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Photo : Barnabé Laye
Lorsqu’un poète disparait, ce sont les pans d’une bibliothèque qui s’effondrent, mais déjà, libre et insoumis il se remet à l’ouvrage et fait des nuages son plus beau carnet de voyage.
Michel Bénard.
Encore un poète qui vient de rejoindre les étoiles, la lumière ou les ténèbres. Qu’y a-t-il derrière la vie, devant la mort. Le mystère insondable.. ; Adieu Barnabé s’il existe un paradis des poètes, tu ne peux qu’y être... (Jean Dornac)
* * *
Homme né des ténèbres -Barnabé Laye
Homme né des ténèbres et des gouffres
Hommes du commencement et des cavernes
Tu ignores les sentiers du parcours insondable
Inscrit sur les lignes de ta main et de ton front.
Tu ne sais rien des stigmates et des promesses cachées
Dans les dédales de ta peau et des plis de tes pieds
Tu ne sais rien des oiseaux d’augures et des présages
Alors pris de vertiges et d’angoisse
Tu abandonnes ton destin aux mythes et aux légendes.
©Barnabé Laye
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Michel Bénard a été honoré de la distinction d’Ambassadeur de la Paix.
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Michel Bénard a été honoré de la distinction d’Ambassadeur de la Paix.
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Telle une odalisque,
Une femme ashkénaze
Au regard bleu et pénétrant,
Venue des abysses
Apparait d’ un lointain passé.
Son visage est affecté des signes
D’une mémoire en errance,
D’une vie migrante.
Beauté hiératique,
Profil de cariatide,
Corps en abandon
Aux prémices de l’amour,
Delta intime, vision pubienne,
Personnalisés par le sceau
D’un délicat grain de beauté.
Portrait d’une femme ashkénaze,
D’une fantomale pâleur
Stigmatisé par le poids
De l’humaine condition.
©Michel Bénard.
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– 15 poèmes tristes, 15 chansons joyeuses - bilingue français et espagnol – postface Philippe Courtel – Editions les Poètes français – 1 er trimestre 2023 – format 15x21 – nombre de pages 79 –
Le dernier recueil – 15 poèmes tristes 15 chansons joyeuses - de la poétesse et essayiste Elena Fernández-Miranda s’ouvre sur un décor de quais de gare réveillant toujours un angle de la mémoire, les images reviennent entre deux brumes, en tourbillons enivrants, la lumière s’imprègne de séquences parfois joyeuses, la nuit inspire le plus souvent tristesse et nostalgie. La main de l’être cher et proche frémis dans le vide de la nuit, elle lance comme un appel. Ici nous rencontrons une poésie poignante, érigée sur un vécu en déchirure « Que redoute mon âme déjà éteinte ? » L’œuvre est marquée par les traces d’une intense dualité entre ombre et lumière, joie et peine. Voici une écriture émouvante ne laissant nulle place à l’indifférence. Deux langues cohabitent et se répondent en effet miroir. Voix hispanique chaude et déchirante, voix des terres du Nord romantique et tragique enveloppée d’un silence de brume, un souffle intemporel. Notre poétesse tente par l’acte poétique se reconstruire, se réinventer, dans un monde où elle transcende la réalité. Cette écriture est un appel, une espérance tressant un lien entre deux mondes, le temporel fragile et éphémère, le spirituel magnifiquement révélateur et éternel. Une porte parfois s’ouvre sur la solitude. Au-delà de l’ombre solitaire, l’espoir, la joie, l’allégresse reprennent de temps à autres leurs droits, alors c’est l’heure où l’on court dans le vent, dans les rires d’un enfant. Le temps revient où notre poétesse se tisse des rêves d’argent, des songes enchanteurs, comme clés d’un autre bonheur. Ce recueil touche à son terme en s’ouvrant sur un éventail d’espoir, de vie, de jeunesse, de beauté et d’espérance, entre prières et chimères déposées sur une mèche blonde, éclaboussant tout de lumière : « Ay què dias de flores y què noches de plata / Tejer suenos de espuma / Como rosas en rama » « Ah que de jours fleuris / Que de nuits d’argent / Tisser des rêves d’écume / Comme roses sur la branche. »
©Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
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Dessin d’Agnès Giuco ©
Tout d’élégance,
De furtives transparences,
Par le miracle du printemps
Le voile des robes légères
Se soulève sous la chaleur du vent,
Libérant la cime d’une cuisse,
L’intime d’une pointe de soie
Apparait, se découvre, puis disparait
Provoquant l’extase
D’un rêve interdit,
D’un désir inassouvi.
L’arrondi délicat
D’une épaule se dénude,
Inspirant en secret
Un jardin aux mille plaisirs.
Le tintement des hauts talons
Rythme le pas chaloupé
Imprimant à la courbure des reins
L’appel du désir.
Puis, comme un ultime mirage
Tout s’efface dans le bruissement
D’un songe de dentelle.
©Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
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