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Des cerveaux à zéro
Qui sont téléguidés
Par des illuminés
Veulent éteindre nos vies ?
C'est du mauvais Devos !
On a franchi les bornes :
Décapiter les gens
Pour un dessin de trop ?
Mais quel dieu indigent
Nourrit un tel terreau !
Certains hommes ratés
Veulent créer un dieu
Qui soit à leur image
Histoire de s'aimer
Aujourd'hui plus qu'hier
Et toujours davantage
Voilà que ce Landru
Créé de toutes pièces
Justifie les ravages
de ces cerveaux perdus !
France, terre d'asile,
Laisse entrer tous les peuples
Mais non pas les débiles
Qui s'entraînent en civil
À la tuerie des villes !
Abrite les errants
Mais forme les esprits
Depuis qu'ils sont petits :
Fraternité, partage
Depuis le plus jeune âge !
Que les cerveaux fumeux
Ces bombes ambulantes
Ne puissent se nourrir
Ni se croire ''élus''
Pour des vierges en attente
Et ne confondent plus
Vivre ensemble et mourir
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
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Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
humblement
écrire comme on respire...
Il faut un art infini
pour se démettre des artifices
pour se défaire de tous les liens
de cause à effet
pour paraître balbutier
de toute éternité
l'évidence nouvelle
et qui le restera
une naissance qui étonne
et que l'on sait perpétuelle
telle l'eau qui murmure
sans faire de vague
juste un éclat de nacre
entre deux courants
l'eau qui chuchote son chemin
abreuvé de ciel et qui y retourne
tandis que brillent çà et là
les carpes d'or du silence...
Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
il faut une vie
peut-être deux...
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
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Ici le ciel est tombé tout entier
dans le grand bassin bordé d'ajoncs
et ce n'est que surprise et battements d'ailes
Cols verts, pigeons, hérons ou tourterelles
se noient peu à peu dans le firmament
Glissement de silence perpétuel
Et pourtant l'eau d'en haut et l'eau d'en bas
continuent de converser
L'azur à mes pieds s'évanouit lentement
et puis revient comme l'âme de fond
On ne sait quelle était sa position originelle
Il se devine entre deux profondeurs
un bleu de Klein qui se décline
en douceurs et transparences divines,
si émouvantes que le vertige vous prend
et qu'il est bon de s'adosser à un tronc
sorte de mât aux cordages de lierre
Où est la terre ? Quelle est cette île ?
Où est la vraie position du monde ?
Canopée d'algues alanguies palpitantes
où se suspend la lumière en tremblant
ne permettant plus de différencier le haut du bas
Vertige de manège d'enfant...
Passe ondulant un rayon émeraude
qui ne dit pas son nom
suivi d' un tendre remous vaporeux
Poudroiement et silence d'or
Ni souffle de vent
Ni clapotis
Les jacinthes d'eau à l'étiage
ont des renoncements d'Ophélie
dans les draps frissonnants des nuages
que l'ombre d'un grand saule bleuit
Reflets mêlés d'indigo, d'or et de turquoise
qui se noient dans le vert des feuillages
à peine teinté du bleu des lavandières
Blancheur des ibis tombés des prières
Douceur des pigeons à gorge d'ardoise
Ici, les constellations de saxifrages
ont un parfum de vanille et de miel
Vitrail vivant émergeant du rêve de Dieu
Tel est ce jardin d'eau illuminant les lieux
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
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(des canots par milliers)
Comme neige au soleil, le sel ici flamboie ;
et plus loin c'est la mer d' ''il était une fois'' ...
On a atteint le bout de la terre connue,
là-bas gémit l'appel, au-delà des paluds
symphonie ruisselante, musique lente et froide
la vague multiplie ses lèvres frémissantes
elle pleure, elle écume et devient transparente
c'est comme du vaudou précédant cette transe
des algues possédées, agitées, gémissantes
qui vont donner naissance à des coraux en fleur...
Des fleurs pour qui ? pour quoi ? et pour qui cette danse ?
Tant d'oubli, de silence, de visages qui hantent...
Voyages éternels noyés dans la douleur
Entends la voix du sable qui change de couleur
il semble que le jour s'en revienne au début
Les souvenirs se noient, là, à perte de vue
tout est neuf et pourtant tout a déjà vécu...
Et voilà que le ciel s'empare du moment
des envols de mouettes viennent battre des ailes
alors la paix ricoche sur le grand océan
qui se gonfle de joie et fleurit de plus belle
Ils dansent nuit et jour dans les passes du vent
ensemble, goélands, mouettes et flamants
et ils furent heureux, eurent beaucoup d'enfants
Comme neige au soleil, le sel ici flamboie
et plus loin c'est la mer d' ''il était mille fois''...
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
31 mars 2020
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Un ami c'est la porte ouverte
Qui reconnaît ton pas
C'est la possibilité d'un ailleurs
Où tu te sens chez toi
Une poignée de mains franche
La chaleur retenue
D'une voix en alerte
Au diapason de ta voix
Des mots pesés qui viennent
Alléger ton chemin fourbu
Un ami, c'est un abri
Il y a toujours
De la lumière à sa fenêtre
Toujours un coin de table
Où le pain a bonne mine
Et le vin bon caractère
Un lieu où le silence sonne
Aussi clair que la parole
Avec parfois un mot pour rire
De la pudeur au fond des yeux
Un ami, c'est la certitude qui renaît
À la promesse d'un feu de bois
Et du temps qui ne compte pas
Un ami, c'est celui
Qu'on aurait voulu être
Tant il est différent de soi
Un ami, c'est quelqu'un qui a besoin
Pour accroître la profondeur de sa vie
De croiser les eaux de la tienne
Et c'est pareil pour toi
Mais tu n'en diras rien
Pour ne pas troubler le fil de l'eau
Des sentiments profonds
À fleur de source, à fleur de peau
Un ami, c'est toute la vie un ami
Et même lorsqu'il est parti
De l'autre côté du partage
Il reste assis sur un coin de plage
À l'écoute des vagues de ton cœur
Traçant son nom sur le sable
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
Poème ayant reçu l'APOLLON D'OR à Poésie Vivante .VAISON LA ROMAINE . Mai 2015
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Il semble que le ciel tout à coup va s'éteindre
que l'eau dans les rivières s'en retourne à la source
que la vie diminue, que la sève s'assèche
Il semble qu'en amour on étreigne des ombres
La lueur du matin ne laisse aucun espoir
mais un éclat d'acier, avec des remous sombres
qui vous crèvent le cœur tout en broyant du noir
Il semble que la vie s'éloigne et refroidisse
et qu'un matin noyé on trouve entre ses bras
la cage pulmonaire sans oiseau de lumière
On est seul, suspendu au souffle de l'Ailleurs
On a le souffle court, où sont donc les prières ?
On croise fort les mains avec dans ses doigts nus
la pensée noyée d'encre et la voix éperdue
car la vie s'en retourne par les sentiers de guerre
Où est ce port lointain reposé de prières
que l'on trouvait en soi à chaque coin de rue ?
Où est donc la maison où le grillon espère
ce fronton qui s'éclaire tel une friandise
cet âtre d'autrefois qui toujours fleurdelise ?
Il semble que le ciel va tout à coup s'éteindre
Impossible de dire si vous êtes en ce monde
plus personne n'entend votre voix qui murmure :
''Je sens partir ma vie... Appelez mon mari...''
Il semble qu'on chuchote un ou deux mots bénis
une voix qui soupire : ''Arrêtez, c'est fini ! »
et vous, vous entendez « Faites entrer l'Infini ! »
Il semble que le ciel tout à coup va s'éteindre
Pourtant en haut des murs un rayon le défie
l'arc-en-ciel sort du gris, tous les enfants l'ont vu
avec dans le regard l'azur qui leur sourit...
Il faudra cette fois s'embrasser et s'étreindre
La vie refleurira innocente et bercée
du souffle reposé de ceux qui sont partis
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
31 mars 2020
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Textes transmis par Jeanne CHAMPEL GRENIER
Ce dimanche 19 avril 2020, notre ami Louis DELORME nous a quittés nous laissant des montagnes d'écrits, de peintures, de sculptures, sans compter ses ''recensions'' à la fois fines et profondes que chacun garde en souvenir. Louis nourrissait une affection particulière pour Thierry SAJAT qu'il considérait comme un fils, un fils aimant et droit. Claude LUEZIOR, ce grand poète plein de fraternité, nous avait présentés l'un à l'autre, Louis et moi, car il avait deviné en nous une fibre semblable qui nous a miraculeusement permis de tisser ensemble nos mêmes passions durant quatre années d'amitié profonde, inaltérable. ''Mon frère en poésie'', comme le dit son épouse Michèle, a écrit une foison de textes pleins de force, souvent dénonçant les travers humains sans toutefois s'ériger en juge, d'autres les plus nombreux, exaltant la beauté du monde pour l'oeil de qui sait la voir ; mais, pour ma part, je dirais que les poèmes de Louis les plus beaux sont, incontestablement, ceux écrits à son épouse aux yeux de ciel et de pervenche, ceux faisant allusion à leur bonheur. Ils respirent l'attachement véritable, sans effet de style, sans débordement, des mots simples et urgents que l'on pourrait dire encore à deux doigts de perdre la vie.
Jeanne Champel Grenier
UN APRES COMME ON LES VOUDRAIT
(Extrait du recueil ''Prolongations''2018)
Je voudrais m'endormir un soir sur ta gondole
Celle qui m'a bercé tout au long de mes jours,
Où j'ai pu rassembler tant de rêve et d'amour,
Où le geste fut joint toujours à la parole.
J'aimerais qu'on me joue l'ultime barcarolle
De cette belle vie nous avons fait le tour :
Je crois que je ne t'ai pas assez fait la cour,
Pourtant tu m'as guéri de bien des idées folles.
Je l'imagine doux le tout dernier sommeil
Et je ne souhaite pas qu'il y ait un réveil,
Si c'est pour déplorer ton éternelle absence.
Il était enchanteur l'inattendu cadeau
De la vie et je dois mesurer notre chance ;
Que le spectacle cesse au baisser de rideau !
©Louis Delorme
* * *
QUE SERAIT L'UN SANS L'AUTRE
La séparation de deux êtres est la pire des choses
Les lagons de tes yeux, dans mes pensées secrètes,
M'emportent au soleil d'îles au regard bleu,
Où la vague, ondulant ainsi que des cheveux,
Te ressemble beaucoup, fille de mes tempêtes.
Les rochers modelés de tes hanches parfaites
Se laissent caresser par le couchant qui pleut,
Je ne sais pas pourquoi ! Pour exaucer mon vœu
Mille rayons dorés me tournent dans la tête.
Si tu n'existais pas, ma vie serait sans foi ;
Je me le dis souvent ; « Que serais-je sans toi ? »
-Un de ces gars paumés qui désertent le monde,
Et pour avoir la paix, s'enferment dans leur tour ;
Je sais que pour ma vie l'espérance se fonde,
Chaque jour que Dieu fait sur un peu plus d'amour.
©Louis Delorme
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