Monsieur Reggiani,
Je voulais vous dire
Les loups sont revenus dans Paris !
Affamés par la haine,
ils ont dévoré notre joie,
fauché notre jeunesse,
déchiqueté notre culture,
au nom d’on ne sait quel dieu,
qui prétendait nous punir
de notre goût pour le plaisir.
Monsieur Reggiani,
Je voulais vous dire
Même si les loups sont encore dans Paris,
qu’ils restent tapis dans l’ombre,
nous continuerons de rire
tout comme votre charmante Elvire.
Car Paris n’obéira pas aux loups,
pas plus qu’autrefois,
au temps de l’autre guerre.
Monsieur Reggiani,
Je voulais vous dire
Ces loups de retour dans Paris,
sont de terrifiantes créatures,
leur soif de sang est si grande
qu’elles n’hésitent pas à en mourir
aucun animal n’est aussi cruel.
Monsieur Reggiani,
Vous nous l’aviez bien dit
Dans la peau des loups,
se glissent souvent des barbares.
Mais quand nous revint la mémoire,
hélas, il était déjà trop tard.
Laissez, Mesdames et Messieurs les politiques,
laissez-vous croquer en première page du journal,
vos expressions, vos gestes, vos mimiques,
et surtout n’y voyez aucun mal.
Pour nous avoir fait rire,
vous n’en serez que mieux aimés.
Le « Charivari »* de l’insolence ne sera jamais pire
Que l’indifférence silencieuse et blasée.
Permettez-nous, Mesdames et Messieurs les élus,
Permettez-nous cette « jouissance exquise »,**
celle de voir portraiturer des gens connus
à grands coups de crayon manié avec maîtrise.
Et s’il vous arrive d’en avoir marre
d’être le sujet de caricatures,
dites-vous bien que derrière tout ce « Tintamarre »*
seuls vos actes politiques sont jetés en pâture.
Réjouissez-vous, Mesdames et Messieurs les ministres,
de faire ainsi gaiement la une des journaux,
plutôt que paraître sinistres
sous le masque soi-disant souriant d’une photo.
Et si ces quelques images rigolotes
pouvaient vous inciter un jour
à décrocher « La Lune »* pour vos chers compatriotes,
on fêterait en fanfare la victoire de l’humour.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...