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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 08:14
Le Chemin De Crève-Cœur - Sabine Sicaud

Sabine Sicau est décédée à 15 ans d'une très douloureuse maladie...

 

 

Un seul cœur ? Impossible
Si c'est par lui qu'on souffre et que l'on est heureux.
On dit : cœur douloureux,
Coeur torturé, cœur en lambeaux –
Puis : joyeux et léger comme un oiseau des Iles,
Un cœur si grand, si lourd, si gros
Qu'il n'y a plus de place
Pour rien d'autre que lui dans notre corps humain.
Puis évadé, baigné d'une grâce divine ?
Un cœur si plein
De tout le sang du monde et ne gardant la trace
Que d'une cicatrice fine qui s'efface ?
Impossible ! Il me faut plusieurs cœurs.
Le même ne peut pas oublier dans la joie
Tout ce qu'il a connu de détresse une fois
- Une fois ou plusieurs, chaque fois pour toujours -
Mon cœur se souviendrait qu'il fut un cœur trop lourd
Et ne serait jamais un cœur neuf, sans patrie,
Sans bagage à porter de vie en vie.
 
Sabine Sicaud
 
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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 07:54
L’ÂNE VU, HELAS DE France – Claude Gauthier
Les « Têtes d’ânes », œuvre de Bachir Hadji - © Photo J. Dornac
 
 
 
Pourquoi cet infondé, trivial argument,
Critique saugrenue au détriment de l’Âne,
Non sans qu’en maints livrets même illustres, l’on glane
L’humiliant affront d’un indigne ornement ?
 
Son injuste bonnet, couronne faussement
Cancres, sots et consorts ; et sous les préaux plane
De quoi sur lui pointer, épitaphe atellane,
Tel avis fort fâcheux d’un borné jugement.
 
Le doit-on à certains d’aisance cavalière,
Chevaucheurs de purs-sangs portant haut la crinière,
Qu’inspirent seuls le stick, les éperons, l’orgueil ?
 
Alors que l’Âne est sûr et de mœurs fort jolies,
Intelligent, sans biais, salubre en son accueil :
Le sain répétiteur d’insignes embellies !   
 
© Claude Gauthier   
 
 

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 08:29
Dans l’intense moiteur – Michel Bénard
 
 
 
 
Dans l’intense moiteur annonciatrice
D’une nuit propageant
Son ombre de velours
Sur la savane profonde,
Les portes de l’invisible
S’ouvrent sur d’indéfinissables mystères,
Sur d’inexplicables transgressions,
L’instant se met en résonnance,
C’est l’empreinte d’une obscure tradition
Qui se réfugie en lisière du désert,
Au cœur du village de cases
Où se dessinent de graciles silhouettes
De princesses d’ébènes aux danses éphémères,
Sur un ciel embrasé de lueurs rubis
Coriandre, carmin, safran, lapis-lazuli.
Dans l’intense moiteur annonciatrice
D’une nuit sacrificielle,
Les portes de l’invisible
S’ouvrent au point ultime où la passion
Cède sa place aux plus folles possessions.
 
© Michel Bénard.  
 
 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 08:37
Tu es mon seul pays – Ode
Matthäus Merian l'Ancien
 
 
 
Tu es mon seul pays,
mon fleuve et mes collines
Mes brocards et mes ors
mes refrains et mes origines
Tu es mon pain, son sel
mes eaux et leur soleil
Mon réel jusqu'à l'aube
mon rêve au réveil

Il me plaît, tu le sais
que tu me fasses offense
En nos duels secrets
otages sans défense
Nous nous restituons
l'un et l'autre sa part
Gages, dons, échanges nus
sans fard

Songerais-tu à partir  
Un souffle de ma bouche
Te devient une chaîne
et tu restes à ma couche
Aussi longtemps qu'il plaît
à mon désir vainqueur
Que tu viennes lui conter
les vœux clairs de ton cœur
 
© Ode 
 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 07:44
Vanités et folies – Jean Dornac
© Vanité - Philippe de Champaigne
 
 
 
L’histoire est un vaste bain de sang
Où l’on tue par cupidité
Ou par orgueil d’humain
Ou par folie des dieux
 
L’histoire est une vaste supercherie
Où certains s’imaginent si puissants
Qu’ils s’offrent d’écraser les petits
Pour tenter d’apaiser leur appétit
 
Aujourd’hui comme toujours
Le meilleur sang reste celui des innocents
A faire couler pour le boire à satiété
Et donner leurs couleurs aux tuniques des tyrans
 
Hier c’étaient les paysans soldats
Qu’on sacrifiait à la voracité des « grands »
Aujourd’hui, ce sont des otages qu’on égorge
Pour l’unique goût d’un pouvoir imbécile
 
Qu’est donc cette autorité ridicule
Qui au regard de l’univers infini
N’est que sottise de microbes délirants
Frustrés de n’être que néants
 
Il ne fait pas bon d’être un juste
En ce monde de cruautés
Qui n’aime que les vastes charniers
Pour donner de la gloire aux rustres
 
Que l’innocent ait été passé par les armes
Ou égorgé comme un agneau
Ou jeté au chômage criminel
Ou jeté sans égard à la rue
 
Oui, l’histoire est pavée de crimes
En l’honneur des « maîtres » fous
Politiques, militaires ou économiques
Ou encore religieux détenant, paraît-il, la vérité
 
Ils aiment le sang, ces atroces « importants »
Car le sang ne pense pas, il coule
Car le sang ne parle pas, il sèche
Car le sang ne crie pas vengeance, il meurt
 
Mais où donc est leur victoire ?
 
© Jean Dornac
Lyon, 2 novembre 2014

 

 


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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 08:28
PARTIR - Pierfetz
 
 
 
Une bouteille à la mer
s'est échouée ce matin.
J'ai retrouvé ma chimère
sur la plage de sable fin.
 
Un parchemin d'amours mortes
s'y trouvait emprisonné,
éphémères feuilles mortes
à la vague abandonnées.
 
Les premiers instants d'amour
enchassés au fil du temps,
après un très long parcours
déferlent à contre-temps.
 
J'ai déroulé le parchemin,
sans m'arrêter, sans marche arrière.
J'ai continué mon chemin,
sans me blesser dans les ornières.
 
Savoir partir quand l'heure viendra.
Hisser la voile face à la brise.
Ne pas en déchirer les draps,
mais savoir toujours "lâcher prise".
 
J'avais consulté les oracles.
Aucun n'était très bon pour moi.
Les autres étaient mon seul obstacle.
J'ai souvent tout risqué pour toi...
 
AMOUR !!!
 
Pierfetz©
 


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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 08:14
Romance – Charles Cros
 
                                                     A Philippe Burty 
 
 
Le bleu matin
Fait pâlir les étoiles.
Dans l'air lointain
La brume a mis ses voiles.
C'est l'heure où vont,
Au bruit clair des cascades,
Danser en rond,
Sur le pré, les Dryades. 
 
Matin moqueur,
Au dehors tout est rose.
Mais dans mon coeur
Règne l'ennui morose.
Car j'ai parfois
A son bras, à cette heure,
Couru ce bois.
Seule à présent j'y pleure. 
 
Le jour paraît,
La brume est déchirée,
Et la forêt
Se voit pourpre et dorée.
Mais, pour railler
La peine qui m'oppresse,
J'entends piailler
Les oiseaux en liesse.
 
Charles Cros
 
 
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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 09:05
Sur le sol – Mouloudi Mustapha
 
 
Nul peintre ne peut peindre le soleil ou même la nature qui est à la portée de son regard quand il n’a comme couleur que du noir…. Il ne peut même pas peindre la nuit qui est pourtant noire car de temps à autre une étoile filante par sa luminosité attire son regard et qu’il se doit de mémoriser pour le respect du moment… Il ne peut peindre que l’abîme ou le gouffre… Il en est de même pour celui qui a grandit et vieillit avec les affres de la rue… Aussi poète qu’il soit, il ne peut que décrire la souffrance qu’il a vu naître et grandir pour s’installer confortablement sous ses yeux et dans son cœur et son esprit… Même s’il arrive à rêver juste pour tuer le temps, il finit toujours par être rattrapé par ces multiples cauchemars…
 
 
 
 
                      (dédie à Adeline Mela)
 
Sur le sol du bailleur
Ruminons nos peines
L’humanisme est ailleurs
Avec lui que la haine.
 
N’appelons pas au secours
Le soupir vaut son prix
A demain, comme toujours,
Ils s’en foutent de notre vie.
 
Sur le sol du fossoyeur
N’attendons pas de fruit
Sans eau le tronc meurt
Et les hirondelles fuient.
 
N’appelons pas aux secours
Le premier est un absolu
Le second joue au sourd
Et le troisième, adieu la vertu.
 
Que dieu éclaire notre esprit
La fatigue n’est pas un crime
Qui hurle, dénonce, traduit
La mort, de la vie une cime.
 
© Mouloudi Mustapha
 
Alger le 06/10/2014

 


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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 07:48
Attent'... – Thierry Deschamps
Infographie © Thierry Deschamps
 
 
 
Il y a d’abord le bruit de la déflagration,
Et le fracas des murs, mis en pièces, qui s’écroulent.
Il y a les hurlements de terreur d’une foule
Qui se trouvait bien près du lieu de l’explosion.

Arrivent les secours, leurs sirènes lancinantes
Renchérissent aux cris de souffrance des blessés.
Tandis que les témoins par l’horreur emportés
S’effondrent alors brisés en des pleurs déchirantes.

Au milieu des décombres les chairs sanguinolentes.
Morceaux de corps broyés, prisonniers de la pierre
Morceaux de corps brulés, mêlés à la poussière
Et l’odeur de la mort qui rode, là, obsédante.

A quelques rues de là, elle attend dans l’angoisse,
Que l’on vienne à sa porte lui ramener un corps
Lui parler de destin, de hasard ou de sort
L’inviter à prier au sein d’une paroisse.

Elle a déjà perdu un frère et puis aussi son père
Des amis, des cousins. Elle vit dans la terreur.
L’armée a-t-elle commis une nouvelle erreur ?
Etait-ce un terroriste, un martyre suicidaire ?

Elle attend à Beyrouth, à Alger ou Bagdad
Elle attend dans la peur d’un nouvel attentat
Elle rêve qu’un jour peut-être, cesseront les combats.
Elle attend à Khartoum ou à Islamabad

Elle attend simplement, espère pour son enfant
Que vienne enfin le jour où ils vivront sereins
Avec la famille, les amis, les voisins
Sans craindre que la mort ne frappe à tout moment.

~~*~~
 
©Thierry Deschamps
http://www.societe.le-spleen-de-zarathoustra.fr/attent.html



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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 08:39
La vie pour rien – Denise Bernhardt
 
 
 
 
À quoi bon s’éveiller chaque jour
Quand on ne sait pourquoi
Le jour vous est donné.
Déjà la lumière blesse les yeux
Et les rumeurs de la ville font tressaillir.
Ils sont des millions à filer les heures
Sur les quenouilles du malheur.
Partout ils entendent la même litanie :
Trop jeunes, trop vieux
Trop savants, pas assez
Pour travailler, quand le travail disparaît.
 
L’intelligentsia a jugé bon
De bourrer jusqu’à la gueule
Les machines qui n’en peuvent
Pour produire des biens
Que personne ne peut plus s’offrir.
 
Mais faiblit le courant
Tandis que festoient les ouragans
La terre fait table ouverte
Pour que s’engouffrent les vents,
La terre arasée, inondée, consumée,
Qui reprend à l’homme inexorablement
Tout ce dont, sans vergogne
Elle fut peu à peu spoliée.
 
© Denise Bernhardt
 
Extrait du recueil « L’amour du monde » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Duccha. Editeur : Le Vert-Galant



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