22 mars 2015
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08:41
Photo J.Dornac©
La première tache d’ombre
se pose nue
sur la plus haute branche
et tout le paysage
se retourne et regarde
la créature noire
dont l’insolite présence
fascine par sa beauté…
Bientôt le frisson
qui agite et bouleverse
la chair végétale
se métamorphose
en douleur de brume
que l’aube fiance
à la blessure des heures…
Le sang bleu de lumière
ensorcelle la cathédrale
des forêts et des bois…
La robe verte cède
aux avances de l’ocre
qui grignote et roussit
les feuilles imprudentes…
Le soleil ne perçoit plus
le sommet du ciel
et son trône s’écroule
enfoui dans les brouillards
d’un si long crépuscule…
A présent le jour
est un oiseau blessé
par la course des saisons…
La terre baisse la tête
tel un jardin
qui se referme
sur un espace condamné…
La nuit sans indulgence
tourmente le feuillage
de ses griffes de gel…
L’Automne change les arbres
en bûchers de couleurs
empourprant la campagne
de ses mèches de feu…
et Septembre abandonne
son paradis d’enfance
et cède le voyage
à la grande ombre nue
dont la beauté perverse
fascine l’avenir
sur la plus haute branche…
© Victor Varjac
Antibes, le 30 octobre 2011
Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume
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Victor Varjac
22 février 2015
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08:05
A Nicolas Pélissier
L’écriture manuscrite
est une transparence de l’âme…
Un cri d’encre
jailli de la chair…
Uns soif qui garde
la lumière des mots
dans leurs coquilles d’images…
Une envie impérieuse
d'abolir l’espace
qui sépare les êtres
et le Temps qui déchire
les rendez-vous secrets…
L’écriture est une danse
sans ombre et sans limite
où la plume glisse
interroge et s’attarde
sur ces visages naissants
comme le soir allume
l’œil curieux des lampes
qui bouscule la ténèbre
de son chant de clarté !...
Vierge la page tremble
de cet espoir contenu
qui cherche dans la phrase
la chaleur des bras…
et l’ivresse du désir…
Ô douce étreinte
de la feuille brûlante
qui sous les doigts du rêve
devient un corps d’encre
et cette voix troublante
au cœur même des mots !...
© Victor Varjac
Antibes, le 26 octobre 2011
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Victor Varjac
8 février 2015
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08:59
© Photo J. Dornac
Lorsque mon cœur s’appuie
nostalgique et muet
comme un regard errant
sur la vitre du jour
je sens monter en moi
cette indéfinissable
agonie des couleurs
embrasant dans sa course
la houle des collines
et l’ombre des vallons…
Le serpent de l’Automne
à la cape de brume
a mordu au visage
Octobre qui résiste
Jusqu'au sommet des arbres
Mais telle une fissure
qui coupe la matière
la fièvre lentement
s’empare de ma sève
l’entraînant dans sa ronde
où pousse le sommeil
et le fleuve incolore
se couche pour l’Hiver
dans le lit des racines…
Contre la vitre sombre
mon cœur cherche l’étoile
qui donne à cette nuit
la beauté d’une image
mais la ténèbre emporte
sur la mousse des feuilles
le rêve des couleurs
qui doucement… s’endort…
© Victor Varjac
Antibes, le 18 octobre 2011
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Victor Varjac
25 janvier 2015
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08:18
Trois blessures noires
sur le corps d’azur…
Trois taches profondes
aux ailes de nuit…
Trois signes croassant
au sommet d’un if…
Trois larmes sonores
et le visage du jour
qui balbutie ses pas
sur le chemin de l’aube…
… Mais qui tresse une couronne
en mensonges d’espoir
en fêlures de vent
au milieu d’un silence
qui se noie dans ses cris ?...
Le voyage commence
et le ciel déborde
les frontières du doute…
L’ombre s’efface
car tout ce qui existe
s’abandonne au grand jeu
de la métamorphose…
Les lignes et les points
par caprice ou défi
transforment leurs empreintes
en cercles sans paupières…
en figures nouvelles
aux couleurs changeantes…
Peinture matinale
d'un paysage hirsute
qui s’étire
sur le seuil précaire
d’un avenir possible
contemplant son chef-d’œuvre
ivre d’un songe radieux
aux mains tendues d’amour !...
… Mais dans la course du ciel
trois blessures noires
trois ailes de nuit
croassent au sommet
d’un if sombre et droit…
© Victor Varjac
Antibes, le 25 juin 2011
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11 janvier 2015
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08:10
Au cèdre abattu pour avoir fait de l’ombre
« Si tu coupes cet arbre
je veux mourir aussi »
L’enfant plonge son rêve
devenu cauchemar
dans les yeux du bourreau…
« Pourquoi veux-tu abattre
l’ami de mes jeux ?
Cet arbre est ta survie
dans ce monde blessé…
Je veux que mes enfants
puissent voir à leur tour
le confident des heures
qui partage mes jeux…
« Je ne puis rien pour toi »
répond l’exécuteur
l’arbre s’est approché
si près de la maison
que le bleu de la mer
est entré dans ses branches…
Assis dans son fauteuil
l'homme n’aperçoit plus
cette ligne qui danse
et l’ombre des ramures
abritant les oiseaux
dresse pour lui un mur
d’où s’échappe des cris !...
Alors il a voté
l'abattage de l’arbre
celui qui le sauva
dans un passé lointain
mais depuis l’égoïsme
a desséché son cœur…
Le cèdre va mourir
en cette aube qui pleure
pour qu’enfin l’homme puisse
assis dans son fauteuil
apercevoir la mer
cette ligne qui danse !...
© Victor Varjac
Antibes, le 14 octobre 2011
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Victor Varjac
7 décembre 2014
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08:20
Je vois toujours tes yeux
qui bougent dans l’espace
un rire parfumé
un souvenir qui passe
comme une main ouverte
que l’on ne peut fermer…
L’heure croît puis efface
les gestes et les mots
le chemin me regarde
le paysage verse
l’éternité se brève
sans laisser une trace…
… mais j’aperçois tes yeux
dans tout ce qui résiste
à conserver le jour !...
Ils bougent dans l’espace
Comme deux astres clairs
deux caprices de flammes
deux prières de ciel
plus fortes que le temps…
Dès l’aube de ma Vie
bien avant que l’usure
devienne une habitude
une marche qui pleure
au bras du quotidien
le rêve m’épousa
sur l’autel du futur
mais la réalité
avait un corps de glace…
Le sang de l’écriture
me sauva du naufrage
même si la douleur
mélangeait nos visages…
Tout au fond du poème
ce sont tes yeux incandescents
comme une cathédrale
au soleil couchant
qui saisissent les battements
de mon cœur affaibli
et le courage d’être
ce que je ne suis pas…
© Victor Varjac
Antibes, le 16 août 2011
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Victor Varjac
23 novembre 2014
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08:10
à ce qui n’a pas de nom
Les mots et les images
fées et lutins du langage
ont le pouvoir admirable
de faire naître la Vie
la Vie hors du Temps
de ce Temps qui radote
et regarde sans cesse
si le cadran des cieux
met ses pas dans les miens…
Ô Temps
ne vante pas ta course
sans halte ni repos
tu maltraites mon apparence
en ajoutant des rides
sillons de la vieillesse
qui feront de ma peau
un parchemin grotesque…
Tu déformes et ratures
le dessin de mon être
mais ni mon cœur
ni mon rêve
ne peuvent t’appartenir…
Ils sont nés d’un secret
celui de la jeunesse
qui ne sait pas vieillir…
Enfouis le couteau
de tes jours
dans ma chaire fragile…
Ironise mon corps
labouré de blessures…
Pousse-moi vers la chute
où m’attend le silence…
Comme tu es risible
dans ton rôle d’aveugle
qui cherche à me prendre
sans y parvenir
car au pays magique
ma chair est une image
et les mots mon destin
je ne suis pas humain
je ne suis que langage
et toi… tu n’en sais rien !...
© Victor Varjac
Antibes, le 16 août 2011
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Victor Varjac
9 novembre 2014
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08:20
À ma sépulture végétale
Des racines qui boivent
le rythme universel
d’une eau claire d’infini…
Des pierres à la peau de comète
qui racontent la nuit
dans les draps de la terre…
… tout un monde en marche
invisible et secret
qui se charge peu à peu
de ces fortunes obscures
où le Temps lui-même
a perdu sa boussole !...
C’est en ce lieu discret
que les cendres de mon corps
s’enrouleront
comme des graines sauvages
de coquelicots en feu
portées par la main
transparente et tendre
du vent
et le tronc de mon chêne
assistera silencieusement
à la naissance
d’une couronne grise
telle une bague d’Esprit
que l’on glissera
à son grand doigt d’écorce !...
Nourri depuis l’enfance
par notre « Mère Nature »
je fermerai le cercle
de mon existence
et réglerai
ma dette matérielle
par les fiançailles
de ma chair calcinée
à la richesse de l’humus
étendu sous les arbres…
© Victor Varjac
Antibes, le 1er décembre 2010
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Victor Varjac
26 octobre 2014
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08:17
L’Hiver appuie
ses deux mains
sur mon visage…
La transparence
de ses doigts
imprime
sur ma peau
le bleu muet
du rêve
quand le jour
se lève
en fourrure de givre…
Ce matin craque
Sous mes pas
et l’enfance de l’aube
est plus vivante
que jamais…
… étincelante
comme un secret…
Le ciel me parle
des nuages
qu’une bise pointue
pousse vers moi
et l’heure imaginaire
ouvre doucement
sa graine
et l’aventure
m’emporte
dans la neige
et le froid…
Mais qui se cache
dans les mains blanches
du silence
où dorment les voix ?...
© Victor Varjac
Antibes, le 13 février 2013
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12 octobre 2014
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07:06
© Salvador Dali
Quand l’interrogation
saisit
la gorge de mon cœur
j’entre dans le paysage
comme l’abandon
se livre
à la tendresse des feuilles…
Je n’ose plus bouger
tant la douceur du ciel
encore dans l’ineffable
submerge mon silence…
La jeunesse de l’aube
m'offre ses lèvres d’étoile
source de mon être
et découvre la flamme
dans le fruit d’un baiser…
Le vide n’a plus de force
et l’impatience du Temps
a perdu son Bouclier…
Ma vie enfin s’étire
s'étire à l’infini
oubliant le chemin
où traîne affreusement
le quotidien plombé
dans sa boîte promise
à une marche blême
jusqu’au bord de la chute…
… jusqu’à cette « oublieuse »
qui délaye le vécu
dans la main du multiple…
… Mais l’âme que je suis
n’appartiendra jamais
à la mutilation
du séjour terrestre…
Je voyage en délire
sur le chant du vertige
et le néant regarde
la naissance des mondes…
Je cherche dans la conque
de l’espace qui court
les bruits et les murmures
des astres qui se parlent…
La passion de l’ultime
fait apparaître l’ange
sur l’épaule du doute
à deux pas de la Source
où l’univers des dieux
cache « le grand secret »
dans l’écho des miroirs !...
© Victor Varjac
Antibes, le 23 juin 2011
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