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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 07:53

 

poteaux.jpg

La Butte des fusillés à L'Épine près de Châlons-en-Champagne

http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/lieux/2GM_CA/monuments/butte.htm



Quand soudaine en sa fuite une sente s’esquive,
Ayant abandonné du grand chemin la rive,
Que j’aille l’aller suivre au fil de ses transports,
Pour partager complice et ravi, ses accords…
Comment ne pas me rendre aux accents de l’aubade,
Me livrer à plaisir où porte l’escapade ?
Qu’elle conduise à Rome – et laquelle n’y court –
L’agreste et vif appel m’attire en son séjour,
Dont les charmes aidant subliment la nature…
Tout parle de bonheur et de bonheur augure.
L’air embaume, m’enivre et me grisent ses fleurs,
Les frondaisons d’argent en mêlent les langueurs,
Mon âme, rare instant, que l’accueil réconforte,
Choisit pour aventure énigmatique et forte,
De revisiter bien du passé les rappels,
Mêlée au charme flou de mystiques pastels.
Car si le ciel s’invite et veille en la ramure,
M’interpelle un ruisseau, me trouble son murmure,
Parmi des arbres blancs, hôtes sans vanité,
Il me parle au présent d’un temps d’éternité.
Dans ce séjour sans fard comme un pèlerinage,
Voici le sortilège, ineffable partage,
De l’univers entier au cœur de ce val bleu.
Je frémis de candeur – en tairais-je l’aveu –
Mais c’est au souvenir, de ce matin sans leurre,
D’un mois de Mai qui sut, comptant leur ultime heure,
Donner à des enfants en passe de mourir,
Ce théâtre de joie où chacun dut finir.
Dans le sous-bois sacré, plein de raisons de vivre,
Perfide une agonie collective s’enivre
De les aller faucher. Un seul cri : " liberté " !
Des armes ont vomi ; leurs corps ont culbuté.
La terre a bu sans soif, dans l’incertaine aurore,
Des fusillés le sang, dont la voix parle encore !
Passant, règle ton pas et veuille retenir
D’un martyre passé ce qu’il lui plut d’offrir :
Et s’il n’est point heureux que jamais âme meure,
Partage leur repos, cueille l’instant ; et pleure
Aux marches des tombeaux leur dévorante nuit,
Que ta liberté goûte aux matins d’aujourd’hui.

© Claude Gauthier (août 1989)


1944 – à 27 jeunes fusillés de Mende



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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 07:15

 

mich.jpg

© Michel Bénard



Par un simple éclat de matière
Ouvrir un passage à la lumière,
Un espace jaune orangé
Ponctué de touches bleues s’offre
A nous comme un point de mystère.
Et je m’étonne de ramasser
Des pétales d’orchidées
Sur l’inconnu d’une galaxie
Que je saupoudre dans le vide.
Stèle de l’au-delà,
Signe intraduisible,
La poésie comme une caresse métaphysique
Nous extirpe du désespoir
Pour nous conduire vers l’amour
Aux grés d’une simple déchirure de lumière.

© Michel Bénard.



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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 07:48

 

nous_cantique.jpg

Image en titre : « Écritures Archaïques » de Ode©
papier fait main moulé signes imaginaires.
Hors-série du projet expo « Écriture-Correspondances »



Avec toi, je marche
dans l'épuisement des Saisons
Avec toi, je marche
sur les Rives de nos Rêves
Avec toi, je marche
parmi les Corps Célestes
Avec toi, je marche
en suivant l'itinéraire des Grands Oiseaux

Rien, rien se sera trop immense
Rien, jamais rien
ne viendra éteindre le colossal Feu
qui nous enrubanne
nous soude l'un à l'autre
Rien ne nous enlèvera
le Temps qui nous est alloué
depuis les Origines

Quand donc tes lèvres si tendres
m'ont-elles laissé
cette douce empreinte
afin que je les goûte
que tout recommence
dès que je ferme les yeux

C'était un jour de Lumière
Oui, je me souviens
Si douces, offertes
nos lèvres, nos cœurs
nos âmes se sont touchées
en cet instant ... au goût d'Éternité

Dans la Maison des Étoiles
nous irons habiter
Nous sommes nés d'Elles
Elles nous protègent
nous enveloppent
dans le Cocon ouaté Cosmique
C'est notre Ciel de Lit
dans lequel se renouvelle l'Amour

Tu prends ma main de Lune
à l'Heure Bleue où se rencontrent
la Nuit et le Jour
Tes yeux me transpercent
Jusqu'à l'envers de l'âme
Tu es le Miroir de ma Vie
Mon Passeur
Mon Amour

Tu rentres avec moi
dans la douceur du Jour
Dans le Songe en partage
Toujours, je te préserverai
des Ombres qui guettent
ainsi, de l'Aube des Solitudes
Promesse que je dépose
à la douceur de tes lèvres
...où je pose les miennes...

Ode©


Source : http://zodode.5.50megs.com/Dentelle/nous_cantique.htm



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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 07:58

 

amitie-copie-1.jpg

© Détail de "Vénus et les trois grâces" de Sandro Botticelli



Elle coule, la source d’amitié
Venue d’on ne sait où
Caracolant vers sa destinée
Calme ou orageuse
Plaines ombragées ou pics acérés

Arc-en-ciel de la vie
Elle aplanit la route
Mène à quelque clairière
Ou à l’ombre d’un vieux chêne
Elle est mélodie si douce au cœur

Parfois, la tempête sévit
Mais très vite, le soleil luit
Parfois, elle vit de sécheresse
Vite oubliée sous la pluie
Des tendres retrouvailles

Moelleuse comme un pain frais
Elle se croque à pleines dents
Douillette comme un édredon
On s’y glisse en rêvant
Confiant en l’ami qui veille

L’amitié n’a pas de sexe
Loin des passions amoureuses
Entre hommes, entre femmes
Entre homme et femme
Le plus souvent, elle est radieuse

Comme l’air qu’on respire
Comme le sang vivifiant
Elle est principe de vie
Amour d’âmes sœurs
Sans voile ni pudeur

Pauvre est l’âme sans amitié
Sur une terre sèche
Elle cherche son chemin
Sans oasis pour se reposer
Ni eau pour se désaltérer

De tout temps, je t’ai aimé
Toi, l’ami qui me tend tes bras
De tout temps, je t’ai attendue
Toi l’amie qui sait écouter
Depuis toujours, en moi, vous vivez

© Jean Dornac
Grasse, le 9 septembre 2010



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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 08:22

 

kateb.jpg

- Kateb Yacine -

Poète, romancier , homme de théâtre, Kateb Yacine (1929-1989) a écrit de nombreuses oeuvres dont Nedjma et Le cadavre encerclé. Il reçoit en 1987 en France le Grand Prix National des Lettres et en 2003 son oeuvre est inscrite au programme de la Comédie française.



Boucherie de l’espérance.

Kateb ! Y’a signe de désespérance.
Ecoute les non-dits dans le trop-plein des discours
et le nom des martyrs qui bousculent l’Histoire.
Les totems ne s’écroulent toujours pas
et des promesses aussi creuses qu’une coloquinte.

Songe qu’on veut confisquer l’Amour
et mettre à la place du soleil les disques de l’oubli :
CD et DVD,
Capitalisme Destructeur, qui entraîne
Déchets et Vie Détruite.
Tu avais sonné l’alarme en semant la poudre mais
l’intelligence cherche en vain la culture accessible.
Plus personne ne regarde du côté de ta tombe
Tes pas sont encore incrustés sur les planches
et l’écho de ta voix rassemble les amitiés numides
dans la rumeur des promesses algériennes
Les mots pendent encore aux branches de ton imagination.
On ne les cueille plus.
Les gueux s’en vont toujours à la soupe populaire
et les moutons gambergent devant les boucheries de l’espérance.
Les étalages, les équarrissages et les fumigations
sont en Orient, en Afrique et en Amérique Latine.
Œuvres, titanesques, otanesques
d’usines étasuniennes et honnies onusiennes.

Déjà, le siècle ment et on se meurt de renaître
sur les braises du combat que tu avais mené seul.
Toi le poète ivre qui avait rêvé de n’être
qu’une encre qui survit au spasme et au linceul.

Kateb ! Y’a signe de désespérance
Nous sommes aveugles, sourds et dans l’errance.

© Abderrahmane Zakad



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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 09:07

 

bougie.jpg

http://royautes.romandie.com/post/18174/214715



                                             A Athanase Roussinoff

“I Found you and I lost you
All on a gleaming day.”

(« Je t’ai trouvé, je t’ai perdu,
Tout cela en un seul jour plein de lumière ». )

Paul Laurence Dunbar


Dors, mon cousin aimé, dors,
Ton tendre cœur t’a dit adieu,
Il s’est tu, déposant une gerbe de narcisses
Sur le calme velours de tes paupières !

Ton cœur,
Il s’est éloigné de ta face de perce-neige,
Comme de la source heureuse
S’éloigne en douceur
Le chant suave de l’eau pure.

Dors, dors à présent, mon cousin gracieux,
Mon âme aimée,
Dors sous la claire musique des feuilles d’or
Du vieux tilleul
Que d’une main étoilée a planté,
Dans la cour magique de notre élégiaque enfance,
Grand-père Athanase.

Mes larmes seules te réveilleront parfois
Pour te faire entendre encore une fois
Le clavecin du soir
Chanter l’immense ciel de soie pourpre
Effleuré par les doigts agiles des hautes herbes.

Dors, les eaux nombreuses de notre Thrace
Perpétueront ta mémoire
Et ton nom retrouvera
Les roses blanches
Que tu aimais tant
Dans les vitraux roses des aubes printanières,
Dans le jardin charnel de mes mots d’amour.

Mon cousin endormi
Dans le sourire des narcisses.

© Athanase Vantchev de Thracy
Paris, le 1 février 2011

Glose :
Paul Laurence Dunbar (27 juin, 1872 – 9 février, 1906) : célèbre poète noir américain, connu surtout pour son recueil de poésies « Ode à l’Ethiopie ».



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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 08:08

 

ciel-copie-1.jpg

http://interpretation-des-reves.blogspot.fr/2011/01/les-reves-et-leveil-interieur.html



(pour mon frère Athanase Vantchev de Thracy et tous ceux qui aspirent un jour respirer liberté et paix)


«A chaque épis son pain
Inutile, une main de fer
Il attend un cœur humain
Tel celui d’une mère.
A chaque quantième,
Existence et son espoir,
Quand on est cinquième
Ce n’est pas pour s’asseoir. »

De l’air, un peu d’air
Qui respire survit
Doit-il encore se taire
Sous le poids des cris ?

De l’eau, un peu d’eau
Ses larmes sont salées
Peut-il faire un saut
Et fuir cette aire voilée ?

La paix, rien que la paix
Seul qui prévoit avance
Le cours ne peut être complet
Quand on bloque la chance.

Pensez, à la source du Nil
L’individu ne fait pas l’histoire
Aussi sorcier, tyran soit-il
Dans la tombe que du noir.

© Mouloudi Mustapha
Alger le 20/03/2013



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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 08:26

 

enfant.jpg

Infographie © Thierry Deschamps



Jardin d'enfants sous le soleil,
Jardin à nul autre pareil.
Les rires y dansent la farandole,
Les cris, les chansons s'y envolent.
Ruche de gamins virevoltants,
Pour monter sur le toboggan
Alors que comme autant d'arpèges,
Les pieds font danser le manège.

Les petits dans le bac à sable,
Font des pâtés pleins de bonheur.
Les yeux rêveurs et pleins de fables,
C'est pour maman qu'ils cueillent des fleurs.
Si parfois un petit bobo,
De quelques larmes mouille les joues,
Très rapidement, ce sanglot
Est calmé par de gros bisous.

Mamans, mamies, l'œil attendri
Font la causette sur les bancs.
Elles sont très fières de leurs petits,
Et si heureuses qu'ils s'amusent tant.
Quand arrive l'heure du goûter,
C'est la ruée des petits gourmands,
Pain-chocolat ou bien croissant,
Tout est bien vite dévoré.

Mais l'après-midi se termine
Il va bientôt falloir rentrer.
Les enfants font la grise-mine,
Préférant rester là et jouer.
Les mamans battent le rappel.
Derniers regards sur le jardin,
N'oublie pas ton seau et ta pelle,
On y retournera demain.

~~*~~

© Thierry Deschamps


Source : http://www.le-spleen-de-zarathoustra.fr/



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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 08:34

 

images-the-sky-magritte-img.jpg

© Magritte



Quand nous aurons parcouru
Le cycle des saisons
En baissant les rideaux
Aux heures méridiennes

Quand nous aurons fui les forêts
Érigées d’arbres
Morts de toutes les blessures humaines

Nous embarquerons
À bord de nos rêves
Sous un brocart d’étoiles
Alors jailliront de la nuit
Des stylets d’obsidienne
Pour graver dans nos cœurs
Le message ancestral
Des exilés de la terre

© Denise Bernhardt


Extrait du recueil « Que l’espérance demeure » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Webert Charles. Éditeur : Le Vert-Galant.



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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 08:08

 

feuil.jpg

http://ntzoom.blogzoom.fr/37



Si je suis en deuil permanent
Des êtres perdus ou à perdre,
La souffrance est calcinée
Jusqu’à son point central,
Sans résidu ni scorie,
Une fois pour toutes.

Il demeure un état
De réceptivité intense.

Chaque visage est contemplé
Comme une dernière fois.
Je le décalque pour toujours
Sur le feuil de ma mémoire.

© Luce Péclard


Extrait du recueil « Le Feuil » aux éditions du Madrier



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