Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 07:17
Je n’ai plus que les mots – Victor Varjac
 
 
                                                                      A Andrée Satger
 
 
Je n’ai plus que les mots
pour retenir le Temps
les mots toujours en fuite
au fond de l’encrier
des mots qui m’abandonnent
aux mains capricieuses
de cette jeune sève
où vivent les images…
L’heure s’enroule et bat
aux tempes des cadrans
déchirant le sommeil
de ma nuit bien trop frêle…
Je dormirai demain
sur le ventre de l’aube
peut-être retrouverai-je
le repos salutaire
et le mot inconnu
qui traversent le Temps !...

© Victor Varjac
Antibes, nuit du 21 au 22 décembre 2012


Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 07:25
Mascarade – Béatrice Pailler
 
 
 
Verrons-nous un jour le vrai visage des choses crépusculaires,
Celles qui dansent dans le poudroiement de la cendre funéraire.
Au bûcher les os, blancheur d’émail,
Joyeusement se chamaillent.
 
Entendrons-nous les cloches mortes, le cri troublant de l’ossuaire,
Glas et tocsins, la voix viciée des longs suaires.
Les grelots des fous, des épouvantails,
Ebréchés et fêlés sonnent ferraille.
 
Alors nous toucherons la vérité, dessous le voile tutélaire,
Celle gravée dans la cire molle de l’ivoire mortuaire.
Pèlerine funèbre, noir camail,
La nuit pour nous chante funérailles.
 
© Pailler Béatrice
2014
 
Texte paru dans l’Eveil du Myosotis
Anthologie de poésies contemporaines
JP Béchu et M Chamon les Editions du Net



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 07:46
INVOCATION – Alphonse de Lamartine
 
 
 
O toi qui m'apparus dans ce désert du monde, 
Habitante du ciel, passagère en ces lieux, 
O toi qui fis briller dans cette nuit profonde 
Un rayon d'amour à mes yeux ; 
A mes yeux étonnés montre-toi tout entière ; 
Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin : 
Ton berceau fut-il sur la terre, 
Ou n'es-tu qu'un souffle divin ?   
 
Vas-tu revoir demain l'éternelle lumière ? 
Ou dans ce lieu d'exil, de deuil et de misère, 
Dois-tu poursuivre encor ton pénible chemin ? 
Ah! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie, 
O fille de la terre ou du divin séjour, 
Ah! laisse-moi toute ma vie 
T'offrir mon culte ou mon amour.   
 
Si tu dois comme nous achever ta carrière, 
Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux 
De tes pas adorés je baise la poussière. 
Mais si tu prends ton vol, et si, loin de nos yeux, 
Soeur des anges, bientôt tu remontes près d'eux, 
Après m'avoir aimé quelques jours sur la terre, 
Souviens-toi de moi dans les cieux!
 
Alphonse de Lamartine  
 
Partager cet article
Repost0
25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 06:53
Comme si c’était déjà l’hiver – Michel Duprez
 
 
 
Prenez ces yeux.
Qui a le mieux cerné le sujet,
Sinon le temps ?
 
Prenez ces mains.
Il faudra bien attendre demain
Pour qu’elle deviennent plus soyeuses
Que les ailes d’un ange.
 
Ceux qui vous annoncent
Aussitôt dit aussitôt fait
Comme si de rien n’était
Ne savent pas qu’à toute chose
Correspondra toujours
Un temps de réponse,
Celui qui fait son œuvre,
Conscient d’être imparfait,
Mais pour qui vivre est un présent
Promis dans un futur proche
Aux apprentis-voyageurs gardant la chambre
Et regrettant de ne pouvoir nous aider à les découvrir
Qu’à mots couverts. 
 
Serait-il déjà l’heure
Où tout devient
Possible leurre,
Où l’hiver frappe
Aux portes des maisons
Pour déposer à nos pieds
Quelque saison morte ?
 
Qui saura jamais,
Sinon l'Éternité ?
 
© Michel Duprez  



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 07:07
En lisière des nuits de l’intime – Michel Bénard
© Salammbô - Gaston Buissière
 
 
                                                                         A une princesse imaginaire….
 
 
 
En lisière des nuits de l’intime
Oniriquement s’unir en toi,
Jouer aux bouts de tes doigts,
Effleurer tes lèvres,
Frôler ton corps satiné,
Dévoiler le profond mystère
De ton regard d’Orient.
Laisser passer le songe
Aux creux de tes seins,
Retrouver les berges
Humides et tièdes de ton ventre,
Simplement ne plus vivre
Qu’au rythme féerique
Des battements de ton cœur.
 
© Michel Bénard.

 

 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 06:58
Aimons-nous – Ode
 
 
 
Tu m'aimes ou tu crois m'aimer
Toi le rêveur et de la femme l'amant
Tu veux ta tête poser
Là où ma rune est cachée
Entre mes Gardiens tant désirés

Je m'abandonne à ta rêverie
Je m'abandonne tout simplement
Je m'ouvre à toi, telle la mésange bleue, ses ailes
Je m'offre à toi sur l'autel
Des sacrifices délirants

Des anges tombés de Charybde en Scylla
Aux déités les plus anciennes
Nous participons des noces païennes
Les plus belles, les plus primitives
Dans la Beauté des symboles sacrés, de l'au-delà

Je suis la Fée du Soleil Couchant
Rituels nocturnes, envoûtements
Je t'appelle, ma voix, tu entends
Je suis là, te sers mes appas
Mais n'oublie pas, je suis aussi la Wacca

Dans un tourbillon de caresses
De gestes d'amour et d'ivresses
Nous spiralons dans le Temps
En corps à corps subtils
Reliés par le Fil d'Argent

Soyons humbles, vivant ce Mystère
Car nous sommes de la Terre
Soyons nobles, mon ami
Car nous émanons aussi des Étoiles
Baissons du Temple le voile

Aimons-nous !
 
© Ode



 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 06:59
Agnostique… - Jean Dornac
 
 
 
Je ne suis rien
Ou je suis tout
Si Dieu existe
Je suis un centre
Je suis essentiel
À l’image de chaque humain
 
S'il n'est point
Que seul le hasard existe
Je ne suis que poussière
Dans le vaste univers
Inutile, souffrant, absurde
Je ne suis qu’un néant qui survit…
 
Si Dieu existe
Ma vie a du sens
J’ignore lequel
Hormis le don d’aimer
S’il n’existe
Que dans l’imagination
Du désarroi humain
Où chercher la Source
De l’Amour qui nous prend
Qui nous anime
Et parfois nous abîme…
 
Pourquoi les synchronies ?
Pourquoi les « déjà vus » ?
Simples dérives de l’esprit
Ou rappel de vies passées ?
Simples impressions
Ou vérités anciennes ?
 
Qui pourra m’offrir
Une vérité certaine
Hors la folie des sectes
Ou des églises instituées
Et des enseignements intéressés ?
Tout ne serait-il qu’illusion ?
 
Questions éphémères
Ou à jamais posées
Elles troublent mes jours
Deviennent rêves plaisants
Ou cauchemars récurrents
Qui saura me dire ?
 
Qui saura m’apporter la Lumière
Celle des certitudes
Qui font les mers calmes
Les esprits apaisés
La douceur de vivre
Enfin retrouvée ?
 
© Jean Dornac
Paris, le 4 mai 2010


 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 07:08
BROUILLARD AUTOMNAL -Pierfetz
" Dimanche Blues " - J. Léonard ©
 
 
 
Il crachine ...
Tout pourrit en terre sous mille feuilles.
Noir de Chine, lavés délavés,
L'automne est en deuil.
 
Qui pourrait croire un seul instant
Que déjà le bourgeon attend,
Prêt à s'enfeuiller à nouveau,
Pollen en l'air, pétales dans l'eau.
 
La vie sans cesse recommence,
Les herbes folles à travers prés,
L'été a passé le relais.
A tous les temps, dans le même sens.
 
Moments d'arrêt, moments de vie,
Handicaps en travers de route,
Dos courbé sous intempéries,
Instants propices pour le doute.

 
Il faut remiser l'attelage,
Rentrer bien seul à pied chez soi...
Le bon chemin est d'être sage,
Ne plus trotter comme autrefois !
 
Temps mélancolie, temps malheur,
Temps craché, mauvais temps moqueur,
Vendanges tardives, mais temps bonheur.
A déguster avec fureur !
 
Pierfetz ( 2002 ) ©
 



 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 06:51
Automne - Raymond Radiguet
Raymond Radiguet par Pablo Picasso
 
 
 
Tu le sais, inimitable fraise des bois 
Comme un charbon ardent aux doigts de qui te cueille : 
Leçons et rires buissonniers 
Ne se commandent pas. 
Chez le chasseur qui la met en joue 
L’automne pense-t-elle susciter l’émoi 
Que nous mettent au cœur les plus jeunes mois ? 
Blessée à mort, Nature,  
Et feignant encor 
D’une Ève enfantine la joue 
Que fardent non la pudeur mais les confitures 
Ta mûre témérité 
S’efforce de mériter 
La feuille de vigne vierge.
 
Raymond Radiguet
 
Partager cet article
Repost0
19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 07:55
Je plie  (3ème et fin) – Mouloudi Mustapha
 
 
 
dédié a mon frère Athanse vantchev de Tracy
et mon grand ami Jean Dornac
 
 
 
Je plie, pour tout dire
Sur la forêt, sur la plaine
Sur ces mots qui vont finir
Par endurcir les veines.
 
Je plie, pour tout dire
Sur le vil, sur l’imposteur
Qui jouit en faisant souffrir
Pères, mères, frères et sœurs.
 
Que le soleil brille
Eclatant, si haut s’élève
Que faire d’une béquille
Quand on a plus de rêve ?
 
Je plie, non pour voir
J’ai vu, vécu et connu
Dans ces longs couloirs
Comment on bafoue la vertu.
 
Que l’étoile s’impose
A l’éclipse qui s’endort
Quand deux doigts s’opposent
Pourquoi parler d’or ?
 
Je plie, ce qui reste à plier
Même le teint de la chaleur
A toi, un jour je me suis lié
Aujourd’hui, tu me fais peur.
 
Que les astres, les météores
Continuent leur chemin
A quoi sert-il un port
Quand le quai est en foin ?
 
Je plie, soupirs et cris
La tombe garde son confort
Qui grince toute sa vie
Comment sera-t-elle sa mort ?
 
Que le grand devienne petit
Sous l’ère de l’ignorance,
Devant le silence l’oubli
Il n’y a plus de constances.
 
Je plie, calme, sans haine
La Kahina n’avait pas de fort
Sur cette terre jadis saine
J’espère atteindre l’aurore.
 
Que les autres, toi et lui
Mains mises sur le festin
Distillent la couleur du bruit
Pourquoi cracher sur le destin ?
 
Je plie ce que disait l’ancien
De l’autre côté de la frontière
Khattabi est bien un des miens
Que dieu reçoive mes prières.
 
Que le jour s’allonge
Tout beau, émerveille
La vie n’est pas un songe
L’âme est une merveille.
 
Le regard ne coûte rien
La tendresse suit la foi
Le sourire issu du bien
Fait revivre même le bois.
 
© Mouloudi Mustapha
Laghouat le 24/08/2014
 



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche