29 mai 2020
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06:25
Orage, Garajau, Madère – photo Don Amaro
Le ciel a disparu
abandonnant la lumière
au galop des nuages
écume de l’espace
qui vole et se cabre
telle une charge effrayante
aux promesses d’infini…
La tempête accroche…
… bouscule… siffle…
… frappe… secoue…
… tire… tourne…
… hurle… broie…
… folles étreintes
où les belles défaillent
mais cachent leurs mystères
dans le secret
de leur chair
trop faible
pour résister…
L’ombre et sa plainte confuse
prolongent… amplifient
la colère de Satan…
L’invisible lutte
se métamorphose
en un ballet terrible
où la démence
semble attirer la Vie…
Le jour recroquevillé
dans sa carapace
baisse les yeux…
secondes extrêmes
où toute résistance
incarne un défi…
Soudain l’Enfer
d’un geste éblouissant
arrache le corsage
de la ténèbre
trop sage
et d’une voix ignoble
égorge le silence
blotti sous le trait bleu
qui forme l’horizon…
La fièvre et le rire
s’emparent
du Maître satisfait
de son entrée en scène…
Alors le diable
de son dard de feu
viole et brise
cette nuit d’Automne
et roule son orgasme
jusque dans les gouttières
et la pluie devient noire
et la forêt suffoque
et vomit son angoisse
jusqu’au petit matin
où l’orage épuisé
bascule
de l’autre côté
de la terre
emportant ses démons
et ses crimes
au fond de sa tanière !...
© Victor Varjac
Antibes, 6 novembre 2011
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume
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Victor Varjac
8 mai 2020
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06:44
Je me souviens… ton visage s’émerveillait de tout… Nicolas van der Waay
A ma mère
Les jours ont envahi
les berges de l’enfance
et le rêve encore vierge
est devenu confident…
Les chemins sont des pas
qui se multiplient
comme autant de promesses
à la course légère…
Tu étais un arbre
si jeune
qui s’émerveillait de tout
marchant près de la Source
et buvant le ciel
aux murmures d’espérance…
Mais la guerre est entrée
mutilant à jamais
ton visage innocent…
La fête prit fin
dans les flammes
d’une saison
que les armes brisèrent
pour le profit
de quelques-uns…
Ton rire émerveillé
devint un souvenir…
Le quotidien recouvrit
le sentier du bonheur
d’une blessure noire…
Les heures aux joues creuses
traînèrent dans la ténèbre
un monde si lointain
qu’il n’avait plus de corps…
Heureusement
ton cœur voyage
plus droit… plus fort
que la triste souillure…
Il cache une lumière
qui ne s’épuise pas
Derrière ton visage
où les ans sculptent
avec lenteur
l’astre de la vieillesse
j’entends toujours
le rire cristallin
de la petite fille
qui parlait aux fleurs
aux nuages qui filaient
toutes voiles dehors
vers l’horizon moqueur…
Tes quatre-vingt-sept ans
retrouvent la marche
des chemins d’autrefois
et dans le miroir des anges
le rêve de l’enfant
est une signature
qui ne s’efface pas !...
© Victor Varjac
Antibes, 22 octobre 2011
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Victor Varjac
10 avril 2020
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06:27
Avant de prendre ma plume
je m’allonge
sur l’aile d’un mirage
à cheval
sur ses plus hautes branches
qui se balancent
au bras d’une promesse…
J’ouvre la cage imaginaire
et les mots s’échappent
ivres d’espace…
Oiseaux multicolores
feux follets insolites
tourbillons éphémères
caprices féeriques…
… comme ils sont beaux
à la lisière de l’éveil !...
Je suis seul à les voir
sur la lande changeante…
En cercles incroyables
ils s’approchent… s’éloignent
se rapprochent encore
avant de s’évanouir
dans l’alcôve du rêve…
et une seconde plus tard
la farandole recommence…
Tourbillons errants
à la recherche
d’un ciel vagabond
toujours en devenir…
Les morts tournent
sauvages et fiers
comme les passions
à l’ombre de mon souffle…
Image inquiète
où flambe l’espérance…
Heures de sable
qui sucent mes songes
comme une gourmandise !...
… et donnent peu à peu
naissance à cette voix
au timbre d’encre…
Un à un
ils métamorphosent
la transparence de ma feuille
en un royaume où l’aube
accueille des pièges
qui finissent tous
dans la gueule du Temps !...
Les mots entrent
dans mon cœur
mon sang se cabre
la vie me dépasse
l’impossible vient d’éclore !...
© Victor Varjac
Antibes, 6 août 2011
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Victor Varjac
14 mars 2020
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07:41
www.pinterest
Le sexe nous abuse
et scelle à jamais
nos désirs invisibles
à la potence de la chair !
Pourquoi tant de hâte
la sagesse serait-elle décevante ?
La beauté possède
doit-on le croire
un terrible maléfice…
L’empressement du destin
sculpte nos visages
comme une présence
qu’on doit anéantir…
Faut-il sans cesse
recommencer
l’accomplissement
de l’impossible ?
Étrange obstination
qui pénètre
chaque fibre
de chaque mouvement
et nous entraîne dans la demeure
de la faute éternelle !
Mais qui marche
comme des ombres voûtées
derrière nos visages
et tient les ailes
de notre âme
pour mieux s’emparer
du tressaillement
de nos vies ?
Tout brûle et disparaît
à l’approche du présent…
La révolte de nos cœurs
face à l’inexplicable
jette sa lance
dans le vide…
© Victor Varjac
Antibes, mai 1997
Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume
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Victor Varjac
20 février 2020
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07:17
Dante et virgile aus enfers – William Bouguereau (Musée d’Orsay)
La nuit
la nuit toute neuve
surprise au milieu
de ses draps de ténèbres
la nuit a peur…
a peur du vent…
La nuit
la nuit tremble
comme la torche
des étoiles
sur le ventre du ciel…
Elle danse
danse et virevolte
sur la soie
du monde endormi…
elle ressemble au rêve
qui enlace le temps…
Elle écrit
elle écrit avec sa bouche
les mots qu’on pense
avec le cœur…
Insouciante et souveraine
la nuit
la nuit toute nue
chevauche l’aventure imprécise
des ombres…
Voilés de silence
les mystères changeants
de l’heure
enivrent la nuit
qui doucement s’évapore
comme un étrange
murmure
sur les lèvres
de l’aube…
La nuit
la nuit toute neuve
à peur du vent…
© Victor Varjac
Antibes, mai 1997
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27 janvier 2020
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07:41
De Rodin, « l’Homme et sa pensée » photo Stéphane Bily
L’homme a-t-il seulement pensé
à se vêtir de lui-même
pour échapper enfin
à l’anonyme semence
qui fertilise en aveugle
et que le souffle d’une chanson
disperse dans l’allégresse !
A-t-il eu le temps
d’entrouvrir une corolle
et de parler aux fleurs
comme la chevelure de la pluie
qui pétille et bruisse
sur l’ombre de leurs tiges ?
A-t-il dans sa jeunesse
dévêtu le ruisseau
de ces cailloux mystérieux
qui ressemblent aux arbres
et portent fièrement
un collier de bulles claires
irradié de rayons ?
Ah ! Comment ne pas entrer
dans toutes ces merveilles
et assaillir le jour
pour en oublier la limite !
Mourir… mourir déjà
sous le regard du silence
qui pleure la beauté
et la joie de la vie…
mourir dans un cœur
mourir dans un cri
éphémères souffrances
où le poème demeure…
© Victor Varjac
Antibes, sptembre 1999
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6 janvier 2020
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07:38
humeurs-fr.over-blog.com
Pousser la monture du sang
jusqu’à l’abandon
où toute la splendeur
s’évanouit…
inventer un visage
au cœur de la matière…
vaincre le grand péril
dont la présence
tient tout en suspens.. ;
Devenir plus
bien plus
que la chose immobile
qui s’incline
avant de se briser…
être ici et nulle part
à peine une marque
sur la joue insolente
et tenace
du marbre solitaire…
Pénétrer le décor
par le fouillis du rêve
et voir le précipice
lancer sempiternellement
les grands cercles de vide
qui dévore les hommes
à peine ébauchés !
Dans cet espace
où le tout
surplombe le néant
je cueille des images
qui ne me laissent rien…
je tourne et vire
sans même connaître
le lieu que je cherche
et j’arrive sans escorte
au seuil de mon heure dernière
sans avoir pu comprendre
l’énigme de la vie
et je parais devant moi
condamné par la mort
sans savoir qui je suis !
© Victor Varjac
Antibes, octobre 1999
Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume
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14 décembre 2019
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08:08
Le penseur de Rodin
Ah ! La chair et ses amours !
Émerveillement éphémère
d’un pauvre cœur
qui croit appréhender
le paysage des anges
tandis qu’il marche
dans le sentier d’un monde
qui doit le détruire !
L’éternité n’est qu’une image
un lieu inhabitable
pour un corps vicié
par la décomposition…
La frontière des choses
insidieuse et permanente
veille sur toutes les formes
et la terre gravite autour
de cette sombre comédie !
L’homme ne peut respirer
que l’angoisse et la honte
sécrétées par la présence
du Grand Mystère…
Traversée seulement
par la transparence
du passage terrestre
la possession s’évanouit
sans même
laisser une empreinte
sur le front de la chair
ravagé par le temps…
… mais l’homme croit toujours
que le mirage de la matière
peut et doit encore
lui appartenir !
© Victor Varjac
Antibes, août 1999
Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume
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Victor Varjac
22 novembre 2019
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07:23
Je suivrai le silence
comme le centre de tout
car nous n’allons nulle part
et nulle part est partout !
Je vois mon sang
devenir peu à peu
un nuage de cendres
et la trace de mes pas
n’atteint plus le soleil !
Comment témoigner
quand l’ombre refuse
d’accroupir notre image
sur le sentier de nos vies ?
Je dois refaire chaque fois
ce qui n’est pas écrit…
Les pages griffées d’encre
sont les combats des rêves…
cette audace ridicule
brave l’orage du geste
et contient la dignité
que mon cœur exige !
Demeurer debout
face à la mort
le plus longtemps possible
n’est-ce pas comprendre le Verbe
avant de disparaître
et braver l’agonie
qui nous serre dans l’ombre ?
© Victor Varjac
Le Vauban, juin 1999
Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume
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1 novembre 2019
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07:22
Gustav Klimt, La vie et la mort
Nous sommes
ce que nous vivons…
nos actes et nos paroles
glissent comme la lumière
sur le satin des jours…
nous n’échappons
à aucune seconde
et l’exil commence
avec le premier cri…
L’homme n’est qu’un gibier
que la mort pourchasse !
Ah ! L’innocence
et sa chevelure
où poussent les serpents !
L’existence ressemble davantage
à la grimace d’un mensonge
qu’au murmure des sirènes !
Quoi ? Mais de quelle ivresse
de quel chant
parlez-vous ?
Aveugles et condamnés
nous grandissons
dans le froid de la pierre
tandis que notre corps
avide et prisonnier
s’estompe sur le crâne
chauve du gouffre !
Nous sommes la chute
et l’infini de l’abîme
car nous portons l’univers
et la magie des mondes
mais nous ne sommes rien !
© Victor Varjac
Le Vauban, juin 1999
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Victor Varjac