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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 07:40
Vendredi 13 novembre 2015 – Michel Bénard
 
 
Texte écrit à Paris juste quelques heures avant les terrifiants attentats djihadistes de la nuit du Vendredi 13 Novembre 2015.
 
 
Les villes du désert
Sous des vents de sable incertains
Que profanent des nuées
Barbares en hordes inféodées
A un « dieu » diabolique,
Portent leurs deuils
Sous les bannières noires du désespoir.
Le monde se réveille
Au seuil du néant
Dans un bain de sang,
Seul un vol de corbeaux
Passe indifférent au dessus
Des ruines calcinées
Par l’aveugle folie
De ce mépris des allégeances  
 
©Michel Bénard.

 


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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 07:37
Ecoute ce silence pénétrant – Michel Bénard
©Katia Gobeaut - Messagerie
 
 
 
Ecoute ce silence pénétrant,
Il n’est que caresse
D’un pétale de fleur
Sur la douceur de tes lèvres.
Un délié de pinceau
Qui s’offre à l’inconnu
C’est un mystère de l’Amour
Se soumettant aux lois universelles.
Vivons l’instant des résurgences,
Des grands feux de nuit
Plus beaux que les anciens soleils,
Vivons l’éveil de l’appel des sens,
Grimons-nous de couleurs éphémères,
Fragments de beauté défiant le miroir
Où te voici dans l’attente
De recevoir l’Amour !
Avec toi s’ouvrent
Les portes de l’imaginaire,
Où j’attise mes poèmes
Pour mieux les embraser.
 
©Michel Bénard.  



 
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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 07:47
RIENNE – de Rodica Draghincescu.  – Recension de Michel Bénard
Collection Accents graves/ Accents aigus.
Aux Editions de l’Amandier – 50 pages- 2015.
Introduction de l’auteure. Illustrations de la plasticienne Suzana Fântânariu.
 
 
De recueil en recueil, d’article en article, de revue en revue, je demeure attentif à la production et évolution littéraire de Rodica Draghincescu.
Après «  Ra(ts) » ouvrage très singulier et fidèle à la lignée de Rodica Draghincescu,  poèmes de l’errance sur les chemins de l’enfance comme l’a très bien situé Cécile Oumhani, voici aujourd’hui que notre poétesse-essayiste nous suggère un nouveau pas vers l’imaginaire, l’utopie, l’intangible avec son dernier né : « Rienne » où la femme de lettres se confronte aux jeux, non plus d’une gravure comme précédemment avec « Ra(ts), »  mais aux jeux plastiques de l’informel.
Ici le verbe accompagne en proximité le cheminement codé de la plasticienne Suzana Fântânariu adepte d’un certain art de récupération «  Art-récup. » Originaire elle aussi de Timisoara.
De l’objet au verbe il n’y a qu’un pas, encore faut-il trouver le juste degré du rapprochement, mieux de la fusion.
 
« Tout languit d’amour et périt à un moment donné. »
 
Rodica Draghincescu, s’attache à l’allégorique construit, aux effets des hasards heureux. Elle évolue de la renaissance de l’objet isolé, du déchet recomposé, à la composition d’une inutilité captivante.
 
«  Rêves qui ne veulent pas régner. »
 
Armée d’une forte conviction, elle part vers l’inconnu d’une redéfinition de l’objet de consommation, devenu une possible œuvre d’art porteuse d’une interrogation. Combien même si l’œuvre dérange, indéniablement elle soulève le questionnement.
On en accepte le principe ou bien on le rejette, mais une réactivité est amorcée.
Notre poétesse-essayiste et la plasticienne jouent et misent sur l’objet désidentifié, sa métamorphose.
 
«  La pensée crée des nuages et des lumières. »
 
Vouloir restituer une autre fonction aux « choses » usuelles, devient une perspective insolite. Une manière originale pour Rodica Draghincescu de rassembler les oppositions.
N’est-ce pas là une forme d’étonnement, d’émerveillement ?
Donner une fonction nouvelle à «  l’objet, » le valoriser dans une scénographie singulière autant qu’inutile. Faire de rien, un possible ! Reconstituer « l’objet » et lui restituer une fonction tout à fait inattendue, imprévue. De la banalisation d’un produit manufacturé, passer à un ensemble qui sera considéré comme une « œuvre d’art »  discutée autant que discutable. Là en fait est l’intérêt, ouvrir le débat, la discussion. Réalisation d’œuvres hybrides, sorte de pensée matérielle qui crée «  des nuages de lumière. » Le verbe et la matière se font complices en usant de l’inversion : « Image inversée de soi même. »  
Le principe est courant chez Rodica Draghincescu d’user d’un langage décalé pour s’exprimer au sujet de l’objet «  prototype. »
L’innomé trouve un nom, l’irréel devient tangible, l’éphémère se fossilise, se stratifie, le temps perd son emprise puisque l’idée même de «  l’objet » est intemporelle.
L’écriture sous influence de l’esprit plasticien de Suzana Fântânariu peut devenir néologisme, matière déroutée et déroutante. Nous sommes dans une situation de «  ludisme scryptoriel innovant. »
Rodica Draghincescu joue de telle sorte avec la « chose »  qu’elle n’est pas sans me faire songer au poème humoristique de l’abbé de l’Atteignant, «  Le mot et la chose »         
Le verbe s’enflamme parfois, se noie et renait tel le Phoenix pour se faire conceptuel.
Notre poétesse sans peut-être le savoir, ni même le vouloir, fait un clin d’œil aux pataphysiciens et autres oulipiens disciples d’Alfred Jarry ou de Georges Perec.
A ce point de rencontre et de partage il ne vous reste plus qu’à naviguer sur les flots insolites tout autant qu’imaginaires de Suzana Fântânariu, vus et interprétés sous la révélation d’un ressenti instinctif de la plume inspirée de Rodica Draghincescu.
 
« Et puisque rien n’est éternel et immuable, l’objet pleure
Dans le jeu, avec le nom qui le compose. »
 
©Michel Bénard.



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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 07:08
- Anamnèse -  de Claude Bardinet - Par Michel Bénard
- Anamnèse -  de Claude Bardinet. Editions Librairie-Galerie Racine – Paris – (54 pages)
 
 
               « Entre l’Anamnèse, la sérendipité et le doute la poésie construit son nid. »  MB. 
 
 
Allez, encore un pas, osez, ça y est vous êtes au seuil des arcanes poïétiques de Claude Bardinet. Entrez !
Les dés sont jetés et jamais ils n’aboliront le hasard.
Il n’y a d’ailleurs pas de hasard, mais phénomène de convergence si « Anamnèse » se présente à vous sous le sceau de l’hermétisme pondéré, mais désiré !
Claude Bardinet répand ses mots, ses bribes verbales, ses signes ludiques ou symboliques sur le pupitre de son scriptorium. Où peu à peu en bon compagnon ébéniste du verbe, il compose sa marqueterie poétique.
Notre poète joue avec les lettres, les expressions, les métaphores, afin de mieux se risquer à l’imprévu des jeux de mots, il compose ses textes comme il réalise ses graphismes en ne laissant apparaître que juste l’essentiel d’un trait. Sorte de minimalisme.
Il laisse ici et là des clés, à vous d’en trouver les bonnes serrures.
A ce jeu la poésie a pris un peu de distance pour laisser place aux effets troublions, elle s’est mise en retrait, parfois même jusqu’à la déliquescence, afin de mieux nous surprendre et se ressaisir.
A l’angle du labyrinthe quelques fleurs délicates percent de-ci de-là, dispensant lumière et couleur en touches de bonheur et d’amour.
Ce ne saurait nous déplaire, il arrive à Claude Bardinet de se faire un tantinet coquin en jouant avec : «  Des beaux nichons…/… » Pardon de jolis seins !
Il arrive que le texte soit volontairement destructeur, comme pour mieux provoquer. Sous une couverture de fantaisies se cache un iconoclaste.
 
« En Poète iconoclaste
Je dévoile mon arsenal…/… »
 
Voilà ! Le mot est lâché, Claude Bardinet revêt sa tenue de poète provocateur et iconoclaste.
Si l’idée veut dominer, la poésie est à ses pieds.
Peut-être Léo Ferré aurait-il trouvé son compte, lorsqu’à juste titre notre poète se veut quelque peu anarchiste. A quoi, à qui peut-on encore croire face à cette effroyable corruption, à cette inacceptable falsification d’une société humaine exsangue, à bout de souffle.
 
« L’Europe dissoute en clearstream
Nos institutions c’est d’la frime…/..
Claude Bardinet se veut lucide sur l’absurdité de ce monde et particulièrement de ceux qui sont censés le gouverner, mais contre vents et marées il demeure optimiste.
Ce cap de Bonne Esperance passé ou surpassé, les textes d’ « Anamnèse » se mettent en réflexion, ils philosophent même, pour le plus grand bonheur d’Erasme ce chantre de la folie ordinaire.
Sans être dans l’éloge, nous sommes cependant dans l’interrogation de la démence de toute une société contaminée par le virus hypertrophié de la pandémie spéculative libérale. 
Claude Bardinet voudrait-il se rendre obscur, impénétrable ou presque afin de mieux provoquer, voire de faire se retrancher son lecteur dans le questionnement.
Pour conclusion, ici je vous laisserai suspendus dans la réflexion.
 
« Naitra un monde en perdition
…………………………………
Tous nos calculs sont artifices
Ephémères sont nos bénéfices. »
 
« L’art survit à tout
Même aux fossoyeurs
Nos rêves les plus fous
Survivrons ailleurs. » 
 
Si nous nous référons à notre poète tous les espoirs sont permis.
 
Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
- Anamnèse -  de Claude Bardinet - Par Michel Bénard
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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 07:06
Les rumeurs du jour – Michel Bénard
 
 
 
Les rumeurs du jour
Doucement s’estompaient,
La nuit se déployait
Sur les cases du village.
D’un rythme régulier
Les tam-tams roulaient,
Une complainte tribale montait
Avec pour unique auditoire,
Les signes du zodiaque
Et la voute constellée
De la voie lactée.
Juste au point culminant
Des baobabs et hautes futaies
Le ciel blanchissait
Dans des lueurs lointaines,
L’esprit des anciens
Renaissait sous les vibrations
Des cordes de la kora.
 
©Michel Bénard.  




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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 05:18
Trilogie - Claude LUEZIOR – par Michel Bénard
Editions l’Harmattan- collection Poésie (s) 2015.
 
Volume no I: Fragment. (87 pages)
Volume no II: D’un seul geste. (89 pages)
Volume no III: La couleur d’un silence. (97 pages)
 
 
Au fil des décennies, c’est au rythme de l’orfèvre que Claude Luezior cisèle son œuvre, romans, essais, ouvrages d’art et poésie, avec un égal bonheur, jusqu’à parfois tutoyer ou égratigner le ciel. 
Remarquable et incontestable parcours littéraire et poétique que celui de Claude Luezior.
Il pérégrine au balancement régulier du métronome, rien qui ne puisse arrêter l’élaboration passionnée et éclectique de son œuvre.
Sa dernière « Trilogie » - I -Fragment – II - D’un seul geste -  et – III - La couleur du silence - appartient à cette mouvance.
Patiemment, pareil  à un bon compagnon artisan, il ajuste, peaufine ses mots sur un établi encombré de lettres, signes, songes, et il annonce la couleur dans cette nouvelle « Trilogie : »
Il fragmente !
 
« Ces poèmes sans rime, naissent dans un incubateur d’étoiles. » 
 
Claude Luezior, ressent une nécessité de retour à l’originel, à la pureté initiatique, à l’heure des moissons et de l’engagement.
Au travers de ce besoin de dépouillement le verbe devient rédempteur.
Ce dernier nous forge toujours de brèves, mais remarquables formules.    
 
« …/…le charbonnier
a cloué ses absences
aux portes de la foi. »
 
Une foi des plus discrètes vibre au fond de lui-même. Foi ? Ou plus précisément le questionnement d’un retour au sacré, à la symbolique initiale. Page après page nous cheminons dans la sacralisation et son parfait contraire se manifestant par une espèce de provocation.
Les vers qui se dévident entre les pages de cette « Trilogie » sont brefs, très courts, incisifs, ils vont à l’essentiel, semblables parfois à la manière des haïkus.
Il jongle avec de magnifiques autant que surprenantes métaphores, chaque strophe est en elle-même un poème. De fulgurantes images y fourmillent.
Trilogie - Claude LUEZIOR – par Michel Bénard
« …/…ouvre
les entrailles
du miracle
par ton geste
sacré…/…
  
La vie parfois s’embrouille, les chemins s’emmêlent sur le grand labyrinthe, mais pourtant la poésie est toujours présente pour réconforter nos incertitudes.
Les textes de cette fulgurante «  Trilogie » se veulent libres, sans rime, sans ponctuation, la poésie ici n’existe qu’au prix de cette liberté effrénée autant qu’échevelée.  Nous y ressentons la volonté de sobriété, le frissonnement  mystique, l’épurement à la manière cistercienne en forme de chant grégorien.
Sans oser prétendre faire un comparatif élémentaire, je retrouve au fil des pages une résonance qui n’est pas sans rappeler un peu : «  La montée du Carmel » de Saint Jean de la Croix.
 
« …/…au bout
d’une alchimie
de songes
et d’ave 
toucher
le stigmate
et renaître
par la Croix…/…
 
Claude Luezior perçoit souvent dans l’existence, une grande hallucination, une déferlante d’angoisse, d’étranges mouvances paranoïaques, les démences qui spolient et mettent l’homme à nu. Qui le place face à lui-même et à son insignifiance.
Nous sommes ici confrontés à une remarquable poésie épurée confondue à une profonde réflexion existentielle. Parfois il nous est même possible de nous égarer en quelques espaces ésotériques, en d’énigmatiques cryptes mythiques.
L’ouvrage est fragmenté de subtils aphorismes et sentences qui nous resituent face à nous même en nous abîmant dans une sorte de contemplation.
Il arrive aussi à Claude Luezior de se faire quelquefois iconoclaste ! Il fait l’autodafé des clichés, des idées reçues, des pensées formatées. Il « mécréante » gentiment, il
«  anticléricalise » avec lucidité, toutes les religions prennent une estocade au passage.  
La purification touche même la ponctuation qui est réduite à sa plus simple expression.
Par l’effet d’un seul geste, Claude Luezior nous invite à changer de regard. Il est un mystique animiste, un prince de la liberté.
Ce geste alphabétisé est tout l’acte révélateur de la poésie. Nous y croisons quelques fois des échos nietzschéens à l’esprit chamanique.
Trilogie - Claude LUEZIOR – par Michel Bénard

…/… intemporelles

partitions

pour druides

qui parachèvent

les fantasmes

d’un cosmos

intime.//…

 

Il nous arrive également de décrypter des scènes rappelant Jean-François Millet, des tintements d’angélus sur les terres pacifiées du soir.   

Effleurement de temps à autre sur la pointe des pieds de l’hermétisme, où notre poète avertit par des voies détournées que l’amour peut conduire jusqu’à l’implacable loi de l’anéantissement tel le mythe de Prométhée.

La vie est une sorte de turbulence, de folie brodée de désespérances, de stigmatisations festonnées d’aveugles insouciances, d’infantiles démesures noyées par des rires crédules. La chute et son déclin sont inévitables, alors autant sombrer dans le fol oubli du grand carnaval final, protégés que nous serons par le masque de l’anonymat.

Un temps pour tout, vie, amour, frénésie, larmes, beuveries des oublis.

Le poète fait en sorte de s’égarer, de se perdre un peu sur l’océan de l’existence, alors il quitte son port sans boussole, sans sextant, ni astrolabe, mais il sait encore lire dans les étoiles.

Claude Luezior le confesse, il a joué au poète plutôt que de porter le glaive, il a préféré et grand bien lui en a pris, agiter un calame effarouché.

A choisir je préfère l’image de Claude Luezior en poète ébloui, plutôt qu’en mercenaire !

En touche finale il ne reste plus qu’à faire l’amer constat des heures vulgaires, de la perte d’un certain sens du beau.

 

« …/… à quoi bon ces lignes en perdition

que l’on nomme esthétisantes

alors que des gens, dits de lettres

ont perdu jusqu’au sens du beau ?.../…  

 

Claude Luezior se situe plus que jamais dans le questionnement de la grande confusion de ce début de siècle, il s’indigne du grand mensonge libéral mondialisé au détriment des peuples et à l’aliénation des nations.

Sous la bannière du doute le poète se réfugie dans les alphabets de l’amour et tourne son regard vers une éternité nouvelle colorée de silence.

Une belle et longue route à cette «  Trilogie » qui laisse flotter autour de nous, l’instant d’un rêve l’étonnement d’un voyage intemporel.

 

Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 07:05
Le regard alors perdu – Michel Bénard
 
 
 
 
Le regard alors perdu
Sur le profond mystère
De la voie lactée,
Par la magie du rêve
Laisser se dérouler
Nos légendes d’écume et de sel,
Laisser s’éclaircir en nous
Les nappes de brumes
Encore enchâssée
Dans le bleu d’un vitrail
Symbolisant l’union
D’un mariage clandestin
Aux nostalgiques souvenirs.
 
©Michel Bénard.  




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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 07:06
Insolente et furtive beauté – Michel Bénard
 
 
 
 
Insolente et furtive beauté
Déployée comme aile d’ange effaré
Devant l’immense incertitude humaine,
Lorsque, irrémédiablement le temps s’écoule
Défiant l’éclat pourpre et arrogant
D’une vieille, vigne vierge,
Ultime sursaut d’illusoire désir
Scintillant aux yeux
D’une femme en larmes.
 
©Michel Bénard.
 


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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 06:57
Elles me reviennent – Michel Bénard
 
 
 
 
Elles me reviennent
Toutes ces îles embaumées,
Tissées du fil turquoise des lagons.
Elles me reviennent
Parfumées comme des femmes
Vêtues d’un seul collier de corail,
Les seins tendus vers les étoiles,
Le corps en offrande fendu
Comme une pirogue à balanciers.
Elles me reviennent
Toutes ces îles enchâssées,
Dans les couleurs flamboyantes
Des soleils du couchant.
C’était hier encore,
Ces torches dans la nuit,
Ces tam-tams de liturgies tribales,
Ces feux de cérémonies coutumières,
Où dansent les ombres des anciens.
Elles me reviennent
Toutes ces îles de paradis,
De fleurs, de fruits et de conques,
Aux abords de la «  Pointe de Venus »
Où passionné j’écoutais,
La légende du «  Trou du Souffleur »,
Et dans la palme
Les mélodies du vent.
 
©Michel Bénard.  




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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 09:42
Lorsque la détresse – Michel Bénard
©Paul Maulpoix
 
 
 
                                                                              A l’ami & au sculpteur Paul Maulpoix.
 
 
Lorsque la détresse revêt la forme du quotidien
Avec pour unique soutien la déchirure du prochain,
Le ciel comme une chape de plomb
Demeure obstinément silencieux
Au dessus d’étranges silhouettes
Reflétant sur un miroir de sang.
Mais il faut marcher, encore marcher,
Lorsque la terre se dérobe sous les pas,
Que le chemin se fait des plus incertains,
Il faut avancer jusqu’au terme de l’humain,
Jusqu’au dernier souffle de la vie
Au cœur de la haute dramaturgie.
Dans ce déchirement de l’extrême,
Monte l’effroyable dissonance
Du cri du silence et de la main
N’ayant plus qu’un grand vide à retenir,
Quand les reins s’arc-boutent
Sur l’absolu décharnement,
Et que se profilent deux jambes brisées
Au gibet des oubliés et de l’inavouable
Meurtrissure de l’écriture des corps.   
 
©Michel Bénard. 
 
 
 

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