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Tiens : une étoile !
Plonge dans l’encrier
©Serge Lascar
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Le geste était sincère et la réponse aussi.
Retenu puis lâché
Fugace, esquissé
Vers ta nuque porté
Tout entier à l’envie.
L’envie de te toucher
Seulement effleurer le lissé de ta peau
Recueillir l’impression d’un frisson dans ton dos.
Oser.
Oser délier mes doigts, prolongement du désir.
En retour m’éblouir de l’éclat d’un regard
De la fleur malicieuse offerte en un sourire
En réponse assentie à mon invitation.
Dédire que l’amour est le fruit du hasard
Souffrir qu’en amour il n’y ait point de raison.
Le geste était sincère et la réponse aussi
Instant d’éternité confisqué à l’ennui.
Quel merveilleux rivage que celui où en grève
S’effacent les murailles, se décrètent les trêves.
©Serge Lascar
Extrait du recueil Post-Scriptum - Edilivre 2021
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D’un soleil ténébreux
Qui se meut gigantesque
En volutes sauvages.
Du reflet malheureux
De la lune grotesque
Au miroir sans visage
Est née…
Une nuit blanche
©Serge Lascar
Du Sang dans l’Encrier - LGR - 2002
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Amours, balades, folies et fantaisies, enfance éparpillée au gré de notre histoire, les souvenirs s’égarent en chemins de mémoire. Effeuillés en poèmes comme autant de témoins, d’instants d’éternité, ils habitent nos rêves, y peignent des visages.
Sidérés par les scènes de rue, les explosions, baignés des impressions dont nos regards d’enfants ne saisissent le sens, moins encore la portée, nous parcourons la vie sans y être jamais, de face, confrontés.
Apprendre et enseigner les choses des savoirs, se convaincre au matin du choix de nos destins. Soigner et prendre soin, tromper ou se tromper, réussir parfois à saisir un sourire, celui que j’aimerais écrire en souvenir.
Éducation, psychanalyse, poésie… Sans terre ni racines, mon errance s’est nourrie d’histoires en faux-semblant, de sensations brûlantes sur fond d’images effrayantes, en d’autres temps mystérieuses, séduisantes, intimes et secrètes à la fois. Charme discret des émotions, la musique des rimes m’a conduit aux croisées des chemins de rencontre, des hymnes endeuillés, des passions éternelles offertes à l’évidence sans promesses en retour.
Serge Lascar
Permettez-moi de vous recommander ce nouveau recueil de Serge Lascar !
Ci-dessous, les indications données par Serge lui-même !
Le recueil de poèmes que je publie sous le titre "Post-Scriptum" est disponible en deux versions,
- version numérique à 4,99€
- version brochée à 15,50€
Il est vendu en librairie et sur les sites de
Edilivre, Fnac, Cultura, Amazon...
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Un baiser sur tes lèvres ouvertes rouges et or
Caresses prodiguées par mille sur ton corps
Cela fait, si je compte
Mille et une pensées réunies en un conte
Avouées sans un mot en marques de tendresse
Brodées or sur kaftan, mille et une promesses.
©Serge Lascar
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Les mots ne parlent plus.
Ils se tournent le dos pour mieux s’entendre tus.
Ils sont fâchés les mots
Ils se perdent en chimères, se noient dans leurs sanglots.
Que s’est-il donc passé qui les mette en rage ?
Ont-ils eu à subir de crapuleux outrages ?
Furent-ils violentés ?
Les a-t-on insultés ou les a-t-on trahis
Pour qu’ils s’en aillent ainsi
Les larmes au bord des lettres
Le cœur à l’aveuglette ?
Les mots ne parlent plus.
C’est à cause de ces deux qui se sont tant aimés
Qui se sont déchirés
Qui se sont retrouvés
Qui se sont re-aimés
Qui se sont réprouvés
Qui se sont méprisés.
Ils ont tout oublié les mots
Leurs peines, leurs amours
Leur bonheur au grand jour.
Les mots ne parlent plus
Depuis l’aube maudite
Où la rancœur fut dite
Où l’un d’eux s’éleva, porté par sa colère
Brandissant son orgueil plus haut que son derrière.
Et puis le ton monta
Jusqu’à la lettre “A”.
Et un autre cria
Et puis on s’empoigna
Et puis on s’étripa.
Au son du pugilat les académiciens
Sortirent de leurs chapeaux les sabres rhétoriciens
Qu’on leur avait offerts
Pour leur anniversaire.
On les saisit les mots
Et on les menotta.
Puis on les condamna
À la perpétuité
Entre les murs épais
D’un poussiéreux Littré.
Fleurissant autrefois en rimes et en danses
Le chœur s’est abstenu.
Les mots ne parlent plus.
Confinés au silence
Ils succombent à l’absence
Des regards ingénus et des sous-entendus.
Condamnés à l’oubli
Les mots se sont perdus.
©Serge Lascar
Du Sang dans l’Encrier - LGR 2002
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Rouge cerne de lune à travers les nuages
Tu étends sur la ville endormie et sans âge
Ton étole.
Tu glisses et éclabousses de ta lumière douce
Les formes infidèles des charmes que dévoile
Idole
Une femme esseulée.
Rouge étoile de brume aux nimbes infinis
Ton reflet s’exaspère
Sur la robe sans pli
De la passante
Amante
Discrète qui se cache, secrète évanouie
Qui danse et qui se perd
À l’ombre d’un bouquet de fleurs primevères.
Dans son rêve elle sourit
Va cueillir sa vie
Effleurer de ses lèvres
Le parfum et la fièvre
Et l’étreinte suprême
Déclamés en poèmes.
Un beau prince charmant
Sur son beau cheval blanc
Voit l’amante allongée
Dans sa jupe lissée.
Elle attend, impatiente le magique baiser.
Il s’approche, il l’enlace
L’emporte aux Élysées sur son beau destrier.
Sitôt la jouvencelle s’abandonne et l’embrasse :
Je t’aime !
L’amante le saisit, déploie ses mandibules
Et d’amour passionnée, elle le démantibule :
Je t’aime !
Je t’aime !
Foudroyée de plaisir
Bientôt elle s’assoupit
Heureuse au souvenir
Du festin accompli.
Gloutonnes assouvies
Ses lèvres entrebâillées découvrent à merveille
De fines dents de lait écarlates au soleil.
Rouge cerne de lune à travers les nuages
Tu étends sur la ville endormie et sans âge
Ton étole.
Tu glisses et éclabousses de ta lumière douce
Les formes infidèles des charmes que dévoile
Une mante repue.
Couchez-vous en son lit.
Si la mante s’éveille, c’est qu’elle aime vos baisers.
Si l’amante sommeille, c’est qu’elle a trop mangé.
©Serge Lascar
Du Sang dans l’Encrier - LGR - 2002
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D’une gerbe d’orchidées
Par la brèche tracée
Au jardin des secrets, des gré et des regrets
Des tombes assaillies
Brunes et clairsemées de croix enchevêtrées
De l’aurore a jailli
Ton rire parfumé.
Comme l’oiseau magique envolé au matin
Ton rire s’est déployé, échappé de mes mains
Échappé de tes seins
De ton ventre, de tes reins
Explosant au grand astre dans un éclair de feu.
Je voudrais tant écrire
En poèmes, en soupirs, la couleur de ton rire.
Je voudrais tant graver
Sur la pierre dressée la chaleur de ma foi
Et les mots qui désarment
Qui étranglent ma voix.
©Serge Lascar
Du Sang dans l’Encrier - LGR - 2002
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Une image s’est posée au bas de ma fenêtre.
Les yeux énamourés, je ne l’ai pas vue naître.
Une image osée, tellement dérisoire.
Le regard amusé, je l’ai vue s’avancer
Au clair de mon histoire.
Une image s’est posée au bord de mon histoire.
Échouée au talus du chemin des déboires
Solitaire, tranquille, étrange :
Je l’ai cueillie.
Une image s’est gravée au cœur de ma mémoire.
Elle a en un instant retourné les tiroirs
Saccagé mon passé
Soufflé mon devenir.
Cette image irréelle, brièvement perçue
S’est gravée à jamais au pays de mes rêves.
Mirage surnaturel, aussitôt disparue
Elle hante mes pensées sans relâche, sans trêve.
Fugace, elle étincelle aux regards que je croise
En railleries sournoises
En doutes qui m’assaillent
Frissons qui me cisaillent
Sommeil champ de bataille.
Croix du Sud aux confins de ma déserte histoire
Étoile du matin au détour incertain d’un chemin de mémoire
Cet instant d’un instant
À l’image du monde
Est une fille ronde
Pleine de mon enfant.
©Serge Lascar
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Bercé
D’un feu si tendre que le ciel s’est troublé
D’un sentiment si doux qu’un rayon de soleil s’y est réfugié.
Percé
Au fond de l’âme d’une larme retenue, qui jamais ne s’épand
Cascade interrompue par le souffle du temps.
Jardin muet
Jardin secret
Peuplé d’ombre, de tombes froidement alignées
Envahi de silence
De souvenir qui dansent.
Il me faut m’en aller la mémoire muette
Ravaler mon chagrin, mes larmes désuètes
Renoncer à t’offrir mes œillets de poète.
Il me faut m’éloigner, te laisser à ta mort pour me perdre à ma vie
Affronter la quiétude qui vient après les cris.
Exercice de style
Me voici inutile
Et mes mots, et mes vers je le sais, je les hais et les jette à l’oubli.
Quiconque passera ne les reconnaîtra
Ne les remarquera
Qui sait ?
Même pas toi.
©Serge Lascar
Du sang dans l’encrier - Ed. LGR
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