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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 07:17
Mon jardin d’Automne – Béatrice Pailler
Photo J. Dornac
 
 
Entendez-vous au jardin détrempé la brise automnale qui sifflote, la bruine qui fredonne ? Sous la flanelle grise des cieux les chemins délaissés frileusement se pelotonnent. Voyez-vous les grands arbres désordonnés, leurs ramures ébouriffées ? Ils s’agitent, elles frissonnent, c’est la nature enjouée qui change de parure, s’effeuille et joliment se pomponne.
 
La futaie corsetée de cuirs, fauves et bruns, se coiffe, d’incarnat, d’une sanglante couronne. Ses fanfreluches et affiquets se colorent, se teintent, d’or, pour qu’au bal des feuilles dernières, se joue le récital d’automne. Farandoles et rondes folles, dans les senteurs de mousserons et de pommes, l’on entend le vent tout joyeux qui chantonne, provoquant dans un doux froissement la chute des belles désignées, ces feuilles épuisées qui faiblissent et s’abandonnent. Au festival de fin de saison sous la lumière qui rayonne et s’épanche, rehaussant l’éclat des rouges, ravivant la moire de leurs robes miellées, ces rousses madones savent, sans peur se réjouir, sans honte rougir. Mais, les voilà prostrées et dans la soie mordorée d’une révérence profonde, elles s’endorment sourdes au vent qui ronronne.
 
Ultime offrande qui embaume et nourrit la terre, parmi la grisaille d’un ciel pommelé, les effluves mûrissants, fruits fermentés de leurs corps pourrissants, se mêlent aux nuages monotones. Alors, avec des cieux brouillés de pluie, l’hiver s’invite saluant Déméter seule sans Perséphone. Et sous le vent qui s’époumone, forcit, le jardin dans sa parure flétrie, faite d’or, de cuivre terni, n’espère, ni n’attend plus personne.
 
© Pailler Béatrice
2014
 
Mention spéciale du jury en 2014 au concours international de poésie du Salon Orange



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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 07:25
Mascarade – Béatrice Pailler
 
 
 
Verrons-nous un jour le vrai visage des choses crépusculaires,
Celles qui dansent dans le poudroiement de la cendre funéraire.
Au bûcher les os, blancheur d’émail,
Joyeusement se chamaillent.
 
Entendrons-nous les cloches mortes, le cri troublant de l’ossuaire,
Glas et tocsins, la voix viciée des longs suaires.
Les grelots des fous, des épouvantails,
Ebréchés et fêlés sonnent ferraille.
 
Alors nous toucherons la vérité, dessous le voile tutélaire,
Celle gravée dans la cire molle de l’ivoire mortuaire.
Pèlerine funèbre, noir camail,
La nuit pour nous chante funérailles.
 
© Pailler Béatrice
2014
 
Texte paru dans l’Eveil du Myosotis
Anthologie de poésies contemporaines
JP Béchu et M Chamon les Editions du Net



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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 06:53
Plumes – Béatrice Pailler
 
 
Sous un voile de pluie,
Les moineaux insolents,
S’égaient au jardin de juillet.
 
*
 
Chahut ébouriffé.
Autour d’une manne sucrée,
Les moineaux se chamaillent.
 
*
 
Moineau et papillon
Se coursent, se fuient.
Mais comment cela finira-t-il ?
 
*
 
En quêtent d’un trésor,
D’un éclat d’ambre lustré,
Les moineaux battent le pavé.
 
© Béatrice Pailler
2014



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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 07:50
Fièvre – Béatrice Pailler
 
 
Dans l’essaim, ce blanc seing des ires
Le saint délire d’un sain désir.
Et sous sa haire de silice si dure,
Sur son blanc sein si lisse
Erre le cilice si pur.
 
© Béatrice Pailler




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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 07:26
Tromperie – Béatrice Pailler
© Raphaël
 
 
Pomme acidulée  
Je mords dedans.
Juteuse
D’acide de lait,
Mordante,
Juste tueuse
Morte en dedans.
 
© Béatrice Pailler        




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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 07:14
Caresses – Béatrice Pailler
 
 
 
Sur la mer si fraîche, lisse,
Aux vagues glissantes,
L’éther aux fraîches mains
Essaime l’ambre brun.
Et Sur les terres vagissantes
Sème les embruns qui fraîchissent,
L’amer fraîchin.
 
© Béatrice Pailler



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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 07:05
Un homme s’endort – Béatrice Pailler
 
 
Ce n’est qu’un homme qui s’endort
S’assoupit et sans bruit
S’endort dans la nuit et glisse dans la mort
Sans bruit vers l’oubli
Vers la mort repos de la vie
Où l’on oublie que l’on fut homme
Et plein de vie avec un cœur avec un corps
Un homme qui trop tôt meurt
 Inassouvi et sans un bruit
Meurt s’endort dans la nuit
Sans bruit glisse dans la mort
La mort pleine de vie
 
© Béatrice Pailler

 
 
 
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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 07:02
À l’Heure Dite (extrait d'une nouvelle) – Béatrice Pailler
 
 
 
…………La lumière est encore incertaine mais l’on devine, à perte de vue, la nappe fleurie d’une pâture, un verger noueux, aux arbres tordus, croulant sous la floraison, et sautant la clôture, la prairie enfin libre qui s’échappe vers l’horizon. Vaste mer verdoyante venant s’échouer sur l’écueil sombre d’une forêt de grands arbres, remparts de lances aigües, où s‘empale la nue. Dans la mouvance des cieux, tout va très vite, les nuages rosissant accueillent en leur sein les troubles phosphorescences de l’aube mûrissante. Les lueurs, sauvages et barbares, qui déferlent en vagues successives, incendient l’atelier d’un flot d’ambre rougeoyant, et frappent, de plein fouet, le sofa, cramoisi, qui s’enflamme. Au loin, le soleil, or et sang, filtre au travers de la futaie, et s’élève, dardant ses premières flèches vermeilles.
 
La petite, subjuguée, haletante sous l’averse solaire, ne bouge plus, sa chevelure de cuivre en fusion roule sur sa poitrine, coule sur son ventre. Dans l’incandescence du moment, les éclaboussures rousses de sa peau lactescente deviennent, des constellations d’étoiles miellées, qui scintillent sur ses épaules et ses bras, en milliers de paillettes fugaces. Voulant à tout prix percer les tendres secrets de cette nef sacrée, avec passion l’homme scrute ce corps d’opale rougi. Sous ses yeux affamés, la lumière explore, enlace et capture, la chair sculptée d’ombres inattendues. Elle dépose à fleur de peau, une somptueuse parure, un voile rougissant au feu du levant, emperlé de sueur, irisé, insaisissable et dansant.
 
Avec frénésie il s’est mis à l’œuvre, et buvant la lumière, à même le corps offert, il travaille comme un forcené. C’est un combat qu’il renouvelle au jour le jour cherchant, au cœur de la lumière, la quintessence des êtres. Oui, sans relâche, dans une quête obsédante, il veut approcher l’absolue vérité, idéale et irréelle, qui couve sous la chair. …………..
 
© Pailler Béatrice avril 2014
 
Texte édité par la revue en ligne Levure Littéraire - Dans son N°9 Le Cheminement de l’Artiste
 
http://www.levurelitteraire.com



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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 07:40
Qui Frappe – Béatrice Pailler
 
 
 
Tic-tac, Tic-tac,
Patience, patience,
L’aiguille tressaute, grimace,
Et l’horloge sans heurt grignote les pleurs.
 
Tic-tac, Tic-tac,
Bientôt, bientôt,
L’aiguille trépigne, s’énerve
Devant le temps et son labeur, devant le temps et sa lenteur.
 
Tic-tac, Tic-tac,
Je suis là, je suis là,
Et l’aiguille réclame mais cède le pas
Face à la Mort qui festoie, dévore les heures.
 
© Béatrice Pailler



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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 07:37
Le Petit Clos – Béatrice Pailler
 
 
 
Translucide évanescence,
Aux lèvres de l’enfance
Les roses blanches
Ont un parfum de dimanche.
 
Un long sourire qui glisse,
Furtif. Et dans les fleurs attendries ;
La senteur suave des lys
Embaume, embellit.
 
Sous l’amandier, fleurit
Le lait de l’insouciance,
La pomme aigrelette, surie,
Et les regrets à l’amère fragrance.
 
Fleurs fanées, fruits flétris,
Alors ruisselle la parure d’oubli.
Ces joyaux de pluie, perles d’ivoire,
Ces lancinantes larmes du soir.
 
© Béatrice Pailler



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