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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 08:06
© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

 

 

Tous les oiseaux s'étaient tus

depuis la veille au soir

En ce coin inconnu,

oublié des  feux

et des tourments de la ville

la neige défaisait le monde

 

Silhouettes de blanche poussière

lentement s'effaçaient les arbres

Les lisières s'éloignaient doucement

On n'y voyait plus au loin...

Mais à l'intérieur de soi

une mystérieuse élévation

vous soulevait de terre

 

Une aile vous déposait

nu comme un nuage

tout en haut de la page blanche

de la vie

au pied d'une étrange clarté 

chaude et douce à la fois, si délicate

qu'elle vous éclairait

le fond reculé de l'âme

 

Et la nuit ne descendait pas

sur nos mains

 

Était-on pour toujours

sur l'autre versant de la vie 

On entendait parfois

dans le courant du silence

un glissement à peine audible

Etait-ce un oiseau,

un renard des neiges

ou bien la barque de la foi

la barque éphémère

qui ne fait que passer

vibrante et légère

sur toutes les voies du silence

avec un ténu mais serein

tintement de troïka...

Etait-ce cela ?

 

Non, c'était la Joie de Noël

tout simplement la Joie

comme une rivière aurifère

qui emporte les cœurs

bien au-delà de soi

 

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

 

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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 07:26

 

 

 

 

À force d'agiter tous les moulins à vent

À force de se battre comme insecte englué

Aux prises avec l'instant qui semble le dernier

La vraie vie se dissout : « Dix sous, la Vérité ! »

 

Personne pour enchérir, c'est de l'histoire ancienne

Et l'ancien n'a plus cours, on brade le présent

Crédit sur l'Avenir qui frissonne toujours

Comme peau de chagrin et sème l'épouvante

Au chant du CAC quarante avant le chant du coq

 

Personne pour pleurer le temps qu'on a perdu

En couacs, en larmes bues, en rentabilité

Sonnante et trébuchante, avec sa faux sanglante

Sans aucune vision, à corps et fonds perdus

La vie s'en va-t-en guerre contre sa vérité

La vie s'en va t-en guerre contre l'humanité

 

Oubliée la tendresse et le temps qui roucoule

Dans les bras du printemps qui prenait tout son temps

Et l'odeur de la pluie au bord de la fenêtre

Et les prés dévalés de roulade en roulade

Et les bois si secrets et si clairs à la fois

Nous n'entretenons plus la paix de nos forêts

L'écureuil désormais représente une banque

 

La vie s'en va en guerre contre l'humanité

La vraie vie se dissout : « Dix sous la Vérité ! »

 

( Mes magnifiques bois d'enfance ont été vendus, rasés ;

on y a implanté un bâtiment géant du Crédit Agricole ! 

'' Le bon sens près de chez vous '')  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

 

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 07:26

 

 

 

 

 

Il semble qu'on revienne aux temps les plus anciens

ceux qui restent figés dans notre préhistoire

Le froid qui s'étendait sur la terre sauvage

et transformait la vie en quête aléatoire

a l'air de revenir du plus profond des âges

 

On a tout essayé, royaumes, républiques

On a introduit Dieu en étrange réplique

de l'homme qui n'a pas dépassé son histoire

celle d'un animal qui croyait s'élever

non pas pour admirer l'infini qui grandit

mais pour le maîtriser, dire qu'il est à lui

 

Quelques penseurs sont nés comme fleur aux orties

Ils ont laissé leur trace, ils ont laissé leurs mots

Les poètes ont pleuré, les peintres ont témoigné

Mais la majorité n'a pensé que tripot

et vienne le profit, le déluge et la mort

sur la terre où s'éteignent déjà les animaux

 

On peut être objectif et aussi être amer

lorsqu'on drague les fonds on épuise la mer

Et comment supporter qu'on rase nos forêts

Qui ont mis tant d'années à nous oxygéner

On coupe lentement un à un les ormeaux

Ces arbres protecteurs abritant les oiseaux

 

Je le garde en mon cœur et l'entends murmurer

ce vent qui autrefois chantait dans la feuillée

ce vent n'existe plus et le ciel est amer

On écoute en silence dans la plaine endeuillée

La peine des chevaux sous une pluie d'hiver  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

 

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14 novembre 2018 3 14 /11 /novembre /2018 07:33

 

 

 

 

« Blewu ! » Chante Angélique Kidjo

Chanteuse noire, déesse béninoise

En hommage aux tirailleurs sénégalais...

Si lointaine, si exotique, cette paix

Qui nous prend et nous quitte si vite

C'est un rêve éveillé d'oiseaux de feu

Survivants et assoiffés d'azur

S'abreuvant aux vasques de la cascade

Du Limpopo, le grand fleuve de diamants

Ces oiseaux d’eau légers et somptueux

Espèce primitive aux plumes bleues

Du paradis si près de nous, si près de disparaître

Que malgré la distance et la mer

Leur chant d'amour pagaie nos âmes

et nous transporte de Désirade en Désirade

 

« Patience ! » crie l'oiseau du couchant

Le soleil bat son or, brûle sans brûler

Et s'estompe derrière la couronne d'épineux

Mais nul ne le perce, nul ne le met en cage

Nul ne l'enterre, nul ne l'oublie

L'astre éternel a besoin du désir de l'homme

Il revient toujours sous la main de la caresse

C'est un fruit rutilant, une grenade de paix

Qui s'ouvre et met l'eau à la bouche

 

Écoute les Sages ouvrir la marche du cœur

À travers les mille pistes rouges de la terre en sueur

Écoute, c'est juste un battement de tam-tam

Mais il bat lentement depuis le fond des temps

Lève les yeux, enfant, au delà des jours inquiets

Et vois défiler les esprits neufs et apaisés des disparus

Qui nous parlent de résilience et d'espérance

 

Écoute, Écoute sans rancœur maintenant

Et tu entendras dans les accalmies du vent

Que tranquille, s'ébroue la paix

Entre les feuilles nouvelles et le parfum des fruits

Dans les palmiers bleus de la nuit 

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

11 novembre 2018 à Paris

 

 

 

 

 

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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 07:35

J’ai le plaisir et l’honneur d’accueillir un nouveau poète, Jeanne Champel Grenier, qui est également peintre. J’espère que vous lui réserverez un excellent accueil. Merci pour elle.

© Peinture de Jeanne Champel Grenier

 

 

 

On l'entendait venir de loin
un gémissement, un murmure
de l'eau qui coule sur les roseaux
des chuchotements de poules d'eau...
Des vagues musicales
Alternées de silences,
Une procession lointaine
avec des bruits d'essieux...
On courait dans les prés
Pour atteindre la route
Et voir venir au loin
Cet orchestre hirsute.
C'était les bohémiens
Apportés par le vent,
Le vent venu du sud
Plein de hénissements,
De bruits d'ailes et d'écailles,
Le vent marin des plages
De Marie Salomé
Et de Sarah, la noire,
Les sabots des chevaux
Les roulottes et les chiens
Et toujours la musique
Des violons sur la terre
Et les harpes du vent...
C'était le vent gitan
Chargé de ses romances
De pleurs d'enfant perdu
Qui court après la chance
 
On l'entendait venir de loin
Un gémissement, un murmure
De l'eau qui coule sur des roseaux...
 
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 
 
 
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  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
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