Je prie
 
Ensuite j’accueille
un nouveau jour
Je médite pieusement
Je dis merci
à la lueur du crépuscule
au calme de la lumière
Je rends grâce aux faits de Dieu
jusqu’au lever du jour
Puisqu’Il est Amour et Vérité
Il sait tout et voit tout
et Il comprend bien
combien je t’aime
combien je veux t’abriter
dans mes bras
sans blâme ni revanche
 
©Nancy Turnier-Férère




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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 08:07
Lorsque le soir rassemble – Victor Varjac
 
 
 
 
Lorsque le soir rassemble
le grand troupeau de l’ombre
le feu se métamorphose
en une pluie de lumière
qui s’accroupit
dans la demeure des hommes…
 
C’est l’heure trouble
où chaque chose renonce
à son individualité…
 
Alors jaillit du mensonge
l’anonymat qui submerge
toutes les formes du monde
tandis que le miroir s’évanouit
dans les bras du silence…
 
Le jour vaincu va se pendre
à la muraille sombre
et le pinceau nocturne
redessine les âmes…

©Victor Varjac
Antibes, décembre 1998

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 07:51
Saison – Béatrice Pailler
©Bart Heirweg
 
 
 
Au canal embué, sous l’haleine gourmande d’un baiser matinal, éclosent de pâles flamandes. Brumes en bouquets et vapeurs pommelées se déprennent de l’onde. Ces rondes pelotes peignées de vent, s’épanouissent en corolles blondes. Ici, au ciel clarifié, elles viennent, blancs nonchaloirs, écheveaux dénoués, jouer au carreau de l’aube dentelière. Petite main aux doigts de fée, dans sa paume, la lumière égrappée roule ses grains, se lie de fraîcheur. Au ciel étonné, elle tisse la beauté. Ici, sur sa toile de miel aux lueurs tiédies, s’émerveillent les nuées attendries.
 
©Béatrice Pailler/2015
 
Publié sur le site le portrait inconscient
Article du 29 mars 2015 consacré au mouvement intuitiste
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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 07:48
LIEU-DIT – Michel Duprez
 
 
 
 
Si mes souvenirs sont bons,
ils ne devaient pas habiter très loin d'ici.
À un jet d'éclair peut-être,
mais pas plus,
entre les lignes d'une main gauche
habituée aux dents de scie
et le bras droit d'un maître-mot
entrecoupé de fausses notes,
ou alors carrément dans la marge,
le crayon hésitant presque toujours
entre deux expressions plus ou moins identiques.
Je me rappelle en effet les avoir déjà vu emprunter
cette artère au sang bleu qui meurt d'envie de savoir
où commence la faim d'écrire et tout finit par s'éclairer.
Je me souviens d'un lieu, d'un abri sûr,
ou du moins supposé tel,
où la femme invisible et seul être au monde,
dans l'immensité des milieux littéraires,
à croire encore en leur innocence,
avait jugé bon de les assigner à résidence,
quelque part, là-bas, dans l'archipel des archives,
debout sous l'aile protectrice d'un rayon sans arrêt à pied d’œuvre
ou rêvant tout haut d'un morceau de ciel bleu,
à plat ventre étendus sur la plage d'un disque,
logés pour ainsi dire à la même enseigne
que les ombres familières d'autres vacanciers fidèles
ayant eux aussi oublié un peu de lie au fond de leurs vers,
juste assez pour ne pas être classés sans suite.  
 
©Michel Duprez



 
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 09:07
Si le monde était poète ! – Djida Cherfi
Source de l'image inconnue…
 
 
 
Ah si tout le monde était poète !
Les discussions seraient plus belles.
La terre entière serait en fête.
Les amis resteraient fidèles.
 
Si le monde écrivait des poèmes,
Il serait tellement plus plaisant !
Il ne dirait rien d’autre que « je t’aime ».
En ami plus qu’en amant.
 
Si le monde était poète,
Les barbares seraient moins bêtes!
Occupés à faire des rimes,
Ils penseraient moins au crime…
 
La tendresse et la chaleur humaine,
Grandiraient dans le cœur.    
Qui serait une vaste demeure,
Sans place pour la haine.
 
©Djida Cherfi
04/05/15


 
 
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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 08:10
Les architectes de la mémoire – Michel Bénard
Cathédrale Saint-Jean, Lyon – Photos J.Dornac©
 
 
 
Les architectes de la mémoire
Impriment leurs pas sur le cycle
Des empreintes universelles,
Aux schémas de l’espace éternel
Placés sous le signe
Du nombre d’or.
Par ce livre de pierre
Le monde est recréé,  
La rosace reprend sa place,
La Vierge est couronnée,
C’est un rêve de cathédrale
Que s’élève en couleurs arc en ciel.
Les étendards royaux se déploient,
Sur les bannières fleurissent les lys.
Nous avançons au cœur de temps,
Sur l’initiatique voie
Du grand labyrinthe.
Ce sont des songes aux nuances bleues
Qui illuminent le sourire de l’ange !
Mais la nuit reprend ses droits,
Lorsque soudain s’éteignent
Les rayons de l’éphémère lumière.
 
©Michel Bénard.


 
 
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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 07:38
Toi qui pars – Ode
 
 
 

Toi qui pars
Toi qui t’éloignes vers les levants
Regarde pour moi ton pays bleu
Retrouve les gammes de ton enfance
Ne me perds pas dans ce vaste océan
Regarde vers l’Ouest et plus tard
De l’autre côté du miroir
Peut-être m'y verras-tu ?

Un océan infini nous sépare
Nous en connaissons les rives opposées
Il porte les mêmes eaux
Il porte l’immensité
Des chagrins

Je me tiendrai au bord de mon fleuve
Au miroir de l'eau, j'y verrai ton ombre
Regarderai partir ses eaux vers l’océane tristesse
Un peu de moi s’en ira sur ta plage
De là où tu es, me verras-tu ?

Dans les parfums de cannelle et de chair
Dans les feux de mer et de sang
Dans ton éternel sommeil de sable
Dans les sueurs de ce que furent tes rêves
Tu entendras la vérité qui m’habite
Que je ne tais plus

Et mon désir ira mourir sous le tien
Là-bas, loin, très loin…

De l’autre côté des Grandes Eaux
Au grand jour de la fin
La promesse tant attendue
Y sera-t-elle
Pour honorer l’amour de son Amour ?
 
©Ode


 
 
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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 07:43
Ô Femme, Mystère et Joie !… - Jean Dornac
©Gustav KLIMT
 
 
 
Ô femme, jamais je ne percerai
Le mystère de tes grâces, de ta beauté
Mais je garderai à jamais
La mémoire de ton sourire ensoleillé…
 
Si souvent je m’use les yeux
Jusqu’aux possibles larmes
Pour scruter ce qui fait mes cieux
C’est que ta splendeur fait ma douce alarme…
 
Et comme toujours je reste coi
Ne comprenant pas vraiment
Et pas plus, je te l’assure, en quoi
Tes traits diffèrent assurément
 
Et pourtant, c’est le jour et la nuit
De ton visage grâcieux au mien
Qui certe n’est ni laid ni détruit
Mais ne peut être comparé au tien…
 
Ô femme façonnée par les ondes
Pour être le plus bel être du monde
Ô femme dessinée pour être éternelle
Finesse d’esprit et beauté charnelle…
 
Quel homme amoureux de la beauté
Pourrait ne pas, dans l’instant, succomber
Face à tant de merveilleux arguments
Pour finir dans tes bras en doux amant ?
 
Corps mélangés dans la chaleur de l’amour
Je cherche encore le mystère qui t’entoure
Par quel miracle tout en toi est merveille
Pourquoi dès que je te vois, à la vie je m’éveille ?...
 
©Jean Dornac
Lyon, le 21 février 2016


 
 

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 07:48
LES AMOURS DE NOUS – Marie Alice Théard
 
 
                              
 
L’absence retient son souffle dans les chemins ombrageux de la pénombre du petit matin
Virevoltent tes cendres  au vent de novembre qui se lamente
Au jardin tant aimé, ton voyage est léger vers l’envers du visible
Pourtant les arcs de nos couleurs sont blêmes au seuil de ce dernier adieu
Le passé se présente, enlaçant le bruissement de nos larmes
Et s’arc-boute au présent de douleurs chaviré
L’écheveau de notre histoire silhouettant la légende
Traverse les souvenirs, ravivant la complicité de nos amours d’antan
S’épanchant sur les accords du temps 
Nos états désirables et nos rêves avortés
Revivent dans cette chambre de notre hyménée
Se dessine à nouveau ton sourire imprécis près du goût de ma peau nue
Nos promesses de bonheur au creux de nos corps alanguis
Mon merveilleux amour les heures marchent 
Au loin l’ocre du matin t’entraîne vers les poussières d’étoiles 
Scintillant de l’autre coté du temps
Tu leur dis ma photo gardée si longtemps dans ton antre secret
Cette image de moi par tes soins conservée
Ton dernier aveu á mon âme froissée
Toi qui es parti sans un adieu
Comment oublier ce talisman des amours de nous
Dans mes combats du jour, c’est  un souvenir lourd à porter        
                                   
©Marie Alice Théard
14 février 2016


 
 

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