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http://pvtistes.net/japon/les-jardins-fantastiques-de-kitakyushu/
Dans la moiteur irisée des mangroves et des marais
Fleurissent aux pieds des fougères arborées
D’étranges inflorescences bigarrées
Aux mauves bleuis
Verts jaunes tiédis
Bleus meurtris
Et partout la souveraine sentence
Des rouges monstrueux lourds de sens.
Flotte dans l’air de fortes essences
Douloureux pièges charnels
De senteurs sexuées mâles femelles
De sang de sève doucereux et mortels.
Gonflées de parfums infamants
Corolles déployées sur les pistils luisants
Etamines suintantes sous les pétales chatoyants
A profusion dans la pénombre
La chaude intimité des ombres
Elles éclosent vénéneuses et sombres.
Reines au jardin de la déraison
Dans les odeurs sucrées de leurs poisons
Elles se pâment sous les lunaisons
Altières ondulant avec mollesse
Voici que dans la lumière moribonde se dressent
Ces perfides et inquiétantes Déesses.
© Béatrice Pailler
05-06/06/2013
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http://the-world-fauve.skyrock.com/2.html
Au gîte du jaguar forêt d’émeraude luxuriante,
Frémit, s’agite, vocifère, le gibier surpris
Dans les lourdes senteurs d’humus et la flore exubérante ;
Par le feulement du félin soumettant sa femelle enhardie.
Les ombres vespérales enlacent, bercent les antiques pierres
Du vieux temple délabré, lugubre, empli de tristesse.
Dans le silence claustral s’élève une supplique solitaire,
Et la lune bienveillante souligne les monumentales silhouettes des déesses.
L’asphodèle embaume l’air nocturne et la suppliante fidèle sanglote prostrée.
Un long frissonnement parcourt l’éther glacé d’un pesant sommeil,
Les lamentations et les parfums ravivent les souvenirs éteints des idoles figées.
Paupières scellées, elles songent au passé, aux effluves des gerbes de lys,
Aux volutes d’encens qui glissent sur le marbre poli de leurs grands corps lisses.
L’amande de leurs yeux s’anime, luit, et les poitrines muettes frémissent sous le miel.
© Béatrice Pailler
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© H.A. Guerber
Nervuré, veiné de mauve violacé,
Un ciel de Golgotha oppresse la nue violentée.
Je veux, la liqueur d’ambre d’un crépuscule sur le Rhin,
Les forêts bleues au silence d’airain.
Partir sans retour sur la route secrète,
Vers ce bel inconnu, où parcelle infime à l’unisson du monde,
Je veux, perdre mon souffle au creux de l’onde.
M’user le corps, âme nue, poches vides partir vagabond et poète.
Sous le ciel qui gronde vivre l’orage, la nue en feu,
Et assouvir ma rage aux larmes des cieux.
© Pailler Béatrice
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© Jules Joseph Lefebvre
Pandore, ô Pandore, pourquoi tant de curiosité ?
Ta main, ta jolie main les as tous libérés.
Voilà que s’abat sur l’homme de terribles maux.
Mornes compagnons qui l’épuisent, le mènent au tombeau.
Vois comme ils paradent dans leurs plus beaux atours,
Terne plumage d’un sombre vautour.
Fait de misère, pour blesser et humilier nos frères.
D’indifférence, celle qui ferme nos yeux à la souffrance.
De colère, ce venin acide qui ronge nos vies solitaires.
Et d’ignorance, où germe la peur source d’intolérance.
Depuis ce jour la Mort moissonne, la Mort récolte,
Immuable ne tolère aucune révolte.
Patiente, elle attend qu’Atropos scelle les destins,
Pour s’inviter royale à l’ultime festin.
Pandore, ô, Pandore pourquoi tant d’insouciance ?
Ta main, ta jolie main ne retient que l’espérance.
© Béatrice Pailler
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© Alexandre Cabanel
Repose dans le ressac infini de la mer,
Un ondoyant baiser de chair.
Et la caresse humide salée trace son chemin
Par les vagues bercées au cœur des falaises d’airain.
Lentement, saintement vers ces lieux d’ombre,
Où sommeil alanguies les âmes sombres.
Ce corps à corps rougeoyant
Sur la grève nous laisse pantelant.
Les embruns de l’amour baignent nos corps si fidèles,
Et sous l’écume du ciel au creux des sables,
Nos souffles mêlés s’envolent tendres et désirables.
Alors respire, le suave et voluptueux parfum,
La douce et riche moiteur de mon aisselle
Qui frisonne fleur de peau en son écrin.
© Béatrice Pailler
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© Pieter Bruegel
A cheval sur ma plume au grand galop
D’une ruade cul par-dessus tête.
Ivre de vent et de mots
A la régalade, partir en goguette.
Je roule et déboule,
Des rimes plein les yeux.
Un poème roucoule,
L’alphabet est en feu.
Turbulents compagnons de voyage
Quatrains et tercets jacassent.
A moins que profitant d’un nuage
D’un même chœur ils ne s’enlacent.
Du fond de nos poches des vers s’égosillent,
Eclatent les rires d’un jour guilleret.
Libre et crottée la prose se tortille,
Et folle cavale s’enfuit échevelée.
Les sonnets s’égaient sérieusement éméchés,
Leurs voix éraillées chantent merveille.
Et sous l’édredon de nos ailes repliées,
Calliope sourit, Euterpe veille.
© Pailler Béatrice.
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© Ali Dilem
Dieu le Père s’impatiente, grognon.
De nouveau, il pose la terrible question.
Pressons, qui d’entre vous a joué au chimiste ?
Timidement, une voix s’élève, c’est moi dit le Christ.
Penaud, il baisse la tête, regarde ses pieds.
Dieu le Père hausse les épaules, découragé.
Comment, c’est toi mon fils, le fils de Dieu,
A ton âge toujours à faire le facétieux.
Inconscient, j’ai un nouveau Big Bang sur les bras.
Ce n’est pas toi, bien sûr, qui va démêler ce fatras.
En plus, comme d’habitude, il va falloir gérer la vie.
Qui va s’en donner à cœur joie, pleine de fantaisie.
Tu vas voir qu’elle nous pondra un nouvel homme,
Un gourmand, un croqueur de pomme.
Je sais que cela pourrait être pire,
Et que l’homme n’est pas un aussi triste sire.
Je m’inquiète pour ce gamin,
Qui malgré tout sait tendre la main.
Il est querelleur et batailleur,
Mais je crois que vaste est son cœur.
Tête folle, il reste libre de ses choix.
Finalement, elle n’est pas si lourde notre croix.
« Finalement, cela vaut bien une croix »
Allez, advienne que pourra, laissons le agir.
Quand à toi, files chez ta mère te repentir.
© Beatrice Pailler
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© Hans Holbein le jeune
Ténébreuses et troublantes épousailles
La mort joyeuse enlace et cisaille.
Voici la noce ancestrale où le corps se cabre,
La gigue infernale d’une danse macabre.
Les lames rouges saintement ferraillent.
Le choc des boucliers scande la bataille,
Arme nos bras pour que tinte et tonne le chaos
D’une épopée de chair, d’os, rougeoyante et sans repos.
Je me souviens que sous les étendards de velours cramoisis
S’émeuvent les cœurs, s’échauffent les corps aguerris.
L’impatience était grande, en liesse aux sons du tambour, nous sommes partis.
Fiers nous allions avides de conquêtes guerroyer vers la lointaine Asie.
Sur la plaine, dressé au seuil de ma nuit, je me souviens du début.
L’orient s’offrait à nous, éblouissant dans sa lumière crue.
L’or, l’argent, les étoffes précieuses, les corps nus.
La beauté des femmes, la force des hommes, nous voulions l’inconnu.
Voici notre butin corbeaux et corneilles à la noirceur d’émail,
Qui sur la terre desséchée, sable et rocaille,
Tournoient, s’assemblent, viennent affamés
Se nourrir à la source fertile de nos corps mutilés.
Caresses funèbres pour de radieuses funérailles,
Verrons-nous l’aube nouvelle ce tendre corail ?
Et l’onde guerrière d’acier rutilant
Sème la mort dans son sillage sanglant.
© Béatrice Pailler
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