La fleur des mots a refermé
Sa corolle de dentelle délitée
Figeant ma plume carminée.
Du papier froissé
J’ai allumé
La torche de la rébellion
Aux cendres de pollen
Parsemant les semailles du cœur
Sur le linceul de la Liberté voilée.
Dans la brume d’encre
Ballottée par les vents
Sur les scissures frontalières,
J’ai salué le reflet insolite
D’une poussière dessinant
Les lettres de la Paix
Promise par le Poète.
C’est la mélodie du silence
Un soupir de souffle,
La joie s’écoule
De la source
S’élance vers la rivière,
Émoussant ses galets.
De la pierre à fleur d’eau
Éclot la tige des mots
Mirant la lumière
De la poésie
Où s’impriment
De frissonnantes feuilles
Dérivant entre noir et blanc.
L’on croit entendre
Le chant de la terre,
Murmure infime d’espérance
Caressé de silence.
« L’arbre est en réalité enraciné dans le ciel. »
Simone Weill
Flocon céleste, palpite !
Tournoie, pépite lactescente !
Délaie les oripeaux de brume
Figeant ma ramure.
De ton étole de cristal
Protège la chair
De mes feuilles séculaires
Ecrivant la paix.
Seul un battement d’ailes
Trouble le silence ouaté,
Augurant ma joie fulgurante
De la fleur au fruit.
C’est la musique de l’âme
Inspirant le sang de ma sève vers l’élan.
Elle reviendra,
L’hirondelle de l’Espérance.
Au delta du fleuve,
Un envol de flamants roses
Et le sable à l’infini.
Vont et viennent les flots,
Se meuvent les eaux
Saillies par le feu solaire.
Mordue par les vents
La vague enfante ses pépites,
Fleurs serties du sel de la mer.
Elles se mêlent, s’emmêlent
S’assemblent pour mieux s’embrasser
Au cœur des camelles*.
Ainsi va l’existence,
Vont et viennent les nuées
De larmes salées
Semées d’embellies
Scellées de l’amour
Saupoudrant l’Être du sel de la vie.
En mon jardin
Cyprès et sycomores
Profilent leur élan
Vers une sombre lumière
A l’éclat doux-amer.
De la pointe du coeur
Je réveille sa flamme
Pour que dore le blé
Du pain quotidien,
Celui de l’amour,
L’unique merveille.
Le ciel allégé de son linceul
S’allume à la source des étoiles
D’où ruisselle une musique apollinienne
Inspirée de mes planètes gardiennes.
En ce jardin pollinifère
L’ellébore noir offre la corolle
De sa blanche robe
A la gent abeillère
De mon hiver.
Sortir de la nuit
Au long des chemins d’incertitude,
Baigner ses pensées
Dans la rivière de la lucidité
Et voir glisser sur l’écume
Un filet de brume
Déchirant la voilette
De secrètes pensées.
Entraîné par un vent nouveau
Vers des sommets purifiés,
Libérer un souffle satiné
Sur les racines en dérive
Des fleurs humaines assoupies.
D’une plume au bleu d’acier,
Esquisser les signes indélébiles
De la beauté brute et primitive,
Vision d’une paix révélée
A l’émerveillement des abeilles à miel.
Au long des chemins de solitude,
S’enchanter enfin
De la lumière du matin.
Le temps d’un éclair
La parole de la pierre
Force les gonds des murs.
Sa lumière ardente s’élance
Etourdissante,
Folle étole d’or
Ceignant les plaies du monde.
M’est venu en songe
La terre s’étincelant
En écho à l’inespérance
Saisie par l’invisible nuit
Qui s’annonce.
Je suis l’arbre à poèmes
Dans le clair-obscur
D’une forêt cathédrale
Aux vitraux ciselés
Par les jardiniers semeurs d’espoir.
Dans ce temple de verdure
Exhalant mille parfums
Ma sève fourmille de rêves encrés
Jusqu’au bout de mes feuilles.
Malmené par des vents hostiles,
J’ai élagué les rameaux stériles
Gardant ramilles et brindilles
Pour libérer ma couronne,
Que les mots respirent
A l’envolée de la chorale ailée.
J’ai ouvert la ramure
De mes branches charpentières,
Sanctuaire des insectes mellifères,
Que l’eau du ciel pénètre
L’appel de mes jeunes pousses.
Sur la toile de la nuit je perçois
Les notes d’une partition nouvelle
Que drape un voile de métaphores
Tissé de fils maillés d’or.
Entre deux rives le flot déferle
De la source en liberté à la cascatelle,
Trait d’union entre l’intime et l’univers.
Obole livrée par l’archet du vent
Née au coeur de la rondeur lunaire.
La petite fugue des grillons
Berce la lisière du chemin de la paix.
Sur la toile de ma vie je perçois
La magie du souffle,
C’est mon poème ailé
Prenant son envol.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...