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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 07:03
Marcheur des Étoiles – Jean Dornac
© Magritte
 
 
 
J’ai parcouru mille chemins
Sautant d’étoiles en étoiles
Cherchant le vrai
Toujours en quête
De la Beauté perdue
 
Sur ma triste planète
Je n’ai rencontré que l’horreur
Des guerres et de la haine
La laideur et la vulgarité
Cœur saignant, abandonné
 
J’ai marché le long de vos nuits étroites
J’étouffais devant les crimes
Espérant qu’on me rappelle
Au cœur des étoiles
Pour toucher de l’âme le mystère
M’éloigner de vos clameurs
Et du chant morbide de vos rancœurs
 
J’ai parcouru la voie lactée
À la recherche d’amour partagé
Aussi furtif que la queue des comètes
Je marcherai encore, l’esprit en éveil
Pour capter des bribes de vérités
Dans le sein du ciel étoilé
 
Sur le chemin resplendissant
Au détour d’une constellation
Ô divine synchronie
Je t’ai rencontrée
Revêtue de poussières d’étoiles
Et d’un diadème d’hélianthes radieux …
 
Nous marcherons, main dans la main
Loin des trous noirs à jamais ténébreux
Sur les cheveux d’anges
Des myriades de galaxies
Poursuivant la Quête, l’Amour et la Paix…
 
© Jean Dornac
Mulhouse, le 24 mai 2010
 


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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 07:18
Mots vertige – Yves Romel Toussaint
 
 
 
 
La faim nous réveille
Par décret des lois
Sur les enfants
Et la tribulation de l’autre
M’étonne à fondre le vertige.
 
J’ai mangé du sable
Et j’ai bu l’aurore
Dans une vieille assiette cassée,
Quand les livres sont restés debout
Pour copier nos doutes.
 
Nos mots handicapés
Par le vide et sans caleçons
Sont sans issues.
 
Mots plaintifs aux douleurs de la nuit
Mots zombis sous les décombres
Mots mal nés
Mots lakou *
Mots paysans pour la fête du monde en dehors
Mots makoutes *
Mots lavalas sur des cailloux de sang *
Mots vlinvendeng *
Mots qui roulent entre moi
 
Et mon malaise
Mots entre les battants de la vie
Et les débris de l’oubli,
Mots invisibles dans la bouche du président
Mots hospitalisés sur un brancard
Mots coincés entre le sous-développement
Et le développement
Mots malades à douleur de femmes
Mots révoltés
Mots assoiffés sur un pays agonisant.

© Yves Romel Toussaint
Poète - Hinche HaitiPoème

 
*lakou : lieux de pèlerinage dans le vaudou.
*makoutes : membres de la milice du régime Duvalier.
*lavalas : averse-avalanche, nom du parti politique du président Jean-Bertrand Aristide.
*vilinvendeng : diaboliques.
 

Poème extrait du recueil « Tremblements de cœur » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Yves Romel Toussaint. Éditeur : Le Vert-Galant. Ce recueil est né à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010.



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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 07:08
La Tasse – Cécile Sauvage
Cécile Sauvage  et ses enfants, Olivier Messiaen, son frère Alain, en 1913.
 
 
 
Dans cette tasse claire où luit un cercle d'or
J'ai versé du lait blanc pour ta lèvre vermeille.
Comme un enfant dolent le long du corridor
Un rayon de soleil s'étant couché sommeille. 
 
Vois, la mouche gourmande est plus sage que toi.
Perchée au bord du vase où son aile se mouille,
Avec sa trompe fine et subtile elle boit
Tandis que le jour bleu dévide sa quenouille. 
 
Ah ! si la nuit venait, comme nous aurions peur;
La nuit fait les gros yeux avec la lune ronde
Et tous les astres blonds qui pressent leur lueur
Sur le front noir de l'ombre où l'angoisse est profonde. 
 
Vite ! bois cette tasse avant que soit le soir;
Le moineau de la cage aime l'eau que je verse,
La fleur du pot d'argile accueille l'arrosoir,
Comme les champs nouveaux se plaisent à l'averse. 
 
Et surtout ne va pas avec tes doigts fripons
Déranger le niveau de la crème dormante;
On apporte la lampe et son nimbe au plafond
Bouge comme au matin une source mouvante. 
 
Dieu ! c'est l'ombre déjà ! Déjà le ver luisant
Répand sa goutte d'or sur la verdure moite...
Vite ! l'étoile fait les cornes en passant
Et la lune a caché le soleil dans sa boîte.
 
Cécile Sauvage
 
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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 07:08
Je plie (2ème partie) – Mouloudi Mustapha
 
 
Nul n’a le droit d’évaluer les traces de tel ou tel comme nul n’a le droit de juger quiconque tant que la vérité lui échappe. La vérité n’est pas uniquement celle qui saute à nos yeux, il y a aussi ces autres vérités par certains voilées et par d’autres décrochées… Pour comprendre autant le froid que la chaleur, il faut les subir, Il faut laisser le soin à celui ou ceux qui ont connu ou vécu près de ces dites traces. Faire le bilan, c’est légitime encore faut-il que la conscience soit vraiment consciente. Encore faut-il qu’on ne s’arrête pas uniquement aux amuses gueules… Encore faut-il que l’utile volonté de remédier ou d’apporter un plus soit réactualisée. La logique veut que, lorsque le cheval, bien en retard, ne suit plus le peloton, c’est le cavalier qui est à blâmer… Il en est de même pour un peuple sous le diktat de l’indifférence, laquelle reste bien le nerf de l’exclusion. Tout peuple broyé par l’assistanat et soumis de force au chômage n’hérite de son dirigeant que le statut du misérable au sens propre du mot… encore faut-il que ces dirigeants sachent que leur santé et autre, que leur liberté et autre, dépendent bien de celles de leurs concitoyens… Ont-ils le courage de commencer par revoir, voire mettre fin à leurs procédures si lourdes et si fastidieuses qui entravent voire étranglent la couche profonde de la société.
Au fait qui les a absous du devoir pour ne leur laisser que des droits ?
 
 
                              (2ème partie dédié à mon frère
                               Athanase Vantchev de Thracy)
 
 
Suffocant entre quatre murs
Qui ne suit pas s’abstient
Je caresse mes blessures
Loin bien loin des miens.
 
Je plie, présent et passé
De demain, je ne rêve plus
Je fus tant de fois ramassé,
Ce qui coule est déjà perdu.
 
Je plie toutes les histoires
Du grain de sable à l’épi
De la clarté au grand noir
Des longs jours aux molles nuits.
 
Je plie les dits et les non-dits
Les soupirs devant les gerçures
Le silence et le grand bruit
Les portes aux fausses serrures.
 
Je plie avec précaution
Mes empruntes pour souvenirs
Avec le tyran une seule solution
Partir pour ne plus revenir.
 
Je plie avec précaution
L’image de feu mon père
Porteur de la révolution
Aux frontières de sa terre.
 
Je plie avec précaution
Le portrait de cette mère
Qui avait toujours la solution
Pour vider la bouteille de son air.
 
 Je plie sans le moindre regret
Ma page pour simple bagage
Défiant ces tristes congrès
Rusés, ennemis des sages.
 
Je plie sans le moindre regret
Leur foi dans le pouvoir
Leur avidité du gré-à-gré
Qui nous plonge dans le noir.
 
Je plie sans le moindre regret
Ce souvenir qui m’interpelle
Traçant sous la croix un trait
Jadis le beau suivait la belle.
 
© Mouloudi Mustapha
Hassi R'mel le 18/08/2014



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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 06:52
Peine de mort – Thierry Deschamps
Infographie © Thierry Deschamps
 


Que s'éteigne à jamais cette maudite lumière,
Qui de jour comme de nuit arrête nos prières.
Que s'étouffent à jamais tous ces cris qui résonnent,
Nous rappelant, sans cesse, que nous sommes des hommes
Que s'envolent à jamais tous ces relents de sueur,
Qui trempent tout notre être, emporté par la peur

Que nos yeux soient aveugles
Et nos bouches muettes
Que nos oreilles se ferment,
Que nos sens s'arrêtent
Que l'on puisse enfin seul
Avec notre conscience,
Attendre sans être veule
Que vienne la délivrance.

Dans les corridors de la mort, ils attendent sans y croire
Qu'arrive le moment où, enfin ils pourront,
Plonger dans le néant d'un abîme sans fond,
Reprendre leur dignité, du fond de leur tiroir...
Le bourreau par son crime a absout leurs pêchés,
Mettant coupables et juges sur pied d'égalité.

~~*~~  
 
© Thierry Deschamps
 
 
 
 
 
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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 06:54
Le temps blesse – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Ta voix m’est revenue
D’un lointain paysage
Où renaît sans fin la vague
De son berceau d’écume…
Ta voix d’ambre
Qui m’emplit de ta présence
Quant tu déroules
Les angoisses lovées
Au secret de ton cœur,
Et que les reflets d’une attente
Tremblent au creux des mots.
La vaine solitude
Avec son goût de sable
T’a ramenée vers moi,
Car le temps oublieux
N’a pu détruire
Ce lien insaisissable
Qui gémit et soupire,
Et cherche encore son nom.  
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 


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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 07:02
DESTINS PLOMBÉS – Luce Péclard
 
 
Le long des quais, au bord du lac,
Les platanes de février
Ne sont qu’un seul et même cri.
 
Sous la taille des jardiniers,
Ils tendent leurs poings mutilés.
 
En été,
Ils ombrageront
Nos terrasses
Le temps des vacances.
 
Il nous suffira
De lever la tête
Et de prêter l’oreille
Pour les entendre converser,
De fantôme à fantôme,
En arbre élancé
Que chacun rêvait d’être.  

© Luce Péclard


Extrait du nouveau recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier




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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 07:08
Abîme Nocturne – Yves Romel Toussaint
 
 
 
Je t’ai vu rectiligne
Maladroite à ma pensée
Ma tête hystérique
Prise aux tempêtes folles.
Je ne suis pas de ceux qui pensent
Que la terre a besoin d’être ronde
Mais de ceux qui croient que les femmes
Respirent dans l’eau de mes poèmes
 
La nuit répète inlassablement
Mes syllabes bossues
Quand je chevauche des rêves épuisés
Sourds et violents
Et là… je mâche rapidement des mots
Entre les dents
Comme pour signifier un cauchemar
De haute magnitude qui déracine mon lit
 
Je porte le malheur de Dieu
Dans la main gauche
Il récite par cœur
Le péché des hommes
nos rêves intimes
aux nombreuses tentacules
quelques choses d’inavouable
 
© Yves Romel Toussaint
 
 
 
 
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 07:12
Chaque larme végétale – Victor Varjac
 
 
 
Chaque larme végétale
de ses ailes perdues
brouille le visage
de l’heure fiévreuse
étourdie par la chute…
Enivrée de couleurs
les feuilles ouvrent la main
de l’arbre qui s’endort
et possèdent l’espace
aux lèvres éphémères
mais le vide tragique
ne promet que la Mort !...
Le vent préfère ignorer
le voyage sans retour
la lumière blessée
et le froid sans amour…
Bientôt la neige
effacera le paysage
en lui fermant les yeux…

© Victor Varjac
Antibes, le 1er décembre 2012


Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 07:50
Fièvre – Béatrice Pailler
 
 
Dans l’essaim, ce blanc seing des ires
Le saint délire d’un sain désir.
Et sous sa haire de silice si dure,
Sur son blanc sein si lisse
Erre le cilice si pur.
 
© Béatrice Pailler




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