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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 07:30
La Grande Faucheuse – Victor Varjac
La Grande Faucheuse – Victor Varjac
Illustration de Grandville
 
 
 
Il vit la Grande Faucheuse
entrer dans sa chair
sans comprendre
car il ignorait
qu’elle se trouvait là
bien avant sa naissance !...
Il crut que la Mort
lui tirait les  yeux
mettant du plomb fondu
dans ses entrailles
et qu’elle attachait ses jambes
au piquet de la douleur…
L’homme devait apprendre
avant le premier cri…
L’ignorance
sœur jumelle de l’absurde
défigure les mondes
et plonge les cœurs incultes
dans le chaudron
des tempêtes…
La Belle Edentée
ressemble à l’inconnu
lorsqu’elle trempe
sa figure
dans le miroir
de nos peurs…
La glaneuse et la vie
se tiennent par la main
depuis la Nuit des Temps
et « l’homme parenthèse »
cherche toujours sa place
dans le puits carnivore
de l’interrogation…
 
© Victor Varjac
Antibes, le 5 juillet 2009


Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 07:58
Sous le poids de l’araire – Béatrice Pailler
Sous le poids de l’araire – Béatrice Pailler
 
 
 
Sous le poids de l’araire
Du vent vigoureux
Chante l’éther
Toile des cieux.
Le sillon bleuissant
Trace sur la nue
L’écho grandissant
Du bel inconnu.
Ciel veuf des nuées grises
Luisant tout neuf grisé de brise.
Et le vent gracieux
Religieusement au fil des heures
Sur l’azur marial radieux
Avec patience, avec lenteur,
D’un saint effleurement
Lustre et peaufine
Le vélin bleu veiné de blanc,
La tendre toile fine.
                                                 
© Béatrice Pailler



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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 07:18
Le crieur d’adieu – Michel Duprez
Le crieur d’adieu – Michel Duprez
 
 
 
 
Rien de plus terrible en ce lieu
que de ne parler qu'à soi-même,
ici, dans l'ombre du poème
où l'homme se prend pour un dieu.
 
Mais c'est la loi de ton milieu,
véritable nœud du problème :
ce vide jetant l'anathème
sur un sombre crieur d'adieu.
 
Sois la cicatrice profonde,
la grande mémoire du monde
qui éclabousse de son sang.
 
Et tu pourras en récompense
arracher au cœur du silence
le simple droit d'être vivant !
 
© Michel Duprez



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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 07:16
PAYS – Claude Gauthier
Tu es mon seul pays
Ma douce,
Il s’y sent ail et lys,
Et gousse de vanille
Corsée, au creux d’un lit
De mousse…
Ah, ne plus vivre que
Dans un bouquet joli !
 
© Claude Gauthier



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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 07:24
Nous traversons les brouillards – Michel Bénard
Nous traversons les brouillards – Michel Bénard
 
 
 
 
Nous traversons les brouillards
D’une insolite légende,
Pour une passion sculptée
Dans le sang de la nuit,
Traversant l’évanescence du corps
En d’intraduisibles reflets d’âme.
Il y a ce silence apaisant
D’une flamme de chandelle,
Et aussi ces larmes de tendresse
Qui ne diront rien de l’amour
Mais qui le laisseront se deviner.
Nous traversons les brouillards
D’une insolite légende,
Inconscients alors que nous n’avions
Qu’une fleur de brume pour nous défendre.
 
© Michel Bénard.



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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 07:10
Poésie de l’Aimer IV – Ode
Poésie de l’Aimer IV – Ode
Infographie de Ode©
 
 

Attendre un signe, un rayon de soleil
Qui vient doucement frôler l'âme
Que le beau jour vienne et émerveille
Que le fleuve caresse le corps d'une lame

Attendre au crépuscule un coucher de lune
Le corps chaud allongé dans le sable
Dans l'immense silence de fortune
Paix ouatée au bord de la fable

Attendre le soir d'été qui vient rafraîchir
Ces magiques instants où le temps n'est plus le temps
Où les fleurs embaument l'air d'un respir
Où il n'y a plus rien ni personne que l'on attend

La patience est compagne et récompense de l'attente

~*~

Une ombre se dessine au loin
J'avance sans crainte
Se sont mes mots
Qui l'on fait naître

Je me fonds, me confonds en elle
Ô Poésie, quand tu tiens L'O
Tu lui donnes des ailes
Ou un lourd manteau

Que ne ferais-tu, Muse, pour un mot
Un seul
Que ne ferais-tu, dis Muse ?
« L'Amour, L'O ! »

~*~

Tu m'aimes ou tu crois m'aimer
Toi le rêveur et de la femme l'amant
Tu veux ta tête poser
Là où ma rune est cachée
Entre mes Gardiens tant désirés

Je m'abandonne à ta rêverie
Je m'abandonne tout simplement
Je m'ouvre à toi, telle la mésange bleue, ses ailes
Je m'offre à toi sur l'autel
Des sacrifices délirants

Des anges tombés de Charybde en Scylla
Aux déités les plus anciennes
Nous participons des noces païennes
Les plus belles, les plus primitives
Dans la Beauté des symboles sacrés, de l'au-delà

Je suis la Fée du Soleil Couchant
Rituels nocturnes, envoûtements
Je t'appelle, ma voix, tu entends
Je suis là, te sers mes appas
Mais n'oublie pas, je suis aussi la Wacca

Dans un tourbillon de caresses
De gestes d'amour et d'ivresses
Nous spiralons dans le Temps
En corps à corps subtils
Reliés par le Fil d'Argent

Soyons humbles, vivant ce Mystère
Car nous sommes de la Terre
Soyons nobles, mon ami
Car nous émanons aussi des Étoiles
Baissons du Temple le voile

Aimons-nous !

Ode©



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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 06:57
Jusqu’au dernier souffle – Jean Dornac
Jusqu’au dernier souffle – Jean Dornac
 
L’enfer commence sur terre… (J.D.)
 
 
 
Jusqu’au dernier souffle de la souffrance
Toute vie doit connaître l’abomination
Des âmes en effroi et déshérence
C’est là, d’être né, l’horrible punition
 
Nos immenses continents de peur
Endurés aux derniers instants
Forment le diadème de l’horreur
Des humains trop vite mourants
 
Ai-je le droit de crier ma colère
Contre le hasard ou contre les dieux ?
Ai-je le droit de dire mon dégoût des cieux
Face à notre froide et commune misère ?
 
Qu’avons-nous choisi de cet enfer
Qu’un sort funeste nous réserve
Que nous soyons doux ou durs comme le fer
Elle ne sert jamais à rien, notre verve…
 
Il est des prêcheurs
Si doux d’apparence
Mais oiseaux de malheur
Qui magnifient nos souffrances
 
Méfiez-vous de ces atroces « justes »
De l’amour, ils ne connaissent rien
Ils ne sont qu’horribles flibustes
Nous offrant aux dents de leurs chiens
 
Ils glorifient les « vertus »
Et massacrent les innocents
Obsédés et toujours têtus
Ils n’aiment que votre sang !
 
Leurs cœurs ne sont que pierre
Leurs oukazes sont massues
Pour nous jeter en leurs cimetières
Ils sont amis du mal absolu…
 
Ils veulent nous voir souffrir
Jusqu’à l’ultime instant
De vos douleurs, ils vont rire
Le mal étant leur amant…
 
Quittez vite leurs demeures
La souffrance n’aime pas l’amour
Elle n’aime pas ses fruits et ses fleurs
Elle maudit le bonheur de vos jours
 
Pourquoi la mort et les doutes ?
C’est depuis toujours notre joute
Cette lutte dont nous n’avons pas le choix
Et qui de tous reste l’atroce croix…
 
© Jean Dornac
Lyon, le 24 avril 2014



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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 08:19
Écritoire – Yves Romel Toussaint
Écritoire – Yves Romel Toussaint
© René Magritte
 
 
 
Je suis poète
et je mange les mots.
Je n’exige aucun prix
À mon dérangement
Qu’un bégaiement d’ombre.
 
Je respire à chaque
Rebondissement d’étoiles
 
Et j’écris un territoire d’eau
Quand tu pleures
Et bouquet de larmes
 
Je suis poète
Je bois les mots
À la santé du monde.

© Yves Romel Toussaint


Extrait du recueil « La face double du rêve » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Yves Romel Toussaint. Aux éditions Le Vert-Galant.



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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 08:01
Pour toi… – Claire Prendkis
 
 
 
Pour toi qui passes devant cette plaque sombre, collégien râleur,
balançant ton sac, léger, en route vers le café du coin
n'oublie pas et ce c'est pas si loin
qu'un jeune comme toi courait, portant ses livres, rieurs
 
Un jour, ils sont venus, bruits de bottes et chiens
il n'a pas compris, il n'a pas crié, il ne le pouvait,
ils l'ont pris, ils l'ont fait avancer, son livre est tombé
Ils l'ont emmené, là-bas, fracassant tous ses liens.
 
Ils l'ont traîné là-bas loin, dans un camp enneigé et sombre
que sur la carte, il n'aurait su même pas trouver
que le prof de géo n'osait même nommer
un pays froid, un pays d'hiver où il devient une ombre.
 
Il attendit à Drancy dans la stupeur puis les cris
les chiens hurlaient, sa maman priait son dieu
son père ne criait plus, il avait compris, le vieux
l'accueil en France, c'était bien fini.
 
Quand tu passes léger, rieur et sifflotant
n'oublie pas qu'il n'y a pas si longtemps
un garçon comme toi un certain Jonathan
a quitté pour toujours ce trottoir en pleurant
 
© Claire Prendkis



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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 07:29
Sous ce froid pour décor – Mouloudi Mustapha
Sous ce froid pour décor – Mouloudi Mustapha
 
Que peut-on attendre de celui qui met l'avenir derrière lui et le passé devant lui ? Encore et encore …
 
 
 
                                                                       (dédié à mes grands frères et amis
                                                              Athanase Vantchev de Thracy et Jean Dornac)
 
 
Sous ce froid pour décor
           Le jour se décolore           
Encore, encore et encore
Il y aura d’autres encore.
 
A chaque seau son sceau
La lumière n’a qu’un prix
A chaque vache son veau
Pharaon n’a rien pris.
 
Plus rien dans la tête
On roule bien les ans
Il maîtrise la tempête
Que souffle le vent.
 
Plus rien dans le cœur
On aligne bien les mots
Demain fait déjà peur
Le ciel garde son eau.
 
La caisse est vide
Vite, il faut la remplir
Eviter, absents et rides
Le reste peut souffrir.
 
Gommer s’il le faut
Pourquoi s’attarder
Le jus est à base d’eau
Sur le khôl bavarder.
 
Cerner, plier, introduire
A chaque note un temps
Reviendra qui peut revenir
En hiver ou au printemps.
 
© Mouloudi Mustapha
Alger le 17/04/2014 
 
 
 
 
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