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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 08:15
DANS TES YEUX – Pierfetz
 
 
                                   Inspiré de "Smoke gets in your eyes"*
                                   La fumée va dans tes yeux...
 
 
Un voile de fumée bleue,
Comme nuage au ciel,
Sorti d'un coeur en feu,
A troublé mon sommeil.
"Il y a des nuages dans tes yeux"
 
J'avais pourtant pensé :
Quand un amour se meurt,
Il suffit de danser
Pour chasser le malheur.
"Il y a du brouillard dans tes yeux"
 
On dit l'amour aveugle,
Même aux quatre saisons
Un chant d'amour se beugle,
On en perd la raison !
"Il y a un écran de fumée dans tes yeux"
 
Un voile de fumée bleue
Cache bien une larme
Dans mes yeux, mon aimée,
Mais mon cœur est en flamme...
Pas de fumée
Sans feu !
"Quand un cœur brûle,
la fumée va dans les yeux !"
 
Pierfetz©
 


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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 08:21
La Grand'Mère – Gérard de Nerval
 
 
 
Voici trois ans qu'est morte ma grand'mère,
- La bonne femme ! - et, quand on l'enterra,
Parents, amis, tout le monde pleura
D'une douleur bien vraie et bien amère. 
 
Moi seul j'errais dans la maison, surpris
Plus que chagrin ; et, comme j'étais proche
De son cercueil, - quelqu'un me fit reproche
De voir cela sans larmes et sans cris. 
 
Douleur bruyante est bien vite passée :
Depuis trois ans, d'autres émotions,
Des biens, des maux, - des révolutions, -
Ont dans les coeurs sa mémoire effacée. 
 
Moi seul j'y songe, et la pleure souvent ;
Depuis trois ans, par le temps prenant force
Ainsi qu'un nom gravé dans une écorce,
Son souvenir se creuse plus avant ! 
 
Gérard de Nerval
 
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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 07:57
Pour mon père - Mouloudi Mustapha
© Photo J. Dornac
 
L’homme intègre se pose souvent des questions dont la principale « est-ce le temps qui vit l’humain et ou est-ce l’humain qui vit le temps ? »
Sous telle ou telle couverture, les tyrans ont tout fait pour que la vie voit l’existence soit synonyme d’une montagne aux flancs si abruptes que le citoyen doit escalader si tient bien entendu à survivre…De nos jours le tyran n’est pas seulement celui qui tue, torture et emprisonne ou qui se joue de la justice au large sens du mot…  C’est aussi celui qui confisque le droit de l’espoir à tout être qui n’est pas des siens… C’est aussi celui qui vous inonde de mensonges et qui vous pollue l’existence… C’est aussi celui qui excelle dans l’indifférence…        
 
 
(dédié à Adeline Mela et Jean Dornac)

 

 
 
Plus de remèdes émollients
Il était bien dans la file.
Ce patient qui devient client
A qui se plaindra-t-il ?
 
Rien ne tombe du ciel
Ni fleur, ni épi, ni espoir
Sans abeille, point de miel
L’ingrat découvrira le noir.
 
Fier de mon père
Je vis ce qu’il a vécu
Sur cette vaste terre
Son droit, méconnu.
 
L’heure, tout s’achève
Il a fait ce qu’il a fait
Il a participé au rêve
Aujourd’hui une réalité
 
La vie n’est qu’un temps
La râpe garde sa mesure
Que faire contre le vent
Avec une large blessure ?
 
© Mouloudi Mustapha
Alger le 22/10/2014

 


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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 08:10
Un spectacle grandiose – Thierry Deschamps
Infographie © Thierry Deschamps
 


Le ciel est envahi d'une débauche de lumière,
Milliers d'étoiles filantes qui montent de la terre
Comme un feu d'artifice qui embrase l'horizon,
Au-delà des nuages éclatent les tisons.
Les projecteurs balayent cette scène céleste,
La lune s'est enfuie sans demander son reste,
Sans doute est-elle vexée de ses pâles lueurs,
Quand l'azur resplendit tout comme un arbre en fleurs.

Oh ! Spectacle grandiose !
Contempler la lumière,
Qui comme par osmose,
Se fond dans les ténèbres.

Il manque les flonflons d'un petit bal musette,
La danse, les chansons et les rires de la fête.
Si la ville se réveille, sous ce feu d'artifice,
Ce n'sont pas des artistes qui sont entrés en lice.
Seul le tonnerre gronde à cent lieues à la ronde.
Monstrueuse batterie qui dominerait le monde,
Accompagnée seulement de ce son si strident
Des étoiles filantes qui montent au firmament.

Oh ! Le ciel est en fête !
Le contempler encore,
Au-dessus de nos têtes,
C'est contempler la mort.

Cette mort qui nous vient des soutes des avions,
Ces tirs de DCA qui chantent à l'unisson.
La faucheuse revêtue de ses plus beaux atours,
Dansera sur la ville, jusqu'au lever du jour.
Gigantesque festival de sons et de lumières,
Alors que des abris ne montent que des prières.
Chœurs désespérés appelant l'Eternel,
À l'aide, pour retrouver la pureté de leur ciel.

Oh ! Par quel maléfice !
La nuit est-elle si belle,
Alors que meurent ses fils
En une pluie d'étincelles.

~~*~~
 
© Thierry Deschamps



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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 08:16
La chaîne – Denise Bernhardt
 
 
 
Dans notre état de perdition, l’espoir se tisse de guingois
Quelques progrès ici, des marches dévalées ailleurs
Et par-dessus tout, la voix de la pensée unique qui s’étend
Jetant nos députés en bas de l’hémicycle.
 
Car en effet, las de ne pouvoir se faire entendre
Dans l’enceinte feutrée de l’Assemblée du Peuple
Outrés de voir, que le pouvoir voulait les bâillonner
Ils se sont rassemblés au pied de la Tribune pour chanter
Chanter la « MARSEILLAISE » *
 
Histoire ! minute de silence… mais à travers le bruit
Et l’abrutissement des foules formatées
Le geste sublime a sombré dans l’abîme des jours
Quelques indignations ici, des lamentations ailleurs
Respect ! Honneur !
Chuchotement des fils de la trame.
 
© Denise Bernhardt
 
* Fait véridique qui a eu lieu début 2009 à l’Assemblée Nationale à Paris
 
Extrait du recueil « L’amour du monde » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Duccha. Editeur : Le Vert-Galant



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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 08:03
LE ZÉRO ET L’INFINI – Luce Péclard
 
 
 
Au départ, les projets de vie,
Les élans, les espoirs, les rêves…
Qu’en reste-t-il à l’arrivée,
Après le rouleau compresseur ?
Brisés, aplanis, éclatés,
Ramenés au niveau zéro ?
 
Mais entre deux l’infini veille,
Il nous reste un chemin ténu,
Un fil conducteur continu,
Tantôt caché, tantôt visible,
Parfois muet, parfois audible,
Tel une corde musicale.
Il suffit de s’y relier
Pour se sentir à l’unisson.  
 
 © Luce Péclard

Extrait du nouveau recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier




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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 08:05
L'éléphant sale – Claire Prendkis
 
 
 
On apporta un baquet d'eau géant
pour laver l'éléphant.
Que croyez-vous qu'il arriva ?
Le baquet déborda
la piste inonda,
et le cirque ferma.
 
Moralité de cette histoire sans queue ni trompe
Pour laver un éléphant,
prévoir un baquet beaucoup plus grand.
 
© Claire Prendkis
 
 
 
 
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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 08:20
Des racines qui boivent – Victor Varjac
 
                                                  À ma sépulture végétale
 
 
Des racines qui boivent
le rythme universel
d’une eau claire d’infini…
Des pierres à la peau de comète
qui racontent la nuit
dans les draps de la terre…
… tout un monde en marche
invisible et secret
qui se charge peu à peu
de ces fortunes obscures
où le Temps lui-même
a perdu sa boussole !...
C’est en ce lieu discret
que les cendres de mon corps
s’enrouleront
comme des graines sauvages
de coquelicots en feu
portées par la main
transparente et tendre
du vent
et le tronc de mon chêne
assistera silencieusement
à la naissance
d’une couronne grise
telle une bague d’Esprit
que l’on glissera
à son grand doigt d’écorce !...
Nourri depuis l’enfance
par notre « Mère Nature »
je fermerai le cercle
de mon existence
et réglerai
ma dette matérielle
par les fiançailles
de ma chair calcinée
à la richesse de l’humus
étendu sous les arbres…

© Victor Varjac
Antibes, le 1er décembre 2010


Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 07:41
Déferlantes – Béatrice Pailler
 
 
 
Là, où les Reines pirates avides de sang sillonnent les océans, les flots luisants d’écarlate saignent au ponant. Les courants furieux s’ébrouent tels les silènes facétieux, loin vers la demeure du Léviathan, prés des sirènes aux doux chants fastueux. Dans les profondeurs ombreuses, parmi les phosphorescences abyssales ces lointaines réminiscences des splendeurs vespérales, la Mer repose les flancs alourdis, ivre d’espace, grosse de vent.
 
Sans émoi, sans douleur, elle engendre fils et filles, délivre ses enfants. Hors du grand corps se ruent Typhons et Tempêtes, hurlants sous les rafales ingrates. Remontant des abîmes, déferlent sur l’onde d’impitoyables lames de fond qui s’entrechoquent que rien ne brise. Et voici que pour les joutes guerrières d’un jeu féroce entrent en lice les vagues scélérates. Hordes impétueuses qui s’élancent avec violence vers le pâle orient d’une aube grise, vers les paisibles grèves de sable grège. Là-bas dans l’insouciance du moment ces tendres plages, humides et soyeuses sous le baiser des embruns, au pied des promontoires d’airain, mollement s’assoupissent sous le souffle marin.
 
Belles endormies oublieuses du temps qui passe, ne voyez-vous pas que l’orage menace ? Ne sentez-vous pas sur la soie de votre peau l’odeur funeste de son haleine tenace ? Il n’est plus temps de gémir. Crevassés et boursoufflés les nuages cuirassés de plomb noircissent la nue. Il vous faut l’accueillir. Préliminaires meurtriers, les longs traits aigus de la pluie lapident le littoral nu.
 
© Pailler Béatrice
2014
 
Texte paru dans l’Eveil du Myosotis
Anthologie de poésies contemporaines
JP Béchu et M Chamon les Editions du Net  
 
 

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 08:14
Le Chemin De Crève-Cœur - Sabine Sicaud

Sabine Sicau est décédée à 15 ans d'une très douloureuse maladie...

 

 

Un seul cœur ? Impossible
Si c'est par lui qu'on souffre et que l'on est heureux.
On dit : cœur douloureux,
Coeur torturé, cœur en lambeaux –
Puis : joyeux et léger comme un oiseau des Iles,
Un cœur si grand, si lourd, si gros
Qu'il n'y a plus de place
Pour rien d'autre que lui dans notre corps humain.
Puis évadé, baigné d'une grâce divine ?
Un cœur si plein
De tout le sang du monde et ne gardant la trace
Que d'une cicatrice fine qui s'efface ?
Impossible ! Il me faut plusieurs cœurs.
Le même ne peut pas oublier dans la joie
Tout ce qu'il a connu de détresse une fois
- Une fois ou plusieurs, chaque fois pour toujours -
Mon cœur se souviendrait qu'il fut un cœur trop lourd
Et ne serait jamais un cœur neuf, sans patrie,
Sans bagage à porter de vie en vie.
 
Sabine Sicaud
 
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