www.lci.fr/international/coronavirus le brésil dépasse le seuil des 3000 morts et s'enfonce dans la crise
Un temps pour périr ?
Il fait un temps
à ne pas mettre un chien
ni dehors ni dedans
un temps de miasmes
et dommages collatéraux
un temps de virus
qui aime le froid russe
et le soleil à l'eau
Il fait un temps
d'homme que l'on pique
comme un chien
pour éviter qu'il meure
Il fait un temps soit peu de rêve
qu'on en crêve
La mort aura beau faire
elle aura belle allure
du genre Baudelaire
sur toutes les coutures
Et pourtant...
chaque jour sans bruit
se lève une couvée d'aubes
nouvelles à visage d'enfant
dans le nid de la nuit...
Rien n'est moins aisé que d'écrire
Prendre le parti de la Beauté
qui frise parfois la démence
et respirer, pleurer, vivre à sa mesure
Il faut le lâcher- prise adolescent
la foi et la magie du chaman
une confiance ( qu'on fiance)
au Big bang créatif des pensées
obéir à la vive morsure du Vrai
et à la fièvre imaginative
pour mettre à jour la nuit
qui vous traverse
et vous enfante
avec ses fulgurances
Il faut un souffle vital d'enfer
pour assumer le coup de foudre
capable de sacrer ce qui ne doit périr
Il faut savoir écouter sa primitive mer
bercée d'hippocampes et de léviathan
cette eau qui éclabousse, souffle sur les brûlures
remue à la fois les épaves et les nacres
cette eau abreuvée de ciel et qui y retourne
tandis que brillent dans les replis du sombre
les attentives moires du mystère
Rien n'est moins aisé que d'écrire
décrypter l'indicible et livrer sa lumière
battue de troubles, plombée de galères
Il faut une vie...peut-être deux...
Alors la nuit... lorsqu'il fait beau...mezzo forte...pianissimo
Je dors d'un trait qui tombe à l'eau
C'est un sommeil qui irradie, des ors coulant sur les courtines
Voile funèbre ? Voile à berceau ?
Voilà le calme d'outre-flots qui se décline en fleurs d'épines
de longs calices en apnée qui se révèlent sans un bruit
des girofrêles ou des hublots selon la folie de la nuit
par où s'infiltrent les oiseaux, les sombréros, les boléros
C'est la question des rimes en haut
des Juliette et des Roméo...
Dans la verdeur du parfum d'eau, on ressent au fil de la peau
le bruissement des étamines mine de rien et c'est très beau
On goûte aussi à leurs couleurs mezzo forte... fortissimo
qui vous pianote un peu la peau
J'ai près de moi toutes les clés de cet orgue des profondeurs
celle du sommeil de prestige où tout vous est enfin rendu
La pesanteur n'existe plus ni ses poignantes adhérences
Les infinis bleus se mélangent, rien n'est perdu
La voix arrive à fleur de cœur :
« Laisse courir les turbulences qui ont tenté de te noyer
ton cœur est neuf et accordé à la symphonie positive
Vois-tu combien les jours s'éclairent à la lumière de tes nuits ?
Les jours vécus sont des mirages bien déployés
Prépare-toi au grand silence, toi l'intuitive ... »
Elle se jupe à fleur du matin et s'aurore les joues de menu fretin
Ses cheveux radieux se tobbogandent le soleil à genoux
et tous les papillons s'antennent les mains de poudrin de chou
Si le chat miaule mi-raisin, elle s'oreille de rire, se dent de cristal
et se petite langue de susurre...
Si le rouge-gorge se carousselle au soleil et se pschitte le dessoudézel
dans le ''senbon'' des groseilles ; elle se pelouse, se sable, se petit cailloute,
se mûre les doigts de sucre bleu et se petite fontaine la grande soif
Quand la rosée rosarum rosis se palatine sur la mousse
elle se roule d'hamamélis et se rire d'éclabousse
Je la trésor, elle m'escarboucle l'impossible du ciel, quand l'azur se pupille
dans le tendre de ses yeux où le miel se caramélise et se pluie
La liste des poètes du blog disparus en peu de temps (deux ces trois derniers mois) s'allonge tragiquement. Jeanne, très proche de lui, comme une grande soeur, m'avait dit qu'il était malade, mais la fin est venue plus rapidement que prévu et laisse son épouse, ses amis, tous ceux qui le connaissaient et l'aimaient dans le désarroi, la tristesse et le vide... Restent ses écrits, heureusement... (Jean Dornac)
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...