
Heureux l'homme qui dans les nuits éternelles,
Par les bois où chantent les mirabelles,
A su rougir d'un bonheur si exquis
Qu'il a conquis les cieux et la vie.
Oui le ciel ! Fief des antiques conteurs,
Noir infini qui me laisse en pleurs.
Devant ce tableau qui change de visage,
Les couleurs ne sont alors qu'un doux mirage,
Et je ne puis plus m'emporter encor,
Dans les vents lointains sans âmes et sans corps
Où la triste peine me dévisagerait
Et où mes prunelles séchées, pleureraient.
Je ne puis plus car mon cœur ballotté,
Par les ravages de l'Hiver enfermé,
Suffoque sous le poids de mon malheur
Et les ineffables comptines de tes pleures.
Puis lorsque je regarderai, pensif,
La chaire sanglante de mes genoux oisifs,
L'image qui me transpercera l'esprit
Sera l'immense bonheur que tu m'as pris.
Et je serai le triste esclave du sol,
Le piètre historien de mes gloires passées,
L'imposant aigle qui a perdu son vol,
Avant qu'une autre main vienne me toucher.
© Dionysos
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