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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 06:40
La mer plonge son visage – Victor Varjac
 
 
 
 
La mer plonge son visage
dans les remous du ciel…
Nuages évanouis
vagues éphémères
mouvements obstinés
sans cesse recommencés
que le rivage dévore
pour mieux les oublier…
… Mais l’eau remonte
tel un Phénix
surgit de l’abîme
et la course renaît
en barres successives
et le sable frémit
sous les sabots liquides
à la voix de tonnerre…
L’assaut n’a plus de souffle
car le rivage recule
et la force d’écume
se couche sur le bord
pour revivre plus loin
plus fort
et poursuivre le rêve
que l’on ne peut atteindre
comme les mirages du ciel
qui jouent à cache-cache
avec les doigts du vent
sempiternellement…

©Victor Varjac
Cannes, Bijou plage,
le 16 novembre 2011


Extrait du recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 07:03
Amour  Mélodieux – Florence Bellande
                                                                                        
                                                
 
S’égrène le Temps
Ce Temps qui passe
N’emporte pourtant pas les souvenirs lumineux
Tissés autour de toi
De la musique envoûtante de tes doigts magiques
 
Le Temps n’emporte pas ta passion mélancolique
Tes rêves d’une vie d’amour et de musique
Et l’élan merveilleux
De la vie dans son essence de beauté et de pureté
 
Le souvenir de ces matins d’été
Quand je m’éveillais  émerveillée
Bercée par les mélodies de Chopin, Schubert,
Debussy, Schuman, Brahms, Liszt…
Tu me clamais ton amour à travers eux
Et, ensorcelée, j’écartais mes rideaux
T’observant sur la galerie proche
Embaumée par la senteur des Lilas
 
Toi, penché amoureusement sur mon piano
Psalmodiant le jour nouveau
Chaque note une caresse, une touche du divin
Tu disais «effleurer mon corps» intouchable alors
 
Tu étais l’Adonis
Qui m’introduisait à la poésie-musicale des grands-maîtres
Ah ! Ces accords sublimes
Ils inondèrent à jamais mon âme vierge
 
Immersion de beauté, d’amour, de musique…
Si j’étais ton « ange de pureté »
Tu étais l’enchantement…
Le guide de ma muse créatrice naissante !
 
©Florence Bellande

 


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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 07:10
Chant d’Honneur – Michel Duprez
 
 
 
 
Allez-y piano, je vous en prie,
supplia celui qu'on avait coutume d'appeler
« le musicien ».
 
Et il reprit de plus belle :
« Figurez-vous que je rêve d'un monde
où n'importe lequel d'entre nous serait en mesure
d'apporter la preuve irréfutable
qu'on peut faire plein de choses avec des si.
 
Je rêve d'un monde où la voix de nos instruments favoris
raisonnerait plus vite que la raison elle-même
et où l'interprète ayant tout simplement choisi
de laisser carte blanche à ses cordes vocales
ait aussi le chant libre autant que fois qu'il le désire.
 
Je rêve d'un monde où l'oiseau que nous serions devenu
pourrait s'envoler avec le la sur le dos
et dont la façon qu'il aurait de rendre hommage
aux premières lueurs de l'aube serait telle
qu'il deviendrait impossible
de ne pas l'adorer.
 
Je rêve d'un monde
où nous travaillerions tous de concert
après avoir pris la peine et, surtout, eu le courage,
d'accorder nos violons ».
 
Malheureusement pour lui,
lorsqu'il s'avéra qu'il ne possédait en réalité
que le don de jongler avec ses propres paroles,
on l'exécuta tambour battant,
à coups de cymbale et d'arche,
laissant le monde aussitôt sans voix
face au ciel à ce point chagriné
qu'il se mit à pleuvoir des cordes de guitare,
et ce jusqu'à la fin des temps.
 
©Michel Duprez
 



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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 06:41
Le souffle du puisatier – Djida Cherfi
 
 
 
Quand le flot arrive,
C’est le bonheur éternel.
Mais le cœur est à la dérive,
Quand l’absence se fait réelle.
On ne se laisse plus porter,
On creuse pour la forcer.
Cette perle si précieuse,
Belle et majestueuse.
 
Dans le désert au sable aurifère,
Je cherche l’éternelle lumière.
Qui à jamais éclairerait,
Mon esprit asséché.
Elle le remplirait d’idées,
Qui ne sauraient s’épuiser.
Je serais le puisatier,
Qui parvient toujours à trouver.
Dans une source cachée,
Il découvre L’eau sacrée.
Qui l’emplit d’une gaîté,
Constante et inégalée.
C’est une source dans laquelle,
Je voudrais aller puiser.
Une source dans la quelle,
J’irai  bien la trouver.
 
Car je redoute tristement le jour,
Où elle me refusera son amour.
Elle me refusera cette ivresse,
Qui me fait sagesse et tendresse.
Quand sur mes paupières elle dépose,
Des lunes, des étoiles et des roses.
Je voudrais pouvoir l’apprivoiser,
Pour que jamais elle ne veuille me quitter.
Je voudrais l’attraper et la garder.
Etre en mesure de la toucher,
Et l’empêcher de s’envoler.
Je voudrais l’arracher au monde abstrait.
Pour pouvoir l’attacher a ma poitrine à jamais.
Ainsi avec confiance et certitude,
Elle m’accompagnerait par habitude.
Elle m’envelopperait et, me caresserait.
Me redonnerait l’inspiration,
Dont j’ai si peur de manquer.
Elle me gratifierait tout simplement,
De l’infini souffle du puisatier. 
 
©Djida Cherfi
30/01/2015
 



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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 06:40
Insolente et furtive beauté – Michel Bénard
©Seppo Simila
 
 
 
Insolente et furtive beauté
Déployée comme aile d’ange effaré
Devant l’immense incertitude humaine,
Lorsque, irrémédiablement le temps s’écoule
Défiant l’éclat pourpre et arrogant
D’une vieille, vigne vierge,
Ultime sursaut d’illusoire désir
Scintillant aux yeux
D’une femme en larmes.
 
©Michel Bénard.
 



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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 06:47
J'exulte de bonheur – Ode
 
 
 
 
J'exulte de bonheur
à la seule pensée de ton visage
J'exalte de toute mon âme
à la seule pensée que tu m'aimes

À ta fontaine, j'étanche ma soif
À tes fleurs, je me parfume
Dans tes hautes herbes, je t'aime
Dans tes nuages, je rêve
 
Silence, plus un mot
écoutons le cri des vagues
Savourons ce langage
qui chante nos origines
 
©Ode
 



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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 06:52
La dame aux oiseaux – Jean Dornac
Photo J. Dornac©
 
 
 
Avec son petit chapeau rond
Sa jupe foncée et sa veste de bon ton
Toute seule au bord de l’eau
Entourée de nombreux oiseaux
La Dame, tous les matins
Vient distribuer son bon pain
 
Les moineaux gourmands
Et les pigeons virevoltants
Lui font la fête en l’honneur de son amour
Des volatiles qu’elle nourrit chaque jour
D’une main toujours généreuse
Avec sa bonne humeur si joyeuse
 
Avec le Rhône pour piste d’atterrissage
Les canards ne sont pas boiteux
Mais ne leur demandez pas d’être sages
Ils vous regarderaient d’un air piteux
Car après leur sorte de ski nautique
Ils diraient que c’était parfaitement artistique !
 
Jadis, François, du côté de la ville d’Assise
Tranquillement, parlaient aux oiseaux
La dame du fleuve est également admise
Par la cour des poules d’eau !
Mais ici, le dialogue est dans la geste
Et les oiseaux ne sont pas en reste…
 
Et lorsqu’enfin ils semblent repus
Ils s’en vont comme ils étaient venus
La Dame du Rhône reprend le chemin
Tenant le sachet aux victuailles d’une main
Son sac accroché en fière bandoulière
D’une manière délicieusement familière
 
Si le long du fleuve qui baigne mon Lyon
Vous venez vous promener entre deux ponts
Ne manquez pas l’heure du joyeux festin
Offert par la Dame d’un gracieux coup de main
Et vous verrez la superbe fête des oiseaux !
Pour les appeler, nul besoin d’un appeau…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 7 juin 2015
 



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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 06:49
MIRA – Pierfetz
 
 
 
Ne cesser de t'imaginer
Tout près de moi, joue contre joue,
C'est bien ma façon de t'aimer
Avec toi jamais je n'échoue...
 
Dormir sans jamais m'éveiller,
Pour mieux rêver que tu es là,
Toujours prête à me caresser,
A m'endormir entre tes bras !
 
M'endormir à la belle étoile
Dans un monde d'amour infini
Quand le soleil de rouge se voile
Au clair de lune sur clapotis.
 
Dans cet océan de mirage
Où le couchant prend mille feux,
Nous avons cessé d'être sages
Pour nous confondre un en deux.
 
©Pierfetz
 



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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 06:53
Immondices – Thierry Deschamps
" La calomnie d'Apelle " SANDRO BOTTICELLI
 


Insipides discours de nos politiciens,

Manières et beaux atours de tous ces gens de bien !

Mariages de raison, union de portefeuilles,

Orgasmes intellectuels de cons bourrés d'orgueil !

Nauséeuse gloriole, rêves nationalistes,

Délirante parabole de quelques intégristes !

Incurie des états, bêtise des prélats,

Conservatisme ringard, pantins marchant au pas !

Elle est belle notre Terre, sous cette pollution,

Souillée par la bêtise de notre évolution !

~~*~~
 
©Thierry Deschamps
 
 

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 06:32
La harpe – Michèle Freud
 
 
 
 
Vincent s’éveilla quand les premiers rayons de soleil effleurèrent sa tente. Le jeune homme se leva, guilleret et sortit. Le ciel avait pris la couleur d’une rose et la journée s’annonçait prometteuse. Le petit pré était accueillant avec toutes ses fleurs multicolores. Le jeune homme but l’air frais à la régalade et commença de préparer un petit déjeuner substantiel. Il se sentait bien, en résonnance avec cette campagne sauvage et il pensait que la nature, avec ses énergies vivifiantes, constituait un lieu de re-création. Il était 8 heures quand Vincent mit son sac sur le dos et partit vers la forêt.
 
Il suivit d’abord un petit sentier qui longeait un champ d’herbe grasse où paissaient quelques vaches. Le garçon allait d’un bon pas mais il remarquait les gouttes de rosée sur les toiles d’araignées, les corolles et les graminées. La beauté était partout et offrait généreusement ses bienfaits. Si seulement elle pouvait semer à tout vent des graines de bonté ! A 10 heures, il atteignit l’orée de la forêt. Celle-ci semblait sortir du fond des âges et Vincent frissonna d’émotion. C’est à pas lents et légers qu’il entra dans ce sanctuaire. Il n’existait pas de sentier, seulement une trace, laissée sans doute par les animaux. Le jeune homme la suivit un moment puis il partit à la découverte de ce lieu mystérieux. Il aimait toute cette végétation exubérante, ces mousses pleureuses, ces chevelures d’usnée. Il admirait le foisonnement des couleurs et des formes étonnantes dans les écorces, il notait les essences entremêlées, les arbres tordus aux silhouettes insolites, les troncs pourris grouillants de vie. Il avançait avec émotion et respect, découvrant peu à peu l’âme du lieu, respirant le mystère, avec, sur les lèvres, un goût étrange d’éternité. Il sentait dans tout ce chaos, vibrer l’harmonie, percevait l’élan vital, voyait la vie et la mort s’entrelacer. Dans ce cadre fascinant, dans ce silence moelleux, il aurait aimé dire un poème écrit par les arbres…
 
Soudain, il entendit dans le lointain, le clapotis de l’eau et puis, presque en même temps, les notes cristallines d’une harpe. Mais un tel instrument dans ce lieu paraissait impossible. C’était peut-être le vent, un vent charmeur qui égrenait ces quelques notes pour montrer son savoir-faire. Curieux de résoudre cette énigme, le jeune homme avança plus vite. En une demi-heure, il fut au bord d’un ruisseau plein de vie, parsemé de blocs de pierres, un ruisseau qui coulait dans un cercle de lumière. Paysage irréel, jardin d’Eden, vagues de félicité…
 
Brusquement, Vincent la vit, cette harpe, posée sur un rocher au bord de l’eau. Elle semblait rayonner et Vincent la regardait, subjugué. Et puis, comme dans un rêve, il vit apparaître une jeune fille qui ressemblait à une fée. Elle ne fut pas surprise de le voir. C’était comme si elle l’attendait depuis toujours. Ils se regardèrent, les yeux dans les yeux. Il n’y eut pas besoin d’en dire davantage. Elle se mit à jouer  une musique pour l’âme et semblait dire : « Tout cet amour, le respires-tu, le sens-tu ? » Un lien indissoluble venait de se tisser entre eux, comme si, dès la première rencontre, ils avaient élu domicile l’un dans l’autre. En contre-bas, dans l’eau claire du ruisseau, des cercles concentriques apparurent et soudain ils s’entrelacèrent, comme des anneaux de mariage…
 
©Michèle Freud

 


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