27 janvier 2013
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09:21
http://elle-carnetsdevie.blogspot.com/
L’arbre est un paysage
dont les branches se dressent
comme une grande voile
sur la chevelure infinie
des nuages et du vent…
Parfois le ciel se couche
sur le sein d’une colline
et le chemin solitaire
s’approche timidement
sans jamais tendre la main
vers ce visage invisible
où la lumière nait de l’abîme…
L’homme ressemble à cet arbre
dont le rêve se dresse
comme un paysage
sur la chevelure infinie
des nuages et du vent…
© Victor Varjac
Antibes, janvier 1996
Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de
Plume
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Victor Varjac
13 janvier 2013
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/2013
09:04
© Jules Joseph Lefebvre, Odalisque
Un crayon noir
un bout de feuille vierge
deux ou trois pierres frondeuses
échappée d'un chemin
solitaire et distrait…
… et le voyage commence…
Le regard se tourne
vers l'intérieur du soir
où le ciel chuchote
dans les bras du silence…
Le quotidien s'estompe
et je retrouve les pas
du rêve qui m'emporte…
La nuit brûle ses doigts
aux chandelles du jour…
Mon sang change de rythme
il ne murmure plus
il s'emballe… il galope…
il voudrait tant
séduire la beauté
en son palais de cristal
lieu magique
où s'enivre la lumière…
Il voudrait tant se fondre
dans cette éternité
si brève et si brutale…
Disparaître… disparaître
dans le cri
de cette morsure
d'espace et de vertige
où les morts se souviennent
de ce temps qui déchire
la chair insolente
des hommes d'autrefois…
… Sans m'attarder davantage
j'abandonne aux ravins
ce ballet de fantômes
masques de sable
aux lèvres de mystère
et je me penche
ébloui
au dessus de cette nudité
qui torture mon corps…
Des ongles se dressent
comme des glaives ombrageux
et le chant du désir
peu à peu m'ensorcelle…
Le vol des parfums
bouleverse les paysages
et je m'enivre
de cette peau
gorgée de sortilèges…
La sève est un raz de marée
qui bouscule mon être
à l'aube du réveil…
La brume trompe l'heure
mais je devine
ses longues cuisses blanches
sa poitrine tendue
et sa danse légère
régnant au seuil des mondes…
… et son ample chevelure
dans un fouillis de lune
tressaille comme une image
innocente et sereine…
Je frôle son visage
ultime battement
au cœur du devenir…
Un crayon noir
un bout de feuille
deux ou trois pierres...
… et le voyage s'achève...
Je rentre dans mon corps
et la journée commence…
© Victor Varjac
Extrait de « La Rouille des Jours »
Studios de la Victorine
Le 23 janvier 2008
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Victor Varjac
30 décembre 2012
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08:29
© Pieter Brueghel L'Ancien - La Tour de Babel
Argent virtuel
et anonyme
en ce jour nouveau
qui vas-tu immoler ?...
Qui vas-tu enrichir ?...
Les flèches de ton ascension
sur les lignes boursières
sont autant de potences
que tu ériges
pour pendre la liberté
des peuples innocents !
Tu brises d'un geste
sans remords et sans gloire
l'indépendance
de l'artiste
et la joie toute simple
de ses pas à venir…
Tu écrases la féerie
et la danse des dieux
pour ériger un temple
illusoire et cruel
où le Veau d'Or
trône sur la souffrance
des hommes sans futur
sans visage et sans voix…
Argent mortel et sombre
cercueil sans frontières
tu tires ta puissance
de la naïveté humaine
et tu bafoues l'esprit
brandissant des bas-fonds
tes graphiques absurdes
aux chiffres sanguinolents…
La fièvre ensorcelle
les faussaires du monde
mais là-bas… là-bas
tout là-bas
l'aube nouvelle
accouche d'un enfant
un enfant de la Terre
curieux et beau
comme le rêve
du premier matin
un enfant
avec le ciel dans les yeux…
L'orgueil… et l'égoïsme
cherchent à l’effaroucher
puis à vaincre son innocence…
Les sortilèges du Pouvoir
apparaissent alors
vêtus des promesses
de rires et de fêtes…
Mais l'enfant
demeure dans la lumière
cette image inquiète
qui trouble l'Avoir…
Alors la nature
se redresse
sur le mausolée
des poitrines ouvertes
brise le mirage
aux paroles perfides
pour que l'enfant
l'enfant aux yeux de ciel
puisse montrer
le visage du bonheur
et de la joie retrouvés…
© Victor Varjac
Extrait de la « La Rouille des Jours »
Antibes, le 17 juillet 2005
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Victor Varjac
16 décembre 2012
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10:03
© http://club.doctissimo.fr/fl0re/blog/2005/11/
Au coeur de la ténèbre
l'encre dans la bouteille
jouait avec les mots…
Nul ne pouvait les voir
pourtant ils étaient là
dans le ventre du verre…
Une à une les lettres
ensorcelées sans doute
par la mauvaise lune
se prirent par la main…
Au seuil d'une tempête
cueillant les yeux fermés
le désir d'un mirage
le poème de chair
encore en devenir
cherchait un corps tout neuf
pour transformer l'attente
en un raz-de-marée !
Mon rêve transparent
ne se doutait de rien…
Sans heure ni boussole
il marchait lentement
vers cet ailleurs sans fin
qui drape l'invisible
d'une étoffe arc-en-ciel…
Le rêve est un souvenir
aventure passée
qui gravite en silence
autour de l’inconnu
au-delà du regard…
Sur le sentier la pierre
ayant connu l'étoile
au coeur de l'univers
marque le bord d'un monde
que je ne pouvais suivre…
Dans l'ombre mes mains
n’attrapent que le vide…
Le voyage nocturne
en mon corps périssable
doucement se retire…
La nuit tourne le dos
à l'horizon muet
qui retient les secondes
au-dessus de l'abîme…
Je souffle mon sommeil
à la vitre de l'aube
car les mots impatients
dans ma bouteille d'encre
vont contraindre ma plume
à séduire une page
en traçant sur sa peau
encore vierge d'images
le cri de la passion
et le destin secret
d’une histoire anonyme
qui pousse dans ma chair
quand j'aiguise mes yeux
pour retrouver l'amante
au bras d'une légende
dans une cour obscure
où chante le mystère !
© Victor Varjac
Extrait de la « La Rouille des Jours »
Antibes, le 4 avril 2009
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Victor Varjac
2 décembre 2012
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08:45
© Dormeuse - Balthus
Lové
dans la douceur du rêve
je n'ose t'éveiller
au milieu d’un sourire…
En cette éternité
que je vois en toi
j'oublie
tout ce qui me déchire…
Aventurier de l'existence
j'étonne mon être
en cette aurore
qui ne s'éteindra pas…
Gardons je t'en supplie
le secret de ce lieu
qu'il demeure sans visage
à peine une silhouette
un voyage d'écume
dans l'artère du cœur…
La pourpre de l'amour
étourdit l'impatience
de ce nouvel espace
où le corps devient chant
et le geste une danse…
Ne laissons pas de traces
la saison est féroce
et j'ai besoin de vivre
loin des choses inutiles
qui dévorent les hommes…
Dans cette trinité
soumise à la matière
ils ont banni les dieux
sacrifié la lumière
défiguré la joie…
… Le monde est orphelin
le ciel n'a plus de père…
… La richesse et la gloire
se nourrissent du sang
des pauvres faméliques
qui meurent en silence
le ventre et les mains vides…
Émergeons telle une île
un élan de la terre
loin de l'aveuglement
blasphème de l'enfance
qui bâillonne les jours
d'une étoffe de haine…
Face à tant d'impostures
de souffrances et de morts
peut-on encore aimer
au-delà des blessures
la première voyelle
que l'ange prononça ?...
Demeurons le mystère
de cette vie à naître
pour offrir à l'hiver
de ce monde qui souffre
la fièvre du désir
et dans les yeux de l'âme
l'éternel souvenir
du bonheur qui s'approche
lorsque le jour se lève !
© Victor Varjac
Extrait de « La Rouille des Jours »
Antibes, le 28 décembre 2008
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Victor Varjac
18 novembre 2012
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08:57
http://histoiredesdinosaures.e-monsite.com/album-cat-1-25455.html
A Jean-Jacques MONIER
In memoriam
Silencieuse…
silencieuse
comme une chose
transparente
comme une ténèbre
absolue
qui danse… ondule
entre les fentes souples
d’une barrière
infranchissable…
Profondeur intense
d’un malaise pourpre
au centre des fêlures…
Caresses de l’errance
blotties
dans le feu de la chair
le divin s’épuise
en philtres et en prières
laissant la mort
sombre et douce
emplir les coupes
de poussière et d’oubli
sur le seuil de l’absence
où nous passerons tous…
Mais avant la déchirure
chevauchée du mystère
je veux découvrir
cette chose mortelle
qui se love
dans les plis de mon corps
et qui cherche l'archange
innombrable et nu
aux confins de mon être…
J'incarne le combat
au-dessus des abîmes
lieu hanté
de cauchemars et de rêves
où le décès de l’autre
devient la nourriture
et le cri du vainqueur…
Renoncer à ce crime
c'est choisir le saut
dans la gueule obscure
de l'inconnu vorace…
Comment sortir du piège
qui contraint les hommes
à se nourrir d’autrui ?...
Le feu de l'existence
réclame sans cesse
de nouvelles victimes
bêtes innocentes
chaudes et vives
surprises par l’éclair
brisées par la Grande Roue
de cette Création !
Prisonnier de moi-même
je suis un cercle
où rien ne commence
et rien ne s'achève…
Je grandis au milieu
de cette chasse folle
qui défigure mon cœur
sans lui offrir un nom…
… Mais je poursuis ma quête
sur une mer de sang
qui rouille mes pensées…
La violence inépuisable
sous ces masques de flammes
cherche le chemin de ma vie
mais l'éternelle enfance
habite mon château
et je métamorphose
les forces de sa haine
en un champ de bleuets
où vibre la passion
de jeunes coquelicots…
Pourrai-je atteindre
la rive de la Paix
avant la flèche noire
qui brisera mon souffle ?...
Qu’importe…
Qu'importe mes amis
la véritable réponse
appartient à cet ange
qui chevauche nos âmes
et connaît nos destins !
© Victor Varjac
Antibes, le 10 février 2008
Extrait de « La Rouille des Jours »
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Victor Varjac
4 novembre 2012
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/2012
08:58
© Paul Klee
Le Verbe…hélas
aveugle et perverti
par le poison des hommes
se roule dans la fange
et pavoise au sommet
de l’impur et du viol…
L’image elle-même
prostituant ses formes
ses couleurs et son rire
pour un peu de monnaie
tout juste vingt deniers…
insulte la terre
qui se fissure…
se mutile…se révolte….
Ah ! la Publicité…
amazone vorace…
érotique figure
se vautrant sur nos jours
pour exciter encore
nos envies et nos vices…
Dans ce cirque étroit
nous accouchons sans cesse
d’une petite mort
dont les belles cicatrices
préparent notre chute
au pays de l’enfer !...
Toujours insaisissables
les affiches s’emparent
du paysage urbain
asservissant nos murs
nos jardins et nos places
de leurs chants de sirènes…
Fourberies à la mode
guets-apens redoutables
qui séduisent nos yeux
caressent nos cerveaux
puis déposent la graine
rouge et noire
du désir et du feu
dans nos êtres conquis…
Des femmes se prélassent
le corps brûlant et nu
pour vanter un produit
toujours plus inutile
que celui qu’il remplace !...
Inlassables louages
du prêtre des finances
l’annonceur accomplit
l’ordre de ses maîtres
en flattant la bêtise
de tous ceux qui dévorent
babioles et gadgets
prisonniers de l’Avoir…
Eclatant aux jointures
repoussant les limites
les mots
breuvage magique
enivre le quotidien
et l’homme des heures grises
sur le crâne du mirage
plonge dans la machine
à broyer l’existence…
Il est ce demi-dieu
esclave de ses choix
suspendu à la poutre
où dessèche son âme !..
© Victor VARJAC
Extrait de la Rouille des Jours
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Victor Varjac
23 septembre 2012
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07:56
© Le jeune mendiant – Murillo
J’ai peur du noir
j’ai peur de la nuit
je crains la solitude
je redoute le froid
j’appréhende l’ombre
et la clarté du silence
fige la toile de mon sang…
J’ai peur depuis l’enfance
la chambre qui craque
les volets qui claquent
et le couteau de l’Ogre
entre les dents du soir…
Je crois que j’ai toujours
que j’ai toujours eu peur
de cette marche quotidienne
avec ses grosses mains
sans baiser ni tendresse
et cette voix terrible
qui ordonnait…punissait…
comme un ciel en colère !...
Oui tous ces visages
me pétrifiaient
et j’étais si petit
au milieu de la détresse...
J’avais l’âme farouche
en ces heures de glace
et de nuages lourds
dont les méchantes figures
cherchaient en vain
le fantôme pendu
à mon corps déserté !...
Peu à peu les saisons
pénétrèrent mon être
enfonçant le chemin
dans ma poitrine ouverte…
comme je ne pouvais m’enfuir
je regardais les étoiles
qui me jetaient des pierres
car je ne comprenais pas
leurs chansons de lumière !...
Les anges des solstices
ne m’ont jamais parlé
je n’étais qu’un frisson
entre les doigts de l’erreur
une rature sur une page
une errance que l’on cache
dans l’oubliette du passé…
C’est drôle aujourd’hui
aujourd’hui je n’ai plus peur
je n’ai plus peur du noir
je ne crains plus la solitude
le silence lui-même
câline mes cheveux
de ses doigts de tendresse….
Je n’ai plus peur du tout….
Mais que font tous ces visages
qui s’empressent autour de moi ?..
Que disent toutes ces bouches
et que signifient ces mots
ces mots que je n’entends pas ?...
Et cette femme qui pleure
en me prenant la main….
Ma mémoire comme la loi
expulse les anonymes
de la maison du cœur !...
Je ne sais plus…
Je ne sais plus rien…
C’est drôle je n’ai plus froid
dans ma veste « courant d’air »
l’estomac ne cogne plus
aux barreaux de la faim
et la crasse elle-même
ne taquine plus ma peau…
Ils allongent mon corps
sur un brancard tout neuf
puis me couvrent tout entier
d’un drap blanc comme le jour…
C’est drôle mes yeux traversent
ce masque inattendu
et je les vois qui m’emportent
vers une ambulance
dans une confusion
de gestes et de paroles…
de paroles muettes
que je ne comprends pas…
C’est drôle je n’ai plus peur
et surtout je n’ai plus froid…
C’est si bon…voyez-vous
de ne plus avoir froid !...
© Victor Varjac
(Extrait de la Rouille des jours)
le jeudi, 11 décembre 2008
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9 septembre 2012
7
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/septembre
/2012
08:10
© Guernica - Pablo Picasso
Mon poème à la main
je marche vers les hommes
soudés dans leurs armures
d'égoïsme et de peur…
Ils brandissent l’épieu
la chaîne et le boulet
comme des talismans
ou des prises de guerre…
Je vois les chars d'assaut
farouches et grotesques
qui bouchent l'horizon
ensemençant la plaine
de leurs chants métalliques…
Ils construisent l'horreur
labourent les poitrines
des êtres qui s'opposent
à leurs nombreux caprices…
Soldats en uniforme
chasseurs de liberté
surgis du grand trou noir
amant de vos tombeaux !
Vous incarnez l'abîme
et la chute éternelle
au milieu du silence…
Vos armes acérées
terrorisent les humbles
jusqu'au seuil de la mort…
En ces temps périlleux
la prudence devient
de la provocation…
Le mot en équilibre
sur la lèvre tremblante
ressemble à l'abandon
qui devient un signal
pour les mâchoires d'acier
des monstres sans visage
qui pulvériseront
la robe de l'espoir
puis fouilleront sa chair
dévoreront son cœur
symbole mystérieux
de nos incarnations…
Ces actes impensables
fichent nos existences
sur la croix des douleurs
qui fissurent les âmes…
Fuyons ces lieux maudits
où la grandeur se couche
dans la boue de l'Avoir !
Prenez garde banquiers
marchand de viande humaine
spéculateurs véreux
industriels gourmands
qui dévastez la terre
vos légions de comptables
ne tiennent pas le monde
la rentabilité
aux mains toujours sanglantes
à l'ombre de la Bourse
édifie peu à peu
le gibet de vos crimes !
Je ne céderai pas
aux chantages des chiffres…
Trop de pauvres… Trop de morts
peuplent votre univers…
Trop d'enfants misérables
trop de femmes perdues
sur le sentier du monde
ont payé de leur vie
l'égoïsme des hommes…
Assis sur votre trône
de marbre et d’illusions
monarques des chimères
vos plaisirs… vos richesses
déchirent le soleil
et trompent le bonheur
en livrant aveugles
à la meule qui tue
les heures de nos vies…
Prenez garde !... Prenez garde
Seigneurs de la finance
car je porte en mon sein
le poème vivant
qui renaît de ses cendres
et de la damnation
qui anime cet âge
ténébreux et cruel…
Vos êtres sont trop lourds
pour peser sur nos âmes
et qu'importe aujourd'hui
si les dents de vos balles
font jaillir de nos corps
le sang bleu de l'amour !
Chaque blessure possède
un appétit de gouffre
dévorant le mirage
des fortunes malsaines
jetant la pourriture
de leurs entrailles molles
dans l'enfer impossible
de vos cris d'impuissants !
Oui je le sais demain
sur la plaie de vos tombes
l'enfance retrouvée
dansera le sourire
et la joie de la Terre
en douces rondes blanches
embraseront cette aube
sur les joues de la vie…
Ce sera je le sais
le premier jour du monde !
© Victor Varjac
Antibes, le 6 novembre 2004
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Victor Varjac
24 juin 2012
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07:00
© L’adoration du veau – Francis Picabia
Le monde a perdu son visage
en suivant le « veau d'or »
sur la belle autoroute
qui poursuit les mirages :
Richesse ... Pouvoir ... Impunité ...
métamorphosant le quidam
en un robot de chair ...
La campagne disparaît
au profit des mégapoles ...
Villes carnivores où ne poussent
que le business et le béton ...
L'espace est devenu
fonctionnel et rentable
il appartient entièrement
aux sorciers du numérique ...
On admire sur les écrans
la nature née d'un logiciel
le GSM remplace la présence
des parents ... des amis ...
Les routes et les mers
ne sont plus des voyages ...
Internet a rétréci
nations et continents ...
L'espace est enfermé
dans la magie d'un « clic »
et le monde se déverse
suivant l'ordre donné
par la fenêtre d'un portable
comme le bon génie
surgissant de la lampe !
Nous sommes à présent
des êtres qui roulent et parlent
écrivant la rencontre
et la poésie du chemin
en millions de pixels
sur une surface plane
tandis que les médias s'occupent
d'éduquer un à un
les maillons de la chaîne
achevant en douceur
le dressage du troupeau !....
© Victor VARJAC
Extrait de "La Rouille des Jours"
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