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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 07:51
Phoenix – Ode
 

Tel le Phœnix, je renais de mes cendres
Ce n’est ni à l’hiver ni en saison autre que le printemps
En ces jours resplendissants
Que l’Oiseau unique vient, lumineux, s’épandre

Immortalité et résurrection de l’âme
Feu des corps rouges qui enflamme
*
Mon bel Oiseau sacré
Qui ne te nourrit que de rosée
Toi qui ramène les herbes odorantes
Le soleil, la joie, la vie trépidante
Ainsi, ramène-moi l’Amour
Dans ma saison mes toujours

Toi qui marques les heures qui s’envolent
Conduis ses pas sûrs jusqu’à moi
Guide-Le dans la rectitude de ton vol
... Jusqu’aux premiers émois

Que ton chant harmonieux Le séduise
Dans les nouvelles clartés de la saison
Que son corps ne brûle et ne se brise
Qu’Il s’arrête sur mes rives, tel le Papillon

Œuf primordial, Chrysalide des chrysalides
Qu’Il vienne goûter le nectar de mon amour
Goûter de mes fleurs les parfums humides
Dans le soir bleuissant de mon séjour

Qu’Il soit l’Amour écarlate de mes étés
De mes automnes, le Bonheur orangé
La Chaleur blanche de mes hivers
Ma Joie d’émeraude printanière

Qu’Il soit mon bel Oiseau empourpré
Que ses yeux, telles deux améthystes
Me transportent jusqu’au ciel étoilé
Vallée de plénitude que plus rien jamais n’attriste
*
…J’aime l’Oiseau, car il porte ton nom, Amour…
 
©Ode



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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 08:03
L’infamie – Jean Dornac
© Gustave Klimt
 
 
                                           En hommage à Annie Mullenbach-Nigay
 
 
 
Passe la vie comme en coup de vent
S’égrainent les jours, laids ou charmants
Trépasse si vite notre jeunesse
Ô pitié ! Inconsolable tristesse…
 
Ah si nous savions ce qu’est la mort
Que nos âmes en serraient consolées
Que nos cœurs seraient enfin apaisés
N’ayant plus de crainte de ce sort !…
 
Hélas, pour elle nous n’avons pas de goût
Plus souvent, elle nous jette en terreur
Que l’on soit fort ou encore mous
Elle n’en a que faire, elle vient à l’heure…
 
Puissants ou rien que petits
Aveugle, jamais elle ne choisit
Il lui faut son lot de victime
Pour être contente jusqu’à l’intime…
 
Elle ne connaît nulle pitié
Ignore ce qu’est l’empathie
A elle on ne peut se fier
Elle n’est rien qu’une infamie…
 
© Jean Dornac                                                                                                 
Lyon, le 1er février 2015



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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 08:24
Souvenance – Marlène Racine-Toussaint
 
 
 
Pour que jamais je ne t’oublie
J’ai écrit ton nom
Sur les murs de la maison
Sur les arbres du jardin
En souvenir de nos longues marches
Sur le pavé de notre rue
Ou sur le sable rose de la plage
Mais j’ai aussi écrit mon nom
Sur les vagues de l’océan
Pour qu’elles l’emportent vers toi
A n’importe quel ailleurs
Pour perpétuer le souvenir
Afin que jamais tu ne m'oublies
 
© Marlène Racine-Toussaint



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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 08:27
Afrique 1 - Abderrahamane Zakad
 
 
 
Ecoute monter de la lancinante Afrique
La musique intolérable des profondeurs
Qui brûle bout et bat sa pulsion frénétique
Au rythme mélancolique des tamtameurs.
 
Les lianes tentaculaires des rythmes-cadences
L’haleine des griots aux lèvres chaudes de caresses
La chlorophylle, les couleurs chaotiques traîtresses
Le bourdonnement des peaux frémissantes de sens
 
Le Mali ne chante plus car partout ça hèle
Les Manguins, les Ouolofs et les Bakélés
On voit des vents salés des cris dans le Sahel
Les tamtams sont amers et la Cora fêlée
 
Orages du Niger sur la neige des champs de coton
Pluie tant attendue sur les corps qui se trémoussent
Danses africaines sonores en paraphes longs
Beaux nègres du Congo dans le riz qui pousse.
 
Il faut repeupler les forêts d’okoumés et de mots
Semer des poèmes pour étouffer les blasphèmes
Expliquer à bwana* l’âme et le sens de l’homo
Et que l’on ne peut s’entendre que si l’on aime
 
© Abderrahamane Zakad
Alger
 
*bwana: en ouolofs, maître blanc du temps de la colonisation



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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 07:08
 
 
 
 
Cette maman en larmes
Pour toi qui ne mourra pas
Son petit sera sur tes pas
Avec ta plume pour arme…
…….       ……    ……
Homme qui porte son nom
Le neuf a dévoilé ses traces
La vérité n’a pas de surnom
Pour celui qui aime sa place.
……     …….    ……
Année ridée, pleine de haine
Le chauve couve son peigne
Sous la pluie et ses peines
Seul le froid nous renseigne.
……     …….     ……..
Regarde au fond du couloir
De tes yeux prend soins
Avec ses couleurs, blanc, noir
Scrute, murs coins et recoins.
……         ……     ……..
Le beau n’a qu’un seul dieu
Il l’adore de toutes ses forces
Le laid, même jeune déjà vieux
Infidèle quand tout se corse.
…….           ……     ……..
Il y a nuit et nuit
Celle-ci est à vomir
Il y a ennuis et ennuis
Qui se réveille peut courir.
…..      …….     ……
Etre sans être, passoire
Pour toi seul ses vers.
Reconnaître sans voir
Pour toi de sous mon air.  
 
© Mouloudi Mustapha
Alger le 10/01/2015



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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 07:50
Eldorado – Thierry Deschamps
" Mon paradis " MARKARIAN
 


Exister en un monde où régnerait la paix,

Louer cette nature qui nous y recueillerait.

Dessiner un avenir où les peuples s'aimeraient,

Oublier cette haine qui nous affaiblissait.

Rencontrer enfin l'Autre, celui qu'on ignorait,

Aimer, naturellement, ainsi qu'on ne l'osait.

Découvrir ce bonheur que, tant on espérait !

On peut croire à cela, Mais il faut être niais !

~~*~~
 
   ©Thierry Deschamps
 
http://www.jets-de-mots.le-spleen-de-zarathoustra.fr/eldorado.html



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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 07:48
Mal - Annie Mullenbach-Nigay
 
Mal… oui, j’ai mal à l’âme… Je viens d’apprendre le décès brutal d’Annie, chez elle, le 25 janvier 2015. Je veux exprimer ici toute ma tristesse. Nous nous étions rencontrés deux années de suite au Salon du Livre de Paris, les deux fois grâce à son invitation. Elle était généreuse, elle était brillante, elle était une artiste complète.
 
Merci la vie pour m’avoir permis de rencontrer une telle femme, une si brillante servante de la littérature française.
 
Jean Dornac
 
 
* * *
 
 
Mal
Marre
Matin
soir
Mercredi
Mardi
midi
Dimanche
Coincée
Tenaillée
Encagée
Encerclée
Vertébrée
Cervicalée
Décervelée
Déprimée
Comprimée
Comprimés ?
Dormir
Oublier
Et demain ?
 
© Annie Mullenbach-Nigay



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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 08:20
Depuis la nuit des temps – Abderrahmane Zakad
 
 
 
Depuis la nuit des temps, les contes, les chants, la poésie ont été pour les sociétés un moyen pour alléger les souffrances, défendre le territoire, renforcer l’identité et la culture. Dès le déclenchement de la Révolution Algérienne, les autorités coloniales ont procédé à l’arrestation systématique des chantres (les meddahs) dans les douars et les souks, comme en France, au XIIIème siècle les seigneurs interdisaient les troubadours dans les foires. Par leur méthode d’exposer et le contenu de leurs récits, ils alertaient le peuple en  favorisant l’éveil.
 
Au XVème siècle (déjà !), François Villon chantait la liberté. 
Mon seigneur n'est ni mon évêque,
Sous lui ne tiens, s'il n'est en friche
Foi ne lui dois n'hommage avec que,
Je ne suis son cerf ni sa biche
Peu m'a d'une petite miche
Et de froide eau tout un été ;
Large ou étroit, moult me fut riche
Tel lui soit Dieu qu'il m'a été.
 
A quoi sert la poésie ? On pose parfois la question. On pourrait se demander aussi bien à quoi sert un opéra de Verdi, une pièce de théâtre de Brecht ou une saudade. Que c'est beau "El Emigrante" de Juanito Valderrama ou encore Hyzia, ce  poème d’amour écrit par Benguettoune en 1880 lors de la mort de sa belle, Hyzia, fille des ouled naïls (Biskra). Et ces chansons napolitaines qui faisaient pleurer même Al Capone qui retrouve sa "Mamma".  Connaissez-vous les mélopées des femmes du Djurdjura ou celles des montagnes de Yougoslavie ou encore de Bulgarie. Quelles ressemblances dans les mélodies et les invocations de toutes ces femmes si lointaines et pourtant si proche par la manière de conter. Que c’est envoûtant l’Achwiq que lançaient les femmes de Kabylie pour conjurer le sort. 
 
Le premier poème a certainement été chanté dans une grotte du paléolithique par une femme pour endormir son enfant. La création poétique féminine la plus spontanée se rapporte à ce que la mère a de plus cher : son enfant. Plus tard, en tournant le moulin à bras pour écraser le blé ou pour ramasser les olives, la femme, toujours la femme, a suscité un souffle respiratoire en chantant pour apaiser les tentions musculaire dans leurs activités.
 
Les poètes, les écrivains, les artistes ont projeté d’étonnantes lueurs sur leur époque. Sans eux les peuples se replieraient sur la solitude.
 
© Abderrahmane Zakad



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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 08:18
Trois blessures noires – Victor Varjac
 
 
 
Trois blessures noires
sur le corps d’azur…
Trois taches profondes
aux ailes de nuit…
Trois signes croassant
au sommet d’un if…
Trois larmes sonores
et le visage du jour
qui balbutie ses pas
sur le chemin de l’aube…
… Mais qui tresse une couronne
en mensonges d’espoir
en fêlures de vent
au milieu d’un silence
qui se noie dans ses cris ?...
Le voyage commence
et le ciel déborde
les frontières du doute…
L’ombre s’efface
car tout ce qui existe
s’abandonne au grand jeu
de la métamorphose…
Les lignes et les points
par caprice ou défi
transforment leurs empreintes
en cercles sans paupières…
en figures nouvelles
aux couleurs changeantes…
Peinture matinale
d'un paysage hirsute
qui s’étire
sur le seuil précaire
d’un avenir possible
contemplant son chef-d’œuvre
ivre d’un songe radieux
aux mains tendues d’amour !...
… Mais dans la course du ciel
trois blessures noires
trois ailes de nuit
croassent au sommet
d’un if sombre et droit…

© Victor Varjac
Antibes, le 25 juin 2011


Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 08:06
Je t’aime, m’aimes-tu ? – Béatrice Pailler
 
 
 
Un baiser volé, à tes lèvres, dérobé
C’est un baiser osé, déposé sur tes lèvres de rosée.
 
Ce baiser voulu, à mes lèvres défendues,
Soudain me fut rendu par tes lèvres mises à nu.
 
Sur tes lèvres mes baisers.
 
 Baisers légers,
 Baisers sucrés,
 Lèvres aimées,
 Lèvres salées.
 
Tes baisers sur mes lèvres.
 
© Béatrice Pailler  
 
 


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