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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:36
LOUIS DELORME

 

Textes transmis par Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

Ce dimanche 19 avril 2020, notre ami Louis DELORME nous a quittés nous laissant des montagnes d'écrits, de peintures, de sculptures, sans compter ses ''recensions'' à la fois fines et profondes que chacun garde en souvenir. Louis nourrissait une affection particulière pour Thierry SAJAT qu'il considérait comme un fils, un fils aimant et droit. Claude LUEZIOR, ce grand poète plein de fraternité, nous avait présentés l'un à l'autre, Louis et moi, car il avait deviné en nous une fibre semblable qui nous a miraculeusement permis de tisser ensemble nos mêmes passions durant quatre années d'amitié profonde, inaltérable. ''Mon frère en poésie'', comme le dit son épouse Michèle, a écrit une foison de textes pleins de force, souvent dénonçant les travers humains sans toutefois s'ériger en juge, d'autres les plus nombreux, exaltant la beauté du monde pour l'oeil de qui sait la voir ; mais, pour ma part, je dirais que les poèmes de Louis les plus beaux sont, incontestablement, ceux écrits à son épouse aux yeux de ciel et de pervenche, ceux faisant allusion à leur bonheur. Ils respirent l'attachement véritable, sans effet de style, sans débordement, des mots simples et urgents que l'on pourrait dire encore à deux doigts de perdre la vie.

Jeanne Champel Grenier

 

 

 

UN APRES COMME ON LES VOUDRAIT

(Extrait du recueil ''Prolongations''2018)

 

Je voudrais m'endormir un soir sur ta gondole

Celle qui m'a bercé tout au long de mes jours,

Où j'ai pu rassembler tant de rêve et d'amour,

Où le geste fut joint toujours à la parole.

 

J'aimerais qu'on me joue l'ultime barcarolle

De cette belle vie nous avons fait le tour :

Je crois que je ne t'ai pas assez fait la cour,

Pourtant tu m'as guéri de bien des idées folles.

 

Je l'imagine doux le tout dernier sommeil

Et je ne souhaite pas qu'il y ait un réveil,

Si c'est pour déplorer ton éternelle absence.

 

Il était enchanteur l'inattendu cadeau

De la vie et je dois mesurer notre chance ;

Que le spectacle cesse au baisser de rideau !

 

©Louis Delorme  

 

 

                             * * *

 

 

QUE SERAIT L'UN SANS L'AUTRE

La séparation de deux êtres est la pire des choses

 

Les lagons de tes yeux, dans mes pensées secrètes,

M'emportent au soleil d'îles au regard bleu,

Où la vague, ondulant ainsi que des cheveux,

Te ressemble beaucoup, fille de mes tempêtes.

 

Les rochers modelés de tes hanches parfaites

Se laissent caresser par le couchant qui pleut,

Je ne sais pas pourquoi ! Pour exaucer mon vœu

Mille rayons dorés me tournent dans la tête.

 

Si tu n'existais pas, ma vie serait sans foi ;

Je me le dis souvent ; « Que serais-je sans toi ? »

-Un de ces gars paumés qui désertent le monde,

 

Et pour avoir la paix, s'enferment dans leur tour ;

Je sais que pour ma vie l'espérance se fonde,

Chaque jour que Dieu fait sur un peu plus d'amour.

 

©Louis Delorme  

 

 

 

 

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 04:03
Premier hommage à Louis Delorme - Jeanne Champel Grenier

Un poète est mort, une étoile s’est éteinte dans le ciel des beautés immatérielles. C’est aussi un ami parti bien trop tôt, parti bien trop vite. Nous avons eu le temps de l’estime réciproque, mais pas vraiment la durée suffisante pour mieux se connaître.

 

Louis Delorme était un artiste rare, un touche-à-tout de génie. Mais, ce qui m’a le plus attiré chez lui, c’est son humanisme, son amour de la vie et des humains, de la terre aussi. Vous pouvez relire chacun de ses poèmes sur ce blog pour comprendre ce que je veux dire.

 

Grâce à Jeanne Champel Grenier si proche de lui qu’ils ont composé et publié plusieurs recueils ensemble, je vais pouvoir continuer à le faire vivre ici. Je laisse la place à Jeanne, elle m’a envoyé plusieurs documents qui seront le premier hommage à notre merveilleux ami Louis. (Jean Dornac)

 

 

Jeanne, extrêmement affectée, m’a envoyé ce poème qu’elle a écrit dimanche, jour du décès de Louis…

 

Dimanche19 avril 2020

Au cœur des fleurs et des pleurs...

 

Ce matin, à l'heure où s'éveillent les merles,

dans les bras de la glycine et du lilas, enfouis

j'apprends la mort de mon grand frère Louis

Le silence est tout rempli de sa présence...

Je sais qu'il demeure près de ceux qu'il aime

au cœur des fleurs et des pleurs

et que du haut de son échelle

des valeurs

il continue à fustiger ce monde

qui, par moment, s'en va à vau l'eau

noyé de malheurs

Il cherche ses mots les meilleurs

tout en caressant de l'œil

l'éternelle pervenche

dont le regard rieur

se moque

et se penche

avec au cœur

un morceau de ciel

du dimanche

 

                                                           Jeanne Champel Grenier

 

 

Autoportrait de Louis Delorme

 

 

Autre document très précieux que m’a envoyé Jeanne rédigé par elle-même…

 

 

Louis DELORME, ce valeureux poète, peintre et sculpteur qui fut à la fois enseignant, créateur de pièces de théâtre et de chansons ; maintes fois honoré par des prix de littérature,

cet homme originaire de la région du Puy et qui vécut aux Granges - Le - Roi près de Paris ;

cet homme passionné autant par la cause humanitaire que poétique et dont j'ai publié les poèmes maintes fois

nous a hélas quittés ce dimanche 19 avril 2020.

 

En hommage à sa poésie si riche et variée dont certains textes sont appris dans les classes ( Editions de Retz)

voici ce qu' il écrivait, il y a trois mois à peine, s'interrogeant avec un certain humour, sur notre fin dernière

 

Texte extrait du tout dernier recueil ( co-écrit avec Jeanne Champel Grenier)

intitulé REBONDS, édité chez Thierry Sajat

 

 

L'ETERNEL DILEMME

 

Le départ sera-t-il vraiment définitif ?

Auquel cas, nous serions tous plus ou moins marron ?

Faudra-t-il traverser le Styx ou l'Achéron ?

La vérité sans doute est très loin des poncifs.

 

Qu'ai-je le plus ? De l'actif ou bien du passif ?

J'aurai bien quelques vers à donner à Charon :

En voudra-t-il ? Ce n'est peut-être qu'un viron

Après quoi l'on revient, personnage fictif ?

 

Tout cela pour m'interroger puis reconnaître

Qu'on ne sait vraiment pas ce que devient notre être,

Cependant plus précieux que ne l'est l'avoir ;

 

Pire lorsqu'on en prend mille fois sa part !

Ce n'est pas sûr qu'on finisse par savoir

Si notre avenir est ailleurs ou nulle part.

 

Louis DELORME

 

 

Autoportrait de Louis Delorme

 

 

Pour terminer ce premier hommage voici un dessin de Jeanne Champel Grenier avec un texte prémonitoire de Louis Delorme… Ils étaient de merveilleux complices d’arts…

 

 

 

Grand merci à toi, Jeanne pour ces documents si précieux, si importants pour qui aimait Louis…

 

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 06:30
cliché: P. Lombard

 

 

 

 

Dans un repli tout verdoyant de l'apparence

le désir et l'espoir se font du mouron pour les oiseaux

pourtant une branche d'ozone bourgeonne

dans le bleu du chant d'incandescence

S'agite alors l'arbre des paumes

serrant les mains de l'espérance

à force de bonheur d'aumône

jusqu'à l'effacements des digitales

L'évidence vous échappe encore

une envie d'ascension vous grimpe au cœur

tout griffé de joie dans le touffu des ronces

 

Une petite vigilance d'escarpolette

vous balance une demi pensée à l'heure

tantôt vivace, tantôt fanée, tantôt alerte...

Qui peut détacher ses étoiles brûlées

du néant bleu d'apparence printanier

qui vous plafonne les idées ?

Et pourtant...le sort nous sépare

 

À l'ici du monde on s'étreint de solitude

accompagné de sept violes d'habitude

Comment se défaire de cette soif de l'autre ?

Marcher près de l'eau, si possible

la fraîcheur....et la paix si sensible

À défaut, attendre que l'horizon se rapproche

si vite et si près... si près de rompre

que le proche et l'ailleurs se confondent

 

Pourtant, il faut croire que la lumière croit

à la Lumière qui balaie les scories de la terre

de la folie et de la terreur

Le vent passe sa douce main sur le front des cercueils

puis s'en va cajoler le cœur des fleurs

des regrets, des peurs et des rancœurs

 

Qui pourra de ce jour définir les manques

qui vous emplissent et vous débordent

jusqu'au son creux de la voix blanche ?

Les fenêtres ont le regard qui penche

vers les chemins et les rues vides

c'est une transe répétitive qui chemine

mine de rien de confiteor en amen

Le soleil même a des élans de suicide

 

Qui a ressenti un surcroit d'être dans ce néant ?

Il semblerait que nos limites spirituelles tantôt s'éloignent

tantôt se restreignent à l'infiniment petit

laissant le vide et le chaos pleins de stupeur derrière elles

tout comme l'univers en expansion de la bêtise

 

Ô éternelle insignifiance que féconde la force du rêve

Réalités humaines décevantes seriez-vous inextinguibles ?

L'épeire de la mort retisse, inlassable, sa trame de soie

Le vautour refait son nid encore au même endroit

Ils savent que l'arbre de vie ne meurt pas au premier orage

Un coq chante deux fois,

trois fois, cinq fois, vingt fois...

Qui va trahir la vie ? Ce jour, combien de fois ?

 

Qui va sauver les petits gestes de la joie

semer son blé au-delà de la fleur de l'âge

et chanter les moissons de paix à plein convoi ?  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 07:25

 

 

à Clément, à Coline...

 

La terre est-elle un lieu pour consumer la vie ?

L'enfant, lui, ne nous pousse- t-il pas

à la quête de transcendance et d'avenir

En dépit des fièvres et des toux

Existe-t-il quelque mot-délivrance

 

 

C'est un voyage que l'on peut faire par la pensée

Il suffirait de se laisser parfois porter

Les yeux baignant dans un vitrail couleur de miel

Pour deviner comme une voix venue du ciel

 

Non pas les mots mais leur musique irréelle

Des harmonies créant des ondes fraternelles

Qui adoucissent le corps à corps de la vie

Et qui reposent dans un repli de l'infini

 

Mille chemins depuis toujours mènent à elles

J'ai caressé des autels d'or et de dentelle

J'ai arpenté les voies éperdues du printemps

J'ai entendu les mots secrets venus du vent

 

Mais rien ne m'a paru plus beau que voix d'enfant

Qui ne sait pas, qui ne sait rien, et pour longtemps

Et qui vous dit tout simplement  ;  « Tu vois la lune  ?

C’est un bonbon, un ballon rond ou une prune ?  »

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 05:05
www.gaiapresse.ca

 

 

 

 

 

Inutile de filmer juste en accéléré

Les moments d'une vie pour bien réaliser

Le cycle programmé qui file en un éclair

Quatre saisons pressées du printemps à l'hiver

 

De la graine germée au fruit mûr récolté

Plein de similitudes sont toujours observables

Pour ce qui est de l'homme, deux saisons enviables

Un boisseau de printemps suivis d'autant d'étés

 

Qui ne devine pas une fin de l'histoire

Quand apparaît l'automne et son hiver minable

Faire de bons vieux os est-il signe de gloire ?

 

Autant s'habituer au déclin misérable

Etre là simplement dans un corps provisoire

S'être cru né falaise et se révéler sable

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 08:01
www.les4verites2brane.com

 

 

 

 

 

Chaque hiver joue à qui perd gagne

Entre grand manque et convoitise

Comment faut-il que je le dise

Je suis frappée par la bêtise

La folie de la société

Froide et morte, de marchandise

Tout se vend ici au prix fort

L'amour, la joie et puis la mort

 

Suis fatiguée des roublardises

Je devine les mirandoles

Des sentiments qui se déguisent

En bénévoles et pigeons volent

Intéressés à leurs portraits

Dans les échos, dans les églises

Alignements de la bonté

Accent aigu pour être vus

 

Je veux des gestes silencieux

Non relayés par les médias

Ni délayés d'Ave Maria

Des dons du cœur sans larme aux yeux

L'âme a bien pris un accent grave

Et même plus d'accent du tout

Est-elle amie ou ennemie

Lorsqu'elle crie au fond : « À moi ! »

 

Je suis fatiguée du « Moi m'aime »

De ces délires de l'ego

Qui vous disent comment on sème

Pour récolter le plus d'échos

Tant de gourous pleins de bonté

Qui vendent l'amour en papier

Vous proposant l'Eternité

S'ils s'en allaient sècher aux branches

D'un arbre droit dans le silence

Bon sang, quel bonheur l'existence !

 

Pitié, revienne vite en France

Un grand Noël des différences

Plein de couleurs et de respect

Pas de leçon pour la piété

Mais de l'Amour fait en secret

Discrètement comme les geais

Qui donnent vie à des musiques

Pour réchauffer l'hiver entier

Et de temps en temps, un silence

Pour les absents à qui l'on pense...  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 07:11
ça aussi, c’est l’Europe, celle qui détourne les yeux…

 

 

 

 

 

Premier janvier ! Quoi de neuf sur cette planète ?

Trouverons-nous autre chose que des arêtes ?

Ont-ils fait place nette les ''canards'' de l'été 

Pas d'horreurs, pas de guerres, plus rien à raconter ?

 

Un reste de rôti ? On invite un voisin ?

Pas celui qu'on fréquente car il a du bon vin

Mais celui qui, là-bas, loge dans un carton

Si las de bourlinguer qu'il aval' des cach'tons

On redresse la pente, on est sur la bonn' voie...

 

Et les vieux entassés tout près de colapser

Voilà qu'ils ont trouvé une famille à aimer ?

Ça va les étonner, le pays a changé

On arrête le béton tout autour des maisons

Et voilà qu'on jardine : salut les potirons !

 

Cent fois moins de voitures mais des bus silencieux

Pour aller voir la mer, ah ! vraiment c'est le clou 

De l'eau pure à gogo et des bancs de mérous !

C'en est trop ! C'est trop beau ! Je me frotte les yeux ...

 

 

Zut alors! J'ouvre l'œil, je suis dans les nougats

Quelle cuite hier soir, c'était la Saint Sylvestre !

Un ''pingouin'' m'a piqué mon duvet et ma veste

Oh dis donc... les poubell'... les rats...sacrés dégâts !

 

Qui sait si la Croix Rouge va passer ce matin

Nous apporter un truc, une infusion de thym ?

L'an dernier on a eu un sandwich, un' cannette

Et moi, j'étais pas seul, j'étais avec Mariette...

 

Premier janvier ! On se gèle sur c'te planète !  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 08:23
Imbécillité crasse des humains avec leur amour de la guerre – photo INRAP: fureur-meurtriere-neolithique-achenheim

 

Surréalistes jeux de mots, jeux de vilains ?

 

 

 

Pour déclarer la guerre, naguère :

Insultes, provoque à Sion, flèches, coutelas, cris d'olifan

Batailles de coqs, de gladiators et de serpents

Bleuets, coquelicots et tatatsouère

fleurissant la boutonnière...

On faisait déjà un sacré foin !

Et en avant les arrières

trompettes et tambours à rebours

escarmouche à la cartouch'hier

et pan  ! des rangées entières de fantastiques fantassins

dansant et flambant la crémaillère ailleurs

Fantasmagorie des fandangos des francs dingos   !

Bien sûr, ça faisait froid dans le dos et les reins

froid dans le do et le dodo de la clarinette

Jamais ni claire ni bien nette la clarinette

plutôt enrouée ou bien rouée pour surjouer la gaieté

en rouet de laine l'hiver, la haine miteuse mi-tueuse

Fallait l'entendre avec sa gai-thé à lamente...

Fallait l'an tendre tout l'an tendu, parfois cent ans !

Naguère, la guerre...

 

Aujourd' huit ou neuf, rien de neuf

à part qu'on ne déclare rien du tout

ni impôt, ni amour, ni haine ; on y va Franco

On a tué Dieu, tous les dieux, dans le dos

pas avec le dos de la cuillère, ni le do de la clarinette

alors les hommes... il y en aura toujours trop !

On fait la guerre tout de go à la Terre Entière !

On expose sa foi en soi et on s'explose de J à D

Histoire d'atterrer, une bonne fois, la terre

et qui sait ? Pourquoi pas, de l'enterrer ?

 

Plus bas et plus lâche c'est impossible !

On se barbiturique la conscience

On croit avoir gagné la guerre

On se paradise les idées fausses,

On s'étrangle de fausses routes célestes

On se promet des rais qu'on pense pour soi-même

( rais de soleil et d'or, raies de barbe parfumée et huilée

et brochettes de vierges consentantes, sans tante, sans tente... )

On appelle ça courage ( cou-rage )

Plus moche et plus lâche c'est impossible ! Im-peau-cible  !

Ensuite, on est tout n'oeuf  ! On est zéro  !

On sert d'exemple au Néant, le nez en sang,

le reste en char-pie pour les corbeaux

On a toujours un poignard en son sein

ON ? C'est qui ? Sinon le voisin ?  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 07:20

 

 

 

 

 

Un chuchotis d'oiseau sur le fil du réveil

a fait un pas vers moi dans le dos du soleil

Il a ouvert l'espace juste avant mon passage

puis en parle à ses frères, vérifie ses repères

J'avance dans un monde de murmures et d'images

qui a vraiment connu et mon père et ma mère

 

Un éclair de lumière au pied de la haie d'ombre

dépliée du sommeil, si près de tout connaître

attend que j'élucide ce que je crois savoir

Un tison de soleil qui me suit pas à pas

me touche un peu les mains pour me garder du froid

de l'ubac à la ronde, d'un monde sans fenêtre

 

Des souffles à peine nés passent en grand silence

dans d'aériens couloirs d'une forêt profonde...

Un oiseau affolé, un petit geai, je pense

me donne des nouvelles d'un ciel où tout commence

Le sommeil des étoiles redevenues des pierres

efface les fortins des neiges du vieux monde

 

Partout s'éveillent alors les nids de la lumière...

Déja au pied soyeux de la dernière brume

le bleu du ciel contemple le front d'une rivière

qu'un souvenir de menthe et de mousse parfume

Des pensées évasives me filent entre les doigts

comme truites sauvages et soulevées de joie

 

Mes rêves retenus se détachent du quai

et retrouvent le large qu'ils n'auraient dû quitter

Mille silences suivent, ils savent naviguer

de trou noir en quasar et dans l'obscurité

ils sont la parabole de la vie en allée

et comme les lucioles allument leur briquet

 

 

Et comment revenir, esseulée, sur ses pas

alors que tout ce bleu satine le trépas

et qu'un peu de chaleur réanime la foi...  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 07:13
© Pablo Carlos Budassi

 

à tous un peu de temps *

 

 

 

 

À regarder le ciel et l'horizon sans fin

Et les milliers d'années de lumière d'étoile

Les galaxies cachées filant vers les confins

Les trous noirs facétieux et les quasars d'opale

Et dans l'immensité des univers qui fuient

Nos rêves accrochés au plus grand des vertiges

Celui d'une autre vie qui coulerait sans bruit

Sans qu'aucun interdit un jour ne la fustige

 

À regarder le miel que je vois dans tes yeux

Lorsque vient bourdonner le désir d'être heureux

À regarder combien  la vie de l'homme est courte

Qu'il vive en un palais ou bien dans une yourte

C'est à se demander, à son corps défendant,

Si Dieu n'a pas manqué d'un petit peu de temps ?

 

 * Vers proposé par Louis Delorme  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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