
louve des vents
où s’égarent mes brûlures
louve cruelle
où mes flèches maladroites
se tordent et s’effritent
en fétus épars
et s’effarouchent
mes déchirures
louve
louve des éclairs
quand gronde
la fissure des bourrasques
et gémissent au nom des louves
les troupeaux des nuages,
quand s’ébranlent
en galops furieux
mes plaintes génitrices
louve
louve au corps léger,
à l’échine qui vibres
au gré des rafales
louve mienne
qui humes le souffle
de mes tempêtes
et déchires pour moi
le silence des steppes
louve
louve qui dévores
mes alphabets
louve qui harcèles
mes nuits insomniaques,
ombre solitaire et multiple
où fléchissent mes prières
et s’éparpillent
mes ultimes suppliques
louve
hurlante louve
au fond des steppes
où brûlent nos absences
mors-moi, ma Louve
dans tes mâchoires
mors mes lambeaux
en mal d’amour
en mal de moi
©Claude Luezior
Extrait du recueil « Prêtresse » aux éditions L’Harmattan
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