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14 septembre 2019 6 14 /09 /septembre /2019 06:20
Photo Maxime Daviron

 

 

 

 

Aux marges vertes

Le ciel  coagule.

La lumière séparée

Quitte le jour.

Les herbes

Dansent lent,

Courbent la nuque

Au menuet du silence.

Et sur le mur,

Sa nudité,

La lumière

Couleuvre glissant

Et dans son ombre,

Pierres portées,

Le jour nu.

 

Dans l’effacement

Le soir se confond

À l’orvet caché

Dans la poussière des mortiers.

L’un et l’autre lovés,

Doigts laiteux du faux-semblant

Ni jour ni nuit encore moins serpent.

 

Écaille brisée, le soir tremble

D’un noir coulant

Tendre encore.

 

Soir : jour tombant de mes yeux.

 

©Béatrice Pailler

 

Revue Traversées N°88

https://revue-traversees.com/les-auteurs-de-traversees-2/  

 

 

 

 

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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 06:30

 

 

 

 

 

…Les souvenirs, sa mémoire en dénoue les fils, en dévide les pelotes au fuseau du jour. Un bruit de rouet lui vient aux tempes, confondu aux battements de ses veines.

 

Trépidations, résonances d’acier, les berlines ruent dans l’inconnu des brumes. Elles rayent la nuit d’or et de cris, échevèlent les ténèbres. Au passage du train, le ban et l’arrière ban des poussières se lèvent. La crinoline des cendres s’envole rejoignant des lampions d’étoiles et, dans l’ombre boisée aux lueurs factices, se dévoile le clair des corps.

 

À l’appui des galeries, pousse l’arbre sec, le chêne étêté. Ainsi, la roche contrainte au bras des étais s’endort sage pour un temps. Pour un temps seulement, car la voilà, irritée sous la sape qui crache en sa bauge son grisou ; haleine chaude de femelle forcée. Alors, dans l’éboulement de ses membres, le ruissellement de ses veines, gâchant son mortier d’hommes, elle écrase, telle l’eau évincée qui, en crue, retrouve son lit….  

 

©Béatrice Pailler

Recueil ALBEDO Editions Encres Vives 2018

 

(Commande chez Michel Cosem : 2 Allée des Allobroges, 31770 Colomiers. Prix public 6,10 €)  

 

 

 

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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 06:25

 

 

 

 

 

Le vide

Nourrit l’âme.

Le vide

Revêt le corps,

Sur l’air

Peau du vide

La geste.

 

De terre à chair

L’amorce

Et du sol l’éclair

D’un corps

Puisant au vide sa force.

Réel expié d’un saut.

 

©Béatrice Pailler

 

Recueil Mouvements-Panta Rhei

Editions La Porte 2017

 

(Commande chez Yves Perrine : 215, rue Moise Bodhuin 02000 Laon Prix public 4€)  

 

 

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:41
Belle Île en Terre – Panta Rhei : En grec ancien signifie « Toutes les choses coulent » ou « Tout passe »… ©Photo J.Dornac

 

 

 

 

 

Liturgie du geste

Où tout est danse,

Où tout est vie

Qui n’a ni commencement ni fin.

Elle bat dans le vent,

Dans sa caresse végétale,

Aux ventres des pluies qui s’entêtent,

Sous le pas des bêtes,

La charge des troupeaux,

L’aile d’un oiseau.

 

Haletante,

Elle est rêve

Rêve des corps

Corps tournoyant

Brûlant dans la lumière des feux.

Rêve puisé aux tambours des reins

Où tout est vie,

Où tout est danse

Qui n’a ni commencement ni fin.  

 

©Béatrice Pailler

 

Recueil Mouvements-Panta Rhei

Editions La Porte 2017

 

(Commande chez Yves Perrine : 215, rue Moise Bodhuin 02000 Laon Prix public 4€)  

 

 

 

 

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 07:05

Béatrice Pailler parvient par une litanie persistante et combien pénétrante à restituer le goût de l’eau sur la langue dans une invite à éveiller les sens : « Aux jeux de sur-face / Il faut oser sa langue / En saisir les reflets. »

Ici, point de précipitation mais une petite suite à la Satie où les notes laissent, de page en page, une impression de poèmes courts, voire même d’une suite de mots, pour, peu à peu, sous le titre générique Eaux entraîner un épanchement de poèmes en prose avant un final en apaisement intitulé singulièrement : Eau grande.

Point d’angélisme béat sur ce qui tombe du ciel, mais le constat d’une chute en infini turbulent sur la solitude de l’être : « Une goutte, / Une note, / Le silence n’est plus seul. » Du «  JE de l’eau », on passe au « JEU de peau », non sans un clin d’œil homophonique : « L’air / De l’œil / Cueille / L’O. » et avec parfois un mouvement d’éventail sous forme de haïku fugaces : « Contentement de l’eau / Ciel en morceaux, / Ecailles au sombre d’elle. »

Et voilà qu’en un second mouvement (car c’est une poésie sonore), les eaux se libèrent en essence (et naissance) diluvienne : « Eau collant aux fenêtres, souffre et plomb, le ciel en abcès se répand. La pluie ne cède en rien. La pluie occulte. Plus rien n’existe que sa langue sur le réel défenestré, sa langue comme une anguille. »

Un lyrisme fécond entraîne au vague à l’âme : « Par-delà le jour, dans l’aller et le venir sur le vif des marées, l’horizon trace sa ligne et la mer, remuée, troublée jusqu’à son tréfonds se brouille d’écume. »

Faire la peau (douce) aux mots ouvre une perspective d’échos infinis : « Ta peau, ton eau : humus, humeur. / De quel horizon, nos corps accoucheront-ils ? / Et de celui-ci éclos quelle parole s’en échappera ? », où la nature apporte sa grâce en lot : « La source tricote ses arpèges, une cantate à menue voix. Phrasé humide donnée au vent, le chant de la fontaine est promesse, un baiser candide au front de l’été. »

Le court (cours ?) final vibre en accord entre les éléments, les choses et les corps : « Eau Grande : / Bleu / Caillou de ton œil, // Au confluent de nos corps : / L’eau. »

Il faut ajouter que Claude Jacquesson, avec une série de six encres d’effets aquatiques, scande ce bel ensemble non pas en marge mais en accord parfait.

Patrick Mouze

 

Goûte l’eau – poèmes- Béatrice Pailler, accompagné de six encres de Claude Jacquesson, Les Plaquettes, A L’Index. 11€ Le Livre à Dire Jean-Claude Tardif 11, rue du Stade 76 133 Epouville

https://www.lelivreadire.blogspot.com/2018/11/collection-les-plaquettes-goute-leau-de.html

 

Patrick Mouze plaît à se dire « né, vivant et mourant à Rheims » mais, depuis des lustres vacillants, continue à sévir chez Les Amis de l’Ardenne sans oublier, occasionnellement, Europe, A L’Index etc., après avoir publié sans succès ou confidentiellement poèmes, récits et romans et fondé deux éditions de poésie bilingue (Albédo et Alibis) au vingtième siècle. Aujourd’hui il aspire à l’anonymat. On le comprend mais passe outre !

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 07:19

 

 

 

 

Oscillation douce des corps

Le mur s’assoupit.

Ils sont là,

Voilés de mots,

Sans visage,

Et, pour lui sans mémoire,

Restent inconnus.

Ainsi, peu à peu,

Aveugle de poussière,

Sourd des détonations,

Il s’est fermé aux suppliques pleurées,

Ces mornes lamentations.

Lui cherche l’oubli, nu,

D’une pierre sans histoire.

Mais miroir du temps

La pierre,

Levée un matin,

Exécute ou libère,

Jamais n’oublie.  

 

©Béatrice Pailler

 

Revue en ligne Le Capital des Mots

http://www.le-capital-des-mots.fr/2018/04/le-capital-des-mots-beatrice-pailler.html

 

 

 

 

 

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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 07:23

 

 

 

L’aube à son front coule entre ses cornes,

Il boit ce jus clair de fruit jeune sur sa lèvre.

Pan s’ébroue, la nuit s’échappe de son poil,

S’étire, se gratte et c’est un rire qui tombe de sa côte.

Il ramasse l’éclat et le place au moelleux de sa langue.

Nouveau-né aux creux de ses joues,

Pan le retient au rempart de ses dents.

Rire et salive se mêlent, lève un chant

Que sa gorge roule en cascade

Que sa gorge cuit de soleil. 

Son pied sur l’entame du jour

Entonne la mesure.

Dévers face aux nues,

Pan chante sur la terre.  

 

©Béatrice Pailler

 

Revue Souffles : hommage à Joseph Delteil

N° 258-259-Juin 2018  

 

 

 

 

 

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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 07:34
PICASSO, La femme au tambourin, 1939

 

 

 

 

 

La peau, ce tambour

On y porte la main

On y porte la dent

Souple chagrin

 

Et la lèvre se fend.

 

©Béatrice Pailler

 

Revue Décharge le site

http://www.dechargelarevue.com/Voix-nouvelle-Beatrice-Pailler.html

 

 

 

 

 

 

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 07:26

 

 

 

 

 

Brume en mouvement,

Brume aux doux meuglements,

Clémente, elle vient aux chairs de sang,

Apaiser le regret 

Des tiédeurs d’étable,

De leurs couches aimables aux odeurs de près,

De leurs crèches pleines de soleil d’été.

Clémente, elle vient aux corps innocents,

Plus blanche qu’un lait.

Et la brume en mouvement, pâle cri,

Foule la nuit d’un doux meuglement. 

Demain, l’immaculée sera de sang.

Et, tels des anges,

De la pénombre saillant,

Revêtus d’ocres et de brun,

Oint de nudité,

Vous serez corps héroïques,

Lumières dans l’assombrissement,

Veaux gras au sacrifice d’un hypothétique retour,

Mémoires mortes aux étals abattues.

 

©Béatrice Pailler

 

Revue en ligne Le Capital des Mots

http://www.le-capital-des-mots.fr/2018/04/le-capital-des-mots-beatrice-pailler.html

 

 

 

 

 

 

 

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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 07:40
Par Marie-Claire Österlind, Jean d'Ornano — Sur les traces d'Allan Österlind, Domaine public

 

 

 

 

Volets clos sur le matin fatal d’or ;

La fenêtre au guet de l’ombre reste muette.

Rien ne bouge

Rien ne parle

Tout semble dormir encore.

Pierres froides

Souffle tombale

L’âtre éteint

Pleure noir.

Sur le buffet endeuillé

Une forêt roide de sombre-sépia

Une plainte aux mille visages.

Immobile

Le lit interroge

En creux

Un corps

Bordé de silence.

Sur le visage emporté l’indifférence a pris place.

Dans la main portée

Au cœur lovée une pierre aux labours volée,

Une pierre chemisée de pâle violet.

…amour, la vie écharpée, trop tôt enlevée, ne vaut rien.

Dans l’interminable, il n’y a plus même l’espoir de se revoir, pourtant, je n’existe que dans le souhait de toi…

…croire ne sert plus à rien et, pour toi, la pierre du labeur sera plus douce, plus tendre que l’absence...

 

 ©Béatrice Pailler

Recueil ALBEDO Editions Encres Vives 2018

 

(Commande chez Michel Cosem : 2 Allée des Allobroges, 31770 Colomiers Prix public 6,10 €)  

 

 

 

 

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  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
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