Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 07:40
L'échappée belle - Michel Duprez
 
 
 
S'il vous arrive de constater
qu'un jour, par hasard,
un de vos poèmes ronronne comme un chat,
soyez sûr qu'il s'agit bien là
d'un signe qui ne trompe pas.
Pour y remédier, rien de plus facile :
accordez-lui la permission de sortir,
faites-lui confiance et, croyez-moi, il reviendra.
Loin de vous, la fraîcheur du dehors
aura sur lui un effet tellement bénéfique
que vous l'entendrez miauler sa joie
tout en apercevant peut-être aussi danser les souris.
Laissez-le donc faire ses griffes
ou le gros dos quand ça lui chante
et même - pourquoi pas ? -
courir les rues ou jurer comme un païen.
Qu'il puisse enfin lancer ce cri perçant
en guise d'exorcisme à son côté sauvage
avant de rentrer au bercail
d'une démarche plus féline,
avec ce petit air filou
qui lui faisait défaut.
 
Tiens, à propos, puisqu'on parle du loup,
Le voilà justement votre poème,
revenu de tous ces ronrons, ces câlins,
ces minous par-ci, ces minets par-là,
tous ces jeux de chats perchés.
 
Au risque de vous chagriner,
moi, si j'étais vous, je n'hésiterais pas
à pousser l'audace jusqu'à
lui donner ma langue.
 
©Michel Duprez
 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 07:10
Chant d’Honneur – Michel Duprez
 
 
 
 
Allez-y piano, je vous en prie,
supplia celui qu'on avait coutume d'appeler
« le musicien ».
 
Et il reprit de plus belle :
« Figurez-vous que je rêve d'un monde
où n'importe lequel d'entre nous serait en mesure
d'apporter la preuve irréfutable
qu'on peut faire plein de choses avec des si.
 
Je rêve d'un monde où la voix de nos instruments favoris
raisonnerait plus vite que la raison elle-même
et où l'interprète ayant tout simplement choisi
de laisser carte blanche à ses cordes vocales
ait aussi le chant libre autant que fois qu'il le désire.
 
Je rêve d'un monde où l'oiseau que nous serions devenu
pourrait s'envoler avec le la sur le dos
et dont la façon qu'il aurait de rendre hommage
aux premières lueurs de l'aube serait telle
qu'il deviendrait impossible
de ne pas l'adorer.
 
Je rêve d'un monde
où nous travaillerions tous de concert
après avoir pris la peine et, surtout, eu le courage,
d'accorder nos violons ».
 
Malheureusement pour lui,
lorsqu'il s'avéra qu'il ne possédait en réalité
que le don de jongler avec ses propres paroles,
on l'exécuta tambour battant,
à coups de cymbale et d'arche,
laissant le monde aussitôt sans voix
face au ciel à ce point chagriné
qu'il se mit à pleuvoir des cordes de guitare,
et ce jusqu'à la fin des temps.
 
©Michel Duprez
 



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 06:59
Envol – Michel Duprez
©Vladimir Kush
 
 
 
Tes lèvres gardent le secret
du vent de la désinvolture
et du symbole palpitant qui dure
sous la chair longuement mûrie.
 
Entre mes doigts, la pierre bouge,
polie à longueur de journées.
C'est en son cœur que tu sommeilles,
un peu de sable au coin des yeux,
un peu de sel pur sur la langue,
mille et une étoiles filantes
s'échappant toujours de tes paumes.
 
Âme, à peine un souffle, à peine
une esquisse de parole.
Âme, un tremblement trop pur
à la pointe du mystère.
 
©Michel Duprez

 


Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 08:51
Tout ce sang répandu - Michel Duprez
 
 
 
 
Tout ce sang répandu dans la nuit du langage,
Ce sang bleu, noir, blanc, rose, en rêve éparpillé,
Preuve de mon passage en ce lieu redouté,
Ce paradis perdu poignardé par l’orage.
 
Tout se sait, nul n’échappe à cet œil sans visage
Qui vous condamne un jour au silence glacé,
Comme si l’on pouvait cacher le feu sacré
Qui nous a rendu fous et donné l’air sauvage !
 
Tous ici, morts ou vifs, toujours montrés du doigt,
Parfois contraints de vivre envers et contre soi,
Pauvre de nous, les seuls à seuls avec nous-mêmes.
 
Tout savoir nous est dû mais, là-bas, nul ne sait
A quoi peut bien rimer ce terrible secret :
Être nous malgré tout quand dorment nos poèmes.
 
©Michel DUPREZ

 


Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 07:30
ODE – Michel Duprez

http://explora-sicilia.com/fr/voyages/en-sicile/la-trilogie-des-volcans-actifs

 

 

 

Terre, accomplis ton règne et roule

des larmes fouettées par le vent.

Je dors dans la fureur des hommes,

parmi les feuilles combustibles

d'un grand livre accusé de vivre.

 

Je n'ai qu'une main pour saisir

le seul caillou de ta légende,

que le temps de compter mes grains,

de revendiquer leur croissance

près des autres marchands d'espaces.

 

Tes canons pointés vers le ciel

déchirent l'écorce du monde

et c'est le feu, lézard farouche,

qui dominera l'inconstance

des pionniers de l'espérance.

 

Il est toujours temps de mourir.

Seuls les vivants peuvent ravir

l'apparence pâle des choses

que traversent, la nuit venue,

tes yeux d'enfance fantastique.

 

Terre, accomplis ton règne et rêve

au retour tremblant des idées.

Toutes leurs ailes déployées

forment l'hélice irréductible

qui pourra ventiler notre âme.

 

©Michel Duprez




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 06:50
Un bon placement - Michel DUPREZ
©François Schuiten
 
 
 
Moi, un promoteur ?
Jamais de la vie !
D'un autre côté,
j'ai bien pu évoquer il y a peu la question
en parlant d'une certaine propriété
construite exclusivement avec des mots,
mais c'était sur un coup de tête,
sans vraiment me prendre au sérieux.
 
Un promoteur !
Vous m'imaginez contraint et forcé,
sous prétexte qu'une affaire serait en béton,
de manger des pâtés d'immeubles,
des quartiers entiers de maisons,
obligé d'investir des tas de briques
sans être sûr de les revoir ?
 
Tandis qu'en publiant un livre,
en le réalisant moi-même
depuis la mise en page et le tirage
jusqu'à sa livraison,
j'achète un espace où le regard
apprend aux doigts à respecter les feuilles,
je loue quelques instants de grâce
et j'en garde l'usufruit,
tout cela sans échafauder
le moindre plan de carrière.
 
©Michel Duprez
(extraits de « Tous ses ouï-dire sont des oui-sens », recueil en préparation)
 



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 06:52
L'AUTRE – Michel Duprez
©Monet
 
 
 
Je sens déjà ton regard se poser sur ma peau,
Non pas celle qui empêche mes os d'avoir froid
Mais l'autre qui chante quand on la touche et qu'un doigt 
Trempé d'impatience et de plaisir rêve tout haut.
 
Il m'arrive souvent d'imaginer ton visage,
Les yeux, surtout, changeants, tels des cristaux de lumière,
Les lèvres aussi, et cette moue un peu amère
Quand vient l'heure où tu te résous à tourner la page
 
Et que les mots ne sont plus qu'insectes grelottants,
Privés d'air et de chair, meurtris, le souffle en suspens,
Face à ton désir d'être ébloui jusqu'à la moelle.
 
Je t'imagine, et pourtant je ne pense qu'à moi,
Cet éclat de lune au loin qu'un peu d'encre dévoile
Sans jamais parvenir à combler le désarroi.
 
©Michel Duprez
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits.

 

Partager cet article
Repost0
20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 07:43
Infinitude – Michel Duprez
© Joan Miro
 
 
Je veille sur ma récolte,
Les raisins de tes paroles
Qui ont mûri dans mes songes.
Je songe à tous ces symboles,
Apparemment désinvoltes,
Dont le sens profond me ronge.
Je pense à toi quand je vis,
Quand je vois, quand je désire,
Dans l'ivresse de tes fruits
Et les chants de mon délire,
Ce bonheur presque infini
Qui me rend fou jour et nuit.
 
© Michel DUPREZ



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 07:49
UN BLE LEVE AU FIL DU CHANT – Michel Duprez
© Pascale DELEVALLEE
 
 
 
 
Pour que ce soi-disant toi-même
continue à être l'épi qui épie
à chaque égrenage du chant,
rêve, écris, oublie tout :
le dit, le non-dit,
ce passé décomposé,
ces blessures encore fraîches
incrustées dans la chair
de ta sensoralité.
 
Avant que le vent écorne la page
où tu viens à nouveau de semer quelques débris de vers,
garde-toi de prononcer la syllabe
dont l'unique raison d'être
doit justement demeurer
plus effacée qu'un premier jet.
 
Ne retiens plus désormais
que les journées blondes comme les blés.
Celle qui va bientôt s'éveiller sera belle
ou ne sera pas.
 
© Michel Duprez



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 07:43
VERT, J’ESPERE – Michel Duprez
 
 
 
Là où le sol verdit,
Je pense à la musique,
à tous ces chants d'opéra
qui font vibrer le cœur
de la Scala de Milan,
et chaque fois qu'il reverdit,
à un certain Pierre,
poète, ami de tous ces amoureux des Muses
qui ne pouvaient que l'adorer,
lui pour qui simplicité
signifiait tout le contraire
de facilité.
 
Musique et poésie
réunies dans un même univers,
celui d'Auguste Marin
vivant « Le front aux vitres »
quand ma femme inspectait les verres
dans son atelier fleurusien
et que je voyais un des miens,
nu comme un vers tombé des nues,
se servir du toboggan de mon crayon
pour ensuite ramper, marcher, courir,
incitant d'autres à le rejoindre au plus vite
et s'enchaîner en toute liberté
sur la page d'un cahier recouverte de sable blanc.
C'était le monde à l'envers en ce temps-là,
j'en conviens,
mais bien que l'eau ait coulé depuis lors sous les ponts
plus que de raison,
la couleur des mots magiques, elle,
est restée pareille.
 
© Michel Duprez
 



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche