Le village amaigri se meurt, deuil après deuil ; Depuis déjà deux générations, c’est l’automne ! Le vieil arbre voudrait que la faux le moissonne Et le fasse servir à son propre cercueil. La sève ne peut plus promettre de chatons Et le prochain printemps...
8 janvier Mais les bruits sont partout. Les étendards sonores Enserrent la planète en tissant des réseaux. On ne distingue plus les célestes mandores Qui ravissaient la terre et son heure en fuseaux. 9 janvier La terre se revêt d’une invisible chape A...
Photo J.Dornac© Des lambeaux de brume s’enroulaient Effilochés en volute vers l’aube Encore saupoudrée d’étoiles. Lasse de fouler des fruits aigres Sur ma terre gorgée de sanguine Je me suis ancrée aux pierres de la colline Et j’ai trempé ma plume dans...
Giovanni Strazza a sculpté la transparence dans le marbre. Résultat, 170 ans après avoir été sculptée, sa Vierge voilée reste fascinante. Elle ne pouvait créer que dans la respiration des étoiles Heureuse celle Qui a reçu ton chant Où les mots ont tissé...
Le pain chante la sortie du four La sueur, pour le pain des autres, Lui dégouline sur le front : C’est son auréole d’apôtre A ce mitron ! On dirait que ce sont des anges, Ces visages enfarinés, Les pains qui dorment dans leurs langes De nouveau-nés !...
Rome Deguergue : « La part des femmes suivi de & Ros(e) Noir(e) - roman – Editions l’Harmattan – AGA – Février 2021 – format 14x21 – nombre de pages 417. Impressions de lecture : Ce nouveau roman « La part des femmes suivi de Ros(e) Noir(e) » de Rome...
En cet instant où nous serons Présents l’un à l’autre, Debouts, silencieux Dans le temps immobile, Je tendrai mes mains Pour caresser ton visage, En retenant ton âme Tout au fond de mes yeux. Alors comme un arbre nouveau Tu frémiras de la sève de vie,...
Dès le matin la musique est un bruit Et le rossignol n’est plus aussi chantant Les jupes des femmes ont des mauvais plis Et les maîtresses se déshabillent aisément Jusqu’au soir les vautours manigancent Et les plus faibles dansent Les éléments se...
Fatrasie, sculpture d’Etienne Fatras © J’ai la joie d’accueillir un nouveau membre dans Couleurs Poésies. Il est, certes, poète, mais de plus sculpteur ! C’est avec joie que je lui souhaite la bienvenue et j’espère que vous tous qui aimez la poésie de...
Photo sur le site de la maisondelapoesie.be à la mémoire du poète Jean-Luc Wauthier comme son nom semblerait l’indiquer, un recueil serait-il fait pour se recueillir ? Et s’il s’agissait plutôt de récolter ce que l’on a semé, de recueillir les fruits...
Vraiment je n'y comprends rien, mes mots ont disparu. Ils étaient là, pourtant, posés sur ma page blanche comme des papillons sur une fleur éclose. Le temps d'une distraction, ils avaient pris la fuite. Devant mes yeux surpris, ne dansait que du blanc....
Dans les griffures du temps les amarres se rompent l’indifférence floconne reines et cavaliers dorment sur un damier gelé j’apprends à te désaimer. Au gibet de l’hiver le joyeux délire des fantasmes se balance la famine ripaille l’insouciance efface ses...
La colère, dit-on, est de mauvais conseil Lorsque les cieux éclatent et que l’orage gronde Sommes-nous à l’abri de désastres pareils ? Car l’être est bien petit face au mur de la fronde. L’homme est parfois aussi sujet à des excès La colère, dit-on, est...
Photo J.Dornac© Il est frappant de voir aujourd’hui que le peuple silencieux des végétaux sort de sa cachette pour entrer dans notre quotidien. Notre société réapprendrait-elle à aimer dame Nature ? « Pourquoi meurt-il l’homme dont la sauge pousse dans...
Peinture de Béatrice Gaudy Les traductions en occitan limousin et en italien sont de Béatrice Gaudy Les gazouillis des oiseaux au jardin Au plaisir que tu prends à les ouïr tu ressens combien dérisoire et futile est le plus souvent l’apport des nouvelles...
Le chat de Geluck D’avoir vécu Toute la vie Depuis le premier jour Je peux dire plein de choses Je peux parler de la vie Sans l’exagération qui convienne – exagération répandue – Parler de CE QUE JE VOIS Ce que je vois c’est que le bonheur Échappe...
Franceleine Debellefontaine - Abondance© Un rayon lumineux Se dépose sur le galbe Naissant de vos seins, Puis parcourt lentement Tout votre corps nacré Encore noyé de sommeil En sa demi-nudité. Le ciel s’assombrit, Se met en petite mort Se parant d’étranges...
Oeuvre en titre : « Perception » de Paul W. McCormack© Tes yeux gris-vert par temps ensoleillés Deviennent rayons dorés, raisins andalous Comme vin doux et fort à la fois Je m'agrippe à tes grappes et m'y enivre Ô destinée dans le versant du soleil de...
Le jour d’après… Quelle étrange expérience Que celle d’être enfermé Au moment où le soleil Décide enfin de briller… Nous irions pourtant Semer notre joie Au bord des ruisseaux Parmi le chant des oiseaux… Mais plus encore, qu’il est étrange Que pour éviter...
Jan Davidsz de Heem (1606-1684), Vanité Malgré qu’il n’y ait pas le moindre doute sur le fait que son message si criant de vérité, aujourd’hui encore, nous interpelle, on est bien d’accord : un livre ne parle pas. Lorsqu’il s’adresse à vous, un livre...
les mains enfoncées jusqu’aux coudes dans le vert je sens les organes de mon corps aéré des arbres ancestraux tremblent dans ses artères voilà un nid, là-haut, près du cœur et un autre plus bas, entres mes vertèbres. un sérum tout vert, telle l’herbe,...
Photo de Béatrice Gaudy – Arbuste du Champ de Mars La mort est dans la rue le printemps aux fenêtres Pendant que la maladie court les villes des arbres fleurissent Lorsque les fleurs seront devenues pommes le temps joyeux des réunions de famille et d’amis...
Collage de Michel Bénard© avant que ne s’ébruitent les fureurs de la ville je t’écrirai ces mots de mes lèvres humides comme pour effacer le voile qu’un désir encore humecte en ce matin sans fard où se défroisseront les étoffes je dénouerai mes syllabes...
Auguste Rodin : L’Éternel Printemps Mes yeux se fondent dans le ciel de ton visage mon cœur métamorphose ma chair en torche vive et je brûle ma Vie au brasier de ton corps... Le temps s’essouffle à poursuivre mon être évanoui de lumière au sein même du...
Je me souviens… ton visage s’émerveillait de tout… Nicolas van der Waay A ma mère Les jours ont envahi les berges de l’enfance et le rêve encore vierge est devenu confident… Les chemins sont des pas qui se multiplient comme autant de promesses à la course...