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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 06:50
Photo Roland Souchon©

 

 

 

Entends-tu la flûte du vent

Sur le bourgeon ébloui de tendresse

Cœur intemporel à la source de l’aube

Les nymphes à coiffes blanches

S’envolent sans fin

Errance vers la brume des rêves

Où l’enchanteur embaume les étoiles  

 

©Roland Souchon

 vendredi 26 mars 2020


www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 07:44
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

 

Aux contreforts de l’aube, le jour s’offrait, vibrant d’air vif.

 

Des assauts de bleu pervenche saluaient ce jour de printemps.

 

Epicentre des songes, mars envoyait ses messages brodés de tendresse.

 

Seul un chapeau de brume coiffait les Hautes-Chaumes du Forez quand il prit le chemin de Grandval.

 

Alors que s’éloignait l’écho des cimes, haies et taillis commençaient à résonner de joutes intimes.

 

Les replis hercyniens de cette terre d’andésite le comblaient de joie.

 

Plein d’allégresse, il allait d’éminences en vallons.

 

En ces lieux, il repensait souvent aux yeux pers de sa mère qui avaient bercé son enfance.

 

Près de la croix de granite s’allumait la première jonquille.

 

Midi sonnait au clocher de Grandval.

 

Il décidait de faire une halte au village de Sabatier pour saluer une amie, bergère sentimentale connaissant toutes les fleurs du chemin.

 

Heureuse de le retrouver, elle lui proposa de partager son déjeuner.

 

Ils se régalèrent d’une salade de pissenlits aux lardons et aux œufs mollets ; une pâte de coing sur deux madeleines avec une verveine du Velay vinrent fleurir le balcon secret de leurs retrouvailles.

 

En la serrant très fort, il prit congé de Fanny et de sa beauté de Madone renaissance.

 

L’heure était au retour par le chemin de L’épinat.

 

Il obliquait sur un sentier à travers bois menant à la ferme de la Grange Neuve.

 

Près du ruisseau, il décidait une halte pour accueillir le printemps dans ce berceau de verdure, loin de toute civilisation.

 

Un pré humide hérissé de joncs luisait de toutes parts à l’appel du renouveau quand il aperçut un œil de perle.

 

Il resta immobile pour contempler ce bel échassier au gagnage avec son long bec flexible, deux fois plus long que sa tête gris fauve cendré rayée de quatre bandes sépia.

 

Migratrices, les bécasses seraient, aux dires des chasseurs, arrivées dans la semaine avec le vent du Sud par une nuit claire de pleine lune.

 

Aux bout de ses ailes, en avant des rémiges primaires, la bécasse possède deux petites plumes rigides dites « plumes du peintre », considérées comme un trophée, parfois offert par un chasseur en signe d’une amitié profonde.

 

A la faveur d’une bouffée de ciel, la bécasse s’enleva à grand fracas en une montée en chandelle jusqu’à la cime des sapins, puis, après un vol rasant horizontal, elle effectua, en coups d’ailes capricieux, des arabesques déroutantes terminées par un atterrissage en piqué dans une clairière.

 

L’émotion était à son comble.

 

Il imagina la bécasse en une pariade sur un layon forestier à l’heure de la croule.

 

Le soleil qui déclinait lui indiqua un chemin pentu qui le conduisit au village de Saint-Amant-Roche-Savine.

 

Une muse l’attendait dans sa maison habillée de lierre et de chants d’oiseaux.

 

©Roland Souchon

 vendredi 20 mars 2020


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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 07:30
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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 07:30
Peinture de Roland Souchon

 

 

L’éclat des baies coralines d’un houx est venu réveiller les tentures du

Songe de l’hiver

Tandis que le bleu cristallin du givre berce les fagots oubliés.

 

Cliquez ici pour lire la nouvelle : Lumières d’hiver

 

 

©Roland Souchon


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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 07:29

 

 

 

Un froissement d’ailes embaume l’azur

 

Et emporte le bruit ample et clair

qui surplombe la promenade.

 

Sur le sillon odorant de la Terrasse des Feuillants,

j’ai reconnu ton pas,

 

Celui qui efface le hasard d’un geste,

sans briser le mystère des ombres agitées.

 

Quand le reflet bleu des pierres fait danser la lumière,

ton silence murmure l’inouï

 

Et je perçois le tumulte béant

qui me porte bien au-delà des choses.

Là où s’enfuit la beauté.

 

Muse fidèle de la première clarté,

tu recouds mes pages oubliées.

 

Morpho, accompagné d’un battement d’ailes  

 

©Roland Souchon


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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 07:39
b.poupouil.over-blog.org

 

 

 

 

 

Il suffit qu’un oiseau traverse le ciel

Pour que s’éploient les couleurs sur l’éventail

Vert palpitant à la ramille d’un peuplier

Rouge chaleur maternelle sur la lèvre d’un coquelicot

Bleue l’aile du geai à la cupule d’un chêne

Jaune au vent ondoyant des moissons

Orange au premier sourire d’une chanterelle

Pourpre la digitale habillée de patience

Au chant nacré d’un liseron de perle

Revient l’oiseau

Et se replie l’éventail

 

Que l’année nouvelle déploie son éventail

avec un arc-en-ciel où chantonne la brise  

 

©Roland Souchon


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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 07:11
Photo Roland Souchon

 

 

Lorsque vient décembre aux ailes d’une mésange


Mésange bleue aux reflets de jade, tu es caresse au frimas de décembre
 
Oiseau aux rectrices et rémiges de ciel ardoisé, ton duvet vert anisé retient le parfum du noisetier
 
Le bandeau noir de ton collier souligne tes joues blanches d’aube gelée
 
Lorsque tu descends bleuir le buisson, ton plastron jaune paille s’enroule au bouquet d’hiver
 
Paridé coiffé d’une calotte bleue, tu zinzinules à l’heure où s’enfuient les chatoyantes sonorités de l’automne
 
Quand vient le soir, le velours d’un soleil couchant accueille le mystère de ton chant

 

©Roland Souchon


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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 07:39

 

 

 

 

 

Voilà trois siècles, le Livradois-Forez était pratiquement dépourvu de forêt.
Avec l’exode progressif vers les grandes villes, la forêt a conquis ce territoire auvergnat jusqu’aux portes des villages.

 

Besace sur l’épaule avec leur ample blouse bleu foncé, c’est d’ici, de novembre à avril, que les scieurs de long partaient pour la Franche-Comté et le Nivernais jusqu’en Normandie.

 

Sur la roche-mère sont venus le soleil, la pluie et le vent.

Granite et roches cristallines ont accueilli l’humus, et l’équilibre s’est installé avec l’arbre.

 

Quittant le village de Saint-Amant-Roche-Savine, une ensoleillée d’octobre éclaire le coude d’un chemin pentu où s’égaye une colonie de fougères en robe d’automne.

Les fougères sont un monde sans fleur, sans fruit, sans graine, pareilles aux mousses.

Quand l’air se dessèche comme cet été durant les fortes chaleurs, la fougère laisse tomber sur le sol des quantités de cellules microscopiques appelées spores. Minuscules organes, elles évoquent le tissu primitif de l’algue ancestrale qu’on appelle le thalle où aura lieu la fécondation entre un organe mâle et un organe femelle ; alors la fougère prendra forme.

Ce qui est extraordinaire, c’est que la fougère s’obstine à témoigner, après des centaines de millions d’années, de ce que fut la première conquête de la terre.

 

Après avoir croisé l’alisier et le sorbier, je les aperçois dans l’air vif et le chant des grives.

Silhouette parfaitement conique s’élevant jusqu’à soixante mètres, tronc droit, écorce lisse gris argenté, le sapin pectiné est ici dans son aire naturelle.

Il côtoie le pin sylvestre, arbre de lumière à l’écorce moirée de craquelures roses. Son architecture se pare de mille fantaisies, ses branches se tordent, se coudent, s’élancent toujours vers la lumière.

Heureux des étés chauds et des hivers rigoureux, le pin sylvestre peut atteindre trois siècles.

 

L’arbre, compagnon de vie n’est jamais seul , il vit en symbiose avec les champignons ; les filaments souterrains des bolets et des chanterelles enserrent, étreignent les racines de l’arbre. Ces commensaux, hôtes bienfaisants aident l’arbre à déliter minéraux et roches, à libérer les indispensables éléments qui, sans eux, resteraient gîtés, inutiles dans le sol. C’est par eux que l’inerte azote de l’air entre dans le tourbillon de la vie, énorme fabrique d’aliments et engrais naturel pour l’arbre.

 

A l’orée d’une sapinière à myrtilles, le farouche pic noir attend, comme chaque année, la bécasse.

Tandis que là-haut, franchissant avec aisance le col du Béal, le milan nous dit :

            «  On va dans les étoiles et on ne sait toujours pas ce qui se passe sur le talus en face de chez soi… »

 

                                                         Automne deux mille dix-neuf,

                                                  au pays de Gaspard des Montagnes

 

 

©Roland Souchon


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