10 juin 2012
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06:35
© Inconscient, rêves et images - Salvador Dali
L'ombre traque ma lampe
et pèse sur le cercle
friable de clarté
où je résiste encore
aux assauts du sommeil
les doigts tachés d'encre
au milieu d'un tumulte
de feuilles épuisées
par les pièges du Verbe…
Je froisse le papier
qui s'oppose à mon pas
et la première étoile
juchée sur les épaules
de l'espace infini
observe mes efforts
pour me rapprocher d'elle…
L'enfantement devient
ce grand voile inconnu
qui scelle nos paupières
et tient notre regard
dans la main du mensonge
où règne l'apparence
aux ordres de la mort…
Ma plume est une torche
conquérante et sauvage
qui fouille la poussière
accepte le combat
contre cet invisible
peuplé de hordes noires
qui me jettent des pierres…
Marcher sans défaillir
poursuivre l'étincelle
jusqu'au bord du vertige
ne pas craindre l'erreur
ni le doute effrayant
qui jouit de la matière…
… Notre destin dépend
non de nos maladresses
mais bien de cette course
qui germe lentement
dans la bouche du ciel…
Je suis de cette race
impétueuse et fière
qui porte dans son cœur
le mélange étonnant
de l'aube primordiale
et du cours incertain
du temps qui nous traverse…
Le danger prend racine
dans nos paroles creuses
et dans l'agitation
stérile de nos jours…
L'errance est un poison
plus mortel que l'âge
qui accouple nos corps
à l'ombre de l'oubli…
L'aiguille se rapproche
le rivage s'éloigne
et ma plume glisse
vers un lieu sans retour
et j'entends l'abandon
sonner… sonner du cor
pour que je lâche prise…
J'ai engagé le fer
derrière ma poitrine…
La mort en ce combat
a le pouvoir immense
de me ressusciter
mais cette heure est à naître
car mon duel d'argile
ne fait que commencer…
Immobile et prudent
le poème se tient
sur le doigt de l’abîme…
Aventurier du rêve
passeur de l'étrange
animé d'une sève
plus forte que ma vie
je poursuivrai ma proie
au-dessus de la chute
jusqu'à ce que le mot
touche enfin la pensée
l'embrase et la chevauche
s'empare de sa chair
et trouve dans le sang
l'orgasme de lumière !
© Victor Varjac
Antibes, le 1er février 2004
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Victor Varjac
27 mai 2012
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07:26
© Les vieilles – Goya
Fripées jusqu'à la trame
comme d'anciennes momies
si près de la mort
elles affichent une mine
étrange et grotesque
malgré l'artifice
d'un maquillage de scène…
Le parchemin craquelé
de leurs vieilles carcasses
tente une nouvelle saison…
Leurs bouches déformées
par un rouge « fluo »
ressemblent à une rose
mordillée par le gel…
Leurs pommettes affaissées
cachent une angoisse triste
sous une poudre d'aube…
Beauté qui embrase
les folles chimères
elles capturent le regard
d'un sourire effrayant
qui déglutit les mots
entre un palais de résine
et un bridge malsain…
Malgré le temps moqueur
qui déforme leurs silhouettes
elles bravent l'avenir
de leurs masques étonnants…
L’or… le diamant… le rubis
ne pourront jamais prétendre
au statut de magicien
face à la décrépitude…
Spectacle avilissant
que ces marionnettes bourgeoises
dont les jours inutiles
se dérobent sous leurs pas…
Aucune tricherie
aucun subterfuge
n'assouvira l'appétit
de ce mal individuel
collectif et solitaire
qu'on appelle : vieillesse…
Pourtant les rides au front
les cheveux qui blanchissent
sont souvent les majuscules
où s'enroulent doucement
la noblesse de l'âge…
Mais chez les vieilles rentières
et les amants serviles
la fourrure arrachée
à la vie innocente
d’animaux majestueux
n’est qu'une cruauté
qu’engendre la richesse…
Je perçois les hurlements
de cette sauvagerie
que le commerce encourage
et le profit légalise…
Heureusement la mort
les mites et les vers
dévoreront bientôt
ces cauchemars humains
où se lovent les serpents
et pousseront ces oripeaux
d'égoïsme et d'horreur
sur le pal affamé
amoureux du néant !
© Victor Varjac
Antibes, le 19 janvier 2003
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Victor Varjac
13 mai 2012
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06:43
© Jean-Michel Folon
A Andrée Satger
J'évite le papier
qui donne bien trop vite
sa blancheur infinie
à la mine vorace
d'un crayon carnassier…
J'évite la page
que l'on raye de mots
et de ponctuations…
Ô petites blessures
qui déchirent les yeux
où les anges étourdis
avaient posé leurs ailes…
J'évite la page ouverte
où la parole éculée
n'a plus assez de force
pour atteindre la pierre
où commence la vie…
Lorsque j'écris le soir
j'abandonne mon nom
à la branche du monde
je deviens l'anonyme
l'ombre qui se penche
le trait qui se cherche
au carrefour des hommes…
Je répudie le quotidien
je retourne l'espace
où se cache le cercle
imprudent et royal !
Je fouille les entrailles
de l'interrogation
à la pliure même
où l'infini hésite
puis s’accroche au rayon
de la terre qui tourne…
L'horizon s'aventure
sur le perron du vide
où l'empreinte se penche
pour toucher la lumière…
Les murmures de l'aube
sous le ventre du jour
emporteront mon âme
loin du trouble sauvage
que provoque l’écho
assoiffé d'apparences…
Je traque l'éphémère
et le chant diaphane
de la lune qui traîne
le mirage blafard
d’un terrible secret
caché dans l'oubli…
Aurai-je le courage
de muscler ma peur
et de rompre le cou
au vertige immobile
qui sommeille en ma chair ?...
Je ne puis renoncer
à suivre le chemin
que m'indique le vent
ni à saisir le rêve
qui se mêle à mon corps
et danse dans ma tête…
Il existe une voix
que je ne peux comprendre
mais dont l'étrange musique
franchit le seuil du temps…
Elle possède la clef
qui ouvre la parole
inconnue en ces lieux
voués à la poussière…
Je m'allonge dans l'herbe
comme une fleur blessée
où l'Automne chancelle
et je vois le passage
enclos entre les berges
de la saison qui saigne
et je vois le sentier
doucement apparaître
derrière ma conscience
qu’exige mon destin…
Je vois le premier pas
vers cette plénitude
où l'imprudence imagine
de nouvelles étoiles…
Renaître de l'écume
et de l'ombre où défaille
l'heure qui nous éloigne
de cet itinéraire
et comme le Phénix
émerge de ses cendres
j'atteindrai la demeure
où le regard du ciel
pourra nommer enfin
cette lueur qui tremble
dans le creux de mes mains…
Ainsi j'épouserai
la tragédie du monde
qui accueille la mort
dans les bras de nos êtres…
Déjà le coeur se hâte
vers cette renaissance
où les jeux de l'amour
transfigurent la vie
sempiternellement…
© Victor Varjac
Antibes, le 25 août 2007
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Victor Varjac
15 avril 2012
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07:53
© Paul Klee
Tu m'apparais si frêle
tenant à peine sur tes mots
mirage hésitant
entre le sentier du monde
et le voyage du ciel...
Je sens alors frémir
l'encre de ton corps...
Tu es si pâle
sous le regard soyeux
de ma lampe immobile...
Sur les pentes inconnues
d'une nuit qui s'évade
tel un précieux coquillage
tu confies à ma plume
l'étrange beauté
qui cueille la souffrance
et porte doucement
les griffes du mystère
jusqu'aux lèvres du coeur...
Déjà sur le papier
tu balbuties
pour ne pas mourir
et ton visage qui sèche
entre dans mes veines
comme l'écho
de mon âme perdue...
Enfant qui bouge
dans mon incertitude
comme un autre moi-même
je dois toucher ta chair
pour te reconnaître
et jouir de ta voix...
O mon dernier poème
mon ultime douleur
ne te retourne pas !...
© Victor Varjac
Antibes, le13 Septembre 2001.
Extrait de la Rouille des Jours
Editions Mélis 2010.
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Victor Varjac
1 avril 2012
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08:09
© René Magritte
Assise sur son axe
notre terre poursuit
son vieux rêve d'espace
traînant dans son sillage
la valse des saisons...
Depuis les origines
la vie mène sa quête
de l'unicellulaire
aux êtres que nous sommes
mais le mal est entré
par une porte sombre
dans l'argile des corps
métamorphosant l'homme
en un tyran de chair...
Esclave d’un démon
au visage de chiffres
ravageant notre monde
pour un Avoir de dupe
les «dieux de la finance»
construisent leurs empires
sur l'échine des pauvres !...
Les lois sur le profit
massacrent par milliers
des êtres sans défense
sous les yeux impassibles
d'actionnaires anonymes !...
Poète....je te parle !
Je te parle ...Poète !
N'entends-tu pas les pleurs
d'un monde qui s'écroule
Ne vois-tu pas les jeunes
chevaucher la révolte
pour qu'un autre avenir
puisse exister demain ?...
Poète... Je te parle !
Qu'attends-tu pour t'unir
aux forces de Lumière ?
Mais qu'attends-tu...Poète
pour prendre la parole ?
As-tu peur de crier
comme un ange rebelle
ton amour de la vie
au milieu de l'arène
quand ceux qui nous gouvernent
affament les plus faibles
et bâillonnent tes frères
sur la dépouille chaude
et presque frémissante
de ta sœur Liberté ?
Poète...Je te parle !
Je te parle ...Poète !
Quand vas-tu te lever ?...
© Victor Varjac
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Victor Varjac
18 mars 2012
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06:39
© Pandore (Détail) de John William Waterhouse
Ô donnez-moi
deux… non trois… oui trois…
mais trois… trois
serait insuffisant
donnez-moi plutôt
une centaine que dis-je…
un million de vies
que je puisse dompter
la machine du temps
qui m’entraîne et me tue
dans sa course folle…
Donnez-moi toutes ces vies
toutes ces flammes
encore transparentes
je les animerai
du flot de mes artères…
je rougirai les corps
du feu de la passion
j’offrirai l’enfance
aux ailes de clarté
à l’ange du sang
qui métamorphosa l’argile
en souffle de lumière…
La mort traîne partout
son manteau de tempête
elle rôde et chasse
ainsi qu’une meute affamée
claquant au cou de l’heure
comme les crocs du fouet…
Elle pousse nos désirs
dans la gorge d’espérance
pour mieux vaincre nos cris
et les pendre impuissants
aux branches de l’abîme…
Mais si vous me donniez
les vies que je réclame
trois gouttes toutes neuves
d’un sang nourri d’espace
et un petit bout d’âme
qui pousse dans un rêve
cela me suffirait
à transformer la Roue
impitoyable des saisons
et ses paroles d’ombre
où les pièges de l’âge
touchés en plein vol…
disparaîtraient enfin
dans l’ornière du passé…
Je réclame trois vies
trois vies seulement
est-ce trop demandé ?...
Alors une… une seule…
oui une minuscule
à qui je donnerai mon cœur
pour essayer encore
avant de disparaître
d’inscrire sur votre front
la misère éternelle
de votre création…
© Victor Varjac
Extrait de "La Rouille des Jours"
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Victor Varjac
11 mars 2012
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08:06
© Hans Baldung-Grien - Trois Âges de la femme et la Mort
Ô la vie… Ô ma vie
Dieu que tu es belle
nue
dans ta robe de sable
que tu es belle
et désirable…
Jamais ma voix
dans la fêlure
du silence
n'atteindra
le chant de ta bouche…
Ta chevelure
habite mon quotidien
comme des jets d'eau
à la gorge transparente
et aux rires de fleurs…
Laisse-moi
laisse-moi toucher tes ailes
encore frémissantes
et fiévreuses
du vacarme d'espace…
Dis-moi je t'en supplie
où mène cette course
aveugle des saisons
que je puisse t'offrir
la trace fragile
de mes pas incertains
et le sang de ma route
où grondent mes combats…
Tu es entrée en moi
par la porte du cri
et le vol de mon souffle
déroula le soleil
comme un voile de nacre
et mon coeur stupéfait
ouvrit enfin les yeux
à la première page
pour croiser ton regard
et je t’ai reconnue
Ô la vie… Ô ma vie
dans ta robe de bal…
dis-moi que feras-tu
de mon avenir
qui te tend les mains ?...
Ne pourrais-tu pas m’offrir
ce visage d'âme
qui pousse dans ma chair
à l'espérance d'homme ?
Le jour tâtonne et tergiverse
serait-il encore trop tôt
pour soulever la pierre
qui obstrue le chemin ?...
© Victor Varjac
Antibes, le 1er mai 2004
Extrait de "La Rouille des Jours"
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Victor Varjac
4 mars 2012
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/mars
/2012
06:44
© Marc Riboud, la jeune fille et la fleur, 1967
Un trou
rien qu’un trou
un trou
dans le ventre d’un mur
un trou
au milieu des pierres
une marque affreuse
comme une perforation
qui cherche à tout prix
l’imprévisible sentier
de l’âme !...
Un nuage égaré
œil intrépide
où respire
l’écume du ciel…
Une brèche
aux lèvres sévères
qui mord l’espace
et arrache un cri
à la transparence
de l’air…
La blessure…
la blessure se souvient
de la violence extrême
brandissant des corps
au milieu de la rue…
Les deux mains arrachées
le jour n’a plus de force
il ne parvient
même plus
à saisir le soleil
et sa parole siffle
touchée à bout portant
par la déflagration
des obus et des bombes…
Le feu dévore
les rêves noircis
de poussière et de sang
puis recouvre
un à un les visages
de ce masque éternel
à la beauté de cire
où s’éteint le regard…
tandis que la fumée
camoufle une seconde
le crime insupportable
et traverse le chaos
telle une âme en partance…
La tempête…
la tempête a surgi du ciel
brisant la quiétude
d’un trait de métal…
L’horrible vint alors
de ces armes affreuses
où bourdonne la mort…
Les rapaces d’acier
dérobent le sourire
et mordent à belles dents
la poitrine de la Paix
et comme des chimères
désignant leurs victimes
ils empoignent ces êtres
par la crinière vive
d’un galop de souffrance
avant de les abandonner
dans les couloirs déserts
où les heures peu à peu
momifieront
leurs dépouilles sanglantes !...
Existe-t-il seulement
une lumière capable
de traverser
la main de l’ombre
qui retient
et multiplie
ce désastre ?
L’aube
pourra-t-elle encore
inventer une brume claire
aux cheveux de rosée ?...
Qui pourra retenir
cette douleur suprême
sans être crucifié
par le sang de l’enfance ?...
La mort enfin repue
s’abandonne au sommeil
et les marchands retournent
à leurs comptoirs prospères
laissant au silence
le dernier mot…
L’homme regarde
regarde sans voir
assis sur un mur
un mur perforé
il regarde un paysage
un paysage qui hurle
hurle sa détresse
et l’homme regarde
assis sur un mur
un mur perforé
il regarde un paysage
ignorant le trou
plus large qu’une blessure
plus vaste que le néant
et met sans le savoir
ce trou ordinaire
cette béance obscure
à la place de la vie
où chantait son cœur !...
© Victor VARJAC.
Poème extrait de "LA ROUILLE DES JOURS"
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Victor Varjac
26 février 2012
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26
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/février
/2012
08:17
© Pieter Bruegel l'Ancien
Je suis ce matin
porteur de bonnes nouvelles !
Nous revenons enfin
à l’heure du soleil
les enfants retrouvent
le rythme de la joie
les OGM sont interdits
l’argent n’existe plus
sous sa forme assassine
la misère est bannie
le sida et autres virus
débusqués par la science
ne déciment plus
la race des hommes…
Les peuples ont dit
NON à la guerre
NON à la spéculation
NON à la rentabilité
Non à l’injustice…
La politique devient
un véritable échange
entre les citoyens…
La Liberté… La Vraie
a maintenant un visage
Celui du Bonheur !
Mais que dites-vous ?
Nous sommes en Avril
LE PREMIER AVRIL !...
N’est-ce pas merveilleux
c’est le seul moment
où le Rêve
accède aux commandes
sous la forme d’un poisson
accroché dans le dos
de notre belle innocence !...
Si ce PREMIER AVRIL
s’installait pour de bon
en nous offrant
sous la forme cocasse
de ce poisson rieur
de ce poisson magique
la douceur de vivre
nous serions les êtres
les plus heureux de l’Univers !...
© Victor VARJAC
Antibes, le 1 AVRIL 2010
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Victor Varjac
19 février 2012
7
19
/02
/février
/2012
06:50
Harold Lloyd dans « Safety Last »
Depuis que le Pouvoir
peut se moquer de nous
attrapant notre vie
par les cheveux de l’heure
pour prolonger le jour
et racornir la nuit
la nature interdite
ne nous reconnaît plus
comme « enfants du Soleil » !...
Tous les êtres fragiles
depuis plus de trente ans
subissent je le sais
cette stupidité !...
Technocrates obscurs
au service du vide
pensez-vous que Phébus
à qui nous devons tout
modifiera la course
de son char merveilleux ?...
Comment pouvez-vous croire
que pousser une aiguille
en ajoutant un tour
nous fera oublier
que l’heure « disparue »
pour les hommes soumis
n’existe pas encore
dans le cœur d’une étoile !...
Pourquoi ne pas nous dire
au lieu de ce mensonge
de nous lever plus tôt
abandonnant nos rêves
sur le bord du sommeil ?...
Marcher à contre sens
froisse à jamais nos âmes
lorsque le nourrisson
face à l’heure perdue
cherche sa nourriture
d’une voix haletante …
C’est bien tout l’univers
dans sa petite main
qui accuse les hommes
d’être des créatures
au-delà de l’Amour !...
© Victor Varjac
Antibes, le 29 Mars 2009.
(La Rouille des Jours)
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