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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 07:48
Songe d’Espérance – Ode
 

 
Flanquée de l'immense invasion d'ailes au retour de la saison
Chargée de labeurs à venir, ramassée au fil des longues nuits des silences passés
Où le printemps verglace quelquefois d'amours mortes
Et la campagne à l'heure bleue qui éclabousse de plaisir les fleurs naissantes
 
Je reviens dans la saison, ma saison, vêtue du paysage déchiré par l'absence
Aux prémices de ma saison, de cette marche sans fin, sans autre but que le retour
Perdue dans le ramage persistant des oiseaux revenus s'installer au pays
Où se dérobent encore le bonheur, les sourires, les éclats de rire
 
Visages insaisissables et frileux aux larcins des déchirures
Inutiles voyageurs qui se moquent dans les boisés, se rient des amours amères
Sur la couche sans fin du ponant au long fleuve de la solitude
Ils quittent leur nid pour migrer aux nids de la légende
 
Assise au seuil de l'inconnu, aux frontières des paroles
Sur la rive du songe, au feu de camp des espérances
Je vois, je sens, sans voir ni sentir les possibles infinis
Où mon amour posera son âme à la lumière du silence
 
Je regarde le feu attisé des sapinages abattus par l'oubli
Où s'étiole l'éternité des temps passés à attendre
L'espoir ne doit pas faire de bruit à l'approche du crépuscule
J'entends le vent d'Est et l'appel des clartés
 
Sous la paupière maquillée du paysage blessé des mensonges
Mes amours étanchent leurs soifs aux étoiles cachées
Visions éphémères au temps qui passe et repasse
Elles deviennent immenses au songe des espoirs

 
Et j'entends chanter les oiseaux de retour
Cette infinie migration aux ailes chargées d'espérance…
 
© Ode



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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 07:49
Il en est qui… - Jean Dornac
 
 
 
Il en est qui se réjouissent de la nuit
Ce moment où les couleurs changent
Où les lumières s’éteignent
Laissant la place aux ombres
Aux formes dantesques
Parfois trop effrayantes
 
Je préfère le jour qui crie
A qui veut l’entendre
La beauté de la vie
Par mille couleurs changeantes
Ce moment de pure beauté
Où luit l’astre des beaux jours
 
Il en est qui préfèrent vivre en se cachant
Comme si de tout ils avaient peur
Des murs, ils prennent la grise couleur
Yeux hagards, mines anxieuses
Ils se glissent le long des parois
Priant le ciel qu’on ne les voit point…
 
Il en est qui, comme moi, ne savent vivre
Que sous une lumière éclatante
Qui de ses rayons les fait grandir
Qui de sa chaleur rayonnante
Leur apporte le bonheur
Comme le ferait une douce amante
 
Il en est qui se pense supérieurs
Oubliant qu’au regard des heures
Nous sommes nés d’une même terre
Nous respirons le même air
Et nous mourrons égaux
Sous les coups du fantôme à la faux…
 
A quoi bon s’illusionner, pris de folie
Sur notre supposée importance
Alors que peut-être en repentance
Nous partirons en simple poussière
Vers la très grande inconnue
Quelque part là-haut dans les nues…
 
© Jean Dornac
Lyon, le 1er mars 2015



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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 08:59
Passage du temps – Marlène Racine-Toussaint
 
 
 
Nous nous rendons compte que le temps passe vite
Durant son passage dans la vie de chacun
Quelque chose naît, lorsqu’on découvre l’amour
Quelque chose meurt, quand l’amour se retire
Comme des nuages, les années s’effilochent
La vieillesse sans égard et à grands pas
Supplante les temps heureux de notre jeunesse
S’il est fort souvent difficile
De  ressentir ce sentiment
Pur et tendre qu’est l’Amour
Ou encore, de pouvoir le capturer
C’est parce que l’être exceptionnel qui l’incarne
Est encore bien imprégné dans son cœur
Dans toutes les fibres de son être
Aujourd’hui, comme hier et demain,
Plus que jamais 
 
© Marlène Racine-Toussaint



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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 08:02
LA RUMEUR – Marie Alice Théard
 
 
 
Une autre lune se lève sur la rumeur
L'empuantissement de la haine fissure de sa purulence les fenêtres de nos
âmes
La douleur, l'angoisse, la révolte, la rage
se ramassent pêle-mêle pour courir la frontière
La passion et ses délires intensifient les giclures de nos joutes oratoires
Un haïtien est pendu en terre voisine
Son drapeau est mis en lambeaux
On retrace son histoire au gré des envies assassines
La discorde occupe le passage du temps
Je suis lasse de tous ces combats nous chavirant dans le désastre
Nos chemins ne conduisant qu'à des amours endolories
Nos narines jaillissant des peurs pérennes
Nos voix sifflant l'odeur de nos anathèmes
Echappés de l'enfer tous les démons préparant le cortège des veufs du bonheur
Qu'avons nous fait à Dieu pour  hériter de l'île de tous les sacrilèges
Pars en paix mon frère
Le paradis est ailleurs
 
© Marie Alice Théard



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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 08:40
Petit Om - Carmen
 
 
 
Petit Om est petit,

Il veut être grand, dur, fort,
Aussi grand que le ciel bleu,
Aussi dur qu'un blanc cristal de glace,
Aussi fort que le sang rouge.
 
Il désespère d'être petit, moyen, moyennement banal...
La science ne lui est d'aucun secours, chacun naissant tel qu'il est avec ce qu'il a...
 
Il décide alors de simuler comme le caméléon.

Avec les grands bleu : bleu,

Avec les durs blanc : blanc,

Avec les forts rouge : rouge.

Il fera illusion ! 

Mais un reflet de repas dans le miroir, ne nourrit pas le ventre affamé...
 
Un jour, tous, simultanément, se présentent devant lui.
Il clignote,

scintille,

implose !
 
Quelle implosion...
enfin... il est grand

un gigantesque feu d'artifice
un grandiose quatorze juillet
une mémorable libération !
 
© Carmen - Texte protégé




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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 08:19
Sept en un (IV) – Mouloudi Mustapha
 
Dédié à Adeline Mela et Ihssane
 
Quand le politique devient une machine à ne formuler que des illusions le citoyen ne peut finir que tel un impuissant cobaye...
Quand le politique s’assoie sur les larmes, les angoisses, les cris plaintifs et sur tout ce qui fait l’espoir d’un citoyen en général et du plus démunis en particulier parfois au nom d’un passage dont il ne fut que l’assidu spectateur et souvent aux noms de certaines valeurs qui n’ont aucune valeur, c’est que la perte du sens du noble sens n’est plus à démontrer…
 
 
Ne pleure pas petit
Depuis l’amer temps
De la grande nuit
Il a oublié qu’il fut enfant.
 
Ne pleure pas petit
Le vent n’a pas d’âge
Que papa ait tout dit
L’orage n’a qu’une image.
 
Ne pleure pas petit
L’histoire a ses histoires
Ecrit et chasse tes ennuis
Lutter est un devoir.
 
Ne pleure pas petit
Tout sous la virgule
Regarde, scrute et plie
L’heure n’a pas de recule.
 
Ne pleure pas petit
Ici, chez toi, ailleurs
Nul ne vit deux vies
 La foi, nid du bonheur.
 
Ne pleure pas petit
Fixe où tu mets tes pas
L’avenir n’a qu’un prix
Demain tu seras papa.
 
Ne pleure pas petit
Dieu est maître du soleil
Qui caresse des yeux suit
Il y a merveille et merveille.
 
Ne pleure pas petit
J’ai rêvé, je ne rêve plus
Dans mes vers j’ai trop dit
J’ai hurlé je ne crierai plus.
 
© Mouloudi Mustapha
 Alger le 14/01/2015



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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 08:26
Demain – Denise Bernhardt
 
 
« Mon prochain il sera lové
En des bulles opaques
Quand la lumière ne pourra plus franchir
Les strates polluantes.
 
Mon prochain il sera limité à des visages
Collés contre les grilles
A des clés pendues aux mains des geôliers.
Et les roses périront dans les jardins.
 
Les hommes peineront
Sur le tapis roulant de l’existence,
De la naissance à la mort
Hautement programmés.
 
Il n’y aura jamais de crise pour les armes
Pour les larmes pas de trêves
 
Quelle ambition, quelle place à prendre,
Une mesure de blé pour un bol de riz,
Une galette de mil pour un pain de sésame
Et toujours le manque
Sur la terre assoiffée.
 
Les hommes en errance chercheront l’eau
Un rayon de soleil, un filet d’air
Avant d’agoniser
Comme ces poissons haletants
          Jetés sur les pontons.  
 
© Denise Bernhardt
  
Extrait du recueil « L’amour du monde » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Duccha. Editeur : Le Vert-Galant



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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:51
LA SEMAISON – Luce Péclard
© Vincent Van Gogh
 
 
L’instant fleuri qui porte graine
Te retrouve les mains en palme
Avec le geste du semeur.
 
Alors, émergeant d’une fois,
Remontant les sillons des ans
Dans la brume des mille automnes,
L’aïeul arrive à pas comptés,
Il sème sa moisson future.
 
Et toi tu cours à sa rencontre,
Petite-fille au cœur battant :
« Tu en as mis du temps, grand-père,
Pour revenir du long voyage…
A présent, je sème avec toi ! »  
 
© Luce Péclard

Extrait du nouveau recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier




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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 07:59
Afrique 2 – Abderrahmane Zakad
 
 
 
 
Je voudrais polir la vérité pour la rendre éternelle
Traduire avec des mots d’intraduisibles mensonges
Dire  avec ferveur ce que je n’ai pas dit d’elle
Confier aux baobabs la crainte de mes craintes
 
Je voudrais ameuter l’Afrique qui se dérobe
Rappeler la parenthèse des peuples asservis
Cueillir le sang noir versé dans les fleuves
Refaire la randonnée avec Samba Diouf
 
Je voudrais dire aux amis leur absence africaine
Faudrait-il remonter les venelles mémoires ?
Pour d'effluves survivances d'étoiles éphémères
Oublier les serments, trouver des caresses neuves
 
Je voudrais qu’on écoute les chants des griots
L’haleine généreuse des profondes savanes
Les  pleurs de la Cora, les spasmes du balafon
Qui enlacent la moiteur des peaux frémissantes
 
Je voudrais  faire danser les lianes tentaculaires
Faire repeupler les forêts de pulsations frénétiques
Du Niger au Congo voir trémousser les corps
Inventer une langue par des dialectes colorés
Et dire ma joie en malinké « wassa-wassa ayé » (1)
 
© Abderrahmane Zakad
 
 1 - Joie en dialecte malinké
 
 
 
 
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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 08:05
L’écriture manuscrite – Victor Varjac
 
                                                                              A Nicolas Pélissier
 
 
L’écriture manuscrite
est une transparence de l’âme…
Un cri d’encre
jailli de la chair…
Uns soif qui garde
la lumière des mots
dans leurs coquilles d’images…
Une envie impérieuse
d'abolir l’espace
qui sépare les êtres
et le Temps qui déchire
les rendez-vous secrets…
L’écriture est une danse
sans ombre et sans limite
où la plume glisse
interroge et s’attarde
sur ces visages naissants
comme le soir allume
l’œil curieux des lampes
qui bouscule la ténèbre
de son chant de clarté !...
Vierge la page tremble
de cet espoir contenu
qui cherche dans la phrase
la chaleur des bras…
et l’ivresse du désir…
Ô douce étreinte
de la feuille brûlante
qui sous les doigts du rêve
devient un corps d’encre
et cette voix troublante
au cœur même des mots !...

© Victor Varjac
Antibes, le 26 octobre 2011


Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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